‹ La Sainte BibleChapitre 217 sur 735 · LE LIVRE DE RUTH · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE RUTH

sans s'en douter, pour retourner chez elle, vers son peuple ct vers ses dieux (i, 14-15), et demeurer paienne. " Manuel lu'b/ique. 3^ ed. II, 65.

Le but principal de I'auteur est de faire connaitre les origines de la maison de David; or les ancetres de David sont ceux de Jesus-Christ (Prophetie de Nathan II Sam. vii).

Tout Israelite devait prendre plaisir a ce trait plein de charme oil se peignaient les vertus qui avaient fleurl chez les ancetres du roi selon le coeur de Dieu. Si le livre avait encore un autre but special, ce serait de montrer qu'une femme nee dans le paganisme pent etre I'objet des graces de Dieu. En effet, rheroine est une paienne. Deux autres paiennes avant elle figurent dans la table genealogique de David, Thamar(6'^;/.xxxviii) et Rahab {Jos. ii) ; mais Ruth est la plus noble et la plus pure; c'est une fleur nee sur le sol de la gentilite, qui se tourne pleine de desir vers le soleil d' Israel, la lumiere du salut. La men-

tion de ces trois femmes parmi les ancetres de David est tout a la fois la confirmation eclatante et le premier accomplissement de la promesse que Dieu avait faite a Abraham de benir toutes les nations dans sa posterite.

L'auteur de Rui/i n'est pas connu.

Le style ne ressemble ni a celui des Jnges ni a celui des Rois, malgre quelques locutions communes a ces derniers et une certaine ressemblance dans la forme des recits. Quant a I'epoque de la composition, on ne saurait la placer avant le regne de David ; nous croyons qu'elle ne lui est pas non plus beaucoup posterieure. On rencontre bien dans I'ouvrage quelques aramaismes qui sembleraient indiquer une date plus recente; mais, comme ils ne se trouvent guere que dans les discours des personnages, on est en droit de les regarder en partie comme empruntes au langage familier de la conversation, en partie comme des restes de formes plus anciennes de la langue (Keil).

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CHAP. I, — Ruth s'attache a Noemi, sa belle-mere, et raccompagne

a Bethleem.

Chap. I. I^^SiH^llU temps ou lesjuges gou-

vernaient, il y eut une

famine dans le pays. Un

homme de Bethleem de

Juda s'cn alia, avec sa

femme et ses deux fils, demeurer

dans le territoire de Moab. ^Le nom

de cet homme etait Elimelech, celui

de sa femme Noemi, et ses deux fils

s'appelaient Mahalon et Cheljon ; ils

etaient Ephrateens, de Bethleem de

Juda. Ils allerent aux champs de

Moab, et s'y etablirent.

3 Elimelech, mari de Noemi, mourut, et elle resta seule avec ses deux fils. 4 lis prirent des femmes moabites, dont I'une se nommait Orpha et I'autre Ruth, et ils demeurerent la environ dix ans. 5 Mahalon et Cheljon moururent aussi tous deux, et Noemi resta seu/c% privee de ses deux fils et de son mari.

^Alors, s'etant levee, elle et ses belles-filles, elle quitta les champs de Moab, car elle avait appris dans la campagne de Moab que Jehovah avait visite son peuple et lui avait donne du pain. 7 Elle sortit do uc du

lieu ou elle s'etait etablie avec ses deux belles-filles, et elles se mirent en route pour retourner au pays de Juda.

s Noemi dit a ses deux belles-filles :

*' Allez, retournez chacune dans la maison de votre mere. Que Jehovah use de bonte envers vous, comme vous I'avez fait envers ceux qui sont morts et envers moi! 9 Que Jehovah vous fasse trouver a ciiacune du repos dans la maison d'un epoux! " Et elle les baisa. Elevant la voix, elles se mirent a pleurer, ^oet elles lui dirent: " Non ; nous retournerons avec toi vers ton peuple. " "Noemi dit : " Retournez, mes filles; pourquoi viendriez-vous avec moi? Ai-je encore dans mon sein des fils qui puissent devenir vos maris? ^^p^etournez, mes filles, allez. Je suis trop agee pour me remarier. Et quand je dirais : J'ai de I'esperance; quand je serais cette nuit meme a un mari et que j'enfanterais des fils, ^3attendi'iez-vous pour cela jusqu'a ce qu'ils fussent grands?

vous abstiendriez-vous pour cela de vous remarier? Non, mes filles. Mon

CHAP. I

1. Au temps des Jug'es, probablement de Gedeon,alors quelesMadianites devastaient le pays {Jug. vi). Dans le pays d'lsrael.

