‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 482 sur 506 · C. — S. Paul est envoye a · texte numérisé non relu

C. — S. Paul est envoye a

[cHAr

Rome. Navigation et naufrage . xxvii].

De Cesarce a Crete par Sidon, Tempete [13 — 26].

§jOrsqu'il eut ete decide que nous irions par mer en Italic, on remit Paul et quelques autres prisonniers a un centurion nomme Julius, de la cohorte Augusta.

^Nous montames sur un vaisseau d'Adramytte qui devait longer les cotes de I'Asie, et nous levames I'ancre, ayant avec nous Aristarque, Macedonien de Thessalonique.

3Le jour suivant, nous abordames a Sidon; et Julius, qui traitait Paul avec bienveillance, lui permit d'aller chez ses amis et de recevoir leurs soins. 4Etant partis de la, nous cotoyames I'ile de Chypre, parce que les vents etaient contraires. sApres avoir traverse la mer qui baigne la Cilicie et la Pamphylie, nous arrivames a Myre, en Lycie. ^Le centurion y ayant trouve un navire d'Ale-

Myre et Bons-Ports [vers, i — 12].

Echouage [27 — -44].

xandrie qui faisait voile pour I'ltalie, il nous y fit monter.

7 Pendant plusieurs jours nous naviguames lentement, et ce ne fut pas sans difficulte que nous arrivames a la hauteur de Cnide, ou le vent ne nous permit pas d'aborder. Nous passames au-dessous de I'lle de Crete, du cote de Salmone, ^et longeant la cote avec peine, nous arrivames a un lieu nomme Bons-Ports, pres duquel etait la ville de Thalassa.

9Un temps assez long setait ecoule, et la navigation devenait dangereuse, car I'epoque du jeune etait deja passee. Paul fit des representations a ['equipage : ^o " Mes amis, leur dit-il, je vois que la navigation ne pourra se faire sans danger et sans de graves dommages, non seulement pour la rargaison et le navire, mais encore

2'].Je sal's que tu y crois, puisque tu es Juif. Tu ne peux done ignorer comment les oracles des prophetes ont ete accomplis en la personne de Jesus, specialement le jour ou se sont realisees, non pas dans tin coin, non pas en secret, mais en public, mais a Jerusalem, les merveilles de sa mort et de sa resurreflion.

28. Peu sen faut. D'autres : en peu de mots, sans beaucoup de peine, bientot, tu vas me persuader de devenir chretien. Impressionne par le discours de Paul, Agrippa, en homme du monde, dissimule ou reprime son emotion par ce mot de forme ironique.

CHAP. XXVII

I. La coJiurte Augusta : on sait qu'Ocftave, eleve ^ I'empire, prit le titre d'Auguste et qu'une legion formant sa garde s'appela legio Augusta; mais on n'est pas d'accord sur ce qu'il faut entendre 'pa.v co/iorte Augusta. Estce la meme que la cohorte italienne du chap. X, I .'' Y avait-il, dans chacune des legions de I'armee, une cohors Augusta, dont le service aurait eii pour objet special les affaires qui concernaient I'empereur.'' — Selon plusieurs interpretes cette cohorte etait ainsi appelee, parce qu'elle etait formee de soldats originaires de Samarie, ville a laquelle le roi He-

ACTUS APOSTOLORUM. Cap. XXVI, 27-32; XXVII, i — 10. 555

tror. .?Neqiie enim in angulo quidquam horum gestum est. 27. Credis rex Agrippa prophetis.'' Scio quia credis. 28. Agrippa autem ad Paulum : In modicosuades me Christianum fieri. 29. Et Paulus : Opto apiid Deum, et in modico, et in magno, non tantiim te, sed etiam omnes, qui audiunt, hodie fieri tales, qualis et ego sum, exceptis vinculis his.

30. Et exsurrexit rex, et praeses, et Bernice, et qui assidebant eis.

3 1 , Et cum secessissent, loquebantur ad invicem, dicentes : Quia nihil morte, aut vinculis dignum quid fecit homo iste, 32. Agrippa autem Festo dixit : Dimitti poterat homo hie, si non appellasset Cassarem.

