Aux sources des eaux de la vie
image de la felicite, dont on ne sent bien la force que sous le ciel brulant de l'Orient, dans les sables du desert. Comp. xxi,6; Ps. xxiii (22), 2.
CHAP. VIII
1. Le septieme sceau : voici done le livre entierement ouvert, et l'Agneau va en reveler le contenu a son prophete par des visions d'un caradere moins general que les premieres. — Un silence : ce sont les chants du ciel qui cessent, dans l'attente solennelle des choses qui vont arriver. II dure une demi-heure, jusqu'au verset 5, oil retentissent des coups de tonnerre : e'est le temps
APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. VII, 13—17; VIII,
pientia, et gratiarum actio, honor, et virtus, et fortitudo Deo nostro in saecula saeculorum, Amen.
13. Et respondit unus de senioribus, et dixit mihi : Hi, qui amicti sunt stolis albis, qui sunt? et unde venerunt? 14. Et dixi illi : Domine mi, tu scis. Et dixit mihi : Hi sunt, qui venerunt de tribulatione magna, et Javerunt stolas suas, et dealbaverunt eas in sanguine Agni. 15. Ideo sunt ante thronum Dei, et serviunt ei die ac nocte in templo ejus : et qui sedet in throno, habitabit super illos : 16. "non esurient, neque sitient amplius, nee cadet super illos sol, neque ullus asstus 117. quoniam Agnus, qui in medio throni est, reget illos, et deducet eos ad vitae tontes aquarum, *et absterget Deus omnem lacrymam ab oculis eorum.
— *- CAPUT VIII. —
Aperto septimo sigillo, septem Angeli cum tubis ostenduntur : effusoque in terram igne altaris ab alio Angelo, fiunt varias
tempestates : similiter quatuor Angelis tuba canentibus, producuntur variae plagae adversus homines.
IT cum aperuisset sigillum I septimum, factum est si- 1 lentium in ccelo, quasi me- ! dia hora.
2. Et vidi septem Angelos stantes in conspectu Dei : et datae sunt i His septem tubas. 3. Et alius Angelus venit, et stetit ante altare habens thuribulum aureum : et data sunt illi incensa multa, ut daret de orationibus sanctorum omnium super altare aureum, quod est ante thronum Dei. 4. Et ascend it fumus incensorum de orationibus sanctorum de manu Angeli coram Deo.
5. Et accepit Angelus thuribulum, et implevit illud de igne altaris, et misit in terram, et facta sunt tonitrua, et voces, et fulgura, et terraemotus magnus.
6. Et septem Angeli, qui habebant septem tubas, prasparaverunt se ut tuba canerent.
qui s'e'coule entre l'intermede du chap, vii et les nouvelles visions qui vont suivre.
2. Les sept anges : vraisemblablement ceux dont il a deja ete fait mention i, 4; iv, 5 ; v, 6. — Sept trompeites pour annoncer au loin, avec e"clat, les eve'nements qui vont se produire. II etait d'usage chez les Hebreux de publier au son de la trompette l'ouverture de la guerre et des fetes religieuses. Voyez Nombr. x, 2, etc. Aussi le son des trompettes annonce-t-il souvent, dans la Bible, les grands evenements oil se montre la main de Dieu. (Exod. xix, 16, 19; Joel, ii, 1; Zach. ix, 14; Matt/i. xxiv, 31 ; Cor. xv, 52; I T/iess. iv, 16).
3. Un autre ange : il va remplir l'office de pretre en offrant l'encens {Luc, i, n). — Pres de Vaittel : d'autres, surj la Vulgate, devant l'autel. Dans l'ancien sanctuaire, il y avait l'autel des sacrifices (Exod. xxvii, 1 sv.), place dans le parvis, et Vaittel des parfums (Exod. xxx, 1 sv.), revetu d'or et place devant le voile qui fermait le Saint des Saints (voy. Hebr. ix, 4 et note). Quelques-uns ont pense que saint Jean, avait aussi eu la vision de deux autels celestes, Tun mentionne deja au vers. 9 du chap, vi et nomme ici en premier lieu, l'autre appele Yautel d'or, ici meme et au chapitre ix, 13. Mais cette distinction ne s'impose pas; au
contraire, il semble bien que l'ange ne s'est point deplace dans le cours de notre verset, et que l'autel d'or ou il fait fumer les parfums (verset 4) est bien celui dont il s'est approche au debut du verset 3. Comparez ce verset avec la priere du Canon de la messe : jube here perferri, per maims sancli Angeli tui, in sublime altare tuum... — Une offrande des prieres : litter, par ou au moyen des pii'cres (de meme au verset 4) ; en effet, nous savons deja que les parfums son/ les prieres des Saints (v, 8). Ces prieres hatent le moment du triomphe de Je'sus-Christ sur ses ennemis et l'avenement glorieux du regne de Dieu : adveniat regnum tuum.' Comp. vi, 9 sv.
