E)t secret, litt. dans le caline, loin de la foule
29. D^unjiu.v : voy. Lev. xv, 2. — Q2U s'apptde siir un baton, ou une beqieilie, sa.vo\r un estropie. Vulg., qui tienne le fuseau, savoir un homme mou, efTemine, un eunuque. Voy. des exemples semblables de maladie ou de pauvretes hereditaires, infligees comme chatiment d'un grand pe'che I Sam. ii, 31-33, 36; II Rols, V, 27.
31. De sacs, vetements de deuil (et de penitence), faits d'une etoffe grossiere et de couleur sombre. — Faites deuil devant Abner, formez le cortege funebre, en marchant en avant : c'est la seule punition que David inflige pour le moment a Joab.
33. Et dit, et le chanta. — Comme nieurl, U)i insensc par surprise, par opposition a la mort glorieuse sur un champ debataille. Ou bien, coiJi?ne un tnse?isc, dans le sens de inipie, scelcrat Vulg., ce ?i'est pas conn/ie les laches ont coultcrne de mourir qtfest mort Abner,
316 DEUXIEME LIVRE DES ROIS. Chap. Ill, 34—39; IV, i-S.
34 Tes mains n'etaient pas liees ni tes pieds dans les chaines ! Tu es tombe comme on tombe devant des scelerats.
Tout Ic peuple continua de se lamenter sur Abner ; 3Set tout le peuple s'approcha de David pour lui falre prendre de la nourriture lorsqu'il etait encore jour; mais David fit ce serment : " Que Jehovah me traite dans toute sa rigueur, si je goute du pain ou quoi que ce soit avant le coucher du soleil! " 36Tout le peuple le sut et I'approuva, comme il trouvait bon tout ce que faisait le roi. 37 Tout le peuple et tout Israel comprirent en
ce jour que le roi n'etait pour rien dans le meurtre d'Abner, fils de Ner.
38 Le roi dit a ses serviteurs : " Ne savez-vous pas qu'un chef, qu'un grand homme est tombe aujourd'hui en Israel? 39 Pour moi, je suis encore faible, quoiqu'ayant recu ron6lion royale; et ces hommes, les fils de Sarvia, sont plus puissants que moi.
Que Jehovah rende a qui fait le mal selon le mal qu'il a fait! "
CHAP. IV. — Mort d'Isboscth; fin de la maison de Saiil.
Chap. I\. p^^Orsque le fils de Saiil apprit qu'Abner etait mort a He- ^ bron, scs mains furent sans force, et tout Israel fut dans la consternation, -he fils de Saiil avait deux chefs de bandes, dont Tun s'appelait Baana, et I'autre Rechab, to^/s deux fils de Remmon de Beroth, d'entre les fils de Benjamin. Car Beroth est aussi comptee comme faisant partie de Benjamin, 3et les Berothites s'etaient enfuis a Gethaim, et ils y ont habite jusqu'a ce jour. 4jonathas, fils de Saiil, avait un fils perclus des deux pieds : cet enfant etait age de cinq ans lorsque la nouvelle de la mort de Saiil et de Jonathas arriva dejezrael; sa nourrice I'avait pris et s'etait en-
fuie, et dans la precipitation de sa fuite, il tomba et devint boiteux; il s'appelait Miphiboseih.
5 Or les fils de Remmon de Beroth, Rechab et Baana, vinrent et entrerent pendant la chaleur du jour dans la maison d'Isboseth, qui etait couche pour le repos de midi. ^Ayant penetre jusqu'au milieu de la maison pour prendre du ble, ils le frapperent au ventre, et Rechab et Baana, son frere, s'enfuirent. 7Quand ils entrerent dans la maison, Isboseth reposait sur son lit dans sa chambre a coucher, et ils le frapperent a mort, et lui ayant coupe la tete, ils la prirent, et marcherent toute la nuit au travers de la Plaine. ^Ils apporterent
34. Tes mains. Sens : tu n'avais pas cornmis de crime qui te meritat de mourir enchaine comme un criminel; ou bien : tu aurais pu te defendre, mais tu as ete traitreusement assassine par des scelerats. — Tout le peitple, tous les assistants, emus par le chant funebre de David.
35. Pom- liii faire prendre de la 7ioittritnre : David refusait de prendre part au repas funebre ; le jeflne etait la marque d'une profonde douleur (i, 12), et il durait jusqu'au coucher du soleil. V\3\g.,p07tr prendre de la 7ionrritiire avec David.
36. Tout le peuple, ceux du parti de David, et tout Israel le sut, connut la sincere affliflion du roi.
39. Quoiqu^ayant recu etc. Keil, et dest depuis pete que fai recu .Vondion royale. Sens : la conclusion naturelle du vers. 38 est
qu'il faudrait punir les assassins d'Abner; mais, ajoute ici David, mon autorit^ n'est pas encore assez bien affermie pour que je puisse chatier comme il lemerite un homme aussi puissant que Joab; je m'en rapporte a la justice de Dieu. Voy. sur la fin de Joab I Rois, ii, 5.
CHAP. IV
I. Le fils de Saiil, dont Abner etait le guide et le soutien. — To7it Israel, surtout parmi les tribus du nord, qu'Abner venait de delivrer de la presence des Philistins.
2 sv. Beroth, auj. Birek, occupe'e, au temps de Josue {Jos. ix, ij), par une population chanandenne, et situee sur la frontiere occidentale de la tribu de Benjamin. — D'entre les fils de Benjamin : ajoute pour faire ressortir I'horreur de leur crime : des Benjamites qui assassinent un prince de leur
LIBER SECUNDUS REGUM. Cap. Ill, 34—39; IV, 1—8.