— :;:— CAPUT XXVII. —

Paulus a centurione Julio ducitur Romani versus, navigans per varia loca : adver-

' sante autem ipsis vento, vix perveniunt ad quemdam in Greta locum : a quo, licet pr;vdiceret Paulus periculosam esse navigationem, discedentes, patiuntur ingentem tempestatem : tandemque, post Pauli consolationem, qui narrans faeflam sibi de omnium salute reveiationem, hortabatur eos ad cibum sumendum, passi naufragium omnes evadunt incolumes.

T autem judicatum est navigare eum in Italiam, et tradi Paulum cum reliquis custodiis centurioni

nomine Julio, cohortis Augustas, 2. "ascendentes navem Adrumetinam, incipientes navigare circa Asias loca,sustulimus, perseverante nobiscum Aristarcho Macedone Thessalonicensi.

3. Sequenti autem die devenimus Sidonem. Humane autem tractans Julius Paulum, permisit ad amicos ire, et curam sui agere. 4. Et inde cum sustulissemus, subnavigamus Cyprum, propterea quod essent venti co?itrarii. 5. Et pelagus Ciliciae, et Pamphylias navigantes, venimus Eystram, quae est Lyciae : 6. et ibi inveniens centurio navem Alexandrinam navigantem in Italiam, transposuit nos in earn.

7. Et cum multis diebus tarde iiavigaremus, et vix devenissemus contra Gnidum, prohibente nos vento, adnavigavimus Gretas juxta Salmonem : 8. et vix juxta navigantes, venimus in locum quemdam, qui vocatur Boniportus, cui juxta erat ci vitas Thalassa.

9. Multo autem tempore peracto, et cum jam non esset tuta navigatio, eo quod et jejunium jam prasteriisset, consolabatur eos Paulus, 10. dicens eis : Viri, video quoniam cum injuria, et multo damno non solum oneris, et navis, sed etiam animarum nostrarum incipit esse navi-

" Supra 19, 29 et 20. 4.

rode avaitdonne le nomd'duj^us^e (i^sSaaT?^?) en I'honneur de I'empereur.

2. Nous montdmes sur un vaisseati d'' Adrainytte. Adramytte, ville de Mysie, a I'embouchure du Caique. C'etait sans doute un vaisseau de commerce qui devait toucher divers ports de la cote pour completer son chargement et regagner ensuite son point d'origine. Julius ^tait sur de trouver, dans I'un de ces ports, un navire en parlance pour ritalie, sur lequel il prendrait passage.

5. Nous arrii'diiies a Afyre, ville alors considerable, a une lieue du rivage.

7. Cnide, ville de la presqu'ile de ce nom, en Carie, auj. Stadia. Elle etait celebre par le culte de Venus, dont elle possddait la fameuse statue due au ciseau de Praxitele. — Crete, aujourd'hui Candle. — Sabnone, promontoire a I'est de I'ile de Crete.

8. Nous arrivdnies a Bans-Ports, petite baie sous le cap Matala, vers le milieu de la cote sud de I'lle. Pres de Ik sont des ruines, que les paysans nomment Lasaca, et un grand convent situe dans le voisinage prouve que, de bonne heure, des souvenirs Chretiens s'attachcrent a cet endroit. — Thalassa : peut-etre, avec plusieurs manuscrits, faut-il lire Lasaea. .

9. Du jeune dn Pardon (Kippou/), ou de la fete des Expiations, qui avait lieu le 10 ciu mois de Tischri. (Voy. dans le Voc. Fetes juives). Passe cette date, les voyages maritimes devenaient dangereux; on ferniait alors la navigation, pour la f ouz'n'r au mois de mars.

10. Mats encore pour nos persojines : plus tard (vers. 23), une revelation le rassura sur ce dernier point.

ACTES DES APOTRES. Chap. XXVII, 11—33.

pour nos personnes." "Mais le centurion avait plu.s de confiance en ce que disait le pilote et le patron du navire, que dans les paroles de Paul.

