La septieme heure., une heure apres midi
5.1- " Qi-ie I'on puisseobtenir de Dieu, par la priere, des adles souverains qui n'auraient pas eu lieu sans la priere, cela me
semble aussi manifeste que beau. Cela veut dire que I'homme, roi du monde, par son desir et sa volonte, lorsque desir et volonte s'appuient sur Dieu, est la plus grande des forces. Dieu, dites-vous, ne changera pas, sur votre demande, le cours de la nature, et ne detruira pas les lois que lui-meme a posees. Cher eleve de metaphysique, ecoutez-moi. Lorsque ma main souleve une pierre, est-ce qu'elle detruit quelque loi? Non, sans doute, mais elle superpose a la loi et k la force de I'attracflion, qui subsiste sans nul dommage, une autre force soumise a d'autres lois, savoir, la force de mon corps vivant que gouverne ma volonte libre. Dieu fait de meme lorsqu'il superpose, par un acfle libre, sa force aux forces de la nature." P. Gratry.
CHAP. V
I. S. Jean, dont le but est principalement dogmatique, passe ici sous silence plusieurs evenements racontes par les Synoptiques
EVANG. SECUNDUM JOANNEM. Cap. IV, 43—54; V, 1,-2. 347
loquelam credimus : ipsi enim audivimus, et scimus quia hie est vere Salvator mundi.
43. Post duos autem dies exiit fMauh.13, jnde : et abiit in Galilasam. 44. '^ Ipse f.iuc^4,24. enim Jesus testimonium perhibuit quia propheta in sua patria honorem non habet. 45. *Cum ergo venissetin Galilasam, exceperunt eum Galilasi, cum omnia vidissent quas fecerat Jerosolymis in die festo : et ipsi enim venerant ad diem festum.
46. Venit ergo iterum in Cana Galilasae, 'ubi fecit aquam vinum.
Et erat quidam regulus, cujus filius infirmabatur Capharnaum.
47. Hie cum audisset quia Jesus adveniret a Judasa in Galilasam, abiit ad eum, et rogabat eum ut descenderet, et sanaret filium ejus :
incipiebatenim mori. 48. Dixit ergo Jesus ad eumi : Nisi signa, et prodigia videritis, non creditis. 49. Dicit ad eum regulus : Domine, descende prius quam moriatur filius meus. 50. Dicit ei Jesus : Vade, filius tuus vivit. Credidit homo sermoni, quern dixit ei Jesus, et ibat.
5 1. Jam autem eodescendente, servi occurrerunt ei, et nuntiaverunt dicentes,quiafiliusejusviveret. 52. Interrogabat ergo horam ab eis, in qua melius habuerit. Et dixerunt ei :
Quia heri hora septimareliquit eum febris, 53. Cognovit ergo pater, quia ilia hora erat, in qua dixit ei Jesus: Filius tuus vivit : et credidit ipse, et domus ejus tota.
54. Hoc iterum secundum signum fecit Jesus, cum venisset a Judaea in Galilasam.
— :i:— CAPUT V. — :i--
Jesus ad piscinam sanato segroto qui 38 annis languerat, jubet sabbato loUere grabatum; et Judseis id calumniantibus respondet se omnia sua simul cum Patre operari, mortuosque vivificare, ac judicem ab illo constitutum esse omnium, cui Joannes et propria opera ac Pater, imo et Moyses ipse testimonium perhibent.
|OST hasc erat dies festus Jud^orum, "et ascendit « Lev. 23, 5.
[esus Terosolymam. 2, Est ^*^''*- ^f • ^•
•f -^ f •' , • T-> Esth.i6,22-
autem Jerosolymis rro-
(voy. notre Harmofn'e), et transporte le lecteur a Jerusalem a I'epoque d'ufie fete des Juifs.
Quelle etait cette fete ? Si I'on consulte les manuscrits et les versions, on trouve ici deux lec^ons : Za fete, t) scp^T^, et Uneitic, EopxTj, sans article. Si I'on interroge les Peres et les commentateurs soit anciens, soit modernes, ils repondent tres diverse-i ment. Selon les uns, il est ici question de la fete de la Dedicace (milieu du 9*= mois); se-j Ion d'autres, de la fete de Purim (milieu du' dernier mois); ceux-ci tiennent pour la fete des Tabernacles (milieu du 7** mois), ceuxla pour la Pentecote (commencement du 3^ mois), d'autres enfin pour la Paque. Mais si I'on prete attention an contexte. il ne peut guere etre fait ici mention de la fete de la Dedicace ni de celle de Purim. Ces deux solennites, en effet, etaient aussi bien civiles que religieuses et se c^lebraient non seulement a Jerusalem, mais aussi dans les villes et bourgades de la Palestine. Or, dit TEvangeliste, (verset i^) " Jesus monta a Jerusalem." II s'agit done del'unedes trois solennites qui ne pouvaient etre celebrees qu'k Jerusalem, k savoir la fete des Tabernacles, la Pentecote et la Paque. Mais evidemment
il ne saurait etre question dans ce chapitre de la Pentecote et de la fete des Tabernacles qui suivirent la Paque mentionnee au chap. VI*^, vers. 4. Pas davantage de celles qui suivirent la premiere Paque du minist^re public de Jesus (chap, ii, 13 sv.). En effet la donnee chronologique fournie par le chap. IVe, vers. 35, nous apprend que Notre-Seigneur eut son entretien avec la Samaritaine vers le mois de decembre, huit mois par consequent apres la premiere Paque, et le chapitre V% vers, i, nous est un sur garant que la fete que nous cherchons a determiner fut posterieure au voyage de Jesus a travers la Samarie. Par voie d'exclusion, on arrive done a admettre, a la suite de S. Irenee, et avec un certain nombre de commentateurs, qu'il s'agit ici de la fete par excellence, de la fete de Paque. II en resulte que le ministere du Sauveur, ayant compris trois autres solennites pascales (Jeafi, ii, 13 sv.; vi, 4; xi, 55 sv.), a dure un peu plus de trois ans.
