Troisieme Partie
Histoire du royaume de Juda demeure seul jusqu'a sa proprc ruine et la captivite de Babylone. (II Rois, xviii-xxv).
L'auteur des livres des Rois n'est pas un simple historien relatant avec plus ou moins de details la vie et le regne des souverains qui se sont succede bur le trone de Juda ou sur celui d'Israel. Sans doute, il les nomme tous et note avec soin le commencement et la fin de leur regne; mais ce qu'il veut nous montrer avant tout, c'est la main de Dieu dans I'histoire du peuple et de ses rois; le point de vue ou il se place est essentiellement religieux et theocratique. Son livre, comme on I'a tres bien dit, est comme un echo du jugement divin : chaque roi est pese dans la balance et une sentence est prononcee sur lui.
Voila pourquoi il raconte d'une maniere circonstanciee les evenements dans lesquels Dieu manifeste son a6Hon, soit en recompensant la fidelite a sa loi, soit en punissant la rebellion et I'idolatrie. Ainsi s'explique la place considerable qu'occupe dans son livre I'histoire de quelques rois, tels que Salomon, Ezechiel et Joas, Jeroboam, Achab et Joram : ils se sont distingues parmi tous les autres, les uns par leur zele pour developper ou retablir le culte de Jehovah, les autres pour I'abolir et y substituer celui des idoles. Les details sur le role et les miracles des prophetes, specialement d'Elie et d'Elisee, ont la meme raison d'etre : les prophetes sont les organes dont Dieu se sert pour intimer au peuple et aux rois ses volontes, ses avertissements et ses menaces, x^u contraire, les faits dont I'importance est exclusivement poli-
tique ou militaire, l'auteur, ou bien les passe sous silence,^ ou bien se contente de leur donner une simple mention, en renvoyant pour le detail aux Annales de Juda ou d'Israel : " Ces choses, dit-il, ne sont-elles pas ecrites au livre des Annales d'Israel ", ou " de Juda"? Cette formule est rep^tee jusqu'a trente-quatre fois. Cette intention de l'auteur est encore clairement indiquee par la mention frequente de la Loi comme source de benedi6lion et de vie pour ceux qui la pratiquent, et par les nombreux passages ou il rappelle la promesse d'une royaute perpetuelle faite a David (II Sa)n. vii), promesse que les fautes memes de ses descendants ne sauraient rendre vaine.
L'auteur nous apprend, dans les derniers mots de son livre (IV Rois, XXV, 27 sv.), qu'Evilmerodach, en la premiere annee de son regne, c'est-adire I'an 561 av. J.-C, vers le milieu de la captivite, fit sortir de prison le roi Jechonias (Joachin) et lui rendit ses anciens honneurs. D'autre part, il ne fait aucune mention ni du decret de Cyrus (536 av. J.-C), ni du retour de I'exil, ni de la reconstru6lion du temple, qui importaient bien plus a son but que la delivrance du seul Jechonias. Ce qui nous permet d'assigner comme limites a la date de composition les annees 561 et 536. Le style de I'ouvrage convient parfaitement a cette epoque. II renferme une serie d'expressions nouvelles, d'un cara6lere plus moderne, que vous chercheriez en vain dans Isa'i'e, dans Osee ou Joel, a cote d'autres qui ne se rencontrent plus, du moins avec le meme sens, dans les Paralipomenes, Esdras et Zacharie.^
Quant a l'auteur lui-meme, la Bible ne I'ayant pas nomme, on ne pent
^ Par exemple, I'expedition de Zarah, roi d'Ethiopie, centre Asa, celles de Josaphat centre les Moabites et les Edomites, les succes remport^s par Ozias sur les Philistins, la captivite du roi Manasse en Assyrie,
etc. : evenements que nousconnaissons par les Paralipomenes (II, xx, i sv.; xxvi, 6 sv. ; xxxiii, 1 1 sv.).
= Voy. Trochon, Preface des Livres des Rois, p. 106 sv.
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faire a ce sujet que des conje6lures.
