Ces choses, versets
14. Selon sa volonte, de la maniere qu:il veut, c.-a-d. au nom de J.-C. {Jean, xiv, 23).
15. Pensee : puisque Dieu ecoute, il donne. D'autres : Nous le savons par experience, Dieu nous ayant, si souvent deja, accorde ce que nous lui avons demande'.
16. Le peche qui va a la mort, qui eloigne tellement de Dieu qu'il ne laisse guere d'espoir de retour : c'est l'apostasie avec l'endurcissement qui en est la suite. — Ce nest point pour ce peche'-la, etc. S. Jean ne defend pas de prier pour les apostats ; il ne dit pas non plus que ces prieres ne seraient jamais exaucees. Mais il fait observer que la recommandation qui precede concerne
EPISTOLA B. JOANNIS APOST. IA. Cap. V: 12—21.
tarn aeternam dedit nobis Deus. Et hasc vita in Filio ejus est. 12. Qui habet Filium, habet vitam : qui non habet Filium, vitam non habet.
13. Haec scribo vobis : ut sciatis quoniam vitam habetis asternam, qui creditis in nomine Filii Dei.
14. Et hasc est fiducia, quam habemus ad eum : Quia quodcumque petierimus secundum voluntatem ejus, audit nos. 15. Et scimus quia audit nos quidquid petierimus : scimus quoniam habemus petitiones quas postulamus ab eo.
16. Qui scit fratrem suum peccare peccatum non ad mortem, petat, et dabitur ei vita peccanti non
ad mortem. Est peccatum ad mortem : non pro illo dico ut roget quis. 17. Omnis iniquitas, peccatum est :
et est peccatum ad mortem.
1 8. Scimus quia omnis, qui natus est ex Deo, non peccat : sed generatio Dei conservat eum, et malignus non tangit eum. 19. Scimus quoniam ex Deo sumus : et mundus totus in maligno positus est.
20. Et scimus quoniam Filius Dei venit/et dedit nobis sensum ut cognoscamus verum Deum, et simus in vero Filio ejus. Hie est yerus Deus, et vita asterna. 21. Filioli, custodite vos a simulacris. Amen.
Luc. 24,
d'autres pecheurs, et il insinue que la priere pour les apostats obtiendrait plus difficilement son effet, sans doute a cause de l'endurcissement de ceux pour qui elle serait faite.
17. Toutc iniquitc, toute injustice ou violation de la loi, est un peche, doit etre evitee ; cependant tout peche" ne va pas a la mort. La Vulgate n'a pas lu la negation dans le second membre.
Les trois versets qui suivent resument la doctrine de I'epitre et en forment la conclusion.
18. Ne peche point, ce qui ne doit pas s'entendre dans un sens absolu (verset 16). La pensee de S. Jean, exprimee avec son energie et sa concision habituelles, est que, entre le chretien regenere, vivant de la vie divine, et le peche', il existe une sorte de repugnance et de contradiction. — Se <'anie lui-meme:
Vulgate, la naissance quHl a recite de Dieu le garde. Ces deux sens se completent : pour que le chretien se conserve dans la foi et la vertu, il faut le concours de la grace divine et du libre arbitre. — Ne le louche pas : le juste, revetu d'une armure divine (Epkes. vi, 11 sv.), se defend si bien, que le demon ne peut lui faire la moindre blessure.
20. Le vrai Dieu, Dieu le Pere. — En son Fils Jesus-Christ : l'union entre Dieu et nous a son fondement et sa raison d'etre en Jesus-Christ, qui nous l'a procuree par ses merites. Vulgate': A fin que nous commissions le vrai Dieu, et que nous soyons en son vrai Fils. — C'est lui, son Fils J.-C. D'autres : Dieu le Pere.
ii.Des idoles, des reveries, des gnostiques sur Dieu et sur J.-C, ainsi designees a cause des mots qui precedent, le Dieu veritable.
Ha imijcicmc Gjritrr be saint OTcan.
