Juger dans le sens de condamner
Cette assertion n'est pas contredite par celle du ch. ix, 39; I'une exprime le but final de I'incarnation, a savoir le salut du monde; I'autre un de ses resultats, qui a ete de faire la separation (y-f-iaic;) entre la lumiere et les tenebres, entre les bons et les mediants.
19. Voici quel est le jugement, c.-k-d. la cause de cette condamnation? — " Nous sommes faits pour la lumiere, nous n'aimons
EVANGELIUM SECUNDUM JOANNEM. Cap. Ill, 10—26. 339
fieri.? 10. Respondit Jesus, et dixit ei : Tu es magister in Israel, et hasc ignoras.? 1 1. Amen, amen dico tibi, quia quod scimus loquimur, et quod vidimus testamur, et testimonium nostrum non accipitis. 1 2. Si terrena dixi vobis, et non creditis : quomodo, si dixero vobis coelestia, credetis.'' 13. Et nemo ascendit in coelum, nisi qui descendit de ccelo, Filius hominis, qui est in coelo.
14. *Et sicut Moyses exaltavit serpentem in deserto; ita exaltari oportet Filium hominis : 15. ut omnis, qui credit in ipsum, non pereat, sed habeat vitam asternam. 16. ^Sicenim Deus dilexit mundum, ut Filium suum unigenitum daret : ut omnis, qui credit in eum, non pereat, sed habeat vitam asternam. 17. Non enim misit Deus Filium suum in mundum, ut judicet mundum, sed ut salvetur mund'us per ipsum. 18. Qui credit in eum, non judicatur : qui autem non credit, jam judicatus est : quia non
credit in nomine unigeniti Filii
Dei. 19. Hoc est autem judicium:
''quia lux venit in mundum, et di- ■^supr. 1,9.
lexerunt homines magis tenebras,
quam lucem : erant enim eorum
mala opera. 20. Omnis enim, qui
male agit, odit lucem, et non venit
ad lucem, ut non arguantur opera
ejus : 21. qui autem facit vcrita-
tem, venit ad lucem, ut manifesten-
tur opera ejus, quia in Deo sunt
facta.
22. Post hasc venit Jesus, et discipuli ejus in terram Judasam : et illic demorabatur cum eis, 'et baptiza- '■infr. 4, i. bat. 23. Erat autem et Joannes baptizans in ^nnon, juxta Salim :
quia aquae multas erant illic, et veniebant, et baptizabantur. 24. Nondum enim missus fuerat Joannes in carcerem.
25. Facta est autem quaestio ex discipulis Joannis cum Judasis in Purificatione. 26. Et venerunt ad Joannem, et dixerunt ei : Rabbi, qui erat tecum trans Jordanem,
que la lumi&re, et pourtant, par un autre cote de notre etre, cote vil et honteux, nous affe(flionnons les tenebres et les amassons a plaisir autour de nous. C'est qu'il existe, entre la vdrite et le devoir, une liaison qui fait que les questions de I'esprit sont aussi des questions du coeur. Chaque decouverte en Dieu nous menace d'une vertu, d'un sacrifice de I'orgueil ou des sens; la faiblesse et les passions viennent au secours de I'erreur, et trop souvent lui procurent la victoire." Lacordaire.
20. Bldmees, litt. co7ivamcnes, prouvees mauvaises au tribunal de sa propre conscience.
21. Qui acco7nplit la 7/e'rite, qui la regoit, en fait la regie de sa vie, et accomplit ainsi le bien dont la verite est le principe. — En Dieu, selon sa volonte et son inspiration.