12 Et comme le port n'etait pas bon pour hiverner, la plupart furent d'avis de reprendre la mer et de tacher d'atteindre, pour y passer I'hiver, Phenice, port de Crete, qui regarde I'Africus et le Corus.

'3Un leger vent du sud vint a souffler; se croyant maitres de leurs desseins, ils leverent I'ancre et raserent de plus pres les cotes de Crete.

14 Mais bientot un vent impetueux, nomme Euraquilon, se dechaina sur I'ile. 15 Le navire fut entraine, sans pouvoir lutter contre I'ouragan, ct nous nous laissames aller a la derive.

^6 Nous passames rapidement au-dessous d'une petite ile, nommee Cauda, et nous eumes beaucoup de peine a remonter la chaloupe. ^7Qua.nd on I'eut hissee, les matelots, ayant recours a tous les moyens de salut, ceignirent le navire, et dans la crainte d'echouer sur la Syrte, ils abattirent lavoilureet se laisserent aller. ^^ Comme nous etions violemment battus par la tempete, on jeta Ic lendemain la cargaison a la mer, ^9et le jour suivant nous y langames de nos propres mains les agr^s du navire. ^opendant plusieurs jours, ni le soleil ni les etoiles ne se montrerent, et la tempete continuait de sevir avec violence :

tout espoir de salut s'etait evanoui.

^iDepuis longtemps personne n'avait mange. Paul, se levant alors au

milieu d'eux, leur dit : " Vous auriez du m'ecouter, mes amis, ne point partir de Crete, et vous ^pargner ce peril et ce dommage. ^aCependant je vous exhorte a prendre courage, car aucun dc vous ne perdra la vie; le vaisseau seul sera perdu. 2?Cette nuit meme un ange de Dieu a qui j'appartiens ct que je sers, m'est apparu 24et m'a dit : Paul, ne crains point; il faut que tu comparaisses devant Cesar, et voici que Dieu t'a donne tous ceux qui naviguent avec toi. 25 Courage done, mes amis; car j'ai confiance en Dieu qu'il en sera comme il m'a ete dit.

26 Nous devons echouer sur une ile."

27 La quatorzieme nuit, comme nous etions ballottes dans I'Adriatique, les matelots soupgonnerent, vers le milieu de la nuit, qu'on approchait dc quelque terre. ^sjetant aussitot la sonde, ils trouverent vingt brasses; un peu plus loin, ils la jeterent de nouveau, et en trouverent quinze. 29 Dans la crainte de heurter contre des recifs, ils jeterent quatre ancres de la poupe, et attendirent le jour avec impatience. 3oMais comme les matelots cherchaient as'echapper du navire, et que deja, sous pretexte d'aller jeter des ancres du cote de la proue, ils avaient mis la chaloupe a flot, 31 Paul dit au centurion et aux soldats : " Si ces hommes ne restent pas dans le navire, vous etes tous perdus." 32 Alors les soldats couperent les amarres de la chaloupe, et la laisserent tomber.

33 En attendantle jour, Paul exhorta

12. Passer Vhiver : on avait perdu I'espoir d'arriver k Rome avant I'hiver. — P/iefitce, aujourd'hui Loutro. — \JAfriats, vent du sud-ouest, et le Corvs, vent du nord-ouest, designent ici les points du ciel d'oii ces vents soufident.

13. 6V croyant nuxttres de leur dessein, c'est-a-dire croyant pouvoir le realiser heureusement. — De plus pres : la Vulgate a pris le grec aaaov pour un nom propre de ville et a traduit : /Is leveretit Vancte d^Asso/i, et cotoyerent la Crete.

14. Un vent impetueux, jtoinme Eitraguilon, I'Eurus et I'Aquilon soufflant ensem-

ble. D'autres manuscrits lisent ; EupoxXj^iov, qui jette les flots au loin sur la plage. — Sur Pile; d'autres traduisent, veiuint de Pile.

