Le Christ, le Redempteur promis
Qui Pa engendre : Dieu le Pere. — Celui qui est nc de lui, de Dieu, tous les Chretiens. L'amour que Ton a pour un pere s'e'tend a tous ses enfants.
2. L'amour de Dieu et Tamour du prochain etant inseparables, chacun deux peut etre donne comme la marque de l'autre.
4. A vaincu: le combat se continue, mais la vicloire est certaine. Dieu lui-meme, auquel le chretien est intimement uni par la foi vivante, combat et triomphe avec lui.
5. Saint Jean s'adresse a la propre experience de ses lecleurs. Comp. Hebr. xi, 33 sv,
Dans les versets 6-12, il etablit par un triple temoignage divin que Jesus est le Fils de Dieu.
6. Ce passage difficile a recu diverses interpretations ; voici les deux principales : 10 L'eau fait allusion au bapteme de Jesus, le sang a son immolation sur la croix, deux faits qui marquent le commencement et la fin de son aclivite messianique. Par le bapteme, espece de consecration pre'paratoire, il inaugure ses fonclions de redempteur ; par sa mort sur la croix, il accomplit ces memes fonclions. L'Apotre designe done Jesus comme le Redempteur du monde, en le nommant celui qui est venu par l'eau et
par le sang. Ce n'est pas tout, Jesus continue de vivre dans son Eglise par le Saint- Esprit, qui communique a chaque fidele la grace et la verite. Ainsi les trois principaux stades de la vie de Jesus seraient ici decrits : son inauguration en qualite du Messie, sa mort, la permanence de sa vie dans l'Eglise. 1 Allusion a l'eau et au sang que la lance d'un soldat fit jaillir du cote de Jesus sur la croix. S. Jean raconte ce fait dans son evangile, et Ton voit bien qu'il y attache une certaine importance {Jean, xix, 34 sv.). L'eau, matiere du sacrement de notre regeneration en J.-C. {Jean, iii, 5), est d'une maniere generale le symbole des graces divines (comp. Jean, iv, 10 sv. ; vii, 38 etc.); et le sang, sans lequel aucun peche n'est remis devant Dieu {Hebr. ix, 22), celui de l'expiation. Ainsi en venant par {avec ou dans) l'eau et le sang, Jesus nous a apporte une vie nouvelle, fruit de son immolation sur la croix, et par la il s'est montre en fait Messie et Sauveur. Non par l'eau settlement, etc. Saint Jean veut ici ecarter Ferreur des Docetes, d'apres lesquels Je"sus etait le Christ au moment oil il regut le bapteme des mains de Jean-Baptiste, — ainsi il etait venu par l'eau; mais il avait cesse de l'etre au moment de sa passion, l'esprit celeste qui lui etait uni l'ayant alors quitte, — ainsi il n'etait pas venu par le sang. — L'Esprit-Sdiwit, temoin particuliere-
EPISTOLA B. JOANNIS APOST. I\ Cap. V,
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— *— CAPUT V. —
De natis ex Deo, veraque erga ipsum caritate : fides mundum vincit : tres in terra testantur Christum verum hominem, et tres in ccelo verum Dei Filium, in quern credens habet vitam aeternam : de peccato ad mortem, et non ad mortem.
MNIS, qui credit, quoniam Jesus est Christus, ex Deo natus est. Et omnis, qui diligit eum qui genuit, diligit et eum qui natus est ex eo. 2. In hoc cognoscimus quoniam diligimus natos Dei, cum Deum diligamus, et mandata ejus faciamus. 3. Hasc est enim caritas Dei, ut mandata ejus custodiamus :
et mandata ejus gravia non sunt.
4. Quoniam omne, quod natum est ex Deo, vincit mundum : et hasc est victoria, quae vincit mundum, fides nostra. 5. aOuis est, qui vincit
mundum, nisi qui credit quoniam Jesus est Filius Dei?
6. Hie est, qui venit per aquam et sanguinem, Jesus Christus : non in aqua solum, sed in aqua et sanguine. Et spiritus est, qui testificatur, quoniam Christus est Veritas.
