‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 656 sur 752 · Haec ostendit mihi Dominus · texte numérisé non relu

Haec ostendit mihi Dominus

12. Faire cour/r des che^'mix stir tin rocker, quel renversement dans I'ordre physique! Les chefs d'Israel ont amene un renversement non moins etonnant dans i'ordre moral, en abreuvant les gens d'absinthe, au lieu de rendre la justice.

13. De ce qui 7iest ii'e;?, de voire foice, comme I'explique la suite du verset. Les conquetes de Jeroboam II avaient inspire a son peuple cette confianceexager^een lui-meme.

14. Une nation : I'Assyrie n'est pas nommee; il est dit seulement que cette nation viendra par le nord, du cote de Hamath, la frontiere septentrionale d'Israel, et ravagera tout le \i?iysjusquhw torrent du desert^ auj. Ouadi cl-Ahsi^ a la frontiere meridionale du pays de Moab (II Rois, xiv, 25; Is. xv, 7); ou bien, suixant d'autres, VOitadi-el-AricJi.

CHAP. VH.

I. Le regain : la premiere coupe ou fenaison appartenait au roi en tout ou en partie; ce qui repoussait ensuite, le regain, etait pour le proprietairedu champ. On ne Irouve pas dans la sainte Ecrilure d'aulre texle precis faisant mention de cette coulume. — Si

Dieu avail envoye des sauterelles, le peuple entier etait ruine. — Vulg. an coinnie7icenieni de la phiie tardive, c.-a-d. du printemps.

2. (liiand elles enrent acJieve de devorer, probablement en vision seulement; ce n'etait qu'une menace. — Qui subsisterait de Jacob, comment resisterait-il a ses ennemis, lui si petit et si faible? LXX, Vulg. et Syr. : qtd fera revivre (hebr. iaqini, au lieu de iaqom) Jacob ?

3. Se 7-epentit : comp. Jer. xv, i. — Cela, ce que signifiait la vision.

4. Dcfendre sa cause, punir ses ennemis, chalier les pecheurs. — Le grand alnnie, la mer Mediterranee ; la portion du Seig7teur, Israel, I'heritage de Jehovah {Deut. x, 9, etc.), ou la Terre sainte baignde par celle mer. Cela se passe encore en vision et n'est qu'une menace symbolique, dont la priere du prophele arretera la realisation.

Suivant quelques commentateurs, le sens est figure ; le gra/id abiine designerait, non la mer, mais le monde paien, la mer des nations, soulevee contre Dieu.

7 sv. Troisieme vision; elle signifie que Dieu, apres avoir bien des fois revoque ses

PROPH^TIE D'AMOS. Chap. VII, 8— 17.

tical, et il avait dans sa main un fil a plomb. ^11 me dit : " Que vois-tu, Amos? " Je repondis : " Un fil a plomb." Et le Seigneur vie dit : " Je vais mettre le fil a plomb au milieu de mon peuple d'Israel; je ne lui pardonnerai plus. 9Les hauts lieux d'Isaac seront devastes et les sanctuaires d'Israel seront detruits, et je me leverai contre la maison de Jeroboam avec I'epee."

10 Alors Amasias, pretre de Bethel, envoya dire a Jeroboam, roi d'Israel :

" Amos conspire contre toi au milieu de la maison d'Israel ; le pays ne peut plus supporter toutes ses paroles.

" Car Amos a parle ainsi : Jeroboam mourra par I'epee, et Israel sera emmene captif hors de son pays."

^2 Et Amasias dit a Amos : " Voyant, va-t'en, fuis au pays de Juda et man-

ges-y ton pain ; la tu prophetiseras.

i^Mais ne continue pas de proph^tiser a Bethel, car c'est un san6luaire du roi et c'est une maison royale." M Amos repondit a Amasias : " Je ne suis ni prophete, ni fils de prophete; je suis bouvier et je cultive les sycomores. ^sMais Jehovah m'a pris derriere le troupeau, et Jehovah m'a dit : Va, prophetise a mon peuple d'Israel. 16 Et maintenant ecoute la parole de Jehovah, toi qui dis : Tu ne prophetiseras pas contre Israel et tu ne parleras pas contre la maison d'Isaac. 'zCar ainsi parle Jehovah :

Ta femme sera prostituee dans la ville, tes fils et tes fiUes tomberont par I'epee, ton champ sera partage au cordeau, et toi, tu mourras sur une terre impure, et Israel sera deporte hors de sa terre."

menaces k la pri^re des prophetes, les executera enfin.

D'aprcs I'interpretation la phis ordinaire, le mot hcbr. ''nnak serait iin fil a plfliiil), plus exaflement im ni^'cati de mn^on, instrument compose d'une planchette ou d'un triangle au sommet duquel est suspendu un fil a plomb. C'est le symbole du nivellement, et par consequent de la devastation complete du pays, ou les edifices seront rases au niveau du sol. Comp. II Rois, xxi, 13.