15. Sans pouvoir lutter, lilt, regarder en face, a.v~.o's>{)(x\\i.€iv .

16. Cauda ou Clauda, aujourd'hui Gozzo. — La chaloupe, qui suivait librement, d'ordinaire, le navire auquel elle est attachee, fut remontee a bord, de peur cju'elle ne se brisat et ne put plus servir en cas de naufrage.

17. Ceignirent le navire au moyen de chaines ou de cables, passes sous la quille

ACTUS APOSTOLORUM. Cap. XXVII, 11—33.

gatio. II. Centurio autem gubernatori et nauclero magis credebat, quam his, qua^ a Paulo dicebantur.

12. Et cum aptus portus non esset ad hiemandum, plurimi statuerunt consilium navigare inde, si quomodo possent, devenientes Phoenicen, hiemare, portum Cretae respicientem ad Africum, et ad Corum.

13. Aspirante autem Austro, a?stimantes propositum se tenere, cum sustulissentde Asson, legebant Cretam. 14. Non post multum autem misit se contra ipsam ventus Typhonicus, qui vocatur Euroaquilo.

15, Cumque arrepta esset navis, et non posset conari in ventum, data nave flatibus, ferebamur, 16. In insulam autem quamdam decurrentes, qua^ vocatur Cauda, potuimus vix obtinere scapham. 17. Qua sublata, adjutoriis utebantur, accingentes navem, timentes ne in Syrtim inciderent, summisso vase sic ferebantur, 18. Vaiida autem nobis tempestate jactatis, sequenti die jactum recerunt : 19. et tertia die suis manibus armamenta navis projecerunt. 20. Neque autem sole, neque sideribus apparentibus per plures dies, et tempestate non exigua imminente, jam ablata erat spes omnis salutis nostra.

21. Et cum multa jejunatio fuisset, tunc stans Paulus in medio eorum, dixit : Oportebat quidem, o viri, audito me, non toUere a Creta,

lucrique facere injuriam banc, et jacturam. 22. Et nunc suadeo vobis bono animo esse : amissio enim nullius animae erit ex vobis, praeterquam navis. 23. Astitit enim mihi hac nocte Angelus Dei, cujus sum ego, et cui deservio, 24. dicens : Ne timeas Paule, Caesari te oportet assistere : et ecce donavit tibi Deus omnes,qui navigant tecum. 25. Propter quod bono animo estote vlri :

credo enim Deo, quia sic erit, quemadmodum dictum est mihi. 26. In insulam autem quamdam oportet nos devenire,

27.Sed posteaquam quartadecima nox supervenit, navigantibus nobis in Adria circa mediam noctem, suspicabantur nautas apparere sibi aliquam regionem. 28. Qui et summittentes bolidem, invenerunt passus viginti : et pusillum inde separati, invenerunt passus quindecim.

29. Timentes autem ne in aspera loca incideremus, de puppi mittentes anchoras quatuor,optabant diem fieri. 30. Nautis vero quaerentibus fugere de navi, cum misissent scapham in mare, sub obtentu quasi inciperent a prora anchoras extendere, 31. dixit Paulus centurioni, et militibus : Nisi hi in navi manserint, vos salvi fieri non potestis.

32. Tunc absciderunt milites funes scaphae, et passi sunt earn excidere.

33. Et cum lux inciperet fieri, rogabat Paulus omnes sumere ci-

et autour des parois laterales pour lui donner plus de resistance k la mar et I'empecher de se disjoindre sous I'effort redouble des lames. — I^a Syrie, bancs de sable recouverts d'une faible couched'eau; il s'agit de la grande Syrte, sur la cote septentrionale de TAfriqiie, aujourd'hui golfe de Sidra. — Lavoilure, ou la i^rande voile.

19. Nouslancdi)ies... les acre's, sauf les plus indispensables a la manoeuvre. D'autres, les i/ieiidles, tels que tables, bancs, lits, etc.

20. Ni le soleil ni les etoiles ne se monlierent, ce qui rendait la situation du navire dei plus critiques. Les anciens, en effet, ne connaissant pas la boussole, n'avaient, pour diriger leur marche quand ils perdaient de vue les cutes, que le soleil et les etoiles.

