Prologue
Le Verbe fait chair [chap, i, i — i8].
a) Le Verbe dans ses rapports avec son Pere [vers, i — 2]. — d) Avec les creatures [3 — 13]. — c) L'Incarnation et ses fruits [14 — 18].
Chap, I. Ip
U commencement etait le Verbe, et le Verbe etait en Dieu, et le Verbe etait Dieu. ^ H etait au commencement en Dieu.
3 Tout a ete fait par lui, et rien de ce qui a ete fait n'a etc fait sans lui. 4En lui etait la vie, et la vie etait la lumiere des hommes.
5Et la lumiere brille dans les tenebres, et les tenebres ne I'ont point recue, — ^Un homme parut, envoye de Dieu; son nom etait Jean. 7 H vint en temoi^nage, pour rendre temoignage a la Lumiere, afin que tons crussent par lui. ^H n'etait pas la Lumiere, mais il devait rendre temoignage a la Lumiere. — 9Le Verbe
CHAP. I
I. Les versets 1-18 servent de prologue ou d'introdu(5lion au quatrieme Evangile. Les interpretes sont unanimes k le reconnaitre. Ces versets donnent au recit tout entier son fondement dogmatique. On y trouve un niagnifique resume des ide'es qui seront expos^es et expliquees dans les chapitres suivants. Saint Jean nous y pre'sente le Fils de Dieu, et nous montre en lui le Verbe eternel et createur qui, pour sauver le monde, s'est fait chair et s'est plu a venir habiter parmi nous. — II le contemple dans ses rapports i" avec Dieu le Pere (vers. 1-2); 20 avec les creatures (vers. 3-13) : avec le monde en general (vers. 3); avec I'humanite (vers. 4, 5, 9, 10); specialement avec les Juifs (vers. 11-13). — Puis il esquisse la venue du Verbe fait chair et les fruits de I'lncarnation (vers. 14-18). — Les versets 6-8 peuvent etre regardes comme une digression relative k S. Jean-Baptiste. On peut aussi les considerer comme logiquement unis au verset precedent : Les hommes n'ont pas accepte la lumiere (vers. 5). Mais, ajouteaussit6tl'Evang^liste,Dieu, pour les exciter k s'emparer, k tirer profit de cette lumiere, envoya un temoin revetu de la plus haute autorite, qui eut pour mission de preparer et d'amener ses auditeurs et ses compatriotes,et indireclement tous les hom-
mes, h, reconnaitre dans le Verbe incarne le Messie promis et attendu.
Au coiiune7icenient {i-t ap/fi). Au premier instant de la creation. La plupart des interpretes voient dans ces mots une allusion au debut de la Genese i, i. " Au commencement Dieu crea le ciel et la terre." — "Au commencement, des I'origine des choses, il etaitj il ne commengait pas, il etait; on ne le creait pas, on ne le faisait pas, il etait." {Bossuet). Le Verbe est done eternel. Cette eternite du Verbe est bien signifiee par le verbe etait., qui revient jusqu'h. six fois dans les premiers versets.
En Dieu, plus litteralement, vers Dieu, en grec : "kooc, xov 6£o'v, construcflion qui pa rait exprimer I'adlivite ad intra et les relations personnelles du Verbe. Celui-ci est done au sein de la Trinite une personne distinfle. L'Evangeliste dit Dieu et non le Pere, parce qu'il a dit le Verbe et non le Fils. — Etait le Verbe." 'Le sens theologique de ce terme : le Verbe, et I'origine de la docftrine du Verbe sont exposes, a la fin de ce volume, dans le Vocabulaire. — Etait Dieu : le Verbe est done consubstantiel au Pere par I'unite de nature. — Ainsi trois choses sont exprimees dans ce premier verset : I'eternite, la personnalite et la divinite du Verbe, Fils de Dieu.