‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 708 sur 941 · LIVRE DE LA SAGESSE. Chap. XTII · texte numérisé non relu

LIVRE DE LA SAGESSE. Chap. XTII

rOuvrier. 2 Mais ils ont regarde le feu, le vent, Fair mobile, le cercle des etoiles, I'eau impetueuse, les flambeaux du ciel, comme des dieux gouvernant I'univers. 3 Si, charmes de leur beaute, ils ont pris ces creatures pour des dieux, qu'ils sachent combien leur Seigneur I'emporte sur elles; car c'est I'Auteur meme de la beaute qui a fait toutes ces choses. 4Et s'ils en admiraient la puissance et les effets, qu'ils comprennent combien est plus puissant celui qui les a faites. sCar la grandeur et la beaute des creatures font connaitre par analogie Celui qui en est le Createur. ^Ceux-ci pourtant encourent un moindre reproche; car ils s'egarent peut-etre en cherchant Dieu et en voulant le trouver. 7 Sans cesse occupes de ses oeuvres, ils en font I'objet de leurs recherches, et ils s'en rapportent a I'apparence, seduits par la beaute des choses qu'ils ont sous les yeux. ^D'autre part,ils ne sont pas non plus excusables;9car, s'ils ont acquis assez de science pour chercher a connaitre les lois du monde, comment n'en ont-ils pas connu plus facilement le Seigneur?

10 Mais ils sont bien malheureux et leur esperance repose sur des objets sans vie, ceux qui ont appele Dieu

des ouvrages de la main des hommes, de Tor et de I'argent travailles avec art, des figures d'animaux ou une pierre inutile, ouvrage d'une main antique. " Voiciqu'un artisan a coupe dans la foret un arbre facile atravailler; il en ote adroitement toute I'ecorce, et, au moyen de son art, il en fabrique un meuble utile pour I'usage de la vie; ^^son travail acheve, il emploie ce qui reste a faire cuire ses aliments et satisfait sa faim.

i3Quant aux derniers debris qui ne sont plus d'aucun usage, au bois tordu et plein de noeuds, il le prend, le taille pour occuper ses loisirs, et il est assez habile pour reussir a lui donner une figure : il I'a fait ressembler a un homme. i4 0u bien il en fait I'image de quelque vil animal, le peint de vermilion, le recouvre d'une couleur rouge et fait disparaitre sous un enduit toutes les taches. ^5 Puis, lui ayant dispose une habitation convenable, il le place contre la muraille et la fixe avec du fer. ^^U prend bien garde qu'il ne tombe, sachant que le dieu ne saurait s'aider lui-meme, car ce n'est qu'une statue a laquelle il faut porter secours. ^/Alors il lui adresse des prieres au sujet de ses biens, de ses mariages et de ses en-

Dans la Vulg., ^e his est pour ex his; de meme Matth. iii, 9; Liic^ i, 71.

2. Lc fell, objet d'un culte chez les Chaldeens et les Perses. — Le vent, par ex. Eole chez les Grecs. — Uair mobile ou rapide parait se rapporter a I'atmosphere, peisonnifiee dans Jupiter et Junon. — Le cercle des etoiles, qui semblent decrire des cercles dans le ciel. — Deau impctneuse, honor^e chez les Perses et chez les Grecs sous les noms de Poseidon (Neptune), d'Oceanos, etc. ; les Egyptiens rendaient des honneurs divins a leur fleuve sacre, le Nil. — Les flambeaux du ciel, le soleil et la lune, comme I'explique la Vulg. : le soleil, honor^ k H^liopolis sous le nom d'Osiris, et la lune sous celui d'lsis.

5. 'L^i grandeur se rapporte au vers. 4, et la beaute a.\i vers. 3. La veritable legon du grec est peut-etre, xal xotXJ.ovTJi; XTta[xaTwv D'apr^s cela, il faudrait dans la Vulg., et specie creaturw, qu'on trouve en effet dans d'autres versions anciennes et dans des ci-

tations des P^res. — Par analogie, par voie de comparaison ou de consequence (S. Hilaire) : la cause doit etre proportionnee k I'effet. Le concile du Vatican a solennellement confiime cette dodlrine {de Revel.

can. i). Comp. Rom. i, 20; Afl. xiv, 17).

6. Un moindre reproche, une moindre responsabilite, si on les compare aux adorateurs d'idoles dont il va etre parle (vers. 10 sv.), car I'homme pent etre facilement amene a rendre un culte aux grandes puissances de la nature, a cause de la faiblesse native de son intelligence (vers. i). L'auteur dira plus loin qu'il n'est pourtant pas excusable en cela (vers. 8).

Car ils s\garent peut-etre en cherchant Dieu sincerement. D'autres : car ils tombent aussi facilement dans Verreur ceux qui cherchent Dieu, etc.; sens : car les Israelites eux-memes,qui veulent sincerement connaitre Dieu, tombent parfois dans I'erreur, par ex. sur les rapports de Dieu avec le monde et I'homme, la providence, etc.

LIBER SAPIENTI^.. Cap. XIII, 2—17.

est, neqiie operibus atteiidentes Deut. 4, agnoverunt quis esset artifex: 2/sed '^^'^•^- aut ignem, aut spiritum, aut citatum aerem, aut gyrum stellarum, aut nimiam aquam,aut solem et lunam, rectores orbis terrarum deos putaverunt. 3. Quorum si specie delectati, deos putaverunt : sciant quanto his dominator eorum speciosior est : specie! enim generator base omnia constituit.4, Aut si virtutem, et opera eorum mirati sunt, intelligant ab illis, quoniam qui base fecit, fortior est illis : 5. a magnitudine enim speciei, et creaturas cognoscibiliter potent creator horum videri. 6, Sed tamen adhuc in his minor est querela. Kt hi enim fortasse errant, Deum quasrentes, et :om. I, volentes invenire. 7. "Etenim cum in operibus illius conversentur, inquirunt : et persuasum habent quoniam bona sunt quas videntur, 8. Iterum autem nee his debet ignosci. 9. Si enim tantum potuerunt scire, utpossentaestimare sascuium :

quomodo hujus Dominum non facilius invenerunt.^

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