7. Quoniam tres sunt qui testimonium dant in ccelo : Pater,Verbum, et Spiritus sanctus : et hi tres unum sunt. 8. Et tres sunt, qui testimonium dant in terra : Spiritus, et aqua, et sanguis : et hi tres unum sunt. 9. Si testimonium hominum accipimus, testimonium Dei majus est : quoniam hoc est testimonium Dei, quod majus est, quoniam testificatus est de Filio suo. 10. &Qui credit in Filium Dei, habet testimonium Dei in se. Qui non credit Filio, mendacem facit eum : quia non credit in testimonium quod testificatus est Deus de Filio suo. 1 1. Et hoc est testimonium, quoniam vi-
'Joann.
ment autorise", puisqu'il est la ve'rite meme (Jean, xiv, 17; xvi, 13), atteste que le Christ est vraiment le Messie, Fils de Dieu : il lui a rendu ce temoignage soit au moment de son Bapteme par le precurseur (Matth. iii, 16); soit dans la resurrection et au jour de la Pentecote, confirmant par l'effusion de ses dons et l'eclat des miracles la predication des Apotres. II continue a rendre temoignage a la divinite du Christ dans l'ame regendree par l'illumination interieure de la grace qui les a conduits a la foi et les y affermit. Comp. xiv, 16, 17; xvi, 13; et dans cette e"pitre meme ii, 27. — La Vulg. : Cest V Esprit qui atteste que le Christ est la ve'rite (comp. Jean, xiv, 6 ; xviii, 37).
7. // y en a trots, etc. C'etait chez les Juifs un principe de droit qu'aucun litige ne pouvait se decider que sur le temoignage concordant de deux ou trois te"moins (Dent. xvii, 6; xix, 15. Comp. Matth. xviii, 16). S. Jean fait observer qu'il s'y conforme, en produisant trois temoins qui proclament d'une voix unanime que Jesus est le Messie. — Dans le ciel : l'authenticite des mots mis entre crochets est contestee ; on ne les trouve dans aucun manuscrit grec anterieur au XVe siecle, et dans aucun manuscrit de la Vulgate anterieur au VI I R — Le Pere, au jour du Bapteme et de la Transfiguration a solennellement atteste que J£sus etait son Fils bien-aimc {Matth. iii, 17; xvii, 5), temoignage renouvele en une autre circons-
tance racontee par S. Jean, xii, 28. — Le Fils a produit en faveur de sa propre divinite le temoignage indiscutable du miracle. Le Saint-Esprit a joint son attestation a celles du Pere' et du Fils de la maniere et dans les circonstances indiquees plus haut. Ce triple te'moi^nage est donne dans le ciel, e'est-a-dire du haut du ciel, par des temoins celestes d'origine et de nature. Distincts l'un de l'autre comme personnes, Us sont cependant un, c.-a-d. une seule et meme essence divine. — Quant aux trois temoins terrestres, ce sont suivant l'interpretation commune Vean et le sang, sortis du cote entr'ouvert du Sauveur sur la croix (Jeafi,x\x, 32-36), et Y esprit que Jesus remit avec un grand cri entre les mains du Pere, se faisant par Ik reconnaitre pour Fils de Dieu (Marc, xv, 39. Comp. Jean, ix, 18). Suivant d'autres interpretes, V Esprit-Saint, — sont d'' accord : rendent un meme temoignage a la divinite de Jesus.
9. Plus grand, d'un plus grand poids : nous devons done mieux encore les recevoir. — Cest Id, etc. : le triple temoignage dont on vient de parler est bien le temoignage de Dieu, qui a (litt. puisqu'il a) rendu, etc.
10. En lui -in,' me : ce temoignage lui est devenu interieur, il penetre et vivifie son intelligence et sa volonte. — Le fait, declare, en quelque sorte, Dieu mentcur.
EPITRE DE S. JEAN. Chap. V, 12—21.
nelle, et que cette vie est dans son Fils. I2 Celui qui a le Fils a la vie;
celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie.