‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 684 sur 752 · Enix'ree du vin de la colere divine · texte numérisé non relu

Enix'ree du vin de la colere divine

Tu disparaiiras, litt. tu seras cache'e, reduite a n^ant (comp. Abd. 16); d'autres, /// pejdras tes sens. — Tu c/iercheras un reftige deva/it Penneini, pour lui echapper, et tu n'en trouveras pas. D'autres : dans ta A€tresse, tu denuutdetas a tes enneniis euxmemes de te venir en aide.

\2. Elles toinberont, etc. : aussi facilernent s'ecrouleront les forteresses de I'Assyrie.

13. Les poj-tes de ton pays, les defiles et les passages du nord de I'Assyrie ; tes verrous ou tes barres^ les forts detaches qui fermaient ces passages.

14. Puise ta provision d''eau a boire, emplis les citernes. Ninive dtant situee sur le confluent de plusieurs tleuves n'avait pas, ce semble, a prendre ces mesures de precaution ; ce trait, emprunte a la situation de Jerusalem, ne serait done que pour I'ornement. — Petris (propr. enti-e dans Pargile,) afin de reparer les murailles avec des briques soit sechees au soleil,soit cuites au four.

Mais toutes ces mesures seront inutiles.

PROPH^TIE DE NAHUM. Chap. Ill, 16—19.

nera, te devorera com me la sauterelle, quand tu serais nombreux comme la sauterelle, nombreux comme la larve. ^^Tu as des marchands en plus grand nombre qu'il n'y a d'etoiles au ciel : la sauterelle ouvre ses ailes et s'envole. ^7Tes gardes sont comme la sauterelle ettes chefscomme un amas de jeunes sauterelles; elles se posent sur les haies en un jour froid ; des que le soleil parait, elles fuient, et Ton

ne connait plus leur lieu ; ou sontelles.^ i^Tes pasteurs sont endormis, roi d'Assyrie; tes vaillants hommes gisent par Urre, ton peuple est disperse sur les montagnes, et il n'y a personne qui les rassemble. ^9Ta blessure est sans remede, ta plaie mortelle. Tous ceux qui entendront raconter ton sort battront des mains a ton sujet; car sur qui n'a pas passe ta mechancete continuellement?

15. Comine la sauterelle ; ou bien : conwie devore la sauterelle; ou bien : comme la sauterelle est devoree : una allusion aux grands feux qu'on allume parfois pour detruire ces insefles. La suite, ou Timage de la sauterelle est appliquee aux Ninivites, favorise ce dernier sens.

16. Des marchajids, etc.; mais ils ne seront pas pour toi une force : des que I'en-

nemi paraitra, ils prendront la fuite avec la rapiditd de la sauterelle. Knabenbauer : la sauterelle dcpouille et s^envole ; sens : les sauterelles, c.-a-d. les guerriers ennemis, s'abattront sur Ninive enrichie par le n^goce, devoreront tout et disparaitront.

17. Tes gardes {tiphsar,^ssyr.7iia-as-sa-ru), tes chefs ; les deux mots h^breux correspondants sont difficiles. Le premier, dit Strass-

PROPHETIA NAHUM. Cap. Ill, 16—19.

gladio, devorabit te ut bruchus :

congregare ut bruchus: multiplicare ut locusta. 16. Plures fecisti negotiationes tuas quam Stellas sint coeli:

bruchus expansus est, et avolavit.

17. Custodes tui quasi locustae : et parvuli tui quasi locustas locustarum, quse considunt in sepibus in die frigoris : sol ortus est, et avolaverunt, et non est cognitus locus

earum ubi fuerint. 18. Dormitaverunt pastores tui, rex Assur : sepelientur principes tui : latitavit populus tuus in montibus, et non est qui congreget. 1 9. Non est obscura contritio tua, pessima est plaga tua : omnes qui audierunt auditionem tuam, compresserunt manum super te : quia super quern non transiit malitia tua semper?

maier, signifie en assyr. gardes^ des chefs infdrieurs, peut-etre meme les guerriers en general, defenseurs de la ville ; le second {jiiinnsar, assyr. dup-sar-ru) signifie celui qui ccrit, qui enrole les soldats (Viilg., les petits enfants). Sens du veiset : quand arrive un jour froid, les sauterelles se rassemblent sur une haie, sur un mur, 011 elles trouvent un abri ; vienne un rayon de soleil

qui les rechauffe, elles prennent leur vol et disparaissent : ainsi s'evanouira Tarniee assyrienre.

