‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 92 sur 506 · Et audientes mirati sunt, et relicto eo abierunt · texte numérisé non relu

Et audientes mirati sunt, et relicto eo abierunt

23, In illo die accesserunt ad eum

la grace, robe precieuse regue au bapteme oil recouvree par la penitence.

14. Ce verset, dans sa rigueur, s'adresse surtout aux Juifs au temps de Jesus; mais il est aussi un avertissement pour les Gentils, appeles a leur place. \'oy. la note de xx, 16.

16. Disciples, jeunes etudiants qui suivaient ^ Jerusalem les legons des rabbins les plus celebres, tels que Gamaliel, etc. Jaloux de I'independance nationale, ils avaient une extreme repugnance a payer le tribut a un prince etranger, surtout infidele, comme I'etait Tibere. — Hcrodiens, Juifs devoues a la famille d'Herode et favorables .\ la politique romaine. II y avait done la deux interets en presence, et les Pharisiens pouvaient esperer que Jesus, de quelque cote qu'il pen-

chat, fournirait un pretexte pour I'accuser.

x"] . A Cesar : aux Romains, dont les empereurs portaient le titre de Cesars.

19. Denier : les impots nouveaux se paient avec la monnaie du peuple conque'rant, avec le denier, monnaie romaine, valant environ 80 centimes.

21. Nous avons encore des deniers d'argent frappe's sous Tibere, avec la tete de I'empereur entouree de cette l^gende : AU- GUSTUS TIB. C^SAR.

23. Le jneme joj{r,\& niardi de la semaine sainte, que Bossuet, dans ses Medilations, appelle le "jour des interrogations"; ajoutons : et des reponses les plus admirables que la Sagesse incarnee ait donndes aux hommes. — Sadduceens : voy. le Vocabu-

* Supra 8, 12 et 13, 42.

Infra 25,30.

"^Marc. 12, 13. Luc. 20,

"' Rom.

EVANGILE SELON S. MATTHIEU. Chap. XXII, 24—46.

et lui proposerent cette question :

24" Maitre, Moise a dit : Si un homme meurt sans laisser d'enfant, que son frere epouse sa femme et suscite des enfants a son frere. 25 Or il y avait parmi nous sept freres; le premier prit une femme et mourut, et comme il n'avait pas d'enfant, il laissa sa femme a son frere. 26 La meme chose arriva au second, puis au troisieme, jusqu'au septieme. ^/Apres eux tous la femme aussi mourut. 28 Au temps de la resurre6lion, duquel des sept freres sera-t-elle la femme? Car tous ronteue."29jesusleurrepondit:"Vous

Q P\ ' 97^^^^ dans I'erreur, ne comprenant ni -^ l/^c? ^ les Ecritures, ni la puissance de Dieu.

1^ (i)7'J'3oCar, a la resurrection, les hommes n'ont point de femmes, ni les femmes de maris; mais ils sont comme les anges de Dieu dans le ciel.

31 Quant a la resurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit, en ces termes : 32 Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob .^ Or Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. " 33 Et le peuple, en I'ecoutant, etait rempli d'admiration pour sa doctrine.

I 3-^ Les Pharisiens ayant appris que Jesus avait reduit au silence les Sadduceens, s'assemblerent. 35 Et I'un d'eux, do6leur de la loi, lui demanda pour le tenter : 36" Maitre, quel est le plus grand commandementdelaLoi.-'" 37 Jesus lui dit : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton ame et de tout ton esprit.

38C'est la le plus grand et le premier commandement. 39Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-meme. 40 A ccs deux commandements se rattachent toute la Loi et les Prophetes. "

~P^-\'^ Les Pharisiens etant assembles, Jesus leur fit cette question : 42" Que vous semble du Christ? De qui est-il fils.'' " lis lui repondirent : " De David." — 43 " Comment done, leur dit-il, David inspire d'en haut I'appelle-t-il Seigneur, en disant : 44 Le Seigneur a dit a mon Seigneur : Assieds-toi a ma droite, jusqu'a ce que je fasse de tes ennemis I'escabeau de tes pieds.?

45 Si done David I'appelle Seigneur, comment est-il son fils?" 46 Nui ne pouvait lui rien repondre, et, depuis ce jour, personne n'osa plus rinterrocrer.

laire. Jusqu'ici les Sadduceens s'etaient montr^s moins hostiles a Jesus que le parti pharisaique, la mondanite epicurienne etant moins intolerante que le fanatisme. Mais le moment est venu 011 toute la nation juive se mettra en lutte contre le Messie.

24. Deut. XXV, 5,6. C'est la loi du levirat, du lat. le^'ir, beau-frere. — L'objeflion est proposee sous la forme d'lm cas de conscience, probablement imaginaire, et presente de maniere a jeter du ridicule sur le dogme de la resurreflion.