La tradition juive, recueillie dans le Talmud/ designe Jeremie. Cette opinion n'a rien d'invraisemblable; plusieurs commentateurs anciens et modernes I'ont adoptee. lis se fondent sur la grande ressemblance de Iangage et de pensee qu'on remarque entre le livre des Rois et les ecrits du Prophete. La fin de II Rots, xxiv, 1 8 — XXV, 26, et celle de Jeremie, par exemple,sont presqueles memes.^ A cette conjefture on oppose plusieurs difficultes, entre autres I'age du Prophete : ayant commence a prophetiser la treizieme annee du regne de Josias (628 av. J.-C), il devait avoir pres de 90 ans en 561 ; comment eut-il pu a cet age compulser les documents anciens pour rediger I'histoire des rois? ces difficultes ne sont peut-etre pas insolubles. Nous n'essaierons pas, cependant, de les discuter; il y faudrait de longs developpements, et pour n'aboutir a aucune certitude.
L'historien des Rois a pris soin lui-meme de nous indiquer les sources ou il a puise la matiere de ses recits. Ce sont, pour le regne de Salomon, le Livre des a6les de Salomon (I Rois, xi, 41); pour I'histoire des rois de Juda, le Livre des Annates des rois de Juda (I Rois^ xiv, 29, al.), et pour celle des rois d'Israel, le Livre des Annales des rois d'Lsrael (I Rois, XV, 31, al.). Laformule uniformement employee est celle-ci : " Le reste est ecrit (litt. n'est-il pas ecrit) dans le Livre des Annales, " etc. Cette formule suppose que, a I'epoque ou fut redige notre livre, les documents en question se trouvaient encore entre les mains des contemporains. Quelle idee devons-nous nous faire de ces trois ouvrages.-* L'opinion commune
les considere comme des Annales officielles de chaque regne, redigees par des historiographes en titre (en hebr. mazkirini ; Vulg., a conunentariis), et Ton invoque a I'appui I'ancienne coutume des cours de I'Asie et de I'Egypte, ou un historien officiel avait a consigner tous les evenements importants concernant la maison royale et le royaume sous la forme d'annales que Ton conservait dans les archives publiques.3
A ce moment, le P. Cornely oppose les raisons suivantes : La maniere dont les historiographes attitres de I'Assyrie et de I'Egypte traitaient I'histoire nous est connue par les monuments recemment decouverts dans ces divers pays. Qu'on lise, par exemple,le recit compose par le scribe Pentaour de I'expedition de Ramses II Meiamoun contre les Khetas, ou bien les annales de Sennacherib, d'Asarhaddon, d'Assurbanipal, etc., y trouve-t-on autre chose qu'une serie de vi6loires, de merveilleux faits d'armes, de louanges emphatiques.' S'il avait existe dans les royaumes de Juda et d'Israel des historiographes officiels, tout entiers a la devotion de la cour, n'auraient-ils pas tenu le meme langage, meme sous les plus detestables souverains? Les fils de ces mechants rois auraient-ils permis que la memoire des crimes et des infamies de leurs peres fut conservee dans les archives de TEtat.' On a rencontre en Egypte ct en Assyrie des monuments sur lesquels les fondateurs de nouvelles dynasties avaient fait marteler les exploits des rois leurs predecesseurs, et graver leurs propres noms a la place de noms plus anciens. N'est-il pas permis de supposer que les usurpateurs si nombreux dans le royaume d'Israel se seraient appliques plutot a detruire
' Talm. Babyl. Baba Bathra, 15, a.
'^ Voy. de nombreux rapprochements d'expressions et de pensees signalees entre les deux ecrits par M, M. Vigouroux, Manuel biblique, II, "]"], et Trochon, op. cit, p. 109.
3 Comp. II Sam. viii, 16; xx, 24; I Rois, \v, 3; II, xviii, 18; Is. xxxvi, 3, 22; II Par. xxxiv, 8. Pour les rois de Perse, comp. Esth. vi, i; Herodote vi, 100; vii, 90, al.