5. Le feu de Vautel jete" sur la terre, e'est la justice de Dieu faisant tomber sur le monde coupable les fle'aux destines a le convertir ou a le punir. Comp. Eze'ch. x, 2. Et, en effet, nous allons voir les tleaux terrestres des premieres trompettes amenes par un meteore de feu tombe du ciel, et la voix qui donnera l'ordre de dechainer le tieau de la sixieme, viendra encore de l'autel oil brule le feu des vengeances divines. — Des voix (ou des bruits), des ton tierres, etc., signes avant coureurs des jugements de Dieu.
460 APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. VIII, 7—13; IX, 1—3.
Ch.VIII.'
II. — Les six premieres trompettes [en. vm, 7 — ix] proclament les decrets divins qui feront, en leur temps, tomber diverses plaies sur le mondc coupable.
i° Les i"\ 2'\ 3' et 4P trompettes annoncent des fleaux frappant le tiers de la terre, dc la mer, des eaux fluviales et des astres [vers. 7 — 12].
T le premier sonna de la trompette, et il y eut de la grele et du feu melesdcsang.qui furent jet6s sur la terre; et le tiers de la terre flit brute, et le tiers des arbres fut biiile. ct toute l'herbe vertc fut brulec. 8Et le deuxieme ange sonna de la trompette, et une sorte de grande montagne tout en feu fut jctee dans la mer; et le tiers de la mer devint du sang, 9et le tiers des creatures marines qui out vie pent, et le tiers des navires fut dctruit.
IOEt le troisieme ange sonna de la trompette; et il tomba du cicl une
grande etoile, ardente comme une torche, ct elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux.
11 Le nomdc cette etoile est Absinthe ; et lc tiers des eaux fut change en absinthe, et bcaucoup d'hommes moururent de ces eaux, parce qu'elles etaient devenues ameres.
12 Et le quatrieme ange sonna de la trompette; et le tiers du soleil fut frappe, ainsi que le tiers de la lune et le tiers des etoiles, afin que le tiers de ces astres fut obscurci, et que le jour perdit un tiers de sa clarte" et la nuit de mcrae.
2° Apres les trois " malheur! " de Vaigle, la 5' trompette annonce le fleau des sautcrelles [ix, 1 — 12] ct la G\ eclui des cavaliers [13 — 21].
Ch. VIII. lE^^^IUis jc vis, ct j'entendis un aiglc qui volait par ie milieu du cicl, disant d'une voix forte : " Malheur! Malheur! Malheur a ceux qui habitent sur la terre, a cause du son des autres trompettes dont les trois anges vont sonncr! " Ch. IX. *Et le cinquieme ange sonna de
la trompette; et je vis une etoile
qui etait tombee du ciel sur la terre, et on lui donna la clef du puits de l'abime. 2Elle ouvrit le puits de l'abime.et ils'elevadu puits unefumee comme celle d'une grande fournaise; et le soleil et l'air furent obscurcis par la fumee du puits. 3De cette fumee s'echapperent sur la terre des sauterelles; et il leur fut donne un pouvoir
7. De la grele et du feu : comme autrefois en Egypte, lors de la septieme plaie {Exod. ix, 24). Comp. Ps. xi (10), 6; cxl (139), 11 etc. — Le tiers : comme plus haut le quart (vi, 8), pour signifier que les fleaux les plus terribles n'etendent jamais leurs ravages au-dela des limites que Dieu leur a fixees. Yoyez la note de vi, 6. Cette remarque trouvera encore son application maintes fois dans la suite du livre. — Toute herbe verte, etc., et le resultat de ce premier fleau fut la famine deja annoncee au troisieme sceau (vi, 5).