22. Le pays de Jtidee designe les environs de Jerusalem, et surtout la contree montagneuse qui s'etend au midi. • — // haptisait par le ministere de ses disciples (Jean, iv, 2). Ce bapteme etait-il, comme celui de Jean-Baptiste, une simple preparation au royaume de Dieu: ou bien etait-ce le sacrement de bapteme, remettant par lui-meme les peches, et conferant la grace .'' Les saints P^res ne sont pas d'accord et beaucoupd'exegetespensent que le bapteme
confer^ dans cette circonstance n'etait qu'une imitation de celui du Precurseur, un simple rite exterieur, un pur symbole, et nullement la cause de la purification int^rieure de I'ame. Sans vouloir, avec quelques theologiens, coiiclure du texte qui nous occupe que le bapteme sacramentel fut in:titue dans la circonstance presente, nous pensons neanmoins qu'il est ici question du bapteme chetien. N'est-ce pas en effet du bapteme sacramentel, de celui qui par lui-meme produit la regeneration spirituelle, une seconde naissance, que parle le Sauveur dans la premiere partie de ce chapitre, et la contestation qui s'eleve parmi les disciples de Jean-Baptiste, ainsi que la reponse du Sauveur (vers. 25-36) n'indiquent-elles pas suffisammentque le bapteme confere par les disciples de Jesus etait bien superieur en dignite et en vertu a celui de son Precurseur.''
23. Ention ou Enon et Salim, deux localites probablement identiques a Ain et Selim de /os. xv, 33, et situees dans la partie meridionale de la tribu de Juda. Eusebe placait ces deux bourgs pr^s de Scythopolis, dans la vallee du Jourdain. Maisdenos jours on a abandonne cette opinion.
25. Et un Juif, qui avait sans doute regu le bapteme de Jesus.
340 EVANGILE SELON S. JEAN. Chap. Ill, 27—36; IV, 1—6.
temoignage, le voila qui baptise, et tous vont a lui." ^yjean repondit :
" Uii homme ne peut recevoir que ce qui lui a ete donne du ciel. ^syous m'etes vous-memes temoins que j'ai dit : Je ne suis point le Christ, mais j'ai ete envoye devantlui. ^gCelui qui a I'epouse est I'epoux; mais I'ami de I'epoux, qui se tient la et qui I'ecoute, est ravi de joie a la voix de I'epoux. Or cette joie, qui est la mienne, elle est pleinement realisee. 30II faut qu'il croisse et que je diminue.
3^Celui qui vient d'en haut est audessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre, et son langage
aussi. Celui qui vient du ciel, estaudessus de tous; 32 et ce qu'il a vu et entendu, il I'atteste; mais personne ne regoit son temoignage.
33Celui qui re^oit son temoignage, certifie que Dieu est veridique. 34Car celui que Dieu a envoye dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas I'Esprit avec mesure. 3sLe Pere aime le Fils, et il lui a tout remis entre les mains. 36 Celui qui croit au Fils a la vie eternelle; mais celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie; mais la colere de Dieu demeure sur lui."
Chap. IV.
III. — MANIFESTATION DE LA GLOIRE DIVINE DE JESUS EN SAMARIE [CHAP. IV, 1-42].
Jesus retourne en Galilee par la Samarie [vers, i — 4]. Entretien avec la Samaritaine [5 — 30]; avec ses disciples : sa nourriture surnaturelle; le moissonneur et la moisson [31 — 38]. — Beaucoup de Samaritains croient en lui [39—42].
^1Uand le Seigneur connut que ^j\ les Pharisiens avaient appris que Jesus faisait plus de dis-
ciples et en baptisait plus que Jean, — ^toutefois ce n'etait pas Jesus luimeme qui baptisait, mais ses disciples, — 3il quitta la Judee, et s'en
alia de nouveau en Galilee. 4 Or il lui fallait passer par la Samarie.