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qu'a conserve!' la memoire des princes qu'ils avaient assassines pour regner a leur place? Un Baasa, par exemple, apres avoir fait perir jusqu'au dernier tous les descendants de Jeroboam (I Rots, xv, 29), aurait-il laisse subsister dans les archives publiques le souvenir de ce roi, et sa propre memoire aurait-elle ete mieux respe6lee par Zambri, le meurtrier de toute sa famillc?
Pour nous faire une idee plus exa6le des documents utilises et mentionnes par notre historien, continue le P. Cornely, comparons son livre aux Paralipomenes. Plusieurs passages des Rois s'y trouvent reproduits rriot a mot; les deux ecrivains ont done puise aux memes sources.
Mais I'auteur des Paralipomenes, tout en alleguant frequemment le Livre des rois de Jiida ou d'Israel, invoque non moins souvent les ecrits des prophetes Nathan, Ahias le Silonite, Addo, Semeias, Jehu, fils d'Hanani, Isaie, fils d'Amos, et il les cite comme faisant partie des Annales de Juda et d'Israel (II Par. xx, 34; xxxii, 32). D'ou cette conclusion assez naturelle que les ouvrages mentionnes sous ce dernier titre par I'historien des Rois sont, non pas des annales publiques redigees par des scribes officiels, mais des ecrits prives, composes librement par les prophetes sur I'histoire de leur temps, et rassembles plus tard en divers corps d'ouvrages par quelque reda(5teur inconnu qui aurait conserve aux diverses parties le nom de leurs auteurs.
On comprend ainsi que le meme document ait pu etre cite, ici, sous le titre d'Annales des rois de Juda et d'Israel, ailleurs sous le nom du prophete qui en avait compose une par-
tie. Ainsi s'explique comment le lecteur, pour apprendre plus en detail les evenements du regne de Salomon, est renvoye par I'auteur des Rois aux Annales de Salomon (I Rois, xi, 41) et par I'auteur des Paralipomenes (II, ix, 29) aux paroles de Nathan le prophete, aux oracles d'Ahias le Silonite et a la vision d'Addo le Voyant; ou bien encore pourquoi, dans I'histoire de Roboam, I'un allegue les " Annales des rois de Juda ", I'autre les " Livres de Semeias le prophete et d'Addo le Voyant. " Enfin, cette hypothese admise, il n'y a plus lieu de s'etonner que I'historien des Rois s'etende longuement sur des faits particuliers concernant les prophetes, et il ne devient plus neccssaire de supposer d'autres sources ou il aurait puise ses informations a ce sujet.^
Quoi qu'il en soit de I'origine des documents auxquels a puise I'historien des Rois, qu'ils aient ete rediges par des historiographes officiels, ou qu'ils soient I'ceuvre privee des prophetes, tout le monde s'accorde a reconnaitre qu'ils ont ete ecrits par des contemporains et des temoins oculaires parfaitement instruits des faits qu'ils relatent. Le caraftere meme de leur recit atteste egalement leur veracite. Ce qu'ils ont vu et entendu, ils le disent simplement, sans partialite; ils ne cachent rien, ne dissimulent rien, n'excusent rien. Etrangers a toute espece d'adulation, n'a}-ant en vue que la loi et les preceptes divins, ils racontent sincerement et sans ambages les crimes des mauvais rois comme les belles aftions des bons,et dans ces derniers eux-memes, ils ne manquent pas de relever les fautes qui ont pu se meler a leurs
' Cornely. Introduflio in libros sacros II, ii, p. 295 suiv. ■- On pourrait encore, a Fappui de ce sentiment, invoqiier ce fait que, dans le canon des Juifs, les livres des Rois, comme ceux de Samuel, sont designes sous I'appellation gendrique de Prophetes anterietirs, pour les distinguer des ouvrages pro-
phetiques proprement dits, qualifies de
Prophetes posterieurs (Isaie, Jeremie, etc.). N'est-ce pas un indice qu'on les croyait rediges par des hoinmes de Dieu, a qui I'Esprit divin donnait I'intelligence de la conduite de Dieu a regard de son peuple?
