‹ La Sainte BibleChapitre 216 sur 735 · I.IVRE DES JUGES. Chap. XXI · texte numérisé non relu

I.IVRE DES JUGES. Chap. XXI

a un Benjamite! " i9Et ils dirent :

" Voici une fete du Seigneur, qui se celebre chaque annee a Silo, ville situee au nord de Bethel, a I'orient de la route qui montede Bethel a Sichem, et au midi de Lebona. " ^opufg jig donnerent cet ordre aux fils de Benjamin : " Allez, et placez-vous en embuscade dans les vignes. ^iVous regarderez, et lorsque les filles de Silo sortiront pour danser en choeur, vous sortirez des vignes, et vous enleverez chacun une des filles de Silo pour en faire votre femme, et vous vous en irez dans le pays de Benjamin. 22 Si leurs peres ou leurs freres viennent reclamer aupres de nous, nous leur dirons : Laissez-les-nous,

car nous n'avons pas pris une femme pour chacun dans la guerre contre Jabcs. Et ce n'est pas vous qui les leur avez donnees; en ce cas, vous seriez coupables. " 23 Les fils de Benjamin fircnt ainsi : ils prirent des femmes selon leur nombre parmi les danseuses, qu'ils enleverent,et, s'etant mis en route, ils retournerent dans leur heritage; ils rebatirent les villes et ils y habiterent.

24Alors les enfants d'Israel s'en allerent de la chacun dans sa tribu et dans sa famille, et ils retournerent chacun dans son heritage. En ces jours-la, il n'y avait pas de roi en Israel; chacun faisait ce qui lui semblait bon.

19. Voici, dans un temps rapproche, Jine fete, sans doute une des trois grandes fetes de I'annee, probablement celle de Paque : les danses du vers. 2 1 rappellent celles de Exod. XV, 20. — Ville situee : cette description si precise a pour but de faire entendre que les Benjamites, leur coup fait, pourront facilement regagner leur territoire par la grande route de Bethel a Sichem. — Lebona,

village acfluel de Lnbban, pres du Khirbet Seiloun, I'ancienne Silo {Jos. xviii, i).

22. Laissez-les-nous. Les anciens parlent au nom des Benjamites, et invoquent deux motifs : i. Deux cents Benjamites n'ont pas encore de femmes ; 2. en leur laissant ces jeunes filles, les hommes de Silo ne violeront pas leur serment, car ils ne les auront pas donnees, on les leur a prises.

LIBER JUDICUM. Cap. XXI, 19—24.

derit de filiabus suis uxorem Benjamin. 19. Ceperuntque consilium, atque dixerunt : Ecce solemnitas Domini est in Silo anniversaria, quas sita est ad septentrionem urbis Bethel, et ad orientalem plagam vise, quae de Bethel tendit ad Sichimam, et ad meridiem oppidi Lebona.

20. Praeceperuntque filiis Benjamin, atque dixerunt : Ite, et latitate in vineis. 2 i. Cumque videritis filias Silo ad ducendos choros ex more procedere, exite repente de vineis, et rapite ex eis singuli uxores singulas, et pergite in terram Benjamin.

22. Cumque venerint patres earum, ac fratres, et adversum vos queri

coeperint, atque jurgari, dicemus eis :

Miseremini eorum : non enim rapuerunt eas jure bellantium atque victorum, sed rogantibus ut acciperent, non dedistis, et a vestra parte peccatum est. 23. Feceruntque filii Benjamin, ut sibi fuerat imperatum :

et juxta numerum suum rapuerunt sibi de his, quas ducebant choros, uxores singulas : abieruntque in possessionem suam aedificantes urbes, et habitantes in eis.

24. Filii quoque in Israel reversi sunt per tribus, et familias in tabernacula sua. In diebus illis non erat rex in Israel : sed unusquisque quod sibi rectum videbatur, hoc faciebat.

Vulgate : Notts leur dirons : Ayes pitie iVeux, car ils ne les out pas enlevces par le droit dc la guerre et de la vU^oire, et par consequent ils les traiteront, non comme des esclaves, mais comme des epouses ; mats qiiand ils out deinande a les avoir, vous ne les avez pas donnees : la f ante est de votre cote.