5 II vint done en une ville de Samarie, nommee Sichar, pres du champ que Jacob avait donne a son fils Joseph. ^Or la etait le puits de Jacob. Jesus, fatigue de la route,
27. Sens : Je ne puis m'arroger une dignite plus grande (la dignite de Messie) que celle que Dieu m'a donnee.
29. Les proph^tes comparaient le Seigneur k un epoux dont Israel etait la fiancee {Is. liv, 5; Ixii, 5; Ezech. xvi; Jer. xxxi, 3; Osee, ii, 19, al.). Ce que Jehovah a ete pour son peuple, le Verbe incarnd I'est devenu pour les ames fideles, pour I'Eglise {Eph. V, 32; II Cor. xi, 2). Jean-Baptiste n'est que I'ami de ce divin Epoux, le paranymphe {Matth. ix, 1 5) qui I'accompagne et lui amene I'epouse; mais cela lui suffit. — Ecoutons Bossuet : " Qui pourrait entendre la suavitd de ces paroles? S. Jean nous y decouvre un nouveau caradlere de Jesus-Christ, le plus tendre et le plus doux de tous, c'est qu'il est I'epoux. II a epouse la nature humaine, qui lui etait etrangere, il en a fait un meme tout avec lui; en elle il a epouse sa sainte Eglise, epouse immortelle qui n'a ni tache ni ride.
II a epouse les ames saintes qu'il appelle \ la society, non seulement de son royaume, mais encore de sa royale couche; les comblant de dons, de chastes delices, jouissant d'elles, se donnant k elles; leur donnant non seulement tout ce qu'il a, mais encore tout ce qu'il est, son corps, son ame, sa divinite, et leur preparant dans la vie future une union incomparablement plus grande."
30. QuHl croisse., dans la manifestation exterieure et publique de sa nature divine, de sa puissance, et de cette gloire dont parle S. Jean au chapitre premier.
31. Selon quelques interpretes, ce qui suit, k partir de ce verset, et jusqu'a la fin du chapitre est encore, pour le fond, le temoignage de Jean-Baptiste, mais exprime dans le langage propre a S. Jean. — Son langage aussi est de la terre : ce n'est pas en vertu de sa science naturelle, mais par revelation, qu'il peut parler des choses du ciel.
EVANG. SECUNDUM JOANNEM. Cap. Ill, 27—36; IV, 1—6. 341
'Rom. 3, 4.
'I Joan. 5,
^cui tu testimonium perhibuisti, ecce hie baptizat, et omnes veniunt ad eum. 27. Respondit Joannes, et dixit : Non potest homo accipere quidquam, nisi fuerit ei datum de ccelo. 28. Ipsi vos mi hi testimonium perhibetis, ^quod dixerim :
Non sum ego Christus : sed quia missus sum ante ilium. 29. Qui habet sponsam, sponsus est : amicus autem sponsi, qui stat, et audit eum, gaudio gaudet propter vocem sponsi. Hoc ergo gaudium meum impletum est. 30. Ilium oportet crescere, me autem minui.
31. Qui desursum venit, super omnes est. Qui est de terra, de terra est, et de terra loquitur. Qui de coelo venit, super omnes est. 32. Et quod vidit, et audivit, hoc testatur :
et testimonium ejus nemo accipit.
33. Qui accepit ejus testimonium, signavit quia '' Deus verax est.
34. Quem enim misit Deus, verba Dei loquitur : non enim ad mensuram dat Deus spiritum. 2S- Pater diligit Filium : et omnia dedit in manu ejus. 36. 'Qui credit in Fi-
lium, habet vitam aeternam : qui autem incredulus est Filio, non videbit vitam, sed ira Dei manet super eum.
— :>— CAPUT IV. — :>— Jesus cum muliere Samaritana loquitur de aqua viva, et adorando Deo in spiritu, manifestans ei se esse Messiam promissum : et discipulisdicit se cibum habere, quem illi nesciunt, nempe Patris obedientiam : de messe et metente ac seminante : multi Samaritanorum credunt in eum :
filium reguli sanitati restituit.
T ergo cognovit Jesusquia audierunt Pharisaei quod Jesus pluresdiscipulos facit, "et baptizat, quam Joannes, 2. (quamquam Jesus non baptizaret, sed discipuli ejus), 3. reliquit Judasam, et abiit iterum in Galilasam. 4. Oportebat autem eum transire per Samariam.
