‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 563 sur 752 · Haec est terra, quam mittetisin · texte numérisé non relu

Haec est terra, quam mittetisin

sortem tribubus Israel : et has partitiones earum, ait DominusDeus.

30. Et hi egressus civitatis : A plaga septentrionali quingentos et quatuor millia mensurabis. 31. Et portae civitatis ex nominibus tribuum Israel, portae tres a septentrione, porta Ruben una, porta Juda una, porta Levi una. 32. Et ad plagam orientalem, quingentos et quatuor millia : et portas tres, porta Joseph una, porta Benjamin una, porta Dan una. 23- Et ad plagam meridianam, quingentos et quatuor millia metieris : et portae tres, porta Simeonis una, porta Issachar una, porta Zabulon una. 34. Et ad plagam occidentalem, quingentos et quatuor millia, et portas eorum tres, porta Gad una, porta Aser una, porta Nephthali una. 35. Per circuitum, decem et octo millia : et nomen civitatis ex ilia die, Dominus ibidem.

ticulier. — Ruben^ I'aine, Juda, qui a regu le privilege de premier-ne, et Levi, qui represente les premiers-nes d'Israel, tous trois fils de Lia, occupent la place d'honneur au nord ; les trois autres fils de Lia seront au midi. Levi figure a son rang et Joseph ne comptera que pour une seule tribu : il s'agit ici, non de partage, mais d'une mention honorifique.

35. Le nom, ici comnie souvent ailleurs, designe la nature meme, le caracflere meme de la chose. Comp. Geu. xxviii, 16 sv. — Jehovah est la : de son san6luaire ou il reside, il e'tend le bienfait de sa presence sur la ville capitale par les benedicflions qu'il repand sur elle. Comp. Matth. xxviii, 20; Apoc. xxi, 2-3.

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Intrabucticin.

EN dispersant parmi les nations paiennes son peuple obstinement infidele a I'alliance, Dieu ne le laissait pas sans defense contre les perils qui menagaient sa vie religieuse.

Le livre de Daniel ^ nous apprend par quelle constante et merveilleuse proteftion il preserva la foi des captifs, anima leur fidelite, entretint et avivaleursesperancesau centre meme de la puissante monarchic babylonienne, a la cour du roi Nabuchodonosor et de ses successeurs jusqu'a I'epoque de la conquete medo-perse et a la fin des 70 annees de captivite predites par Jeremie. Nous y voyons aussi comment Dieu prenait soin de preparer peu a peu les nations a recevoir le saiut en repandant parmi dies la connaissance de son nom.

Tel que I'Eglise I'a re^u dans son canon, le livre compte 14 chapitres.

II se divise en deux parties, precedces d'une introduction et suivies d'un appendice.

\J Introdtt6lio}i (i, 1-21) raconte comment Daniel, cmmene encore enfant avec les premiers deportes juifs en la troisieme^ annee de Joakim, fut providentiellement prepare au role qu'il devait remplir.

La /"■ Partie est principalement historique (ii, i-vi, 28). Elle comprend cinq episodes detaches de I'histoire genc^rale de ce temps, auxquels Daniel se trouva mele. Leur

but est de faire voir comment Dieu se fit reconnaitre comme le Souverain Maitre des hommes et des evenements sous les regnes de Nabuchodonosor, de Baltassar, de Darius le Mede et de Cyrus. lis nous expliquent en meme temps I'influence exercee par Daniel a la cour de Babylone sous ces differents souverains.

lis se suivent dans I'ordre chronologique.

1° Le roi Nabuchodonosor ayant eu un songe m}'sterieux demande a ses mages de lui en rappeler la teneur et de lui en dire le sens. lis sont contraints d'avouer leur impuissance.

Daniel se presente. Au nom du " Dieu du ciel qui revele les m}'steres " (ii,28) il donne au roi I'explication desiree.

Satisfait, Nabuchodonosor rend hommage au Dieu des Juifs "qui est le Dieu des dieux et le Souverain Seigneur des rois " (ii, 47) et il eleve Daniel a la premiere magistrature du pays (ii, 1-49). ^

2° Le deuxieme episode se termine sur une conclusion semblable.