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Introduction.
LES deux dernieres lettres de S. Jean sont des ecrits fort courts, ne con tenant rien de dogmatique, et par la meme n'offrant guere aux ecrivains ecclesiastiques l'occasion de les citer. C'est la sans doute la cause principale des hesitations qui subsisterent dans l'Eglise pendant plusieurs siecles an sujet de leur authenticity. Ajoutons que l'anteur ne s'y d^signe que par I'appellation vague de 6 npc<7^vT£po^,\'ana'en, le pritre ou presbytre, que plusieurs, an rapport de S. Jerdme, appliquaient non a I'Apdtre, mais a un certain presbytre /can d'Ephese, nommv par Papias. i
Mais des les premiers siecles la tradition favorise plutdt l'attribution de ces ecrits a YApdtre S. Jean. Les Teres apostoliques2 les citcnt ou y font allusion, sans pourtant prononcer le nom de l'auteur. Le canon de Mnratori3 (lignes 27-32) parle des epitres de Jean au pluriel; et pins has (ligne 69) il signale nommement deux epitres catholiques connues sous le nom de Jean, lequel d'apres le contexte ne peut etre que l'Apotre. II est vrai qu'il semble, dans ce dernier passage, regarder les ecrits mentionnes comme des pseudepigraphes, puisqu'il leur attribue une origine pareille a celle de la sagesse de Sa-
lomon. Les autres Peres-*, comme Tertullien, Clement d'Alexandrie, Origene connaissent aussi deux ou plusieurs epitres de l'apotre S. Jean.
Pour Denys d'Alexandrie en particulier, I'adversaire decide de l'origine johannique de l'Apocalypse, l'authenlicite des deux epitres est certaine.
S. Jerome 3 sait sans doute que plusieurs parmi les anciens — il dit tous, mais c'est une exageration — attribuent les deux epitres a un pretre nomme Jean ; mais pour lui, elles sont surement de l'Apotre. A partir de cettc epoque l'unanimite est faite; et l'authenticite des deux epitres n'est plus serieusement discutee.
D'ailleurs par le style et par V esprit cpii les anime elles portent toutes deux la marque de l'apotre saint Jean. Ce sont les memes idees que dans ses autres ecrits, les memes expressions, les memes erreurs combattues; c'est le meme but, la meme tendresse et la meme autorite de la part de celui qui ecrit.
On manque de donnees suffisantes pour preciser le lieu et la date de leur composition. On admet generalement qu'elles out ete ecrites dans les dernieres annees de l'Apotre, durant son sejour a Ephese.
Eusebe les a classees parmi les ecrits dont le caractere sacre est su-
1 Eusebe, H. E. iii, 39.
2 S. Polycarpe, ad Philippenses, vii, 3 — \\ Jean, 7; S. Ignace, ad Smyrn. iv, 1; Comp. II Jean, 10, 11; S. Irenee, Contra hoar, i, 16 n. 3 — II Jean, n comme parole de Jean, disciple du Seigneur. Comp. iii, 16 n. 8 = 11 Jean, 7-8.
3 Canon Mur., ligne 26 sv. Quid ergo Mirum si Johannes tarn constanter Singula etiam in epistidis suis proferat, etc.
et il cite I Jean, i, 1 qui dans la pensee du redacleur est incontestablement de l'Apotre.
Voy. lignes 32 sv. — Et plus bas, ligne 68 sv.
Epistola sane Judae et superscriptio Johannis duas (duas) in catholica habentur [et (lire id) sapientia ab amicis Salomonis in honore ipsius Scripta etc.
4 Tertullien, De pudic. 19; Clem. ePAlex., Strom, ii, 15; Origene, in libr. Jesu Nave, horn, vii ; S. Denys d'Alex. dans Eusebe, H. E., vii, 25.
5 S. Jerome, de Viris ill. 9 et 18. — Epist liii, n. 8; exxiii, n. 12; cxlvi, n. 1.