8. Du sang : comme en Egypte, lors de la premiere plaie {Ex. vii, 20). Mais puisque. dans l'Ecriture,la mer symbolise parfois les masses humaines confuses et agitees {Dan. vii, 2; Aftoc. xvii, 15 etc.) le fleau annonce
ici pourrait etre celui de guerre s sanglanies (vi, 4) qui feraient perir un grand nombre d'hommes et ruineraient le commerce.
10. Une grande etoile : peut-etre un ange, ministre des vengeances du Seigneur, ou simplement un meteore symbolique (voyez v. 5 note).
11. Ameres, e'est-a-dire empoisonnees (comp. Exod. xv, 23; II Rots, ii, 19); e'est le rleau de la peste ou de la mortalite publique, causee d'ordinaire par l'insalubrite des eaux (vi, 8).
12. Soleil... frappe : comp. la plaie des tenebres en Egypte {Exod. x, 21 sv.) — Le tiers du soleil, etc. : e'est-a-dire, comme le montre la fin du verset, que le soleil et les autres astres ne donnerent plus que les deux tiers de leur lumiere naturelle.
APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. VIII, 7—13; IX, 1—3. 461
7. Et primus Angelus tuba cecinit, et facta est grando, et ignis, mista in sanguine, et missum est in terram, et tertia pars terras combusta est, et tertia pars arborum concremata est, et omne foenum viride combustum est.
8. Et secundus Angelus tuba cecinit : et tamquam mons magnus igne ardens missus est in mare, et facta est tertia pars maris sanguis, 9. et mortua est tertia pars creaturas eorum, quae habebant animas in mari, et tertia pars navium interiit.
10. Et tertius Angelus tuba cecinit : et cecidit de coelo Stella magna, ardens tamquam facula, et cecidit in tertiam partem fluminum, et in fontes aquarum : 1 1 . et nomen Stellas dicitur Absinthium; et facta est tertia pars aquarum in absinthium : et multi hominum mortui sunt de aquis, quia amaras factae sunt.
12. Et quartus Angelus tuba cecinit : et percussa est tertia pars so- Jis, et tertia pars lunas, et tertia pars stellarum, ita ut obscuraretur tertia
pars eorum, et diei non luceret pars tertia, et noctis similiter.
13. Et vidi, et audivi vocem unius aquilas volantis per medium cosli, dicentis voce magna : Vae, vae, vas habitantibus in terra de ceteris vocibus trium Angelorum, qui erant tuba canituri.
— *- CAPUT IX. — *- Quinto Angelo tuba canente, Stella cadit, et locustae a fumo putei egressae describuntur, qua^ homines crucient : sexto vero Angelo canente, solvuntur quatuor Angeli, qui ingenti equestri exercitu tertiam hominum partem occidant.
T quintus Angelus tuba cecinit : et vidi stellam de coelo cecidisse in terram, et data est ei clavis putei abyssi. 2. Et aperuit puteum abyssi : et ascendit fumus putei, sicut fumus fornacis magnae : et obscuratus est sol, et aer de fumo putei : 3. et de fumo putei exierunt locustas in terram, et data est illis potestas, sicut habent potestatem scor-
Les quatre premieres trompettes ont done annonce, d'une fac,on saisissante, les fleaux que Notre-Seigneur lui-meme avait donnes comme signes avant-coureurs de son glorieux avenement : Une nation s'elcvera contre une nation, tin royaume contre un royaume, et il y aura des... fiestes, des fa/nines et des choses effrayantcs dans le ciel {Luc. xxi, 10 sv.). L'Ecclesiastique lui aussi, nous enseigne que les fleaux ont e'te' prepapares par le Seigneur pour servir d'instrument a sa justice contre les mediants (Eccli. xxxix, 35-37; comp. Sag. v, 18-24).
L'homme sans Dieu se fait de ses biens, de ses jouissances terrestres, autant d'idoles ; Dieu les brise l'une apres I'autre dans ses mains, et le remplit d!amertume et de misere : derniere tentative pour appeler a la penitence un monde pervers. Si le pecbeur ne llechit pas sous sa justice, les jugements de Dieu deviendront plus terribles.
13. Puis : les quatre premieres trompettes sont nettement distinguees des trois dernicres par ces trois cris de Yaigle, qui represente probablement un ange puissant, comme le portent expressement quelques manuscrits grecs. Comp. xiv, 16. — Qui habitent la terre : les impies, les mondains,
sur qui tomberont principalement les fleaux annonces (ix,4, 20). — A cause du son, etc. : il est done bien clair que ces trois " malheur " ! correspondent a l'effet des trois dernieres trompettes, et qu'il ne faut pas les chercher ailleurs.
