En esperance: la realisation est encore incomplete
25. Pensee : l'esperance de ce qu'on ne voit pas, n'est pas sans fruit; elle produit la patience et la fermete dans les e'preuves.
26. De meme aussi : se lie avec les vers. 22 et 23 : les gemissements du Saint-Esprit en nous attestent eux aussi la certitude de notre gloire future. — Nous ne savons pas : nous le savons d'une maniere generale {Matth. vi, 9 sv.), mais non dans le detail. — Prie, dans nos cceurs, pour nous, il nous porte a prier; il nous inspire des ddsirs ardents pour les vrais biens, et sans parler lui-meme, il forme en nous des prieres que Dieu ne manque jamais d'exaucer, parceque animees de son amour, elles sont conformes a sa sainte volonte. — Ineffables, inexprimables, non seulement par la parole exterieure, mais meme par la parole interieure, a raison surtout de leur objetquiest ineffable.
28. Toutes choses : done aussi les epreuves et les combats de tout genre que les Chretiens ont a supporter. — Au oz'eu, en general, mais surtout au bien supreme, le salut. — Qui aiment Dieu, peri phrase qui designe les fideles. — Selon son dessein, ou de'eret, par lequel Dieu a rcsolu de toute
eternite, par pure misdricorde, de donner a ses elus par les merites de Jesus-Christ (II Tim. i, 9) la grace de la justification et la gloire qui en est le couronnement.
29-30. S. Paul analyse le ddcret divin relatif au salut des hommes, et le decompose en plusieurs acles ou moments successifs, savoir la prescience, ou la connaissance eternelle que Dieu a des elus ; la predestination, par laquelle il les destine a etre associes a son Fils glorifie; la vocation, par lacmelle il les appelle a la foi ; la justification, par laquelle il leur confere la grace santflifiante; enfin la glorification, qui appartient encore a l'avenir, mais que 1'Apotre designe aussi par un verbe au passe, parce qu'il considere tous ses actes au point de vue de Dieu. Les deux premiers acles sont e'ternels et immanents en Dieu;ils ont pour principe etpour cause sa pure bonte ; les trois autres, realises dans le temps, sont lies a la cooperation libre, mais certaine, des predestines.
31. Apres cela, ou a ce propos, relativement a ces choses. S. Paul tire la conclusion de ce qui precede avec un elan de foi et une eloquence incomparable. Pensee :
le chretien n'a done rien a craindre, mais tout a espe'rer, son salut eternel reposant sur le fondement inebranlable de l'amour de Dieu et de J.-C. — Pour nous : il parle au nom des elus. Corny. Jean, x, 28.
32. Toutes les choses qu'il a resolu de nous donner pour nous aider a atteindre la fin pour laquelle il a livre a la mort son propre Fils. Comp. v, 6 sv.
36 EPITRE T)E S. PAUL AUX ROMAINS. Chap. VIII, 33—39; IX, 1—5.
choses? 33Qui accusera des elus de Uieu? C'est Dieu qui Justine! 34 Qui les condamnera? Le Christ est mort; bien plus, il est ressuscite, il est a la droite de Dieu.il intercede pour nous!
35Qui nous separera de l'amour du Christ? Sera-ce la tribulation, 011 l'angoisse, ou la persecution ou la faim, ou la nudite, ou le peril, ou l'epee? 36 Selon qu'il est ecrit : " A cause de toi, tout le jour nous sommes livres a la mort, et on nous re-
garde comme desbrebis destinees a la boucherie. " 37 Mais dans toutes ces epreuves nous sommes plus que vainqueurs, par celui qui nous a aimes.
38Car j'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautes, ni les choses presentes,ni les choses a venir, ni les puissances, 39ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre creature ne pourra nous separer de l'amour de Dieu en Jesus- Christ notre Seigneur.
TROISIEME SECTION.— La situation du Judaisme et du Paganisme vis-a-vis de la justice par la foi [ix, 1 — xi, 36].
i° — CHA1\ IX, 1 — 29. — Exorde [vers. 1 — 5]. La participation au salut promis n'est pas attachee a la descendance scion la chair, mais depend du choix gratuit de Dieu [6 — 13], qui peut, sans etre injuste, preferer qui il veut [14 — 24]. L'heure du salut devanc£e pour les Gentils par suite de l'endurcissemcnt d' Israel [25 — 29].
