‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 36 sur 559 · Plaire a Dieu : litote. lis sontcondamnes par Dieu · texte numérisé non relu

Plaire a Dieu : litote. lis sontcondamnes par Dieu

9. Pour votes, chretiens de Rome, la chair n'est pas relement de voire vie. — Si du

EPITRE I)E S. PAUL AUX ROMAINS. Chap. VIII,

vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne lui appartient pas. JOMais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort a cause du peche, mais l'esprit est vie a cause de la justice. 11 Et si l'Esprit de celui qui a ressuscite Jesus d'cntre les morts habite en vous, celui qui a ressuscite le Christ d'entre les morts rendra aussi la vie a vos corps mortels, a cause de son Esprit qui habite en vous.

I2Ainsi done, mes freres, nous ne sommes point redevables a la chair pour vivre selon la chair. '3 Car si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si, par l'Esprit, vous faites mourir les oeuvres du corps, vous vivrez; r4car tons ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. lS En effet, vous n'avez point

regu un Esprit de servitude, pour etre encore dans la crainte; mais vous avez regu un Esprit d'adoption, en qui nous crions : Abba! Pere! l6Cet Esprit lui-meme rend temoignage a notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. r70r,si nous sommes enfants, nous sommes aussi heritiers, heritiers de Dieu et coheritiers du Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, pour etre glorifies avec lui. l8Car j'estime que les souffranccs du temps present sont sans proportion avec la gloire a venir qui sera manifested en nous.

l9 Aussi la creation attend-elleavcc un ardent desir la manifestation des enfants de Dieu. 2° La creation, en effet, a etc assujettie a la vanity, — non de son gre; mais par la volonte de celui qui l'y a soumise, — avec l'es-

moins, vous n'avez pas chasse" L'Esprit-Saint de votre ame par le peche mortel.

io. Site ( 'hristest en vous par son Esprit, qui est l'Esprit Saint, votre corps, il est vrai, est soumis a la mort, qu'il a encourue par suite du |n:( he originel, mais votre esprit est vie, est vivant, parce qu'il a en lui le Christ, qui est lui-meme la vie, et son Esprit.

i i . Si /" /-'.sprit du Pere qui, etc. J esus, comme Dieu, est sorti du tombeau par sa propre vertu (Jean, x, l8); comme homme. sa resuri (i tionest l'ceuvredu Pere.auquel on attribue les oeuvres de puissance. — A cause de VEsprit-Saint, dont l'habitation dans notre ame communique au corps lui-meme un principe d'immortalite'.Une autre lecon porte,parson Esprit, non plus seulement principe, mais cause immediate de notre resurrection.

12. La chair est represented sous l'image d'un maitre ou d'un creancier, a qui on serait redevable d'un service ou d'une dette.

13. Vous mourrez de la mort eternelle. — Par VEsprit, sous inspiration et avec les forces de la grace. — / '011s faites mourir, vous tuez a. leur naissance et empechez ainsi d'arriver a leur accomplissement les oeuvres du corps (comp. Gal. v, 16 sv), que le corps, conformement a la " loi du peche qui est dans les membres " (vii, 23), veut effectuer.

14. Ceux qui sont conduits c.-a-d. se laissent conduire par VEsprit de Dieu, qui doit etre maitre de notre vie, comme le pilote du vaisseau qu'il gouverne, ceux-la et eux seuls montrent qu'ils sont Jils de Dieu, comme freres de T-C. et vivant de sa vie, laquelle nous est communique'e par l'Esprit-Saint.