5. Venit ergo in civitatem Samarias, quas dicitur Sichar : juxta praedium, *quod dedit Jacob Joseph filio suo. 6. Erat autem ibi fons Jacob. Jesus ergo fatigatus ex iti-
'^Supr. 3,
*Gen. 33, 196148, 22.
Jos. 24, 32.
33. C'est comme envoye de Dieu que J.-C. preche sa docflrine; recevoir cette doctrine, C'est attester implicitement que Dieti est veridiqtte.
34. L'Esprit-Saint a ete donne au Fils dans sa plenitude, et non pas seulement communique avec mesure, comme aux prophetes.
35. Pour la pensee, voy. I Cor. xv, 26-28; Hebr. i, 2; ii. 8.
CHAP. IV
2. Toiiiefois ce tietait ■pas Jesus. Sans doute disent quelques exegetes, parce que le temps de conferer le bapteme de la nouvelle alliance, le bapteme propre k Jesus, c.--k-d. dans I'Esprit-Saint (i, 33), n'etait pas encore arrive. Mais nous I'avons dit (iii, 22 note) le bapteme administre par les Apotres dtait probablement le bapteme sacramentel. Pourquoi done Jesus recourut-il au ministere de ses Apotres? Sans doute parce qu'il se reservait pour lui-meme d'enseigner,et de preparer ainsi a la reception du sacrement.
3. Jesus craignait, I'heure de sa Passion n'etant pas encore venue, que les Pharisiens, dont la haine jalouse croissait chaque jour, n'excitassent le Sanhedrin k le traiter comme Herode Antipas avait traitd S.Jean-Baptiste.
4. // le/rt//«z/pour suivre la route la plus courte. En general, les Juifs rigoristes evitaient cette route, aimant mieux faire le long detour de la Peree que de s'exposer aux avanies des Samaritains ou de leur demander a boire ou k manger.
Sur rinimitie entre les Juifs et les Samaritains, voy. Matth. x, 5; Liic, ix, 53; Jea7i, viii, 48.
5. La plupart identifient Sichar (mieux Sychar) et Sichetn, I'ancienne capitale de la Samarie, restauree par Vespasien, en I'honneur duquel elle s'appela Flavia Ncapolis, d'ou son nom acfluei de Naplouse. Mais VOnomasticon les distingue; et Ton peut admettre qu'au temps de Notre-Seigneur il existait, pres du puits de Jacob, un lieu appele Sichar, bati sur les ruines de la partie meridionale de I'antique Sichem, laquelle, bien amoindrie alors, n'avait plus qu'une enceinte assez restreinte dans la partie septentrionale de la vallee, a 2 ou 3 kilometres de Sichar. — A Joseph, Gen. xlviii, 22 (d'apres les Sept.): comp. Gen. xxxiii, 19 et Jos. xxiv, 32. — Voy. Satnaritains dans le \^ocab.
6. Le pints OM fontaine, etc. Jacob passait pour I'avoir creuse. On montre encore
EVANGILE SELON SAINT JEAN. Chap. IV, 7—24.