Les trois compagnons refusent de rendre a la statue du roi un hommagc idolatriquc. lis sont jetes dans une fournaise surchauffce. Mais Dieu les protege : la flamme ne les atteint pas. Du dehors on les entend chanter ses louanges. A ce miracle Nabuchodonosor reconnait en cux " les serviteurs du Dieu Tres-Haut. " II portc un edit " punissant de mort quiconque oscra prononcer une parole de blaspheme contre le Dieu de Sidrach, de Misach et d'Abdcnago : car il n'y

' Daniel, hdbr. Dajit'el, Dieu est iiion juge, ou bieii, suivant qiielques interpretes dont I'opinion paiait moins plausible '-/"i^e de Dieu, c.-<\-d. qui juge au nom de Dieu. L'Ecriture cite deux autres peisonnages du

nom de Daniel : / Pa}: iii, i ; I Esdr. viii, 2; // Esdr. X, 6.

" Plus exacftement la quatricme annt'e. Voy. Dan. i, i note.

LA PROPHETIE DE DANIEL

a pas d'autre Dieu qui ait le pouvoir de sauver comme lui " (iii, 1-97).

30 Nabuchodonosor eprouve sur lui-meme la main puissante de ce Dieu. Un songe, explique par Daniel, I'avertit qu'il sera, en punition de son orgueil, prive du pouvoir pendant 7 annees et relegue parmi les betes.

A I'epoque marquee et quand il n'y pensait plus, la predi6lion s'accomplit. — Revenu a la sante et remonte sur le trone, il fait savoir a tous les peuples de son empire ce qui lui est arrive et " loue le Dieu Tres-Haut, qui vit dans les siecles, et dont la puissance est une puissance eternelle " (iii, 98-iv, 34).

4° L'histoire du festin sacrilege de Baltassar nous fait assister a I'exercice de la Toute-puissance souverainc et vengeresse de Dieu, au moment ou lasse de I'impiete des rois chaldeens il transfere leur empire aux conquerants medo-perses. Pendant le festin une main ecrit ".sur la chaux de la muraille " la sentence mysterieuse, — Mane, Thecel, Phares, — dont le sens est revele a Daniel. Cette meme nuit Babylone est envahie; Baltassar, le roi de Chaldee est mis a mort; Darius le Mede prend sa place (Vulg.

V, 1-31; hebr. v, i-vi, i).

50 Sous la nouvelle dynastie la faveur de Daniel grandit. Des envieux conspirent sa perte. lis arrachent a Darius le Mede un decret interdisant d'invoquer pendant trente jours ni dieu ni homme quelconque, excepte Darius. Fidele a son devoir, Daniel continue a prier le Dieu de ses peres. Lie par son propre edit, le roi ne peut empecher qu'on le jette en proie a des lions affames. Un miracle preserve le serviteur de Dieu.

Le lendemain de grand matin, Darius s'approche de la fosse : Daniel est vivant. Par un nouveau decret il ordonne a tous les sujets de son royaume " de craindre et de venerer le Dieu de Daniel; car c'est lui le Dieu vivant, eternel; sa souverainete ne disparaitra pas, et sa puis

sance est dans les siecles des siecles" (vi, 1-28).

La I? Paytie (vii, i-xii, 13) est exclusivement prophetique. Daniel console les captifs en leur decouvrant dans une serie de visions les destinees fragiles des empires tcrrestres et leurs rapports avec le royaume de Dieu.

Loin de pouvoir empecher ou meme retarder I'avenement du regne messianique les evenements en apparence les plus contraires le preparent. II est vrai, jusqu'a I'heure desiree de longs siecles s'ecouleront. Des persecutions multipliees eprouveront le peuple de Dieu. La derniere sera plus violente et plus longue que les autres. Mais elles seront toutes egalement impuissantes a mettre obstacle a I'oeuvre de Dieu. Le temps de I'epreuve est exaftement compte. Soixante-dix semaines d'annees a partir du decret qui autorise la reconstru6lion de Jerusalem. Ouand ce temps sera accompli le royaume du Messie s'elevera sur les ruines de toutes les puissances hostiles; il remplira le monde et durera eternellement.

