‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 713 sur 941 · LIVRE DE LA SAGESSE. Chap. XIV · texte numérisé non relu

LIVRE DE LA SAGESSE. Chap. XIV

jours. i4C'est la folic des hommes qui les a introduites dans le monde ; aussi leur fin prochaine est-elle arretee dans la pensee divine.

15 Un pere accable de douleur par la prompte mort d'un fils qui lui a ete enleve avant le temps a faconne son image, et cet enfant qui etait mort, il s'est mis a I'honorer comme un dieu, et il a institue parmi les gens de sa maison des rites pieux et des ceremonies. ^^Puis, cette coutume impie s'affermissant avec le temps fut observee comme une loi, et sur I'ordre des princes on adora des statues. '^7 0uand on ne pouvait les honorer en face a cause de leur eloignement, on se representait de loin leur figure et Ton faconnait une image visible du roi venere, afin de rendre a I'absent des hommages aussi empresses que s'il eut ete present.

i^Ce qui fit croitre la superstition, c'est que ceux-la meme qui ne connaissaient pas le souverain y furent amenes par le zele de I'artiste. i9Celui-ci en effet, desireux de plaire au maitre puissant, epuisa tout son art a embellir le portrait. 20 Et la foule des hommes, seduite par I'elegance de I'oeuvre, regarda comme un dieu

celui qui naguere etait honore comme un horn me.

21 Ce fut un piege pour les vivants que les hommes, sous le coup d'une infortune ou trop complaisants pour leurs souverains, eussent donne a la pierre ou au bois le nom incommunicable. 22 Ce n'etait pas assez pour eux d'errer dans la notion de Dieu; vivant dans un etat de lutte violente par suite de leur ignorance, ils appelaient du nom de paix des maux si grands et si nombreux. 23 Celebrant des ceremonies homicides de leurs enfants ou des mysteres clandestins, et se livrant aux debauches effrenees de rites etranges, 24ils n'ont plus garde de pudeur ni dans leur vie ni dans leurs mariages ; I'un tue I'autre par la trahison ou I'outrage par I'adultere.

25 Ce n'est partout que sang et meurtre, vol et tromperie, corruption et infidelite, revoke et parjure, ^Spersecution des gens de bien, oubli des bienfaits, souillure des ames, crimes contre nature, instabilite dans les unions, adultere et impudicite. ^zCar le culte des viles idoles est le principe, la cause ct la fin de tout mal. 28 Leurs divertissements sont de foUes joies et leurs oracles des mensonges;

14. L'auteur inspire volt dans un avenir prochain la venue du Messie,et avec elle la conversion du monde au culte du vrai Dieu.

La 1''^ partie de ce verset est mal rendue dans la Vulgate. L'erreur du tradufteur latin vient de ce qu'il s'est mepris sur le sujet de advcnif, qui est uiola, comme le montre le pronom tlloruiii qui suit.

Culte des honimes deifies (vers. 15-21).

15. Des ceremonies; Vulg. des sacrifices. Un exemple de cette tendance naturelle h I'homme nous est fourni par Ciceron qui, ayant perdu sa fille TuUia, conqut le dessein d'elever en son honneur un temple magnitique {Epitr. a Atticits, xii, 35 sv. Comp. LacHiance, Instit. i, 15, 20). L'empereur Adrien realisa une pensee semblable en I'honneur de son favori Antinoiis.

17. Autre cause de I'idolatrie : statues dress^es pour honorer des souverains redoutes.

On se ;Y/^r,"'f(?;/ /«//.- plus tard les souverains en vinrent k envoyer eux-memes, des le ddbut de leur r^gne, leur image dans

toutes les provinces; c'est ce que suppose la traduction de la Vulg. : leur image etait apportce de loin; mais le texte grec se rapporte a une epoque plus ancienne.

18. Troisieme cause d'idolatrie : la beaute meme de la statue ou de I'image.

19. La superstition s'accrut de deux manicres : I'image fut honoree par un plus grand nombre, et elle regut des honneurs divins (vers. 20).

20. Comme un dieu, litt. conime un objet d\idoration. C'est pour prevenir cet abus que Dieu avait d^fendu aux H^breux de se faire des images taillees ou fondues {Exod.^y., 4).

Au lieu de abdufla, dans la V^ulg., plusieurs manuscrits lisent adduHa, qui traduirait plus exacflement le grec.

Consequences morales de I'idolatrie (versets 21-31). Comp. Rom. i, 24 sv.

21. U}t piege, une cause de corruption, pour les vivants, litt. pour la vie : comp. X, 8 ; /lumance n'est pas dans le'grec. — D^une infortune, par ex. la perte d'un fils (vers. 15). — Trop complaisants pour letirs souverains :

LIBER SAPIENTI^. Cap. XIV, 14—28.

petuum. 14. Supervacuitas enim hominum hasc advenit in orbem terrarum : et ideo brevis illorum finis est inventus.

15. Acerbo enim luctu dolens pater, cito sibi rapti filii fecit imaginem : et ilium, qui tunc quasi homo mortuus fuerat, nunc tamquam deum colere coepit, et constituit inter servos suos sacra et sacrificia. 16. Deinde interveniente tempore convalescente iniqua consuetudine, hie error tamquam lex custoditus est, et tyrannorum imperio colebatitur figmenta. 17. Et hos, quos in palam homines honorare non poterant propter hoc quod longe essent, e longinquo figura eorum allata, evidentem imaginem regis, quern honorare volebant, fecerunt : ut ilium, qui aberat, tamquam prassentem colerent sua sollicitudine. 18. Provexit autem ad horum culturam et hos, qui ignorabant, artificis eximia diligentia.

1 9. Ille enim volens placere illi, qui se assumpsit, elaboravit arte sua, ut similitudinem in melius figuraret.

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