Anatheme, exclu de l'Eglise de J.-C
(Voy. xii, 3). Suivant d'autres, ce terme exprime simplement l'horreur que doit inspirer celui qui n'aime pas Je'sus-Christ. — Maran-atha, expression arame'enne qui signifie : Notre Seigneur vient pour le jugement. Cet avertissement dans une langue etrangere avaitquelque chose de plus grave et de plus solennel. Ou peut-etre plutot comme Apoc. xxii, 20 " Seigneur Jesus, venez '' ; formule liturgique en usage parmi les premiers chre'tiens.
Sens : que le Seigneur hate son avenement et accomplisse lui-meme le vceu qui vient d'etre formule.
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Intiobuction.
PLUSIEURS mois s'etaient ecoules depuis l'envoi de la premiere epitre aux Corinthiens. S. Paul desirait vivement avoir des nouvelles de sa chere Eglise d'Acha'ic. II les regut enfin de la bouche de Tite, qu'il avait envoye en mission a Corinthe, et qui etait venu lc rcjoindre dans une ville de Macedoine, probablement a Philippes. Sa premiere lettre avait produit sur la communaute en general une impression favorable. A sa lecture, les fideles avaient eclate en sanglots et temoigne l'affe<5lion profonde qu'ils portaicnt a l'Apotre, le regret de l'avoir offense, le desir de le rcvoir et d'obtenir de lui le pardon. L'excommunication prononcee contre l'inccstueux etait, en general, comprise et respe6r.ee : on evitait toute relation avec lui ; le coupable lui-meme, rcconnaissant sa faute, etait venu a resipiscence.
Jamais Paul n'eprouva de joie plus vive qu'en apprenant ces nouvelles.
Mais cette joie n'etait pas sans melange. Le parti judai'sant, travaille par des pTedicateurs hebreux venus de diverses Eglises d'Asie, mais surtout de Jerusalem, avec des lettres de recommandation, etait loin de se soumcttre; les menaces de l'epitre l'avaient meme exaspere, et il mettait tout en ceuvre pour semer dans la communaute la defiance vis-a-vis de l'Apotre. Non content de lui contester les titres de son apostolat, on pretait a son ministere des vues charnelles et interessees. On l'accusait tour a tour de durete et d'orgueil, d'inconstance et de versatilite. Ses lettres, disait-on, sont severes et energiques ; mais sa personne est chetive et sa parole sans elegance. Comme il avait change plusieurs fois ses plans
de voyage et ajourne la visite qu'il avait promise aux Corinthiens, on donnait a entendre qu'il n'aurait jamais le courage de reparaitre au milieu d'eux.
Telles sont les circonstances qui detcrminercnt saint Paul a ecrire une seconde fois aux Corinthiens.
L'occasion de cette epitre nous en fait deviner le but et le sujet. Paul a ete attaque dans sa personne et dans son autorite apostolique, et la confiancc du troupeau en son pasteur en a souffert. Cette confiance ^branl^e, il faut qu'il la raffermisse; cette consideration personnelle, il faut qu'il la sauvegarde ; cette dignite d'apotre, il faut qu'il la rcvendique, a la confusion des faux dochcurs qui ont essay^ de Ten depouillcr. La deuxieme epitre aux Corinthiens est done avant tout une apologie__de saint Paul et une revendication de son autorite apostolique,Tout le reste, meme l'affaire de la collecte, qui y tient pourtant une grande place, doit etre considere comme accessoire.
Elle fut ecrite, vers la fin de l'an ^2> dans une ville de Macedoine qui n'est pas nommee; — peut-etre a Philippes, d'apres le Vaticanus et la PescJiito.
On peut y distinguer trois parties :
Ire Partie (chap, i-vii). S. Paul s'adresseicisurtout alamajoritefidele de l'Eglise de Corinthe : e'est une analogic de sott ministere, mais contenue et voilee. II expose les consolations qu'il a recues au milieu de ses souffrances et les motifs qui ont retarde sa visite; puis il leve la peine portee contre l'incestueux repentant.
A l'encontre de l'esprit juda'ique qui