s'assit tout simplement au bord du puits : il etait environ la sixieme heure. 7Une femme de Samarie vint puiser de I'eau. Jesus lui dit : " Donnez-moi a boire." ^Car ses disciples etaient alles a la villa pour acheter des vivres. 9 La femme samaritaine lui dit : " Comment vous, qui etes Juif, me demandez-vous a boire, a moi, qui suis Samaritaine?" — Les Juifs, en effet, n'ont pas de commerce avec les Samaritains. — lojesus lui repondit : " Si vous connaissiez le don de Dieu, et qui est celui qui vous dit : Donnez-moi a boire, vous-meme lui en auriez fait la demande, et il vous aurait donne de I'eau vive. — "Seigneur, lui dit la femme, vous n'avez rien pour puiser, et le puits est profond : d'ou auriez-vous done cette eau vive? ^^^tes-vous plus grand que notre pere Jacob, qui nous a donne ce puits, et en a bu luimeme, ainsi que ses fils et ses troupeaux ? " i3jesus lui repondit : " Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de I'eau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif; ''4au contraire I'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source
d'eau jaillissant jusqu'a la vie eternelle." ^sLa femme lui dit : " Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n'aie plus soif. et que je ne vienne plus puiser ici. — ^^ Allez, lui dit Jesus, appelez votre mari, et venez ici." 17 La femme repondit : "Je n'ai point de mari." Jesus lui dit : " Vous avez raison de dire : Je n'ai point de mari; ^^car vous avez eu cinq maris, et celui que vous avez maintenant n'est pas a vous; en ccla vous avez dit vrai. " ^9 La femme dit : "Seigneur, je vois que vous etes un prophete. 20 Nos peres ont adore sur cette montagne, et vous, vous dites que c'est a Jerusalem qu'est le lieu oil il faut adorer." 21 Jesus dit : " Femme, croyez-moi, I'heure vient ou ce ne sera ni sur cette montagne, ni dans Jerusalem, que vous adorerez le Pere. 22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. 23 Mais I'heure approche, et elle est deja venue, ou les vrais adorateurs adoreront le Pere en esprit et en verite; ce sont de tels adorateurs que le Pere demande. 24 Dieu est esprit, et ceux qui I'adorent, doi-
aujourd'hui aux voyageurs le Bir- Yacoub (puits de Jacob) pres du mont Garizim. — Tout simplement (litt. ainsi, de la sorte), sans faqon; d'autres : fatigue comme il I'dtait. — La sixitine heure, midi.
9. Les Juifs, en effet. Voir verset 4, note. S. Jean interrompt un instant son r^cit pour expliquer la reponse de la Samaritaine.
10. Le don de Dieu, I'occasion favorable que Dieu vous donne de vous entretenir avec le Messie. — On devine ce qui se cache, dans la pensee du Sauveur, sous I'image d'une eaic vive : c'est Jesus-Christ lui-meme avec la plenitude des biens spirituels qu'il est venu apporter aux hommes, sa dodlrine, ses sacrements, etc., par lesquels il donne aux ames la vie de la grace et les prepare ainsi k s'abreuver h, la source de la vie eternelle, de la parfaite felicite. Comp. Is. Iv, i; Matth. v, 6; Apoc. xxi, 6,xxii, 17.
13. N'aura plus jamais soif : il ne lui manquera rien; toutes les aspirations de son intelligence et de son coeur seront satisfaites; en possession du bien supreme, il n'aura point la soif fatigante et insatiable
de ceux qui cherchent les richesses, les plaisirs des sens, les honneurs. — Cette image rappelle plusieurs endroits des prophetes, en particulier un passage d'lsaie, relatif au salut messianique, que Notre-Seigneur avait certainement present k la pensee : " O vous qui etes alterds, venez aux eaux," etc. Is. li, i (comp. Is. xlix, 10). — Dans un autre sens, on lit dans I'Ecclesiastique (xxiv,2i) : " Ceux qui font de la sagesse divine leur breuvage, auront encore soif" Cette soif, qui a son principe, non dans la privation ou I'indigence, mais dans la ddle<ftation et le desir, s'allie tres bien avec la paix, dit sainte Therese, et ne cause aucun trouble.
1/^. Jaillissant Jusqu'a... L'eau celeste (\e. la grace rejaillit jusqu'au ciel d'ou elle est descendue, et assure ainsi la vie eternelle a ceux qui la boivent.
16. Notre-Seigneur veut, en lui montrant qu^ son regard divin penetre jusqu'aux replis les plus caches du coeur humain, amener peu k peu cette femme a le reconnaitre pour le Messie, et en meme temps reveiller sa conscience.