29, Les Ecritures, qui enseignent la resurreflion (vers. 32). La puissance de Dieu, qui peut ressusciter les morts et, apres la resurrecflion gent^rale, les transformer de telle sorte que les relations et les con-

ditions de la vie presente ne soient plus necessaires.

30. " Pour conserver un peuple d'immortels, il ne faudra, dit Bossuet, ni mariage, ni generation, pas plus que pour les anges," et d'ailleurs les corps des ressuscites seront des corps spirituels (I Cor. xv, 44 sv.) inaccessibles aux vohiptes terrestres.

II faut remarquer cependant que N. S.

(dans les trois Evangiles) parle ici au -prese7it, comme d'un etat deja r(falise. En effet, le terme de resurre^lion, dans les controverses entre les Sadduceens et leurs adversaires, s'employait pour signifier en general la vie future, comprenant la surz'iiuiiice des d/iies, fait acftuellement realist, et la resurreHion des corps, consequence future de I'immortalite des ames. Voy. la note suivante.

EVANGELIUM SECUNDUM MATTH.f^.UM. Cap. XXII, 24—46. 89

Sadducasi, qui dicunt 'non esse resurrectionem : et interrogaverunt eum, 24. dicentes : Magister, Moyses dixit : ^Si quis mortuus fuerit non habens filium, ut ducat frater ejus uxorem illius, et suscitet semen fratri suo. 25. Erant autem apud nos septem fratres : et primus, uxore ducta, defunctus est : et non habens semen, reliquit uxorem suam fratri suo. 26. Similiter secundus, et tertius usque ad septimum. 27.Novissime autem omnium et mulier defuncta est. 28. In resurrectione ergo cujus erit de septem uxor? omnes enim habuerunt eam. 29. Respondens autem Jesus, ait illis : Erratis nescientes Scripturas, neque virtutem Dei. 30. In resurrectione enim neque nubent, neque nubentur: sed erunt sicut Angeli Dei in coelo.

3 1. De resurrectione autem mortuorum non legistis quod dictum est a Deo dicente vobis : 32. -^Ego sum Deus Abraham, et Deus Isaac, et Deus Jacob? Non est Deus mortuorum, sed viventium. 33. Et audientes turbas, mirabantur in doctrina ejus.

34. Pharisaei autem audientes quod silentium imposuisset Sadducasis, convenerunt in unum : 25- ''^t

interrogavit eum unus ex eis legis doctor, tentans eum : 36. Magister, quod est mandatum magnum in lege? 37. Ait illi Jesus: 'Diliges 'Oeut.e.s. Dominum Deum tuum ex totocorde tuo, et in tota anima tua, et in tota mente tua. 38. ^Hoc est maximum, /Marc. 12, et primum mandatum. 39. Secun- so-Luc. 10, dum autem simile est huic : "^Dili- '^Lev. 19, ges proximum tuum, sicut teipsum. i^- ^'^rc. 40. In his duobus mandatis uni- ^~' ^^' versa lex pendet, et prophetas.

41. Congregatis autem Pharisaeis, interrogavit eos Jesus, 42. dicens :

Quid vobis videtur de Christo? cujus filius est? Dicunt ei : David.

43. Ait illis : 'Quomodo ergo Da- ''Luc. 20, vid in spiritu vocat eum Dominum, '^^dicens : 44. '"Dixit Dominus Domi- "'Ps. 109.1. no meo : sede a dextris meis, donee ponam inimicos tuos scabellum pedum tuorum? 45. Si ergo David vocat eum Dominum, quomodo filius ejus est? 46. Et nemo poterat ei respondere verbum : neque ausus fuit quisquam ex ilia die eum amplius interrogare.

32. Exod. iii, 6. Dieu a promis de combler a jamais de ses bienfaits Abraham, Isaac et Jacob : il faut done que ces saints personnages vivent devant lui; et s'ils vivent dans leiir ame, il n'y a plus de difficulte pour que leur corps leur soit un jour rendu. Dans la theologie judaique, comme dans la pensee des Sadduceens, ces deux choses sent etroitement liees. Comp. Marc, xii, 27;

LjIC, XX, 38.

35. Laii detnanda : les do(fleurs juifs, qui divisaient les preceptes de la loi en graves et en legers, etaient loin de s'entendre entre eux quand il s'agissait d'assigner a chacun son rang, et surtout de decider quel etait le plus grand de tous. — Pour le te7iicr, c'esta-dire pour voir ce qu'ilrep07idrait. D'apres Saint Marc xii, 28, cet homme ne parait pas avoir voulu tendre un piege au Sauveur, dent il admirait la sagesse.

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