34. Manus tuas ligatas non sunt, et pedes tui non sunt compedibus aggravati : sed sicut solent cadere coram filiis iniquitatis, sic corruisti.
Congeminansque omnis populus flevit super eum. 35. Cumque venisset universa multitudo cibum capere cum David, clara adhuc die juravit David, dicens : Haec faciat mi hi Deus, et base addat, si ante occasum solis gustavero panem vel aliud quidquam. ^6. Omnisque populus audivit, et placuerunt eis cuncta quas fecit rex in conspectu totius populi.
37. Et cognovit omne vulgus, et universus Israel in die ilia quoniam non actum fuisset a rege ut occideretur Abner filius Ner. 38. Dixit quoque rex ad servos suos : Num ignoratis quoniam princepset maximus cecidit hodie in Israel? 39. Ego autem adhuc delicatus, et unctus rex : porro viri isti filii Sarvias duri sunt mihi : retribuat Dominus facienti malum juxta malitiam suam.
—■^ CAPUT IV. -^;--
Baana et Rechab militum prajfedli caput Isboseth, quern dormientem occiderant, ad David attulerunt, quos pro mercede jussit interimi.
UDIVIT autem Isboseth filius Saul quod cecidisset Abner in Hebron : et dissolutas sunt manus
ejus, omnisque Israel perturbatus est. 2. Duo autem viri principes latronum erant filio Saul, nomen uni Baana, et nomen alteri Rechab, filii Remmon Berothitas de filiis Benjamin : siquidem et Beroth reputata est in Benjamin. 3. Et fugerunt Berothitas in Gethaim,fueruntque ibi advenas usque ad tempus illud. 4. Erat autem Jonathan filio Saul filius debilis pedibus : quinquennis enim fuit, quando venit nuntius de Saul et Jonatha ex Jezrahel : tollens itaque eum nutrix sua, fugit : cumque festinaret ut fugeret, cecidit, et claudus effectus est : habuitque vocabulum Miphiboseth.
5. Venientes igitur filii Remmon Berothita:^, Rechab et Baana, ingressi sunt fervente die domum Isboseth : qui dormiebat super stratum suum meridie. Et ostiaria domus purgans triticum, obdormivit.
6. Ingressi sunt autem domum latenter assumentes spicas tritici, et percusserunt eum in inguine Rechab et Baana frater ejus, et fugerunt. 7. Cum autem ingressi fuissent domum, ille dormiebat super lectum suum in conclavi, et percutientes interfecerunt eum : sublatoque capite ejus abierunt per viam deserti tota nocte, 8. et attulerunt caput Isboseth ad David in Hebron:
dixeruntque ad regem : Ecce caput
tribu ! — S'etaient enfiiis, soit que les Philistins eussent piis leur ville, soit peut-ctre quand Saiil traita si cruellement les Gabaonites (II Sam., xxi, 1-2). Cette derniere hypothese expliquerait {'attentat de Baana et de Rechab centre le fils de Saiil. Ou bien: s^efificire/it, a la suite du meurtre qui va etre raconte, dans la crainte que la vengeance de David ne s'etendit jusqu'a eux. — Gciha'tni, inconnu.
4. Ce verset est insere ici pour faire comprendre que la mort d'Isboseth devait entrainer rextincSlion de la royaute dans la niaison de Saiil, et preparer la voie a ce qui sera dit plus tard de Miphiboseth (ix; xvi, 1-4; xix, 25 sv.).
5. Viiirent a Mahana'im (ii, 8, 12). — Repos du niidi, la sieste ou la meridienne,
selon la coutume de tous les pays chauds. La Vulgate ajoute, ct la portiere de la inaison s'ctait eiidorniie en nettoyant du ble : ces mots ont passe de I'ancienne Italique, d'apres les LXX (vers. 6), dans la version de S. Jerome.
6. La premiere partie de ce verset a pour but d'expliquer comment Rechab et Baana ont pu arriver jusqu'a la chambre du roi. Prendre du ble pour les besoins de leur troupe. Du grenier au magasin a ble, ils pe'netrerent dans la chambre d'Isboseth.
7. Quand ils entrereni, etc. : par cette repetition, I'auteur insiste surlalachete criminelle des deux assassins. — La Plaine : woy.
S. Je/iovali..., comme si leur crime e'tait un arte de la justice divine!
318 DEUXIEME LIVRE DES ROIS. Chap. IV, 9—12; V, i— ^
la tete d'Isboseth a David, a Hebron, ct ils dirent au roi : " Voici la tetc d'Isboseth, fils de Saiil, ton ennemi, qui en voulait a ta vie. Jehovah a venge aujourd'hui le roi, mon seigneur, de Saiil et dc sa race. " 9David repondit a Rechab et a Baana, son frere, fils de Remmon de Beroth :
" Jehovah, qui m'a delivre de tout peril, est vivant! loCelui qui est venu me dire : Saiil est mort, et qui croyait m'apporter une bonne nouvelle, je I'ai fait saisir et mettre a mort a Si-
celeg, pour salaire de son message; "combien plus, quand dc mechants hommes ont assassine un homme innocent dans sa maison,sur sa couche, dois-je redemander son sang de vos mains et vous exterminer de la terre.'' ^^JLt David ordonna a ses gens de les tuer; ils leur couperent les mains et les pieds et /es pendirent au bord de I'etang d' Hebron.
Puis, ayant pris la tete d'Isboseth, ils I'enterrerent dans le tombcau d'Abncr a Hebron.