CHAP. IX
1. Une etoile : selon plusieurs, un mauvais ange qui devait, avec la permission de Dieu, exercer de terribles cbatiments sur les impies. Mais puisque cet ange re^oit la clef pour ouvrir l'enfer, il semble plutot avoir ete un ange saint, charge de donner au nom de Dieu, un pen plus de liberte aux demons, instruments de la justice divine {Eccli. xxxix, 28 sv. ; Apoc. xx, 1 et 3). — L'abime, la prison de Satan et de ses anges, que Ton se representait comme situe'e au centre de la terre et communiquant par un immense puits avec sa surface {Luc, viii, 31 ; Apoc. xx, 1.)
3. Les sauterelles sont un des fleaux les plus redoutables de l'Orient {Ex. x, 14 sv.); celles dont il est ici question ont le dard des scorpions, dont la piqure cause d'affreuses douleurs; elles sont done, avant tout, 1'image d'un terrible cbltiment cle Dieu.
APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. IX, 4—17.
semblable a celui que possedent les scorpions de la terre; 4ct on leur dit de ne point faire de mal a l'herbe de la terre, ni a aucune verdure, ni a aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n'ont pas le sceau de Dieu sur leur front. 5 II leur fut donnc. non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois; et le tourment qu'elles causent est semblable a celui d'un homme pique par le scorpion.
6 En ces jours-la, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront pas; ils appelleront la mort, et la mort fuira loin d'eux.
7 Ces sauterelles ressemblaient a des chevaux prepares pour lc combat; elles avaient sur la tete comme des couronnes d'or; leurs visages etaient comme des visages d'hommes, 8 leurs cheveux comme des cheveux de femmes, et leurs dents comme des dents de lions. 9Elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes £tait comme un bruit de chars a plusieurs chevaux qui courent au combat. I0 Elles out des queues semblables a des scorpions, et des aiguillons, et e'est dans
leurs queues qu'est le pouvoir de faire du mal aux hommesdurantcinq mois.
"Elles ont a leur tete, comme roi, l'ange de l'abime, qui se nomme en hebreu Abaddon, en grec Apollyon.
12 Le premier "malheur" est passe; voici qu'il en vient encore deux autres dans la suite.
:3Et le sixieme ange sonna de la trompette; et j'entendis une voix sortir des quatre cornes de l'autel d'or qui est devant Dieu; ^elle disait au sixieme ange qui avait la trompette :
" Delie les quatre anges qui sont lies sur le grand fleuve de l'Euphrate. " J5Alors furent delies les quatre anges, qui se tenaient prets pour l'heure, le jour, le mois et l'annee, arm de tuer la troisieme partie des hommes. l6Et le nombre des troupes de cavalerie etait deux myriades de myriades ; j'en entendis le nombre. x7Et voici comment les chevaux me parurent dans la vision, ainsi que ceux qui les montaient : ils avaient des cuirasses couleur de feu, d'hyacinthe et de soufre; les tetes des chevaux etaient comme des tetes de lions, et leur bouche jette du feu, de la fumee et du
4. Qui n'ont pas le sceau (vii, 3), e'est-adire aux impies. Cette particularity rend insoutenable l'opinion de ceux qui ont voulu voir ici un symbole des heresies. Celles-ci sont un fleau pour l'Eglise et non pas, comme les sauterelles, un tourment pour les ennemis de Dieu.
5. Cinq mois: ce trait, diversement interprete, a son explication la plus simple dans ce fait nature] que les sauterelles ont coutume de faire leur apparition, a partir du mois de mai, pendant les cinq mois que dure lete. Voy. la note de vi, 6.
7 sv. La description qui suit emprunte ses traits aux sauterelles naturelles, mais en les transformant et les agrandissant d'une fac,on merveilleuse. En effet, la tete de ces animaux semble sortir du thorax, comme celle du cheval sort du plastron qui recouvre son poitrail {Job. xxxix, 20; Joel, ii, 4); a Naples on les appelle cavalette, en Allemagne, Heupferde, e'est-a-dire chevaux du foin. Elles ont a la tete une protube'rance ou crete a reflet d'un jaune vert : e'est le diademe d'or. Cette tete offre, en outre, une vague ressemblance avec le profil du visage humain. Leurs longues antennes rappellent des cheveux de fem-
mes, leur voracite les dents du lion {Joel, i, 6), leur dur thorax une cuirasse de fer. Pour le bruit de leurs ailes, comp. Joel, ii, 5.
