Comp. Exod. xxiii, 6, 8; Deut. xvi
5. Comp. Detit. xvii, 14. Dans la forme, les anciens ne font que demander la realisation d'une eventuality prevue par Dieu lui-meme. D'ailleurs, les exploits des juges n'avaient rien produit de durable, et la faiblesse d'Hdli avait laisse le pays dans une sorte d'anarchie. Samuel avait bien remedie
en grande partie k cet ^tal de choses, mais il allait disparaitre, et les anciens sentent le besoin d'une institution plus stable.
6. Ce langage depliit a Samuel, non seulement parce qu'une pareille demande avait quelque chose de blessant pour lui, mais aussi parce qu'elle impliquait une defiance vis-a-vis de Dieu, dont la prote6lion ne leur paraissait plus suffisante. Les anciens semblaient oublier que la veritable cause de leurs malheurs passes, c'etait I'infid^lite du peuple a regard de Jehovah et de sa loi.
7. Ecoute la voix du peuple : Dieu luimeme juge que la royaute en Israel n'est pas incompatible avec la theocratie, et que le moment est venu de I'dtablir. Ce qu'il va blamer, ce sont les sentiments intimes qui animaient les anciens ; en faisant cette demande, ils se plagaient au point de vue paien, et reniaient en quelque sorte leur vocation speciale de peuple de Dieu.
9. Depose iemoignage centre eux, represente-leur la faute dans laquelle ils vont tomber, et fais-leicr, en leur faisant connaitre comment vous traitcra le roi, litt. le droit
220 PREMIER LIVRE DES ROIS. Chap. VIII, lo-
IX, r-5.
temoignage centre eux, et fais-leur connaitre comment le roi qui regnera sur eux les traitera.
^o Samuel rapporta toutes les paroles de Jehovah an peuple qui lui demandait un roi. '^ II dit : " Voici comment vous traitera le roi qui regnera sur vous : II prendra vos fils, et il les mettra sur son char et parmi ses cavaliers, et ils courront devant son char. ^^l\ s'en fera des chefs de mille et des chefs de cinquante ; il leur fera labourer ses champs, recolter ses moissons, fabriquer ses armes de guerre et I'attirail de ses chars.
^311 prendra vos filles pour parfumeuses,pour cuisinieres et pour boulangeres. i4Vos champs, vos vignes et vos oliviers les meilleurs, il les prendra et les donnera a ses serviteurs.
15 II prendra la dime de vos moissons et de vos vignes, et la donnera a ses courtisans et a ses serviteurs. ^^11
prendra vos serviteurs et vos servantes, vos meilleurs bceufs et vos anes, et les emploiera a ses ouvrages. 17II prendra la dime de vos troupeaux, et vous-memes serez ses esclaves. ^^Vous crierez en ce jour-la a cause de votre roi que vous vous aurez elu, mais Jehovah ne vous exaucera pas. "
^9Le peuple refusa d'ecouter la voix de Samuel; ils dirent : " Non; mais il y aura un roi sur nous, ^oet nous serons, nous aussi, comme toutes les nations ; notre roi nous jugera, il marchera a notre tete et conduira nos guerres. " ^lApres avoir entendu toutes les paroles du peuple, Samuel les redit aux oreilles de Jehovah.
22 Et Jehovah dit a Samuel : " Ecoute leur voix, et etablis un roi sur eux. " Alors Samuel dit aux hommes d'lsracl : " Que chacun de vous s'en aille a sa ville. "
CHAP. IX, I — X, 16. — Onftion de Saiil par Samuel.
Chap. IX.
L y avait un homme de Benjamin, nomme Cis, fils d'Abiel, fils de Seror, fils de Becorath, fils d'Aphia, fils d'un Benjamite; c'etait un homme vaillant. ^H avait un fils du nom de Salil, jeune et beau; aucun des enfants d'Israel netait plus beau que lui, et il depassait de la tete tout le peuple.
3 Les anesses de Cis, pere de Salil, s'etaient egarees, et Cis dit a Saiil, son fils : " Prends avec toi un des
serviteurs, leve-toi et va a la recherche des anesses. " 4 II parcourut la montagne d'Ephraim et traversa le pays de Salisa, sans les trouver; ils parcoururent le pays de Salim,et elles n'y etaient pas ; ils revinrent au pays de Benjamin, et ils ne les trouverent pas. 5 Lorsqu'ils furent arrives au pays de Suph, Saiil dit a son serviteur qui I'accompagnait : " Viens, retournons, de peur que mon pere, oubliant les anesses, ne soit en peine a notre sujet.
du roi, etc. Tou^ les traits du tableau sont empruntes aux moeurs des souverains pa'iens de ce temps.
1 1. Sur son char, comme cochers. — Paj-mi ses cavaliers; XxW.sur ses chevaux. Sens : il fera de vos fils des conducfleurs de son char, des gardes, des piqueurs, des coureurs. II s'agit ici, non du service militaire, mais du train de la cour.
12. CJicfs de niille, de cinquante, le grade le plus eleve et le grade le plus has, pour designer tous les chefs militaires. Cette organisation remontait a Mo'i'se i^Noinbr. xxxi, 14; Deut. i, 15); on la trouve aussi chez les Philistins (xxix, 2). Vulg., des tribuns et des cetiiurions.