24. De la, de Silo. — En ces jonrs-la .-ces mots, en hebreu, commencent au vers. 25. — // 7zV avail pas de roi : I'auteur fait entendre que des choses pareilles k celles qui sont racontees dans les chap. xix-x\i ne seraient pas arrivees sous le gouvernement d'un roi qui eut veille au maintien de I'ordre et de la justice.

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LE contenu du petit livrc qui porte le nom de RictJi pent se resumer en quelques mots. Au temps des Juges, probablement pendant les invasions des Madianites, une famine oblige Elimelech.de Bethleem de Juda, a vendre son heritage et a s'expatrier dans les campagnes de Moab, avec sa femme Noemi et ses deux fils. Peu de temps apres, Elimelech meurt; ses deux fils, qui avaient epouse des femmes moabites, meurent a leur tour sans laisser d'enfants. Cependant la famine a cesse en Chanaan, et Noemi se decide a retourner dans sa patrie.De ses deux belle-filles, I'une, Orpha, reste dans le pays de Moab; I'autre, Ruth, s'attache a sa belle-mere : " son peuple sera son peuple, son Dieu sera son Dieu, " et elle la suit a Bethleem. Les deux femmes y arriverent au temps de la moisson des orges. Ruth etant sortie pour glaner, la main de Dieu la conduit dans le champ du riche Booz, parent d'Elimelech, qui la traite avec une grande bonte. Sur les conseils de Noemi, elle demande a Booz de remplir envers elle les devoirs du plus proche parent (du goel : voy. Deut.

XXV, 5-10), c'est-a-dire de I'epouser.

Booz y consent : il rachete I'heritage d'Elimelech et prend Ruth pour femme. De ce mariage naquit Obed, le grand-pere de David. Le livre se termine par l-a genealogie de ce roi, conduite jusqu'a Phares, fils de Juda et de Thamar {Gen. xxxviii, 29).

Le livre des Juges laisse dans I'esprit de penibles impressions ; il ne met sous les yeux que des scenes de violence, des luttes sanglantes, de criminelles apostasies. Mais ce n'est pas uniquement d'apres ces sombres tableaux qu'il faut juger Israel a cette epoque. Meme dans ces temps de trouble, il y avait des ames fideles au Dieu de leurs peres, des families

ou, avec les vertus antiques, le culte de Jehovah se conservait dans toute sa purete. Le livre de Ruth, en nous faisant penetrer dans I'interieur d'une famille de Bethleem, leve un coin du voile qui nous cachait la vie domestique des Israelites. "Cast, dit M.l'abbe Vigouroux, une ravissante idylle, d'une incomparable fraicheur, d'une grace charmante, d'une delicate sobriete de touche, une oeuvre d'art exquise. Le plus habile poete n'aurait pu imaginer des cara6leres mieux harmonises et mieux choisis. Quelle belle figure que celle de Booz, homme de foi, plein de I'idee de Dieu, dont la pensee est presente a tous les details de sa vie (ii, 4, 12; iii, 10, 13), diligent et soigneux dans la culture de ses terres (ii, 4; iii, 2), bon pour ses serviteurs, condescendant envers eux, aime de tous (ii, 4); liberal envers les etrangers (ii, 8), respeftant le droit des autres et observant la loi, jusque dans son amour pour Ruth, sa parente! — Quelle touchante et sympathique figure que celle de cette Moabite, d'un devouement si genereux pour sa belle-mere et pour la memoire de son epoux, d'une modestie si simple, d'une patience si grande dans le support de la pauvrete, d'une docilite si candide aux avis de Noemi!... Noemi est le type de la mere de famille, de la femme forte que devait chanter plus tard I'auteur des Proverbes; c'est la femme religieuse, fidele a remplir ses devoirs avec tact, sagesse et prudence, comptant toujours sur Dieu, dans I'adversite comme dans la prosperite (i, 8; ii, 20). — Et pour faire contraste a ces figures si attachantes, Orpha, qui n'est point mechante, mais qui n'a pas le coeur assez genereux pour suivre jusqu'au bout sa belle-mere, la quitte apres I'avoir embrassee et renonce ainsi a la vraie religion, comme

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