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vertus. Or, ces documents inattaquables a tous les points de vue, notre auteur les fait siens, il les cite a chaque page ou y renvoie ses le6leurs, les invitant ainsi a controler tous ses dires. Nous sommes done en presence d'un historien bien informe et d'une oeuvre de bonne foi qui merite toute creance.
L'autorite historique de notre auteur a regu unc confirmation eclatante par la comparaison qu'on a pu etablir entre ses recits et les inscriptions gravees sur les monuments recemment mis au jour en Egypte, en Assyrie, en Chaldee, etc. Donnons quelques exemples. Sur les muraiiles du temple de Karnac, parmi les noms des ennemis defaits par Sesac (Sesonchis), roi d'P2gypte, dans son expedition de Syrie, on lit celui du royaiinie ou du roi de Jitda. En outre, les monuments laisses par ce souverain expliquent plus facilement que, nonobstant le mariage de Salomon avec la fille de Pharaon,le rebelle Jeroboam ait pu se refugier en Egypte, et qu'aussitot apres la mort de Salomon le roi d'Egypte ait declare la guerre a son fils : Sdsac, fondateur d'une nouvelle dynastie, n'etait pas d'origine egyptienne, mais assyrienne. — Notre historien mentionne trois autres rois d'Egypte : Sua, ou Seve (Sabaka, II Rois, xvii, 4), Tharaca, qu'il designe sous le nom de roi d'Ethiopie, et qui, en effet, au temoignage des monuments, ne regna que plus tard sur I'Egypte (II Rois, xix, 9), et Nechao, le vainqueur de Josias (II Rois, xxiii, 34) : trois pharaons dont les gestes mentionnes ou supposes dans le livre des Rois sont
aujourd'hui mieux connus par les inscriptions hieroglyphiques etcuneiformes qu'ils ne I'etaient par les maigres relations des historiens de I'antiquite. — Mesa, roi de Moab, celebre ses vi6loires sur les Israelites dans une longue inscription de la plus grande utilite pour I'intelligence de la relation que donne notre auteur de I'expedition de Joram et de Josaphat contre Moab. — Les rois de Damas Benhadad, Hazael et Rasin, dont il est question dans notre livre, (I Rois, XV, 18, 20; xix, 15; II Rois, XV, 37), figurent aussi dans les inscriptions assyriennes, et ce qu'elles en rapportent Concorde entierement avec ce qu'en dit notre auteur, — II nomme cinq rois d' Assyrie comme ayant fait des expeditions contre les Israelites, savoir Phul, Teglatphalasar, Salmanasar, Sennacherib et , Asarhaddon,i or nous avons des inscriptions des quatre derniers relatant ces expeditions vidlorieuses ; le nom du premier, il est vrai, n'a pas encore ete decouvert, mais la grande majorite des assyriologues, s'appuyant sur ces memes inscriptions, identifient Phul avec Teglatphalasar.2 — Enfin les monuments de la Chaldee font de nombreuses mentions, toujours en conformite avec les donnees de notre histoire, des rois de Babylone Merodach-Baladan, qui envoya une ambassade a Ezechias et Nabuchodonosor, qui detruisit Jerusalem et le temple et mit fin au royaume de Juda.3
La seule difficulte qui se puisse alleguer contre l'autorite de I'histoire des Rois se tire de la chronolo2ie.4
I II Rois, XV, 19, 29 (II Par. xxviii, 16, 20); xyii, 3-6; xviii, 9, 13; xix, Z7-
'^ Vigouroux, Ibid. 81 sv. 120 sv. 171 sv. 226 sv. Schrader. Keilitisckriften und Alt. Test. p. 217 sv.
^ Vigouroux," Ibid. p. 293 sv. 453 sv. Schrader, Ibid. 338 sv. — II est pourtant une partie de I'histoire des Rois que les adversaires de la revelation traitent de legen-
de, c'est celle qui raconte la mission des prophetes, leurs predications et leurs miracles. Mais, en dehors de la negation du surnaturel, ils n'apportent aucun motif pour revoquer en doute des faits qui se lient a la trame de I'histoire sacree, laquelle sans eux ne se comprendrait plus.