10. C'est ici le trait caracleristique de ces sauterelles infernales. Plusieurs manuscrits grecs et la Vulgate portent : et il y avait des aiguillons dans leurs queues et (aussi) leur pouvoir de faire du mal, etc.
11. L'ange de l'abime, Satan, nomme Abaddon, e'est-a-dire perdition, mine (par opposition au Christ Sauveur), et Apollyon, e'est-a-dire destrucleur.
12. Le premier " malheur!" est done le fleau des sauterelles. Quelle est sa signification? On ne peut y voir un symbole de guerres, puisqu'il ne donne pas la mort (verset 5), ni & heresies (note du verset 4). D'apres le texte lui-meme, il s'agit de vexations diaboliques, dont seront victimes les me'ehants, et qui leur causeront, soit par des agents exterieurs (comp. la plaie des grenouilles et celles des insecles, Exod. viii), soit par une action interne (acces de frayeur, de tristesse, de fureur, d'angoisse), un tourment fievreux, comparable aux douleurs inteVieures causees par le venin du scorpion. Voy. le chap, xvii de la Sagesse. II semble
APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. IX, 4—17.
piones terras : 4. et prasceptum est illis ne lasderent fcenum terras, neque omne viride, neque omnem arborem : nisi tantum homines, qui non habent signum Dei in frontibus suis. 5. Et datum est illis ne occiderent eos : sed ut cruciarent mensibus quinque : et cruciatus eorum, ut cruciatus scorpii cum percutit hominem. 6. "Et in diebus illis quasrent homines mortem, et non invenient earn : et desiderabunt mori, et fugiet mors ab eis.
7. dEt similitudines locustarum, similes equis paratis in praslium :
et super capita earum tamquam corona; similes auro : et facies earum tamquam facies hominum. 8. Et habebant capillos sicut capillos mulierum : et dentes earum, sicut dentes leonum erant : 9. et habebant loricas sicut loricas ferreas, et vox alarum earum sicut vox curruum equorum multorum currentium in bellum : 10. et habebant caudas similes scorpionum, et aculei erant in caudis earum : et potestas earum
nocere hominibus mensibus quinque : 1 1 . et habebant super se regem angelum abyssi, cui nomen hebraice Abaddon, grasce autem Apollyon, latine habens nomen Exterminans.
1 2. Vas unum abiit, et ecce veniunt adhuc duo vas post hasc.
13. Et sextus Angelus tuba cecinit : et audivi vocem unam ex quatuor cornibus altaris aurei,quod est ante oculos Dei, 14. dicentem sexto Angelo, qui habebat tubam : Solve quatuor angelos, qui alligati sunt in flumine magno Euphrate. 15. Et soluti sunt quatuor angeli, qui parati erant in horam, et diem, et mensem, et annum : ut occiderent tertiam partem hominum. 16. Et numerus equestris exercitus vicies millies dena millia. Et audivi numerum eorum. 17. Et ita vidi equos in visione : et qui sedebant super eos, habebant loricas igneas, et hyacinthinas, et sulphureas, et capita equorum erant tamquam capita leonum :
et de ore eorum procedit ignis, et
d'ailleurs que Paction des esprits mauvais ne fut pas non plus etrangere aux terreurs qui affligerent les Egyptiens. Comp. Ps. lxxviii (77), 49 et Eccli. xxxix, 33 sv.
L'analogie qui existe entre les fleaux des trompettes et les plates d^Egypte, semblerait indiquer que celles-ci, dont Dieu s'est servi pour chatier les ennemis de son peuple et preparer sa delivrance, ont ete comme 1111 prelude symbolique des fleaux que le Seigneur, avant de venir delivrer et glorifier a jamais son Eglise, enverra au monde pervers, dans les derniers temps, pour le punnet essayer de l'amener au repentir.
13. Aux quatre angles de l'autel mosaique etaient placees quatre comes, embleme de la puissance de la priere et du sacrifice (Exod. xxx, 3). L'autel d'ou part la voix est celui-la meme oil les prieres des saints montaient devant Dieu (viii, 3 sv.).