Quatre visions developpent ces propheties qui completent et precisent les oracles des prophetes anterieurs soit quant a la nature du royaume messianique, soit quant au mode et a la date de son avenement. Par moments le regard du prophete embrasse laduree complete des temps, plusieurs traits du tableau qu'il trace conviennent a la periode finale de la lutte contre I'Antechrist et a la phase du triomphe definitif.

1° Vision des quatre animaux, qui symbolisent quatre royaumes auxquels succedera le royaume eternel des Saints (vii, 1-28). — Premiere annee de Baltassar.

2° Vision du belier et du bouc,expliquee par I'archange Gabriel ( viii, i -27). — Troisieme annee de Baltassar.

39 Vision des 70 semaines d'annees (ix, 1-27). — Premiere annee de Darius le Mede.

LA PROPHETIE DE DANIEL

4° Vision dans laquelle un ange (Gabriel) revele au prophete les calamites dont les paiens affligeront le peuple de Dieu avant son glorieux retablissement (x, i-xii, 13). — Troisieme annee de Cyrus.

\J Appendice renferme

ioL'histoiredeSusanne(xiii, 1-64):

Daniel encore tout jeune est divinement accredite aupres du peuple par la manifestation d'une sagesse evidemment surnaturelle. — Chronologiquement cet episode semble devoir etre place entre les deux premiers chapitres.i

2° Les episodes de Bel et du dragon (sous Cyrus) : inanite et impuissance des idoles les plus venerees de Babylone; puissance souveraine du seul vrai Dieu (xiii, 65-xiv, 42). Leur place serait entre les ch. VI et VI L

Ces deux derniers chapitres ne se lisent pas dans la Bible hebraique. II en est de meme d'un passage considerable du ch. Ill, la priere d'Azarias et le cantique des trois jeunes Hebreux (iii, 24-90). Comme I'autorite de ces fragments a ete un moment mise en doute par plusieurs, on les a ranges parmi les ecrits dits deuterocanoniques. La langue dans laquelle lis nous sont parvenus est le grec.

Le reste du livre est ecrit partie en hebreu (i, ii, a^\ viii-xii), partie en aram^en (ii, 4''-vii, 28).

La version latine de Daniel dans notre Vulgate est I'ceuvre de S. Jerome. Le saint Do6leur I'a faite dire6lement sur le texte original pour

les parties protocanoniques. Pour les parties deuterocanoniques, il a garde I'ancienne Itala, en les marquant de robele.2 On le sait, cette ancienne version traduit le texte grec du juif Theodotion (120-130 apres J.-Ch.), I'Eglise ayant de bonne heure rejete le Daniel grec des LXX,3 a cause de ses nombreuses et graves imperfections.

Pour echappcr a I'obligation d'admettre le surnaturel dont le livre de Daniel est rempli, les rationalistes essaient d'en reculer la composition jusque vers le milieu du second siecle avant Jesus-Christ. D'apres eux il n'a pas ete ecrit a Babylone sous la domination chaldeenne etpersane; son auteur a vecu en Palestine, au temps d'Antiochus Epiphane (175-164 av.

J.-C). En realite ce sont les persecutions de ce monarque qu'il presente a ses compatriotes affliiges comme ayant ete predites quatre siecles auparavant. L'auteur pseudonyme console et encourage ses lefteurs en faisant predire egalement par Daniel la delivrance prochaine.

Cette theorie arbitraire, due aux pr^juges, est contredite par le temoignage certain de la tradition juive et chretienne, et par le temoignage que le livre se rend a lui-meme.

1° Temoignage de la tradition, a) II est certain que le livre de Daniel a toujours figure dans le canon de la Bible juive. II est range depuis longtemps parmi les Hagiographes4; mais

' Dans plusieurs versions, par ex. celle de Theodotion, I'ancienne Itala, etc. cet episode est place en tete du livre en guise d'introdufiion.

°" Quas nos quia in toto orbe dispersne sunt veru anteposito easque juc^ulante subjecimus. " S. Hier. Pra^f. ad Dan.