EVANCxELIUM SECUNDUM JOANNEM. Cap. IV, 7—24. 343
nere, sedebat sic supra fontem.
Hora erat quasi sexta, 7. Venit mulier de Samaria haurire aquam. Dicit ei Jesus : Da mihi bibere. 8. (Discipuli enim ejus abierant in civitatem ut cibosemerent). p.Dicitergo ei mulier ilia Samaritana : Quomodo tu Judaeus cum sis, bibere a me poscis, quas sum mulier Samaritana?
non enim coutuntur Judasi Samaritanis. 10. Respondit Jesus, et dixit ei : Si scires donum Dei, et quis est, qui dicit tibi : Da mihi bibere:
tu forsitan petissesab eo, etdedisset tibi aquam vivam. 11. Dicit ei mulier : Domine, neque in quo haurias habes, et puteus altus est : unde ergo habes aquam vivam? 12. Numquid tu major es patre nostro Jacob, qui dedit nobis puteum, etipse ex eo bibit, et filii ejus, et pecora ejus? 13. Respondit Jesus, et dixit ei : Omnis, qui bibit ex aqua hac ^itiet iterum : qui autem biberit ex aqua, quam ego dabo ei, non sitiet in asternum : 14. sed aqua, quam ego dabo ei, fiet in eo fons aquas salientis in vitam asternam. 15. Di-
cit ad eum mulier : Domine, da mihi hanc aquam, ut non sitiam :
neque veniam hue haurire. 16. Dicit ei Jesus : Vade, voca virum tuum, et veni hue. 17. Respondit mulier, et dixit : Non habeo virum.
Dicit ei Jesus : Bene dixisti, quia non habeo virum : 18, quinque enim viros habuisti, et nunc, quem habes, non est tuus vir : hoc vere dixisti. 19. Dicit ei mulier : Domine, video quia propheta es tu.
20. Patres nostri in monte hocadoraverunt, et vos dicitis, ^quia Jero- ^Deut.12,5. solymis est locus, ubi adorare oportet. 2 1 . Dicit ei Jesus : Mulier crede mihi, quia venit hora, quando neque in monte hoc, neque in Jerosolymis adorabitis Patrem. 22. *^Vos "'4Reg. 17, adoratis quod nescitis : nos adora- ^^' '^^' mus quod scimus, quia salus ex Judasis est. 23. Sed venit hora,et nunc est, quando veri adoratores adorabunt Patrem in spiritu et veritate.
Nam et Pater tales quasrit, qui adorent eum. 24. '' Spiritus est 'iCor. 3, Deus : et eos, qui adorant eum, in spiritu et veritate oportet adorare.
17. /e rCai point de niari : elle se sert d'une expression ambigue pour dissimuler le desordre de sa vie.
18. Sa vie dereglee I'avait sans doute fait renvoyer par ces cinq epoux, et I'homme avec lequel elle vivait alors n'etait pas son epoux legitime.
20. Nos peres, les Samaritains du temps de Nehemie qui ont bati un temple sur le mont Garizim. — Otii adore, celebre leur culte; et nous-memes nous continuons a le faire, quoique ce temple ait ete detruit par Jean Hyrcan (130 av. J.-C).
22. Ce que semble signifier I'objet du culte, c'est-k-dire le vrai Dieu, dont les Samaritains n'avaient plus qu'une notion alterde. Maldonat : Vous ne savez pas ce que vous faites en adorant sur cette montagne; vous ignorez que c'est contre I'ordre de Dieu, qui a choisi Jerusalem pour siege de son culte. — Nous, ]\!i\(s. — Vtent des Juifs, puisque c'est de leur race que devait naitre et qu'est sorti le Messie : Comp. Rom. ix, 4; xi, 17 sv., et aussi parce qu'ils avaient le depot de la revelation, et que, dans les desseins de Dieu, ils devaient, les premiers, croire a I'Evangile et le propager.