18. Tes pasteurs, tes gendraux, sont endoriiiis du sommeil de la mort.

19. Ta blessiire est sans remede; Vulg., ta fradiire n'est pas cachee. — Car sur qui, etc. : quel peuple n'a pas eu a souffrir de ta cruaute?

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LA prophetic d'Habacuc annonce aux Juifs le chatiment prochain de leurs crimes par les Chaldeens " nation cruelle et impetueuse, effroyablc et terrible" (i, 2-11), la prompte ruine de cette nouvelle puissance ennemie de Dieu (i, 12-ii, 20), et la delivrance du peuple elu, figure de la redemption du genre humain (iii, I- 19).

La vie de ce prophete nous est entierement inconnue.^ Le contenu du livTC permet de fixer avec quelque probabilite la date approximative de sa prophetic.

Au moment ou il ecrit, les armees babyloniennes n'ont pas encore foule le sol de Juda. Babylone ne parait pas encore redoutable ; elle n'est peutetre encore qu'une province de I'Assyrie. Si le prophete annonce que les Chaldeens vont etre en Palestine I'instrument des vengeances divines " nul ne voudra le croire " (i, 5).

L'evenement eiit paru moins incroyable apres les vi6loires de Nabuchodonosor, et meme apres la fondation du nouvel empire au detriment de

Ninive par Nabopolassar (625 av.

J.-C). La prophetic d'Habacuc serait done anterieure aux regnes de Sedecias et de Joakim; anterieure aussi aux dernieres annees du regne de Josias.2

Le tableau sommaire de la situation religieuse et morale de Juda trace par le prophete au debut de son livre fournit un deuxieme indice.

Habacuc se plaint de voir partout " I'iniquite et la douleur, la rapine et I'injustice." " La loi est paralysee, I'impie prevaut contre le juste " (i, 2-4). Ces traits ne paraissent guere convenir au temps du pieux roi Josias, si zele a promouvoir I'observation de la Loi (II Par. xxxiv, 3 sv.). D'autre part I'invasion chaldeenne annoncee n'est plus eloignee : les contemporains du prophete la verront; c'est " de leurs jours" qu'elle se produira (i, 5). II est done impossible de reculer jusqu'au regne d'Ezechias. II faut exclure aussi la premiere moitic du regne de Manasses : alors I'idolatrie ctait triomphante, et le prophete, — detail re-

' Habacuc, hebr. Cliabaqquq , du verbe chabaq^ embrasser. " Vel ex eo quod amabilis Domini est, vocatur ainplexatio, vel quod in certamen et luclam et (ut ita dicam) amplexum cum Deo congreditur, amplexantis, id est, luftantis sortitus est nomen. " S. Hier. in Habac. Prol. M. xxv, col. 1273. — Les LXX out ecrit 'A[j.,3a/.oj[x. On ne peut accorder aucun credit aux details biographiques rapportes par le Pseudo-Epiphane, de Vitis Proph. 18 (M. .xliii, 409). — Les derniers mots du livre (texte hebreu) : " au maitre du choeur sur mes instruments a corde" ont fait penser a plusieurs qu'Habacuc ^tait pretre ou Idvite. II faudrait etablir d'abord que seuls les Idvltes avaient le droit soit de composer des cantiques sacres, destines a la liturgie, soit de jouer des instruments dans le teaiple. Le contraire seni-

ble ressortir du cantique d'Ezechias {Is. xxxviii, 20).

2 La prophetie d'Habacuc a precede I'oracle de Jeremie annonqanl les vicfloires de Nabuchodonosor, la preponderance de la domination babylonienne dans toute I'Asie anterieure, et sa duree de 70 ans (xxv, 9 sv.). Cette predi(flion est de la quatrieme annee de Joakim. Du reste Jeremie a emprunte a Habacuc un trait de sa prophetie contre Babylone (comp./tV. li, 58'' et Hab. ii, 13). L'emprunt est certainement A\x k Jeremie. Chez Habacuc la phrase caracfleristique commune aux deux prophetes fait corps avec le contexte; il y a opposition voulue entre les v. 12 et 13; de plus les v. 12-14 formenl parallelisme avec 9-1 1. Dans Jdremie le trait est sans lien avec le contexte; il n'a aucun relief particulier.