2. ElivielecJi (celui qui a Dieu pour roi), Noe)ni (gracieuse, charmante) et les deu.x noms suiv. sont hebreux; on en doute pour Orpha et RutJi (vers. 4); neanmoins le premier de ces noms pourrait signifier bic/ie, et le second anite.

4. Ils pri7-ent des fetnines moabites : la Loi {Dent, vii, 1-3) ne defendait expressement que les alliances avec les Chanancens. Ouant

a I'exclusion prononcee Deid. xxiii,3,rexclusion ne se rapporte qu'aux hommes ; plus tard, au temps de N^hemie (xiii, 1-3), on I'interpreLa plus rigoureusement. D'ailleurs la necessite a pu excuser les fils d'Elimelech. — Rit/h etait la femme de Mahalon (iv, 10).

8. Noefnl, arrivee a la frontiere de Moab, dit a ses deux belles-filles qui I'avaient accompagnee jusque-la. — De 7>otre incre^ et non de votrc pcre : une mere s'entend mieux a consoler Fafflitlion de sa fille. Cette expression, naturelle dans la bouche d'une femme, ne suppose done pas que les pcres

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— ^i^ CAPUT I. — :i^

Elimelech Bethlehemita pne nimia fame cum uxore Noemi ac duobus filiis in terram Moab .concedit : quo una cum filiis mortuo, Noemi cum Ruth nuru sua in Bethlehem revertens, non vult vocari Noemi, sed Mara.

N diebus unius judicis, quando judices praserant, facta est fames in terra. Abiitque homo de Bethlehem Juda, ut peregrinaretur in regione Moabitide cum uxore sua, ac duobus hberis. 2. Ipse vocabatur Elimelech, et uxor ejus Noemi : et duo filii, alter Mahalon, et alter Chelion, Ephrathasi de Bethlehem Juda.

Ingressique regionem Moabitidem, morabantur ibi.

3. Et mortuus est Elimelech maritus Noemi : remansitque ipsa cum filiis. 4. Qui acceperunt uxoresMoabitidas, quarum una vocabatur Orpha, altera vero Ruth. Manseruntque ibi decem annis, 5- ^t ambo mortui sunt, Mahalon videlicet et Chelion : remansitque mulierorbata duobus liberis ac marito.

6. Et surrexit ut in patriam pergeret cum utraque nuru sua de regione Moabitide : audierat enim quod respexisset Dominus populum suum, et dedisset eis escas. 7. Egressa est itaque de loco peregrinationis suas, cum utraque nuru : et jam in via revertendi posita in terram Juda,

8. Dixit ad eas : Ite in domum matris vestras, faciat vobiscum Dominus misericordiam, sicut fecistis cum mortuis et mecum. 9. Det vobis invenire requiem in domibus virorum, quos sortituras estis. Et osculata est eas. Q ua2 elevata voce flere coeperunt, lo.etdicere : Tecum pergemus ad populum tuum. 1 1. Quibus ilia respondit : Revertimini filias meae, cur venitis mecum.^^ num ultra habeo filios in utero meo, ut viros ex me sperare possitis.^ 12. Revertimini filias meas, et abite : jam enim senectute confecta sum, nee apta vinculo conjugali : etiam si possem hac nocte concipere, et parere filios, 13. si eos exspectare velitis donee crescant, et annos pubertatis impleant, ante eritis vetulas quam nubatis. Nolite, quasso, filias meas :

quia vestra angustia m.agis me pre-

fussent morts; celui au moins de Ruth ne I'etait pas : comp. ii, 11. On sait d'ailleurs que la demeure des filles etait dans la partie de la tente ou de la maison occupee par la mere {Gen. xxiv, 28, 67).

1 1. At-Je encore des Jils : allusion k la loi du levirat d'apres laquelle la femme restee veuve sans enfants devait etre epousee par son beau-frere, et le premier enfant ne de ce mariage attribue au premier mari defunt pour perpetuer son nom {Gen. xxxviii, 8 ; Deui. XXV, 5). Or les maris d^funls d'Orpha et de Ruth n'avaient pas de freres, et si meme Noemi, en se remariant, pouvait don-

ner le jour a d'autres fils, il s'ecoulerait bien du temps avant cju'ils arrivassent a I'age d'homme : comment imposer une si longue attente h ses belles-fiUes (vers. 12 sv.)?

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