S. Jerome explique autrement les versets 7-8 : le Seigneur se ieiiaii sur un niur recouifert d'tin enduii d'dtain ou de plomb, ce qui rendait ce mur, embleme d'Israel, ;\ la fois plus fort et plus beau; et il avait a la main une truclle de jna^on, pour indiquer que c'est lui qui donnait au mur sa force et son eclat. Mais cette truelle, avec I'enduit qu'elle contient, // A; temettra au milieu du peuple^ il ne veut plus s'en servir, signifiant par la qu'il abandonne son peuple ri luimeme, qu'il renonce a le prot^ger dt'sormais contre ses ennemis.

Les LXX : " le Seigneur se tenait sur un mur de metal [1^.1 xi-/p\ic, kSixnoL^Jii^ou) et dans sa main il avait du m^tal (aSay.a<;). Le mot hebr. ^anak qui se rencontre en ce

passage seulement ne semble pas repousser cette traducflion. En assyrien (anaku), en syriaque et en arabe il signifie un metal, plomb ou etain, peut-etre quelque alliage. n'autre part, le mot grec dfiajj-a;; a egalement pour signification premiere celie de nu'tal trcs dur; c'est seulement secondairement qu'il signifie diamant. On est done fonde ?i donner .\ I'expression hcbraique le premier sens. Le symbole presente par Amos exprime I'idee de guerre et de destru(51ion. Le mur en metal sur lecjuel se tient le Seigneur, c'est un rempart inexpugnable; le metal (Jil a plomb ou truelle dans les versions revues) c'est I'instrument de destru(flion dont il va se servir contre son peuple. En transposant les mdtapbores conformement au genie et a I'usage de notre langue on traduirait, avec le R. P. A. Condamin, S. J. dont nous proposons ici le sentiment : " Voici ce qu'il me fit voir : Le Seigneur se tenait debout sur un mur de fer ^\. Jehovah me dit : que vois-tu, Amos.'' Et je dis : du fer. Et le Seigneur dit : je vais appliquer le fer ^w milieu de mon peuple Israel et je ne lui pardonnerai plus, etc. " Cette version " simple, litterale, respecflant le texte, en harmonic avec le contexte et

PROPHETIA AMOS. Cap. VII, 8—17.

et ecce Dominus stans super murum litum, et in manu ejus trulla casmentarii. 8. Et dixit Dominus ad me : Quid tu vides Amos.^ Et dixi : Trullam casmentarii. Et dixit Dominus : Ecce ego ponam trullam in medio populi mei Israel : non adjiciam ultra superinducere eum.

9. Et demolientur excelsa idoli, et sanctificationes Israel desolabuntur:

et consurgam super domum Jeroboam in gladio.

10. Et misit Amasias sacerdos Bethel ad Jeroboam regem Israel, dicens : Rebellavit contra te Amos in medio domus Israel : non poterit terra sustinere universos sermones ejus. 11. Hasc enim dicit Amos : In gladio morietur Jeroboam, et Israel captivus migrabit de terra sua.

12. Et dixit Amasias ad Amos ; Qui vides, gradere, fuge in terram Juda: et comede ibi panem, et pro-

phetabis ibi. 13. Et in Bethel non adjicies ultra ut prophetes : quia sanctificatio regis est, et domus regni est. 14. Responditque Amos, et dixit ad Amasiam : Non sum propheta, et non sum filius prophetae :

sed armentarius ego sum vellicans sycomoros. 15. Et tulit me Dominus cum sequerer gregem : et dixit Dominus ad me : Vade propheta ad populum meum Israel. 16. Et nunc audi verbum Domini : Tu dicis: Non prophetabis super Israel, et non stillabis super domum idoli.

17, Propter hoc haec dicit Dominus : Uxor tua in civitate fornicabitur : et filii tui, et filias tuae in gladio cadent, et humus tua funiculo metietur : et tu in terra polluta morieris, et Israel captivus migrabit de terra sua.

conforme a I'usage de la langue " paiaitra sans doute preferable aux interpretations usitees, assez obscures, difficiles a accorder avec la pensee du symbole et quelque pen incohdrentes.

9. Lcs Jiauts lietix cT Isaac : ici seulement et vers. 16 le peiiple de Dieu est designe par le noni de ce patriarche; il est difficile de deviner la raison de cette exception. Knabenl>auer traduirait volontiers : les hauts lieux de risi'e, qui ne merite que la risee et le mepris; ou bien, les hauts licux du rlre, oii Ton celelirait des fetes lascives. — Centre la niaison de Jeroboam : rette menace ou le chef de I'Etat est nommement designe, amene la scene violente racontee dans les versets suiv.

to. Pretre, grand pretre du sancfluaire du veau d'or eleve a Bethel. — An milieu de la niaison d'Israel, parmi tes propres sujets, qui n'enlendent qu'avec indignation les menaces qu'il profere.

11. Jeroboam vrouj'ra, etc. : ce n'est pas exa(ftement ce qu'avait dit Amos; il n'avait parle que de la niaison ou de la descendance de Jeroboam. Que repondit le roi k cette denonciation? On I'ignore, mais il parait I'avoir meprisee comme vaine et frivole.

