E71 le voyant (litt. te voyant) pendant sa passion
i^. Ai7tsi, quand il sera g\on^€, il fera tressaillir d'etonnement et de crainte reli gieuse k la vue d'un tel changement : comp. xlix, 7. Vulg., il aspergera : allusion aux aspersions de I'ancienne loi, soit avec du sang pour I'expiation des peches {Lt'v. iv, 6; xvi, 18 sv.), soit avec de I'eau pour la purification des impuretes legales {Ezech.
xxxvi, 25) : deux fonftions qui conviennent bien au Messie. — Les rois, saisis d'admiration et de xes,Y>&€\., fer?nero?it la boiiche, se tiendront dans un religieux silence. Leur surprise sera d'autant plus grande que la merveilleuse destinee du serviteur de Dieu ne leur avait pas etd annoncee d'avance, comme k Israel.
CHAP. LIII
I. C'est le prophete cjui parle comme representant d'Israel; le moment suppose est celui ou le peuple, apres avoir mis k mort le Messie, ouvrira les yeux et, selon la pa-
role de Zacharie (xii, 10), " considerera Celui qu'il a perce. " — Ce qui nous etait atiuonce\ litt. ce que nous avons entendii : d'autres, ee que nous avons fait e?itendre, notre predication. En grec et en latin, I'expression se prete aux deux sens, et c'est dans le dernier que S. Jean (xii, 38) et S. Paul {Rom. x, 16) citent ce passage d'apres les LXX, pour reprocher aux Juifs leur incredulity. — Le bras de Jehovah.^ symbole de sa puissance, laquelle s'est manifestee avec eclat dans I'oeuvre du Serviteur de Dieu.
2. Le Messie est represente sous I'image d'une faible plante, grandissant en silence sous le regard de Dieu (comp. Luc., iii, 40, 52) ; sous ces apparences d'infirmite, Israel ne I'a pas reconnu. — D'une terre dessechee., du sein d'Israel profondement abaisse sous la domination romaine. Vulgate : ... ni beaute; nous P avons vu, et il tC avait pas d'appare7tce, et nous Vaioits desire: le traducfleur n'a pas compris I'hebraisme de la phrase originale.
3. Abandonne des honimesj Vulg., le dernier des homines. Le Hir : n^ ay ant plies riett de Phomme, en lat. cessatio hominum :
comp. vermis et non homo de Ps. xxii, 7. —
ISAIE. Chap. LIII, 4—12.
homme de douleurs et conriaissant la soufTrance,comme un objet devant lequel on se couvre le visage ; il etait en butte au mepris, et nous n'avons fait de lui aucun cas. 4Veritablement c'etaient nos maladies qu'il portait, et nos douleurs dont il s'etait charge; et nous, nous le regardions comme un puni, frappe de Dieu et humilie.
5 Mais lui, il a ete transperce a cause de nos peches, brise a cause de nos iniquites; le chatiment qui nousdonne la paix a ete sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous avons ete gueris. ^Nous etions tous errants comme des brebis; chacun de nous suivait sa propre voie, et Jehovah a fait retomber sur lui I'iniquite de nous tous. 7 On le maltraite, et lui se soumet a la souffrance et n'ouvre pas la bouche, semblable a I'agneau qu'on mene a la tuerie, et a la brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'ouvre point la bouche. ^H a ete enleve par I'oppression et le jugement, et parmi ses contemporains qui a pense qu'il
etait retranche de la terre des vivants et que la plaie le frappait a cause des peches de mon peuple? 9 On lui a donne son sepulcre avec lesmechants, et dans sa mort il est avec le riche, parce qu'il n'avait pas commis d'injustice et qu'il n'y avait pas de frau- .de dans sa bouche.
^oll a plu a Jehovah de le briser par la souffrance; mais quand son ame aura offert le sacrifice expiatoire, il verra une posterite, il vivra de longs jours, et le dessein de Jehovah prosperera dans ses mains. "A cause des souffrances de son ame, il verra et se rassasiera; par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d'hommes, et lui-meme se chargera de leurs iniquites. ^^o'est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands ; il partagera le butin avec les forts, parce qu'il a livre son ame a la mort et qu'il a ete mis au nombre des malfaiteurs, et lui-meme a porte la faute de beaucoup, et il intercedera pour les pecheurs.
Comme mi objet, etc. : tant il inspire d'horreur. Vulg. son vi'saoe etait comme cache, la toute-puissance divine dtait voilee.
4. A^os maladies, nos douleurs, toutes les souffrances qui sont le salaire du peche. — Et nous, comme les amis de Job qui ne voulaient voir en lui qu'un coupable. — Comme un puni, sous le coup d'un chatiment. C'est la signification premiere du mot hebreu ; mais on pourrait aussi, avec la Vulg., le traduire par lepreux, la lepre etant regardee comme le chatiment dirert du peche, et le mot hii-mcme etant employe en quelques passages pour designer cette maladie {Lev. xiii; Nomhr. xii, 10, 15. Comp. II Hois, XV, 5; II Par. xxvi, 18 sv.)