15. Dans la crainte propre aux serviteurs et qui caraclerisait l'etat du peuple de Dieu

sous la Loi. Cette Loi dtait en effet une loi de servitude 1° parce que par elle-meme, elle n'invitait a son observation que par le motif de la crainte des peines et par 1'attrait des recompenses temporelles (Hebr. viii, 6; ix, 15); 20 par elle-meme elle n'excluait pas toute servilite de cette crainte qu'elle inspirait; car elle n'avait pas par elle-meme la vertu de confe'rer la grace inte'rieure (Rom. ix. 3: Gal. iii, 12. 21), et ne pouvait par consequent promouvoir la justice inte'rieure, mais bornait son efficacite a la justice exterieure et legale, la justice des oeuvres (Rom. iii, 20 sv; 27 sv. ; (,'al. iii, 2, 5, 10 sv.). — La loi nouvelle au contraire est une loi de charite (II Tim. i, 7) propre aux fils. Elle porte a l'observation de ses preceptes, moins par le motif de la crainte que paries motifs plus eleves de la charite; et quant aux motifs inferieurs, elle en exclut par son efficacite propre, tout caraclere servile. — Un Esprit d'adoption, l'Esprit-Saint donnd aux fils adoptifs (Gal. iv, 6), comme sceau de leur adoption et romme gage de l'heritage celeste (Eph. i, 13 sv.). L'adoption elle-meme est constitute par le don cree de la grace, inseparable de la charite' que Dieu repand au cceur des fideles par son Esprit-Saint (Rom. v, 5) et de l'inhabitation mysterieuse de ce divin Esprit lui-meme en nous (I Cor. vi, 19; Comp. Jean, xiv, 16). — En qui : anime's et miis par la piete filiale dont il est en nous l'auteur et Pinspirateur, nous crions d'un elan spontane' du cceur : pere. A cette confiance meme nous reconnaissons que e'est cet Esprit qui habite en nous et que nous sommes en effet des fils d'adoption. — Abba.' Pere! Le premier de

RPIST. B. PAULI AP. AD ROMANOS. Cap. VIII, 10—20.

autem Spiritum Christi* non habet :

hie non est ejus. 10. Si autem Christus in vobis est : corpus quidem mortuum est propter peccatum, spiritus vero vivit propter justificationem. 1 1. Quod si Spiritus ejus, qui suscitavit Jesum a mortuis, habitat in vobis : qui suscitavit Jesum Christum a mortuis, vivificabit et mortalia corpora vestra, propter inhabitantem Spiritum ejus in vobis.

1 1. Ergo, fratres,debitores sumus non carni, ut secundum carnem vivamus. 13. Si enim secundum carnem vixeritis, moriemini : si autem spiritu facta carnis mortiflcaveritis, vivetis. 14. Quicumque enim spiritu Dei aguntur,ii sunt filii

Dei. 1 5. rfNon enim accepistis spiritum servitutis iterumin timore,sed accepistis spiritum ''adoptionis filiorum,inquoclamamus: Abba(Pater).

16. Ipse enim Spiritus testimonium reddit spiritui nostro quod sumus filii Dei. 17. Si autem filii, et heredes : heredes quidem Dei, coheredes autem Christi : si tamen compatimur, ut et conglorificemur. 18. Existimo enim quod non sunt condignas passiones hujus temporis ad futuram gloriam, qua; revelabitur in nobis.

1 9. Nam exspectatio creaturas, revelationem filiorum Dei exspectat. 20. Vanitati enim creatura subjecta est non volens, sed propter

Gal. 4. 5-

ces deux mots appartient au dialecte arameen (ab, en hebreu); il est probable qu'il passa des prieres juives dans les prieres chretiennes; le second est la traduction du premier. Etant les fils de Dieu par adoption, nous avons J.-C. pour frere :Jean xx,i7; Matin, xxviii. \o;Hebr. ii, 11.

16. Le Saint-Esprit, considere non plus seulement dans ses dons, mais dans sa personne, joint son temoignage a celui de l'esprit du cbretien. II se rencontre, en effet, dans la vie chretienne, des moments ou le fidele, eleve au-dessus de lui-meme, se sent plus pies de Dieu et fortement attire vers lui, comme un enfant vers son pere, ou Dieu estsa joie intime. Ce sont la des moments de la grace; e'est l'Esprit-Saint qui opere en nous cette elevation morale, qui excite ce mouvement d'amour et nous rend ainsi un temoignage immediat de notre amitie avec Dieu et de notre filiation divine. •' Mais, ajoute Mdhler, ce temoignage est d:une nature si delicate, il requiert une attention si subtile, que le fidele, dans le sentiment de sa misere et desa fragilite, ne l'accueille qu'avec timidite et ose a peine s'abandonner a lui. C'est une sainte joie qui se cache a elle-meme et veut rester pour elle-meme un mystere, et plus le fidele se tient dans les hauteurs, plus il est humble, moins il osera, sans une revelation speciale et extraordinaire (Cone, de Trente, Sess. vi, chap. 9), se glorifier d'une certitude si peu en rapport avec l'incertitude et la fragilite de toutes les choses d'ici-bas. " Comp. I Cor. iv, 4 et J,:r. xvii, 9.

