‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 369 sur 559 · Lesfrlres recommandes par S. Jean · texte numérisé non relu

Lesfrlres recommandes par S. Jean

— De Peglise, ici, probablement, du lieu ou s'assemblaient les fideles.

ir. Comp. \ Jean, iii, 6; v, 7, 8.

12. Tout le monde, tous les fideles de l'Eglise dont faisait partie Dimitrius^ probablement le porteur de l'epitre. — /..* ■:;■'riti 'elite-mime des faits, sa conduite.

Xiitrobuctiaii.

DANS l'inscription qu'ellc portc en tetc, ccttc epitre se donne cllc-memc pour etrc l'oeuvre dc"Jude, serviteur de Jesus-Christ, frerc dc Jacques. " II n'y a qu'un seul homme a qui cc titrc puisse convenir : c'est l'apotrc S. Jude, appele aussi Thaddee ou Lebec (Matth. xiii, 55; L?tc, vi, 16) afin dc le distinguer dc Judas Iscariote1.

Eusebe, on ne sait trop pourquoi (H. E. iii, 25 , ii, 23, M. xx, 269, 205),

rangeait cette dpitre parmi les ecrits contestes; et saint Jerome (de Vir.

illustr. 4 M. 23, 645) dit que la plupart la rejettent. C'est une exageration; car lui-meme atteste qu'elle a des la plus haute antiquite joui d'une grande autorite" et qu'elle etait recue parmi les ecritures sacrees.

En cfifet, ellc parait anterieure a la deuxieme de S. Pierre qui s'y reTere a plusieurs reprises2. Des la fin du second siecle elle est attribute a

1 II serait inutile de chercher a exclure plusieurs autres personnages du temps apostolique qui ont porte* le 110m de Jude. II ne saurait en efifet 6tre question ni de Jude de Damas {Ai?. ix, 11) : on n'a aucune raison de croire qu'il ait occupe dans I'Eglise primitive une situation pareillc a celle que suppose notre epitre; ni du disciple de ce nom, compagnon de S. Paul (.-/</. xv, .'2, 32-34) : il re^oit toujours le surnom de Uarsabas; et ni l'un ni l'autre n'ont aucune relation de parentd avec Jacques, le frere 011 cousin du Seigneur. Dira-t-on que dans la formule 'IouSoc; 'IaxtoSou le ge"nitif designe la relation de descendance et non celle de consanguinite? Oui en general; mais pas necessairement. Or la notoriete de S. Jacques dans I'Eglise primitive (Gal. ii, 9) explique suffisamment qu'on ait pu penser a caracte'riser un personnage en exprimant la relation de famille qui l'unissait a lui. D'ailleurs ne rencontrons-nous pas un emploi semblable du genitif dans d'autres expressions? Par exemple Mapiot t, 'IaxtiSou, Marie, mire de Jacques (Luc, xxiv, 10. Comparez Marc, xvi, 1), etc.

-On ne saurait apporter aucune raison peremptoire contre la priorite del'epitre de S. Jude. La dignite du Prince des Apotres n'est pas en cause. II n'est pas plus indigne de S. Pierre d'avoir emprunte pour les faire servir a son but quelques developpements et quelques expressions de Tecrit de S. Jude, adresse aux memes lecleurs et dirige contre les memes erreurs, que d'avoir tire argument des lettres de S. Paul. II sen\ble meme qu'on ait quelque raison positive d'affirmer la priorite de S. Jude. II se rencontre dans sa courte lettre, si impetueuse par moments

et si serree, un certain n ombre d'expressions obscures ou difficiles. Or l'auteur de 1 1 Pier, en se les appropriant les explique et les eclaire. On le dirait preoccupe d'en determiner pour ses lecleurs la portee ( \u te et l'interpretation authentique. Tant <> t a un mot trop plein ou trop inaccoutume il substitue une forme equivalente : comp. par ex. Jud. 9 (6 apxayysXoc) et II Pier. ii, 10-11; de mcme jud. 12 (ur.tXaSe?) et II Pier, ii, 13 (0711X01 xal \j.G>\loi) ; Jud. b et II Pier, ii, 4, etc. tantot il precise en ajoutant une incise explicative, comme par ex. Jud. 11 (xou BaXaajji nta0ou) et II Pier. ii, 14; tantot adaptant a son argumentation les exemples dont se sert S. Jude, ou bien il se contente de prendre l'un d'eux et le developpe, comme Jud. 11 et II Pier, ii, 15-16; ou bien il les produit dans un autre 01 die, comme Jud. 5-7 et II Pier. 4-6, etc.

Cependant il faut en convenir, ces raisons et d'autres de meme nature ne sont pas decisives. En effet, dans cette e'pitre meme, S. Pierre s'appuyant sur Fautorite de S. Paul, le nomine : s'il s'etait servi de l'epitre dejk connue de S. Jude, pourquoi n'aurait-il pas fait de meme? De plus, au moment ou parait notre epitre, les faux dorfteurs n'ont pas encore envahi TEglise, et leurs doclrines n'ont pas encore trouve credit; quand parait l'epitre de S. Jude, la situation est tout autre. Ou S. Pierre parle au futur, S. Jude emploie le present, p. ex. II Pier, ii, 1; iii, 3 et Jud. 4, 18. Pour S. Jude, ces faux docleurs — ce sont les ip.Ttar/.Tor. dont les Apotres ont deja parle' a ses lecleurs : or, le mot ne se lit que dans II Pier, iii, 3, etc.

Sur les rapports de cette epitre avec la IP de S. Pierre, voy. p. 373.

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