WA E dis la verite dans le Christ, J je ne mens point, ma con- S science m'en rend temoignage par l'Esprit-Saint : 2j'eprouve une grande tristesse et j'ai au cceur une doulcur incessante. 3Car je souhaiterais d'etre moi-meme anatheme, loin
du Christ, pour mes freres, mes parents selon la chair, 4qui sont Israelites, a qui appartiennent l'adoption, et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses, 5ct les patriarches, et de qui est issu le Christ selon la chair, lequel
33. Des homines elus de Dieu, predestines a la foi et a la grace du christianisme.
34. Mori, pour aneantir la sentence de condamnation prononcee contre eux. — Ressusciti, pour les associer a sa vie nouvelle. De la meme source ne pent jaillir la condamnation et le salut; de la meme bouche ne peut sortir l'intercession et la sentence de mort !
Les vers. 33-34 pourraient etre ponclues ainsi : Qui accusera des elus de Dieu ! Sera-ce Dieu, qui les j list i fie? Qui les condamnera.' Sera-ce le Christ qui est mort, etc.
35. L'amour du Christ designe tout d'abord l'amour de J.-C. pour nous, mais en tant que recu dans la conscience du fidele, ou il allume un amour reciproque.
36. Ecrit, Ps. xliv (43), 23, cite d'apres les Septante. Dans le sens historique,ce passage depeint la detresse d'Israel soit au temps de persecution d'Antiochus Epiphane, ou pendant la captivite* de Babylone ; soit plutot sous le regne de David a l'occasion d'une invasion des Edomites qui desolerent le pays (II Sam. viii, 13 sv. Comp. I Rois, xi,
15); dans ce cas le Psaume serait du aux fils de Core*. S. Paul le cite ou bien comme prophetie, ou bien comme simple image des persecutions que les premiers chre'tiens avaient a souffrir. — Tout le jour la mort frappe tantot 1'un, tantot l'autre.
yj. Plus que vainqueurs, expression qui respire la fierte du triomphe. — Par celui, J.-C. — Nous a aimes, designe Pacle d'amour par excellence, le sacrifice de J.-C. sur la croix.
38-39. Pensee : aucune puissance, quelle qu'elle soit, quelle que puisse la concevoir notre imagination, ne pourra faire que Dieu abandonne les justifies, — si eux-memes ne l'abandonnent les premiers.
La mort, la vie, les deux etats les plus gendraux ou l'homme peutse trouver.Comp.: xiv, 5. " Soit que nous mourions, soit que nous vivions, nous sommes au Seigneur ". — Les anges : d'apres plusieurs, les mauvais anges. Si Ton entend l'expression des bons anges, S. Paul ^nonce ici une pure hypothese. Comp. Gal. i, 18. — Choses presentes... a venir : tout ce qui est compris
EPIST. B. PAULI AP. AD ROM \NOS. Cap. VIII, 33—39; IX, 1
vit? 33. Quis accusabit adversus electos Dei? Deus qui justificat, 34. quis est qui condemnet? Christus Jesus, qui mortuus est, immo qui et resurrexit, qui est ad dexteram Dei, qui etiam interpellat pro nobis. 25- Qu's e,"g° nos separabit a caritate Christi? tribulatio? an angustia? an fames? an nuditas? an periculum? an persecutio? an gladius?36. (Sicutscriptum est : ''Quia propter te mortificamur tota die :
aestimati sumus sicut oves occisionis). 37. Sed in his omnibus superamus propter eum, qui dilexit nos.
38. Certus sum enim quia neque mors, neque vita, neque angeli, neque principatus, neque virtutes, neque instantia, neque futura, neque fortitudo, 39. neque altitudo, neque profundum, neque creatura alia poterit nos separare a caritate Dei, quas est in Christo Jesu Domino nostro.
-*- CAPUT IX. —
Propter Judaeorum ruinam, de qua vehementer dolet, promissiones non frustrari asserit Israelitis facias a Deo Abralne filiis : nimirum cum illae non pertineant ad omnes carnales Abrahae filios, sed tantum ad eos qui ex Judaeis et gentilibus gratuita Dei eledlione filii Abraham per fidem constituuntur : Deus autem cujus vultmiseretur, et quern vult indurat : Jucbei vero quia non ex fide Christi quern rejecerant, sed ex legis operibus justitiam qiuerebant, sunt in sua iniquitate relifti, gentibus per fidem Christi justificatis.
H5^KRITATEM dico in Christo, non mentior :
testimonium mihi perhibente conscientia mea in Spiritu sancto : 1. quoniam tristitia mihi magna est, et continuus dolor cordi meo. 3. "Optabam enim ego ipse anathema esse a Christo pro fratribus meis, qui sunt cognati mei secundum carnem, 4. qui sunt Israelitae, quorum adoptio est nTiorum, et gloria, et testamentum, et legislatio, et obsequium, et promissa :