LA PROPHETIE D'HABACUC

marquable — ne fait aucune allusion a cet abus.

Tout s'explique assez bien si Ton admet qu'Habacuc a ecrit quelques annees apres Nahum,immediatement avant le milieu du 7^ siecle, ou peu apres. A ce moment Manasses converti avait " retabli I'autel du Seigneur et remis en honneur le culte de Jehovah" (II Par. xxxiii, \6).

Cette opinion, conforme a I'antique tradition juive, peut s'autoriser de la place attribuee a Habacuc dans la serie des petits prophetes, aussitot apres Nahum. ^

Au point de vue messianique, Habacuc, comme Isaie, decrit I'opposition entre les puissances du monde

dont Babylone est le symbole typique et le royaume de Dieu gouverne par rOint du Seigneur. II annonce la victoire finale donnee par Dieu au Messie, et par consequent la duree eternelle de son empire. II peut etre appele le propJicte de la foi, dont il proclame la necessite et I'efficacite pour la veritable vie.

L'authenticite de la prophetic est admise par tout le monde. Elle a toujours figure dans le Canon. Saint Paul I'a citee plusieurs fois, une fois dans son discours aux Juifs de Pisidie {^Acl. xiii, 40 sv. et Hab. i. 5), et trois fois dans ses epitres {Hab. ii, 3 et Ro)n. i, 17; Gal. iii, 11; Hebr. x, 37 sv.).

' II n'est done pas possible d'identifier Habacuc, le petit prophete, avec le personnage de ce nom contemporain de Daniel,

qui lui apporta a manger dans la fosse aux lions {Dan. xiv, 32), vers I'anne'e 540-538 av. J.-C.

PROPHETIE D'HABACUC. Chap. I, i — 17.

CHAP. I. — Le chatiment de Juda par les Chaldeens.

Cha.p. I. f^^^s^S^ Entence rev^lee a Habacuc,

le prophete.

2 Jusques a quand, Jehovah, t'implorerai-je sans que tu m'entendes, crierai-je vers toi a la violence sans que tu me delivres? 3 Pourquoi me fais-tu voir I'iniquite et contemples-tu nos souffrances.'' La devastation et la violence sont devant moi ; il y a des querelles, et la discorde s'eleve. '^x'\ussi la loi est morte, et la justice ne voit plus le jour; car le mechant circonvient le juste; c'est pourquoi le droit sort fausse.

sRegardez parmi les nations et voyez; soyez etonnes, stupefaits, car je vais faire en vos jours une ceuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait. ^Car je vais susciter les Chaldeens, peuple feroce et impetueux, qui s'avance au large sur la terre, pour s'emparer de demeures qui ne sont pas a lui. 7ll est terrible et formidable, et c'est de lui-meme que vient son droit et sa grandeur.

^Ses chevaux sont plus legers que les leopards, plus agiles que les loups du soir; ses cavaliers chevauchent fierement; ses cavaliers viendront de loin, ils voleront comme I'aigle fond sur sa proie. 9 Tout ce peuple vient pour

piller; leurs regards avides se portent en avant; ils amassent les captifs comme du sable. ^°1\ se moquera des rois, et les princes seront sa risee; il se rit de toutes les forteresses : il entasse de la poussiere et les prend.

"Puis il s'avance comme I'ouragan, il passe outre et il se rend coupable. Sa force a lui, voila son Dieu!

i^N'es-tu pas des le commencement Jehovah, mon Dieu,mon Saint .''Nous ne mourrons pas. Jehovah, tu as etabli ce peuple pour executer ton jugement; 6 mon Rocher, tu I'as affermi pour chatier. ^sTes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux contempler I'iniquite. Pourquoi regarderais-tu les perfides et te tairais-tu quand le mechant devore un plus juste que lui? i4Tu traiterais done les hommes comme les poissons de la mer, comme les reptiles qui n'ont point de chef.-* ^sll les prend tous a I'hamecon, les tire avec son filet, les ramasse dans ses rets, et il est dans la joie, il jubile. ^^C'est pourquoi il sacrifie a son filet, et il offre cle I'encens a ses rets ; car par eux sa portion est grasse et sa nourriture succulente. i7Continuera-t-il done de vider son filet, et toujours egorgerat-il sans pitie les nations.''

CHAP. I

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