17. Revenant a ('affirmation du verset 14 qu'il a prouve dans les vers. 14 et 16, S. Paul conclut a pen pres comme il l'avait fait dans Gal. iv, 7, mais avec plus de preci-

sion, d'apres l'analogie du droit romain, de l'adoption a. l'heritage. — Heritiers des biens pro pres a Dieu notre pere adoptif, de sa vie (comp. v. 13) et de sa gloire (comp. v. 18). Mais pour entrer en jouissance de cet heritage il nous faut souffrir avec le Christ, l'heritier naturel, qui lui-meme a du meriter par ses humiliations et sa mort volontaire, d'etre glorifie' et eleve comme homme a la droite de Dieu (Luc. xxiv, 26; Phil, ii, 5-1 1).

18. J'estime : litote, pour : il est hors de doute (comp. iii, 28). — La gloire a venir, cache'e maintenant dans le ciel (Col. iii, 3 et 4; I Pier. \, 4), sera manifestee lorsque le royaume messianique sera inaugure dans dans toute sa splendeur par le second avenement de J.-C. et la resurrection des morts. — En nous; litt. pour nous.

19. La creation, la nature physique ellememe, blessee par le peche. Avecun ardent desir. La Yulg. assez faiblement : est dans Patfente. Voy. des prosopope'es semblables Deut. iv, 24; Ps. xviii (17), 2; lxvii, 17, etc. Is. ii, 1; xix, 8; lv, 12; EzecJi. xxxi, 15; Hab. ii, 11 ; Bar. iii, 34, al. Deja, dansl'ancien Testament, les prophetes font entendre que, lorsque sera venu le regne complet du Messie, vainqueur du peche, tonte la nature sera en meme temps ennoblie et glorifie'e (Is. lxv, 17). Cette idee encore obscure devient dans les rabbins posterieurs un dogme entierement fixe. Comp. Apoc. xxi et II Pier, iii, 10 sv.

20. Assujettie, comme une esclave, a la vanile\ a la corruption (vers . 21), la nature est le theatre de changements et d'alterations incessantes; dans tout etre vivant, il y a une lutte instinctive, violente et douloureuse contre la destruction. — Mieux avec d'autres : les creatures sont assujetties ii la

34 EPITRE DE S. PAUL AUX ROMAINS. Chap. VIII, 21—32.

perance 2Iqu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part a la liberte glorieuse des enfants de Dieu. 22 Car nous savons que, jusqu'a ce jour, la creation tout entiere gemit et soufifre les doulcurs de l'enfantement.

23Et cen'est pas elle settlement; nous aussi, qui avons les premices de l'Esprit, nous gemissons en nous-memes, attendant l'adoption [des enfants de Dieu], la redemption de notre corps.

24Car c'est en esperance que nous sommes sauves. Or, voir ce qu'on espere, ce n'cst plus esperer : car ce qu'on voit pourquoi l'esperer encore?

25Mais si nous esperons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec patience.

26 De meme aussi l'Esprit vient en aide a notre faiblesse, car nous ne savons pas ce que nous devons, selon nos besoins, demander dans nos prieres. Mais l'Esprit lui-memc prie pour

nous par des gemissements ineffables; 27et celui qui sonde les cceurs connait quels sont les desirsde l'Esprit; il sait qu'il prie selon Dieu pour des saints.

28 Nous savons d'ailleurs que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appeles selon son etemel dessein.

29Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi predestines a etre conformes a l'image deson Fils, afin que son Fils soit le premier-ne d'un grand nombre de freres. 3°Et ceux qu'il a predestines, il les a aussi appeles ; et ceux qu'il a appeles, il les a aussi justifies; et ceux qu'il a justifies, il les a aussi glorifies.

3xQuc dirons-nous done apres cela?

