C. — Election de sept diacres. Martyre de S. Etienne
[chap. VI VII, 60^.
i) — Diffusion de I'Eglise; les sept diacres [i — 7].
^^N ces jours-la, le nombre des disciples augmentant, les Hellenistes eleverent des plaintes contre les Hebreux, parce que leurs veuves etaient negligees dans I'assistance de chaque jour. ^Alors les Douze ayant assemble la multitude des disciples, leur dirent : " II ne convient pas que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables.
sChoisissez done parmi vous, freres, sept hommes d'un bon temoignage, remplis de I'Esprit-Saint et de sagesse, a qui nous puissions confier cet office; 4et nous, nous serons tout
entiers a la priere et au ministere de la parole." sCe discours plut a toute I'assemblee, et ils elurcnt Etienne, homme plein de foi et du Saint-Esprit, Philippe, Prochorc, Nicanor, Timon, Parmenas et Nicolas, proselyte d'Antioche. ^On les presenta aux Apotres, et ceux-ci, apres avoir prie, leur imposerent les mains.
/La parole de Dieu se repandait de plus en plus; le nombre des disciples s'augmentait considerablement a Jerusalem, et une multitude de pretres obeissaient a la foi.
2) — vS. Etienne accuse de blaspheme est conduit devant le Sanhedrin [8 — 15]. Son plaidoyer : ses accusateurs ne font que continuer I'opposition que leurs ancetres ont faite aux envoyes de Dieu, a) a lepoque des patriarches [CHAP. VII, i — 16] — l)\ au temps de MoVse [17 — 43] f) depuis Moise [44 — 53].
jlTienne, plein de grace et de force, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. 9 0uelques membres de la synagogue dite des Affranchis,etde celles des Cyreneens et des Alexandrins, avec des Juifs de Cilicie et d'Asie, vinrent disputeravec lui; ^°mais ils ne
purent resister a la sagesse et a I'Esprit avec lesquels il parlait. "Alors ils subornerent des gens qui dirent :
" Nous I'avons entendu proferer des paroles blasphematoires contre Moise et contre Dieu." '^^\\% ameuterent ainsi le peuple, les Anciens et les Scribes, et tous ensemble se jetant sur
CHAP. VI
I. Les Hellaiistes. A cette epoque, le christianisme ne comptait guere encore que des fideles sortis du judaisme. Mais tandis que les uns etaient des Juifs, Palestiniens de naissance et de mceurs, pariant I'idiome national qui dtait alors I'arameen, lesautres etaient issus de families emigrees depuis longtemps en Asie-Mineure, en Egypte, dans toutes les colonies grecquesde I'Orient; leur langue etait le grec. Les premiers sont appel^s ici Hebreux^ les seconds Hellenistes. Parmi ces derniers un certain nombre avaient quitte leur patrie d'adoption et etaient venus s'etablir a Jerusalem. Entre eux et les Hcheux des divisions ne tar-
derent pas a eclater, k cause en particulier des injustices dont leurs veuves avaient k se plaindre dans la distribution quotidienne des aumones. Leurs plaintes etaient fonde'es, semble-t-il, puisque les Apotres vont s'empresser d'en faire disparaitre le motif (vers. 2 sv.).Mais comment Tabus s'e'taitilproduit? 11 est permis de croire que les distributeurs d'aumones avaient ete choisis parmi les Hebreux et que, consciemment ou non, ils favorisaient leurs compatriotes au detriment des Hellenistes.
2 La parole de Dieu,\ci. predication de cette parole, de I'Evangile. - Poiir servir aux tables, pour nous occuper direcflement des soins materiels, de la nourriture, elle-meme, k donner aux pau\res, aux veuves, etc.
ACTUS APOSTOLORUM. Cap. VI, i — 12.
— :;:— CAPUT VI. — :i:—
Eledlio septem diaconorum, crescente in dies credentium numero : Stephani vehementia cum signis et prodigiis, in quern plurimi insurgunt Judxri : cumque eum non possent convincere, falsis testibus nituntur opprimere.
N diebus autem illis, crescente numero discipulorum, factum est murmur Grascorum adversus Hebrasos, eo quod despicerentur in ministerio quotidiano viduas eorum.
2, Convocantes autem duodecim multitudinem discipulorum dixerunt : Non est asquum nos derelmquere verbum Dei, et ministrare mensis. 3. Considerate ergo fratres, v'^ros ex vobis boni testimonii septem, plenos Spiritu sancto, et sapientia, quos constituamus super hoc opus. 4. Nos vero orationi, et ministerio verbi instantes erimus.
5. Et placuit sermo coram omni multitudine. Et elegerunt Stepha-
num, virum plenum fide, et Spiritu sancto, et Philippum, et Prochorum, et Nicanorem, et Timonem, et Parmenam, et Nicolaum advenam i\ntiochenum. 6. Hos statuerunt ante conspectum Apostolorum : et orantes imposuerunt eis manus.
7. Et verbum Domini crescebar, et multiplicabatur numerus discipulorum in Jerusalem valde : multa etiam turba sacerdotum obediebat fidei.
8. Stephanus autem plenus gratia, et fortitudine faciebat prodigia, et signa magna in populo. 9. Surrexeruiit autem quidam de synagoga, quae appellatur Libertinorum, et Cyrenensium, et Alexandrinoruni, et eorum qui erant a Cilicia, et Asia, disputantescum Stephano:
10. "et non poterant resistere sapientias,et Spiritui,qui loquebatur.
11. Tunc summiserunt viros, qui dicerent se audivisse eum dicentem verba blasphemias in Moysen, et in Deum. 12. Commoverunt itaque
3. Choisissez sept hommes... a qui nous puissioiis confier. Le choix est laisse aux fideles, la consecration des elus est reservee aux Apotres. — Scpt^ sans doute a cause du symbolisme propre a ce nonibre. — Z^"z^;/ bon teinoiofiaoe. Premiere condition pour I'eligibilile : une bonne reputation. — Reniplis de V Esprit- Saitit. II faut de plus qu'un signe exterieur, qu'un charisme permette de reconnaitre que le Saint-Esprit reside en eux avec ses dons. — Et de sagesse, c'est-k-dire de prudence, pour que dans I'administration et la dispensation des biens de la communaute, ils recourent aux moyens les meilleurs et s'inspirent des besoins et des circonstances.
4. La priere comprend ici tout ce qui se rapporte au culte de Dieu, et principalement I'offrande du sacrifice eucharistique.
5. Nicolas. Au temoignage de quelques P^res (S. Iren^e, S. Epiphane, S. Augustin), ce diacre aurait enseigne plus tard des erreurs impures. Aussi font-ils remonter jusqu'k lui I'heresie des Nicolaites, si vigoureusement condamnee dans I'Apocalypse (ii, 5). — Proselyte : ne de parents paiens, mais affilie a la religion juive avant d'embrasser le christianisme. V'oy. le Vocab.