24. Void que Dieii fa donne, etc. sens : En ta consideration, Dieu epargnera la vie des autres passagers.

27. La quatorzihne mat depuis le depart des Bons-Ports. — VAdriatique. Les anciens donnaient ce nom a presque toute la partie de la Mediterranee qui s'etend entre la Grece, I'ltalie et I'Afrique; 11 designait done beaucoup plus que le golfe Adriatiqiie. — Soupcoruierent, au mouvement des vagues.

29. Quatre ancres : les ancres des anciens etaient plus petites, moins resistantes, et par Ih. meme plus nombreuses que les notres.

31. Vous ne pouvez eire sauves, I'equipage seul connaissant les manoeuvres que pourrait exiger le debarquement ou rechouage.

558 ACTES DES APOTRES. Chap. XXVII, 34—44; XXVIII, 1—7.

Ch.

toutle monde a prendre de la nourriture : '' Voici, leur dit-il, le quatorzieme jour que, remplis d'an-xiete, vous restez a jeun sans rien prendre.

34je vous engage done a manger, car cela importe a votre salut; aucun dc vous ne perdra un cheveu de sa tete." Ayant ainsi parle, il prit du pain, et apres avoir rendu graces a Dieu devant tous, il le rompit et se mit a manger. 36 Et tous.reprenant courage, mangerent aussi. 37 Nous etions en tout, sur le batiment, deux cent soixante-seize personnes. 38 Quand ils eurent mange suffisamment, ils allegerent le navire en jetant les provisions a la mer

39 Le jour etant venu, ils ne reconnurent pas la c6te;mais ayant aper^u une baie qui avait une plage de sable, ils resolurcnt d'}' faire echouer le navi-

re, s'ils le pouvaient, 4oOn coupa done les amarres des ancres, qu'on abandonna a la mer; on lacha en meme temps les attaches des gouvernails, on mit au vent la voile d'artimon et on se dirigea vers la plage. 4iMais ayant touche sur une langue de terre, ils y echouerent ; la proue s'enfon^a et resta immobile, tandis que la poupe se disloquait sous la violence des vagues.

42 Les soldats furent d'avis de tuer les prisonniers, de peur que I'un d'eux ne s'echappat a la nage. 43 Mais le centurion, qui voulait sauver Paul, les empecha d'executer leur dessein.

II ordonnaa ceux qui savaicnt nager de se Jeter a I'eau les premiers et de gagner la terre, 44 et aux autres de se mettre sur des planches ou sur des debris du vaisseau. Et ainsi tous atteignirent le rivage sains et saufs.

D. — S. Paul a Make [chap, xxviii, i — 10].

i) — Excellent accueil des habitants [vers, i — 4]. Episode de la vipere [5—6]. — Prodiges operes par I'Apotre [7 — 10].

NP^ fois sauves, nous reconnumes que Pile s'appelait Malte. Les barbares nous traiterent avec une bienveillance peu commune; ^ils nous recueillirent tous autour d'un grand feu qu'ils avaient allume, a cause de la pluie qui etait survenue, et du froid. 3 Paul ayant ramasse quelques broussailles et les ayant jetees dans le brasier, une vipere, que la chaleur en fit sortir, s'attacha a sa main. 4 En voyant ce reptile qui pendait a sa main, les barbares se dirent les uns aux autres :

" Sans aucun doute, cet homme est

un meurtrier; car, apres qu'il a ete sauve de la mer, la Justice divine n'a pas voulu le laisser vivre." sLui, cependant, secoua la vipere dans le feu et n'en ressentit aucun mal. ^Les barbares s'attendaient a le voir enfler ou tomber mort subitement. Mais apres avoir longtemps attendu, voyant qu'il ne lui arrivait aucun mal, ils changerent de sentiment et dirent :

C'cst un dieu.

7ll y avait, dans le voisinage, des terres appartenant au premier personnage de Tile, nomme Publius, qui nous regut et nous donna pendant

39. lis ne reconmtren/ point la cote, litt. In terre. Sans doute une partie au moins de I'equipage avait dejk aborde dans I'lle de Malte, mais non a I'endroit special ou le flot venait de porter le navire.