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? 32Lui qui n'a pas epargne son propre Fils, mais qui l'a livre a la mort pour nous tous, comment avec lui ne nous donnera-t-il pas toutes

vanite, aux vaines fantaisies et aux passions depravees de l'homme pecheur, contraintes de servir a ses viles satisfactions et a ses vices, au lieu d'atteindre la tin pour laquelle Dieu les avait faites, c.-a-d. le glorifier par 1'entremise de l'homme. Comp. Eph. iv, 17. D'apres le texte, I'etat de souffrance dans lequel se trouve actuellement la creation ne lui est pas naturel; il est la suite d'un decret special de Dieu et conditionne" par le pe'ehe. Comp. Gen. iii, 17.

21. La corruption^ la depravation a la fois morale et physique introduite dans le monde par le pe'ehe" (comp. II Pier, i, 4; ii, 12. iq), qui contrariant l'inclination naturelle des creatures, et les soumettant a la domination du demon est pour elles une odieuse servitude (Ail. iii, 21), dont elles aspirent a etre affranchies.

22. Comme la mere, dans lesdouleurs de l'enfantement, travaille pour arracher son enfant a la mort et le produire a la vie, ainsi la nature lutte sous les etreintes dela mort, afin de mettre au jour la creation nouvelle, glorieuse, qui doit sortir d'elle un jour. Mais la glorification a laquelle elle aspire ne pent se rdaliser avant que la regeneration corporelle de 1'homme, commencee au bapteme, poursuivie par la pratique des vertus, l'usage de la sainte communion, etc., ne soit achevee dans la resurrection glorieuse. Comp. I Cor. xv, 32 sv. Ce sera pour le corps du chretien et pour la nature

entiere, le jour de la delivrance, de l'enfantement a la gloire. S. Jean Chrysostome : " Non seulement toi, mais ce qui t'est de beaucoup inferieur, ce qui est prive de raison et de conscience, aura part aux biens qui te sont reserves. La creation entiere marchera d'un pas egal, lors de la glorification de ton corps, semblable a la nourrice d'un fils de prince, qui jouit de ses biens et de sa gloire, lorsqu'il monte sur son trone. Yois comme l'homme est toujours en tete de toutes choses, parce que toutes choses sont faites pour lui ! Voici comment S. Paul console les combattants, par la grandeur et la certitude de leur esperance ! Si la creation elle-meme, qui est faite pour toi, a un tel avenir, quelle ne doit pas etre ton esperance ! "

23. Nous aussi, les chrdtiens en general. — Les pre>iiices de I'Esprit-Saittt, ses premiers dons, savoir la grace de la justification; mais ce ne sont la que des premices, et comme une faible partie des bienfaits messianiques, si on les compare a la pleine effusion de l'Esprit-Saint qui aura lieu a la fin des temps, au jour de la re'surreclion. Comp. II Cor. i, 22. D'autres : Nous qui avons dans le Saint- Esprit habitant en nous les pre'tnices de notre glorification future. Comp. Ep/i. i, 14. — En nous-memes, au fond de notre ame, en silence, sans exhaler de plaintes au dehors, assures que nous sommes d'obtenir un jour ce que nous atten-

EPIST. B. PAULI AP. AD ROMANOS. Cap. VIII, 21—3:

eum, qui subjecit earn in spe :

21. quia et ipsa creatura liberabitur a servitute corruptionis in libertatem gloriae filiorum Dei.

22. Scimus enim quod omnis creatura ingemiscit, et parturit usque adhuc.

23. Non solum autem ilia, sed et nos ipsi primitias spiritus habentes : 'et ipsi intra nos gemimus adoptionem filiorum Dei exspectantes, redemptionem corporis nostri. 24. Spe enim salvi facti sumus Spes autem, quae videtur, non est spes : nam quod videt quis, quid sperat? 25. Si autem quod non videmus, speramus : per patientiam exspectamus.

26. Similiter autem et Spiritus adjuvat infirmitatem nostram : nam quid oremus, sicut oportet, nescimus : sed ipse Spiritus postulat

pro nobis gemitibus inenarrabilibus. 27. Qui autem scrutatur corda, scit quid desideret Spiritus :

quia secundum Deum postulat pro Sanctis.

28. Scimus autem quoniam diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum, iis, qui secundum propositum vocati sunt sancti. 29. Nam quos prasscivit, et prasdestinavit conformes fieri imaginis Filii sui, ut sit ipse primogenitus in multis fratribus. 30. Quos autem prasdestinavit, hos et vocavit : et quos vocavit, hos et justificavit : quos autem justificavit, illos et glorificavit.

Page 1