3 Probablement vers le milieu du IJe siecle, k en juger par les citations des Feres. Le texte de cette version longtemps regarde comme perdu a ete depuis retrouve dans le Codex Chisiamis (du Xle siecle) et public par SiiHcofie de Afao-Zs/ris : Daniel seciinduiii LXX ex ietraplis Origeftis iiioic primiDii

ediftis e sifigtilari codice chisiano antwrtiiii supra DCCC. Romce 1772. — A son tour Gaeiano Bugati a decouvert dans la Biblioth^que ambrosienne et publie en 1788 en I'accompagnant d'une traducflion latine une version syriaque des LXX. — Ce manuscrit a e'te reedite par Ceria/n sous ce titre : Codex syro-hcxaplaris ai/ibrosiani/s pJiotolithograpJiice edifiis. Milan, 1S74.

'■ II semble que ce classement soit du aux Talmudistes. lis auront voulu marquer plus nettement la distineflion entre les prophetes d'office, et les prophetes de grace. Daniel n'ayant jamais eu de mission publique, ap-

LA PROPHETIE DE DANIEL

nous avons tout lieu de croire qu'il etait place primitivement parmi les Prophetes. II devait en etre ainsi encore au temps des LXX. Or on salt que les livres re^us anciennement dans le canon palestinien sont tous anterieurs a I'epoque machabeenne et meme probablement aux dernieres annees du regne d'Artaxerces I (464- 424 av. J.-C).

h) xA-U dire de Josephe {Contra Appion.y i, 8) qui ne fait que rapporter une tradition accreditee parmi les siens, quand Alexandre se presenta devant Jerusalem (332 av. J.-C.) on lui montra dans le livre de Daniel le passage qui leconcernait (viii, 15 sv.).

^) Au milieu du 2^ siecle le saint vieillardMathathiassursonlitdemort, exhortant ses fils a rester fideles ^ la Loi, leur rappelle quelques exemples d'heroisme consignes dans les livres sacres : de ce nombre est I'exemple " d'Ananias, d'Azarias et de Misael qui durent a leur foi d'etre delivres des flammes " ; et de " Daniel qui par sa simplicite fut delivre de la gueule des lions " (/ Mack, ii, 59 sv.). Ainsi des le second siecle, et avant I'annee 167, notre livre est connu et cite comme livre sacre.

d) Dans le Nouveau Testament, Notre-Seigneur ou bien le cite, attribuant nommement a Daniel le livre auquel il emprunte sa citation {Matth.

xxiv, 15. Comp. Dan. ix, 27; et suivant quelques-uns xi, 31 ou xii, ii, mais a tort. Voyez Knabenbaiiei', in Matth. ii, p. 320), ou bien le rappelle par voie d'allusion en s'attribuant a lui-meme la denomination cara6leristique de " Fils de I'Homme ", qui designe le Messie dans la vision de Daniel (vii, 1 3. Comp. Matth. xxvi, 64; xvi, 27). Le nom de Daniel n'est pas prononce ailleurs dans le Nouveau Testament : pourtant n'est-ce pas lui

que S. Pierre a en vue quand il parle des prophetes auxquels Dieu revela I'epoque exa6le de I'avenement messianique (/ Pier, i, 10. Comp. Da7t.

xiv, 6 sv.).-* n'est-ce pas aussi a lui que pense S. Paul quand il decrit les temps et ra6lion de I'Antechrist (// Thess. ii, 3 sv. Comp. Daii. xi, 36 sv.)? Quant aux rapports entre I'Apocalypse de S. Jean et le livre de Daniel, ils sont nombreux et manifestes. Est-il admissible que Notre- Seigneur, les Apotres, et apres eux toute I'Eglise primitive aient cite et recommande comme livre divin I'oeuvre d'un faussaire, abritant sa supercherie sous le nom venere de Daniel ^ 2° Les caracleres intrinseqiies du livre lui-meme. a) De I'aveu a peu pres unanime les deux parties du livre protocanonique forment un seul tout, d'une unite parfaite. Or dans la deuxieme partie Daniel se donne clairement et a plusieurs reprises comme I'auteur de cet ecrit. Au moment de raconter la vision des quatre animaux, survenue en la premiere annee de Baltassar {Dan. vii, i), il prend soin d'avertir qu'il " a ecrit son songe, le resumant en peu de mots et marquant les principaux traits ".