12. Homme de vision, (chozeh voyant), c'est I'un des noms donnes aux prophetes. — Mans;es-y ton /^rt/;/, reprends la ton genre de vie ordinaire, sans t'occuper des affaires d'Israel. L'expression est meprisante. Amasias afiecTte de voir en Amos I'un de ces

hommes qui font metier de prophetiser dans un but de lucre. Q.ovcx'^.Ezcch. xiii, 19. Amos ne semble pas avoir cede a cette sommation d Amasias; il continua sans doute encore quelque temps son ministere a Bethel.

13. C'est un sanfluaire du roi : temple et palais appartiennent au roi, et rien ne doit s'y faire sans sa permission, encore moins centre lui. Comp. 1 Rois, xii, 28.

14. Ni prophete de profession, ni disciple d'un prophete, n'ayant pas ete eleve dans les e'coles des prophetes (1 Sam. xix, 20 sv.). C'est en vertu d'une mission speciale de Dieu (vers. 15) que je suis venu en Israel. — Les syconiores abondent en Palestine; ils produisent une sorte de figue pen estimde dont les pauvres se nourrissent. Pour en ameliorer la qualite et le faire niiirir plus tot, il fallait y pratiquer une incision, hebr. Bdles (Voy. la prefnce).

16. Tu ne parleras pas : le verbe hebr. signifie proprement distiller, faire toinber goutte a goutte, comme la pluie ton\be du ciel; les prophetes I'emploient souvent dans le sens de rendre un oracle, faire entendre une parole qui vient de 13ieu. Comp. Deut. \xxii, 2.

17. Frostituee, viole'e par I'ennemi. — Toi, pretre, tu mourras sur une terre impure, profane, paienne.

PROPHETIE D'AMOS. Chap. VIII, i— 14; IX, i.

CHAP. VIII. — Israel est mur pour le jugement.

Ch.VIII.

Ch. IX.

Oici ce que me fit voir le Seigneur, Jehovah : "Je vis une corbeillc de fruits murs. - Et il me dit : " Que vois-tu, Amos } " Je repondis:"Unecorbeillede fruits murs." Et Jehovah me dit : " La fin est venue pour mon peuple d'Israel; desormais je ne lui passerai plus rien.3 Les chants du palais seront des hurlements en ce jour-la, dit le Seigneur, Jehovah.

II y. aura de nombreux cadavres; en tout lieu on les jette en silence. "

4Ecoutez ceci, vous qui engloutissez le pauvre et faites perir les humbles du pays ; S vous qui dites : " Quand la nouvelle lune sera-t-eile passee, afin que nous puissions vendre du froment? et le sabbat, pour que nous ouvrions nos magasins a ble, en diminuant I'epha, en grossissant le side et en faussant la balance pour tromper, ^et que nous achetions pour de I'argent les miserables, et les pauvres a cause d'une paire de sandales, et nous vendrons la criblure du froment?

7jehovah I'a jure par I'orgueil de Jacob : Je n'oublierai pas toujours toutcs leurs a6lions. ^A cause de cela, le pays ne tremblera-t-il pas, et

tous ses habitants ne seront-ils pas dans le deuil? Le pays montera tout entier comme le Nil ; il se soulevera et s'affaisseracomme le fleuve d'Egypte.

9 En cc jour-la, dit le Seigneur, Jehovah, je ferai coucher le soleil en plein midi,et j'envelopperai la terre de tenebres en un jour serein. ^°]e changerai vos fetes en deuil, et vos chants de joie en lamentations ; je mettrai le sac sur tous les reins; toute tete sera chauve; je mettrai le pays comme en un deuil de fils unique, et sa fin sera comme un jour amer.

"Voici qiie des jours viendront, dit le Seigneur, Jehovah, ou j'enverrai une faim, non une faim de pain, ni une soif d'eau, mais d'entendre les paroles de Jehovah. ^^Et ils erreront d'une mer a I'autre et du septentrion a I'orientjils iront decote et d'autre, cherchant la parole de Jehovah, et ils ne la trouveront pas. ^sEn ces joursla les belles vierges et les jeunes hommes dcfailleront de soif ^4Ceux qui jurent par le peche de Samarie, ceux qui discnt : " Par la vie de ton Dieu, 6 Dan! Par la voie de Bersabee! " tomberont et ne se releveront pas.

CHAP. IX. — Dernieres menaces. Promesse de retablisscment ct de prosperite.

E vis le Seigneur dcbout pres

I de I'autel, et il dit : " P^rappe

les chapiteaux et que les seuils

soient cbranlcs, et brise-les sur leurs tetes a tous! Pit ce qui restera, je I'egorgerai par Tepee; pas un ne se

CHAP. VIII

1. Une corbeille de fniits mihs; Vulg , //// cfoc/iet a fruits, qui servait ;i abaisser les branches et facilitait la cueillette.

Page 1