LIVRE DE LA SAGESSE. Chap. VII, i
CHAP. VII. — Salomon (dans lequel I'auteur se personnifie) etait un homme comme tous les autres [vers, i — 6] ; il a demande a Dieu la sagesse, qu'il preferait a tous les biens terrestres [7 — 10]; avec elle sont venus tous les biens, I'amitie de Dieu et de nombreuses connaissances [11 — 21]. — Proprietes de la sagesse, sa nature et ses effets [22 — viii, i].
peu de sable, et I'argent, a cote d'elle, ne vaut pas plus que la boue. ^oje I'ai aimee plus que la sante et la beaute; j'ai prefere sa possession a la possession de la lumiere, car son flambeau ne s'eteint jamais. "Avec elle me sont venus tous les biens, et une immense richesse est dans ses mains. ^^Et je me suis rejoui de tous ces biens, car la sagesse les amene avec elle; j'ignorais pourtant qu'elle en etait la mere. i3je I'ai apprise sans arriere-pensee, je la communique sans envie, et je ne cache point ses tresors. i4Car elle est pour les hommes un tresor inepuisable; ceux qui en usent ont part a I'amitie de Dieu, a qui les recommandent les dons acquis par rinstru6lion.
15 Que Dieu me donne d'en parler comme je le voudrais, et de concevoir des pensees dignes des dons que j'ai recus, car c'est lui qui conduit la sagesse et qui dirige les sages! ^^Nous sommes dans sa main, nous et nos discours, et toute la prudence et le savoir-faire. ^7 C'est lui qui m'a donne la veritable science des etres, pour me faire connaitre la stru6lure de
Ch. VII. 'l^^E ne suis moi-meme qu un I homme mortel, semblable a tous les autres et descendant du premier qui fut forme (de terre), 2et j'ai ete forme quant a la chair dans le sein de ma mere pendant dix mois, prenant consistance dans le sang, par le moyen de la semence de I'homme durant le repos du sommeil.
sMoi aussi, a ma naissance, j'ai respire I'air commun a tous, je suis tombe sur la meme terre, et c'est avec des pleurs que j'ai, comme tous les autres, fait entendre mes premiers sons. 4 J'ai ete eleve dans des langes et avec des soins infinis. sAucun roi n'a eu un autre commencement d'existence.^Il n'y a pour tous qu'une seule et meme maniere d'entrer dans le monde et d'en sortir.
7 C'est pourquoi j'ai prie, et la prudence m'a ete donnee; j'ai invoque le Seigneur, et I'esprit de sagesse est venu en moi. ^Je I'ai preferee aux sceptres et aux couronnes, et j'ai estime de nul prix les richesses aupres d'elle. 9je ne lui ai pas egale les pierres les plus precieuses, car tout I'or du monde n'est aupres d'elle qu'un
CHAP. VII
I. Dt( prej/iz'erhomme, litt. du protoplaste, mot communement employe depuis pour designer notre premier pere.
1. Quant a la chair : c'est I'element exterieur et materiel du compost humain; sur Fame voy. viii, 19. — Pendant dix mois lunaires, de 29 et 30 jours alternativement. La gestation normale etant de 270 k 280 jours, la naissance arrivait vers le milieu du loe mois. Comp. Virg. Eclog. iv, 61. — Dans le sang : comp. Lev. xv, 24 sv. L'auteur suit les opinions de son temps : voy. Pline, Hist. Nat. vii, 15.
3. Je suis tonibc sur la inente terre, une terre de meme nature; ou bien qui eprouve la meme chose de tous, egalement foul^e
par tous. — Avec des pleurs : comp. Lucrece v, 223 sv.