Le verset 28 confirme ce dire. II parle de meme dans le recit de la deuxieme vision : " la vision que tu as eue est vraie, lui dit I'ange; toi done scelle ta vision, car elle ne s'accomplira qu'apres des jours nombreux ". II I'a done ecrite. II a ecrit aussi les visions suivantes : il y parle partout a la premiere personne, comme precedemment; les impressions qu'il declare avoir eprouvees sont les memes; et enfin I'affirmation est expresse pour la derniere, xii, 4 : Daniel regoit I'ordre de tenir fermees les paroles qu'il vient d'entendre, et de sceller le livre jusqu'au temps marqu^ : alors

partient a cette derniere categoric. Voyez Cornely, Introd. Gener. t. i, no 15, p. 31 ed 2^. — On ne saurait obje(fter le silence de rEccl^siastiejue (xliv, 4), cet auteur ne se

proposant pas de cel^brer toutes les gloires d' Israel. II omet quelques autres noms, et des plus illustres.

LA PROPHETIE DE DANIEL

plusieurs le parcourront et la science se multipliera ".

b) La premiere partie, inseparable de la deuxieme, est done aussi de la main de Daniel. Du reste, les recits historiques qu'elle contient attestent son origine babylonienne. " Plus je lis et je relis le livre de Daniel en le comparant aux donnees des textes cuneiformes,ecritM. Lenormant,plus je suis frappe de la verite du tableau que les six premiers chapitres tracent de la cour de Babylone et des idees speciales au temps de Nabuchodonosor ; plus je suis penetre de la convi6lion qu'ils ont ete ecrits a Babylone meme et dans un temps encore rapproche des evenements ; plus je rencontre enfin d'impossibilites a en faire descendre la rcda6lion jusqu'a I'epoque d' Antiochus Epiphane ". Tel est aussi le jugement que porte M. Menant. " Le livre de Daniel, dit-il, rapporte des traits de la civilisation chaldeenne au temps de Nabuchodonosor avec vme exa6litude a laquelle une reda6lion apocryphe n'aurait pu atteindre ". ^

c) Dans la reda6lion de son livre I'auteur fait usage de deux langues : I'hebreu et I'arameen. L'hebreu (chap, i; viii-xii) ressemble beaucoup a celui d'Ezechiel; I'arameen (chap, ii, 4-vii, 28) differe notablement de celui que Ton rencontre dans les livres posterieurs, et sauf quelques formes plus anciennes, il est a peu pres le meme que celui des livres d'Esdras. L'auteur de Daniel ecrivait done pendant I'exil. Du reste c'est alors seulement que les Juifs se trouvaient en etatdecomprendre comme de parler couramment les deux lan-

gues. Avant I'exil, la langue courante etait exclusivement l'hebreu; plus tard, des le temps de Nehemie, et surtout a I'epoque des Machabees, c'etait I'arameen.

Ces raisons etablissent aussi Pauthenticite des parties diies deiitcrocanoniqnes. En effet ces trois fragments se rattachent etroitement au reste du livre. Leur langue primitive n'etait pas le grec : c'etait un idiome semitique, hebreu ou arameen. C'est ce que semble prouver leur presence dans la version de Theodotion, et peut-etre aussi dans celle de S3'mmaque (du moins le ch. xiii). De plus, les differences cara6leristiques qui distinguent la version de Theodotion de celle des LXX dans la partie protocanonique, se retrouvent les mcmes dans les morceaux deuterocanoniques; enfin des hebraismes assez nombreux dans ces deux versions, particulierement dans celle de Theodotion, paraissent trahir un original semitique. — Ce texte devait exister encore au temps d'Origene^; il etait deja perdu a I'epoque de S. Jerome.

