‹ La Saint-Barthélemy et la critique moderneChapitre 5 sur 12 · LES GRAVURES · texte numérisé non relu

LES GRAVURES

outrages qu'avail subis le corps de l'amiral.' On la vendait coloriée et elle Test encore*.

6. Bibliothèque de Zurich, même volume, Wiékiana, XL La Saint-Barthélémy eu gravure sur bols coloriée. Elle forme un placard de 48 centim. de haut sur 4â de large, dont la moitié supérieure est occupée par les personnages et le bas par une pièce de vers. Les personnages et la disposition, avec la rivière au centi*e, sont exactement les mêmes que dans la pièce précédeote (toutefois, l'amiral blessé est à gauche, l'amiral tué à droite), quoique d'un crayon tout différent. En tète on lit : < Erschreckliche Inquisition, so sich auff der Kôniglichen Hochzeit zu Paris in Franckreich zugetragen, im Monat Augusti, des 72. Jars. » Les vers imprimés, au nombre de 254, sur cinq colonnes, sont un récit du massacre. Il contient peu de détails. Le seul meurtre sur lequel il s'étende est celui de Pierre Ramus, ce qui donnerait à supposer que l'auteur était

un étudiant ou un professeur. Il a signé des lettres M. D. B. B. (Yoy. Weller, p. 80).

Voici tes premiers et les demies vers de la pièce :

Merck auff, erkenn G frommer Christ, Des Teuffels Tyranney vnd list :

So werden sie erkennen doch, Das du vnser Herr Gott lebest noch,

Vnd hilffst gewaltig deiner schar.

Die sich auff dich verlassen gar.

7. Le même recueil de Wick renferme encore une autre édition des mêmes vers, signés de même, mais disposés sur quati*e colonnes et groupés en une quinzaine de strophes. La gravure, dont cette pièce de vers formait la partie inférieure, avait échappé au collecteur ; elle manque. Cette lacune est d'autant plus regrettable qu'à chacune des principales scènes décrites en vers est un chiffre (de 1 à 9) qui probablement renvoyait du texte au dessin ; ce qui fait supposer une gravure différente des précédentes, lesquelles n'ont rien de pareil (Voy. Weller, ibid.).

.8. Catalog. hennin, n^ 664. Portrait de l'amiral Goligny, en buste, de trois quarts dirigé à

n^était pas eux que le tonnerre frapperait. El pour ce jour on en resta là, jusqu'à ce que tout à coup, la nuit où ils firent éclater leur entreprise, ils forcèrent les portes el firent égorger dans leurs maisons et dans leurs lits Tamiral et tousses parti- $ans, puis les jeter par les fenêtres ; les uns furent lancés vivants hors de leurs maisons, massacrés dans la rue et précipités dans Teau; les autres jetés à Teau étant encore en vie et tués dans la rivière. En somme, tout ce qui n*était pas catholique, femmes el hommes, servantes el serviteurs,

tous en cette nuit de noces furent passés par Tépée, puis jetés à Teau. On assure i^mme vrai quUls ont coupé les mains el les pieds à Tamiral et ainsi mort Tont pendu au gibet. Dieu leur donne et à nous tous sa grâce et sa miséricorde. >

^ Man sagt vor toarheit das sîe dem Admirai hende vnd fusse baben abgehauen vnd also lodt an den galgen gehengt.

' M. Emile Weller Ta indiquée dans son travail intitulé c Die Litleratur der Bartholomansnachi, • inséré au t. XIX (1858) du Serapeum^ p. 79.

droite, dans une bordure cintrée, sur laquelle on lit: Gaspar von Coligny, 1572. Au-dessous du portrait un épisode de la St-Barthélemy. Gravure à l'eau-forte, anonyme.

Cet « épisode » est insignifiant. Il en est de même de la planche suivante gravée au XYIII""^ siècle et tout à fait insignifiante aussi, quoique d'une main espagnole.

^ 9. Gollect. Feyret de Fontette (Bibl. nat.). c Masacro sucedido a los Hugenotes en Paris a 24 deagosto i572^ dia de S. Bartolome, a mas de 10,000.— Entre ellos, Gaspar de Colini almirante del mar« con mas de 500 barones y seSores principales. Gasp. Bouitats fecit Antuerpia. »

10. Mauvaise imitation française du n^ 9 et anonyme, de la fin du XVUI"^ siècle. On lit audessous : c Massacre des Huguenots, fait à Paris le 24 août 1572, jour de la S. Barthélémy, au moins de dix mille d'entre eux, «ntr'autres de Gaspard de Coligni amiral de France, et de plus de 500 seigneurs^ ou gentilshommes. » Suit une pièce de 38 vers, bien dignes de cette méchante gravure/et dont voici la conclusion :

On les vit se couvrir du nom de Piété Pour mieux se dépouiller de toute Humanité,

Barbares, cruels, homicides,

Hommes Mécrables, perfides, Si vous eussiez été sous un gouvernement

Tel que celui qui fleurit à présent,

Pleins d-une juste obéissance.

Suivant les lois d^un aimable devoir,

Certes, vous n'auriez pas faire voir

Tant de rage et de violence.

11. Gravure de Luicken insérée à la page 33 de la traduction hollandaise de V Histoire de ia récocaUan de VédU de Nanies, par Élie Benoit, imprimée à Amsterdam (2 vol. in-fol., 1 696) sous ce titre : €De Moort van Parys gepleegi anno 1672 op S. Bariholœneus dag en vùlgende dagen. Jan en ' Casper Luiken.» C'est une grande planche, de 76 centimètres de long sur 30 de haut, inexacte pour la topc^raphie parisienne et les costumes, mais magnifique pour l'entrain, la justesse et la multitude des personnages.

12. Reproduction sur bois de la gravure ci-dessus n? 1-2, insérée au t. II, p. 78-79 de Y Histoire de France d'après les documents originaux et les monuments de l'art de chaque époque (1859-60), par Henri Bordier et Edouard Charton.

Préoccupé seulement de vérité, je n'ai aucun compte à tenir ici des nombreuses œuvres d'art que la St-Barthélemy a inspirées après coup et qui n'ont aucune valeur au point de vue historique, n'étant que des produits plus ou moins malheureux de l'imagination. La plus ancienne et peut-être la plus mau^

Èm

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