2. La porte Probatique ou des Brebis etah situee au nord du temple. — Bethesda. La Vulg. dit : Bethsaida; les manuscrits grecs ont, les uns Bethsaida, d'autres Bethzatha, d'autres Bethesda. Ce dernier nom s'expli-
^VANGILE SELON S. JEAN. Chap. V, 3—19.
Ch. V. '9
3 Sous ces portiques etaient couches un grand nombre de malades, d'aveugles, de boiteux et de paralytiques; [ils attendaient le bouillonnement de I'eau. 4 Car un angedu Seigneur descendait a certains temps dans la piscine, et agitait I'eau; et celui qui y descendait le premier apres I'agitation de I'eau, etait gueri de son infirmite, quelle qu'elle fut] 5 La se trouvait un homme malade depuis trentehuit ans. ^Jesus I'ayant vu gisant, et sachant qu'il etait malade deja depuis longtemps, lui dit : " Veux-tu etre gueri?" 7Le malade lui repondit : " Seigneur, je n'ai personne pour me Jeter dans la piscine des que I'eau est agitee, et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi." ^Jesus lui dit : " Leve-toi, prends ton grabat, et marche." 9Et a I'instant cet homme fut gueri; il prit son grabat et se mit a marcher. C'etait un jour de sabbat.
^°Les Juifs dirent done a celui qui avait ete gueri : " C'est aujourd'/mi le sabbat, il ne t'est pas permis d'em-
porter ton grabat." " II leur repondit : " Celui qui m'a gueri m'a dit : " Prends ton grabat et marche." ^^Hs lui demanderent : " Qui est I'homme qui t'a dit : " Prends ton grabat et marche?" ^3 Mais celui qui avait ete gueri ne savait pas qui c'etait; car Jesus s'etait esquive, grace a la foule qui etait en cet endroit. i4Plus tard, Jesus le trouva dans le temple, et lui dit : " Te voila gueri; ne peche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire." ^sCet homme s'en alia, et annon^a aux Juifs que c'etait Jesus qui I'avait gueri. ^^ C'est pourquoi les Juifs persecutaient Jesus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat.
^7 Mais Jesus leur dit : " Mon Pere agit jusqu'a present, et moi aussi j'agis." i^Sur quoi, les Juifs cherchaient encore avec plus d'ardeur a le faire mourir, parce que, non content de violer le sabbat, il disait encore que Dieu etait son pere, se faisant egal a Dieu.
2° — Discours apologetique de Jesus [vers. 18^ — 47].
a) Jesus est egal a Dieu son Pere [vers. 18^ — 30]. — b) Temoignages rendus en sa faveur, par S. Jean-Baptiste [31 — 35], par les miracles que son Pere lui a donne d'operer [36 — 38], par les propheties de I'Ancien Testament [39 — ^47].
[Esus reprit done la parole et
leur dit : ^9 " En verite, en ve-
^ rite, je vous le dis, le Fils ne
peut rien faire de lui-meme, mais seulement ce qu'il voit faire au Pere; et tout ce que fait le Pere, le Fils
que mieux. On peut en effet le traduire " maison ou lieu de misericorde." Or c'est bien dans cette piscine, dans ce lieu de misericorde, que les miseres etaient soulagdes, les infirmitesgueries,etc.— M. Mauss,architedle franqais, cioit avoir retrouve ce bassin, aujourd'hui a sec, pres de Pemplacement du temple {le Harani), au N. O. de I'eglise Sainte-Anne. — Cinq portiques ou galeries couvertes. On lit dans la Vulgate : 6>r, ct Jerusalem est la piscine Probatiqtie (des Brebis), qui est appelee Bethsaide et a cinq portiques.
3. De gens^ etc.; ils sont appeles ailleurs paralytiques. Sur I'authenticite de ce verset et du suivant, voyez l'lntrodu(flion k cet Evangile.
4. Toutes ces circonstances montrent qu'il ne s'agit pas ici de guerisons operees par la vertu naturelle de ces eaux. — Uii anoe descetjdait, probablement d'une maniere invisible, sa presence ne se manifestant que par le bouillonnement de feau. — A certains temps, c.-ci-d. de temps en temps. Rien ne nous permet de preciser davantage.
^-Malade, probablement paralytique(v.7).