40. Les attaches des gouvernails. Les navires anciens avaient deux gouvernails, I'un ;\ droite, I'autre a gauche, qu'on attachait avec des cordes, de chaque cote de la ]joupe, lorsqu'on ne pouvait pas s'en servir. — D'artimon. Ce mot (xov o(pT£[j.ova) qu'on

ne trouve dans aucun autre auteur grec, designait sans doute la grande voile hissee fi I'avant du vaisseau.

4 1 . La proue s'enfon^a dans le sable.

CHAP, XXVIII

1. Malte, lie de la Mcditerranee, entre la Sicile et la cote d'Afrique. Habitee primitivement par des colons venus de Carthage, elle obeissait alors aux Romains et faisait partie de la preture de Sicile. L'endroit de

ACTUS APOSTOLORUM. Cap. XXVII, 34—44; XXVIII, 1—7. 559

bum, dicens : Ouartadecima die hodie exspectantes jejuni perrnanetis, nihil accipientes, 2-{- Propter quod rogo vos accipere cibum pro salute vestra : quia nullius vestrum capillus de capite peribit. 35. Et cum hasc dixisset, sumens panem, gratiasegit Deo in conspectu omnium : et cum fregisset, coepit manducare. 36. Animasquiores autem facti omnes, et ipsi sumpserunt cibum. 37. Eramus vero universal aiiimas in navi ducentas septuaginta sex. 38. Et satiati cibo alleviabant navem, jactantes triticum in mare.

39. Cum autem dies factus esset, terram non agiioscebant : sinum vero quemdam considerabant habentem littus, in quern cogitabant, si possent, ejicere navem. 40, Et cum anchoras sustulissent, committebant se mari, simul laxantes juncturas ^gubernaculorum : et levato artemone secundum auras flatum tencor. II, debant ad littus. 41. * Et cum incidissemus in locum dithalassum, impegerunt navem : et prora quidem fixa manebat immobilis, puppis vero solvebatur a vi maris.

42. Militum autem consilium fuit ut ciistodias occiderent : ne quis cum enatasset, efFugeret. 43. Centurio autem volens servare Paulum, prohibuit fieri : jussitque eos, qui possent iiatare, emittere se primos, etevadere,et ad terram exire : 44. et ceteros alios in tabulis ferebant :

quosdam super ea, quae de navi erant. Et sic factum est, ut omnes animas evaderent ad terram.

— *— CAPUT XXVIII. — :i:— Paulus ceterique ipsius comites humane a barbaris excipiuntur in insula Melita, in qua percussus a vipera Paulus nihil mali patitur, patremque Publii principis insulae sanitati restituit, ac alios multos curat; et ab eo loco navigantes tandem Romam perveniunt, ubi Paulus convocatis primis Judaeorum causam exponit cur Caesarem appellaverit : dieque ab ipsis constituto prsedicat de Christo, cujus verbis multi non credunt, quod Paulus ostendit ab Isaia priedicflum esse : et per biennium de fide in Christum pra^dicat omnibus ad ipsum accedentibus.

T cum evasissemus, tunc cognovimus quia Melita insula vocabatur. Barbari

3j vero prsstabant non mo-

dicam humanitatem nobis. 2. Accensa enim pyra, reficiebant nos omnes propter imbrem, qui imminebat, et frigus. 3. Cum congregasset autem Paulus sarmentorum aliquantam multitudinem, et imposuisset super ignem, vipera a calore cum processisset, invasit manum ejus. 4. Ut vero viderunt Barbari pendentem bestiam de manu ejus, ad invicem dicebant : Utique homicida est homo hie, qui cum evaserit de mari, ultio non sinit eum vivere.

5. "Et ille quidem excutiens bestiam in ignem, nihil mali passus est. 6. At illi existimabant eum in tumorem convertendum, et subito casurum, et mori. Diu autem illis exspectantibus, et videntibus nihil mali in eo fieri, convertentes se, dicebant eum esse Deum.

Page 1