On a done tout lieu de croire que ces fragments faisaient partie du livre primitif 3 Pour des raisons qu'il est possible de deviner, les Juifs les auront retranches depuis. Le premier fragment iii, 24-90 retardait le recit, et ne concourait pas direftement au but final poursuivi dans tout le livre. Peut-etre I'omission est-elle due a Daniel lui-meme. Du moins le P. Cornely le souconne.4 — L'histoire de Susanne (xiii) pouvait paraitre infamante pour les juges d'Israel. Ce motif a porte les Juifs a faire dans leur Bible soit hebraique, soit grecque,

' F. Lenormant, La divination chez les Chaldeens, Paris 1875, p. 188. — Menant, Babylone et la Chaldee, Paris 1875, p. 240. — Pour le developpement de cet argument, voir Vigouroux, Bible et Decouverte, t. iv, p. 392 et les notes du commentaire.

""En effet, soit dans le codex chisianus, soit dans la version syro-hexaplaire, le texte des LXX est accompagne des signes diacritiques dont Origene se servait pour signa-

ler les divergences de cette version avec le texte hebraique.

3 Toutefois quelques auteurs catholiques, entre autres Cornelius a Lapide, pensent que ces fragments n'ont jamais fait partie du Daniel primitif. lis seraient I'anivre d'un autre auteur inspire, et auraient etd regus pour la premiere fois dans le livre de Daniel par les LXX (vers I'an 140 av. J.-C).

•• Introd. Gen. ii, 2, no 291.

LA PROPHETIE DE DANIEL

d'autresretranchements.— Quant aux episodes de Bel et du dragon (xiv), ils auront paru a des corre6leurs peu attentifs faire double emploi avec Ic recit du ch. vi, ou nous lisons deja la delivrance miraculeuse de Daniel dans la fosse aux lions.

Au point de vue de V autorite canonique I'Eglise ne fait aucune distinction entre les differentes parties du livre. ^ Les Peres les plus anciens ont cite les fragments deuterocanoniques comme Ecriture divine. ^ L'on voit souvent sur les anciens monuments Chretiens la scene des trois jeunes

Hebreux dans la fournaise, de Susanne placee comme une brebis sans defense entre un loup et un tigre qui vont se disputer la proie convoitee, de Daniel jugeant au milieu du peuple, ou recevant dans la fosse aux lions la nourriture apportee par Habacuc. Or Ton sait que " dans les travaux de ce genre les premiers artistes ne devaient s'inspirer que des Livres Saints universellement admis, ce qui du reste est confirme par le voisinage de sujets exclusivement bibliques et tires des protocanoniques meles a ceux que nous venons de decrire " .3

1 La version des LXX transmise par les Apotres les contenait toutes; et I'Eglise les lisait publiquement dars I'office liturgique.

2 S. Clement de Rome / ad Cor. xlv, 2-7, comp. lix, 3 fait certainement allusion k Dan. iii, 19 sv. et probablement a xiii-xiv. Or, d'apres le contexte, il n'emprunte ses exemples qu'aux livres regus par tous comme inspires. - - S. Irence, Adv. Har. iii, 3-4 cite comme Ecriture divine I'episode de Bel et du dragon avec celui de Susanne, en les attribuant a Daniel. Voir aussi iv, 5 ; xxvi, 3 (M. P. G. vii, col. 851. 984-1054). — S. Hip-

polyte dans le commentaire sur Daniel edite par O. Bardenhewer a lu et admet comme Ecriture canonique I'histoire de Susanne, et I'episode de Bel et du dragon. Teriullien invoque plusieurs fois k, titre d'arguments scripturaires des textes empruntes aux parties deuterocanoniques et les attribue k Daniel. Voy.r/^ Oratione^ xxix,et comp. Z^a/;. iii, 50 sv. (M, P. L. i, col. 1 195); de Corona^ iv, et comp. Dan. xiii ; advers. Herinogenem xliv et comp. Dan. iii, 51 sv. ; de Jejicniis, ix et comp. Dan. xiv, 32 sv. (M. P. L. ii, 81. 236. 965) etc.

3 Vigouroux, Dicfl. de la Bible, ii, col. 1 269.

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CHAP. I. — Introduction a tout le livre. Education de Daniel a la cour du roi de Babylone.

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gne de Joakim, roi de Ju-

da, Nabuchodonosor, roi

de Babylone, marcha con-

tre Jerusalem et il I'as-

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mains Joakim, roi de Juda, et une

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