LIVRE DE RUTH. Chap. II
fille, ne va pas glaner dans un autre
champ; ne t'eloigne pas d'ici, et reste
ainsi avec mes servantes. 9Regarde Ic
champ que Ton moissonnera, et va
derriere elles. J'ai defendu a mes ser-
viteurs de te faire de la peine. Et
quand tu auras soif, tu iras aux cru-
ches, et tu boiras de ce que les servi-
teurs auront puise. " ^oAlors, tom-
bant sur sa face, elle se prosterna
centre terre, et lui dit : " Comment
ai-je trouve grace a tes yeux, pour
que tu t'interesses a moi, qui suis une
etrangere? " "Booz lui repondit :
" On m'a rapporte tout ce que tu as
fait pour ta belle-mere apres la mort
de ton mari, et comment tu as quitte
ton pere et ta mere et le pays de ta
naissance, et tu es venue vers un peu-
ple que tu ne connaissais pas aupa-
ravant. ^^Q^g Jehovah te rende ce
que tu as fait, et que ta recompense
soit pleine de la part de Jehovah,
le Dieu d'Israel, sous les ailes du-
quel tu es venue te refugier! " ^sEt
elle dit : "Oh! que je trouve grace
a tes yeux, mon seigneur! Car tu
m'as consolee et tu as parle selon le
coeur de ta servante, bien que je ne
sois pas meme commc I'une de tes
servantes. "
14 Au moment du repas, Booz dit a Ruth : " Approchc, mange du pain et trempe ton morceaudans le vinaigre." Elle s'assit a cote des moissonneurs; Booz lui donna du grain roti; elle mangea et se rassasia, et elle garda le reste; ^Sensuite elle se leva pour glaner. Et Booz donna cet ordre a ses serviteurs : " Laissez-la glaner aussi
entre les gerbes et ne lui faites pas ^ de honte ; '^et meme vous tirerez pour 1 elle quelques epis des javelles, que , \ vous laisserez par terre^ afin qu'elle les ramasse, et vous ne lui ferez point ■. de reproches. "
^7p211e glana dans le champ jusqu'au soir,et elle battit ce qu'elle avait glane ; il y eut environ un epha d'orge. ^^Elle I'emporta et revint a la ville, et sa belle-mere vit ce qu'elle avait glane. Elle tira aussi ce qu'elle avait garde de reste apres son repas et le donna. ^9Sa belle-mere lui dit : " Ou as-tu glane aujourd'hui, et ou as-tu travaille.'' Beni soit celui qui s'est interesse a toil " Et Ruth fit connaitre a sa belle-mere chez qui elle avait travaille, en disant :" L'homme chez qui j'ai travaille aujourd'hui s'appelle Booz. " soNoemi dit a sa belle-fille : " Ou'il soit beni de Jehovah, de ce qu'il s'est montre misericordieux envers les vivants, comme il le fut envers ceux qui sent morts! " Elle dit encore : " Cet homme est notre proche parent et I'un de ceux qui ont sur nous droit de rachat. " ^iRuth, la Moabite, dit : " Sadie encore qu'il m'a dit : " Reste avec mes gens, jusqu'a ce qu'ils aient acheve toute ma moisson. " 22 Et Noemi dit a Ruth, sa belle-fille : " II est bon, ma fille, que tu suives ses servantes, afin qu'on ne temaltraitepasdans un autre champ." 23 Elle resta done avec les servantes de Booz pour glaner, jusqu'a la fin de la moisson des orges et de la moisson du froment, et elle demeurait avec sa belle-mere.
9. Regarde : Ruth aurait pu sans y prendre garde passer du champ de Booz dans un autre, et se trouver sans protecftion parmi des etrangers.
10. Tombant sur sa face, s'indinant jusqu'a terre, a la maniere des Orientaux 'ficn. xxiii, 7; I Rois, xxv, 23; II, i, 2).
11. La simiHtude des expressions, ici et vers. 12, autorise a croire que Booz avait a la pensee ce qui est dit d'Abraham Gen. xii, i;xv, I.