14. Les quatre anges, probablement des demons, puisqu'ils sont represented comme lies; ce qui indique un etat de captivite ; comp. xx, 3 ; et Tob. viii, 3. — UEuftJiratc est mis ici par figure : c'est de la que, dans l'Ancien-Testament {Is. vii, 20; viii, 7; Jcr. xlvi, io), partaient les arme"es ennemies pour ravager les Juifs infideles. C'est aussi pres de l'Euphrate que se rassemblaient les
envahisseurs dont Fempire romain redoutait sans cesse l'irruption (Comp. xvi, 12).
16. Deux myriades de myriades, 20 mille fois 10 mille ou 200 millions : ce nombre prodigieux est figure; il indique quelque chose de surhumain.
17. lis avaient : lis, les cavaliers, ou peutetre chevaux et cavaliers. — Couleur de feu, etc. Ces trois couleurs rdpondent aux matieres vomies par les chevaux ; l'hyacinthe designe done un violet sombre, tirant sur le noir. — Les divers traits de cette description ne paraissent pas devoir etre minutieusement interpretes, pas plus que ceux du portrait des sauterelles trace plus haut. Sous ces differents symboles, apparait une idee trcs nette, celle d'une armee immense, a la marche rapide et impetueuse, formee de combattants a l'aspecl. terrible, et qui, employant peu les armes tranchantes, disposent d'engins destrucleurs d'une grande puissance, caraclerises par le feu et le soufre.
II semble done que le rleau annonce ici est une guerre terrible, qui ravagera le genre humain, et que Ton pourrait placer avec probabilite dans la periode d'effervescence politique qui precedera l'etablissement de la domination de 1'Antechrist (Da?i. vii, 8, 24; Afioc. xvii, 12 sv.).
464 APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. IX, 18—21; X, 1—9.
soufre. l8 La troisieme partie des homines fut tu£e par ces trois fleaux, par le feu, par la fumee et par le soufre qui sortaient de leur bouche. J9Car le pouvoir de ces chevaux est dans leur bouche et dans leurs queues : car leurs queues, semblables a des serpents, ont des tetes, et e'est avec elles qu'ils blessent.
2°Les autres hommes qui ne furent
pas tues par ces fleaux, ne se repentirent pas non plus des ceuvres de leurs mains, afin de ne plus adorer les demons et les idoles d'or, d'argent, d'airain, de pierre et de bois, qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher; 2Iet ils ne sc repentirent ni de leurs meurtres, ni de leurs enchantements, ni de l<:ur impudicite, ni de leurs vols.
III. — Intermede consolant [en. x et xi, i — 13] : 1° Un ange, ayant jure que les proprieties s'accompliront sans delai, donne a manger au prophete un petit livre figurant les revelations subsequentes.
Chap. X. I'Sgs^iUis je vis un autre ange puissant qui descendait du ciel, enveloppe d'un nuage,et ayant l'arc-en-ciel au-dessus de sa tete; son visage etait comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu.
2 II tenait a la main un petit livre ouvert; et ayant pos£ le pied droit sur la mer et le pied gauche sur la terre, 3 11 cria d'une voix forte, comme rugit un lion; et quand il cut pousse ce cri, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. 4Apres que les sept tonnerres eurent parte, je me disposals a ecrire, mais j'entendis du ciel une voix qui disait : "Scelle ce qu'ont dit les sept tonnerres, ne l'ecris point. "
Mors l'ange que j'avais vu debout sur la mer et sur la terre, leva sa
main droite vers le ciel, 6et jura par Celui qui vit aux siecles des siecles, qui a cree le ciel et les choses qui y sont, la terre et les choses qui y sont, la mer et les choses qui y sont, qu'il n'y aurait plus de temps, 7mais qu'aux jours ou le septieme ange ferait entendre sa voix en sonnant de la trompette, le mystere de Dieu serait consomme, comme il l'a annonce a ses scrviteurs, les prophetes.
8Et la voix que j'avais entendue du ciel, me parla de nouveau et dit : " Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. " 9Et j'allai vers l'ange, et je lui dis de me donner le petit livre. II me dit : " Prends, et devore-le; il sera amer a tes en-
18. La troisieme partie : e'est, comme plus haut, un nombre symbolique. Voyez vi, 6 et la note.
19. Et dans leurs queues : ils sont redoutables par derriere comme par devant.