^ Pour d'autres difficultes plus legeres, voy. les notes qui accompagnent la traducflion.
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L'auteur marque avcc soin, non seulement le commencement et la fin du regne de chacun des rois de Juda et d'Israel, mais encore le synchronisme de ces regnes. Or ces nombres ne concordent parfaitement ni entre eux ni avec la chronologie assyrienne.
D'une part, si Ton additionne les chiffres respe6lifs des annees des rois de Juda et d'Israel, depuis la premiere annee de Roboam ou commen^a le schisme des dix tribus, jusqu'a la sixieme annee d'Ezechias et la prise de Samarie qui mit fin au royaume d'Israel (II Rois, xviii, lo), il manque une vingtaine d'annees a la duree de ce dernier royaume.
D'autre part, la chronologie assyrienne, fixee dans les documents de Ninive au moyen d'eponymes qui donnaient leurnom a I'annee, comme les consuls a Home, contredit sur plusieurs points les donnees numeriques de notre livre. La concordance existe pour la prise de Samarie par les Assyriens, I'an 721 av. J.-C; mais voici des divergences formelles. D'apres la chronologie biblique generalement recue, Achab, roi d'Israel, mourut I'an 898 ou 897 avant notre ere, et d'apres la chronologie assyrienne, il fut battu avec les rois confederes a Karkar, par le roi de Ninive Salmanasar III en 854, c'est-a-dire plus de 40 ans apres la date que Ton assigne a sa mort.^ De meme Ozias, roi de Juda, regna de 809 a 758, et les inscriptions de Teglatphalasar nous le montrent en guerre avec ce roi entre les annees 742-740, seize ou dix-huit ans apres sa m'ort. Enfin Menahem, roi d'Israel, regna de 770 a 759, et 21 ans apres la fin de son regne, en 738, Teglatphalasar II le compte parmi ses tributaires.^
L'autorite de I'ecrivain sacre estelle ici en cause? Pour le soutenir, il faudrait prouver que des chiffres faux
se sont rencontres dans son oeuvre originale; mais rien ne nous autorise afaireremonter jusqu'a lui les inexactitudes et les contradictions que nous venons de signaler. Elles sont le fait des copistes ; les nombres, tout le monde le sait, sont d'ordinaire la partie la plus defe6lueuse dans les anciens manuscrits. Pour que ceux de I'Ecriture se fussent transmis sans alteration, Dieu aurait du faire un miracle continuel. Quels sont ceux qui ont ete alteres.' II appartient a la critique de le rechercher, et, si elle parvient a le decouvrir, de retablir la le^on primitive. Dans la question speciale qui nous occupe, il nous parait probable qu'un certain nombre d'annees doivent etre retranchees a la duree du royaume de Juda. En ce qui concerne les divergences avec la chronologie assyrienne, nous ferons observer qu'elles ne portent pas sur les .synchronismes ; sur ce point les documents ninivites et les documents israelites sont d'accord ; les uns et les autres nous disent, par exemple, qu'Ozias, roi de Juda, et Manahem, roi d'Israel, ont ete contemporains de Teglatphalasar II, comme Salmanasar IV, Sargon et Sennacherib I'ont ete d'Ezechias roi de Juda. Nous venons d'indiquer sur quels points existe le desaccord ; mais qui nous dit qu'Achab, roi d'Israel, mourut I'an 898 ou 897 avant notre ere, ou que le regne de Manahem finit Tan 759.'' Ce n'est pas la Bible, ce sont les chronologistes qui fixent ces dates au moyen de calculs faits d'apres des chiffres plus ou moins alteres. Encore une fois, ni I'inspiration, ni la veracite de I'ecrivain sacre ne sont ici en cause.
Notre Vulgate, sauf un petit nombre de lemons peu importantes, reproduit exa6lement le texte hebreu du
' Cet dvenement de la vie d'Achab ne nous est connu que par les documents assyriens.
- Nous empruntons plusieurs de ces details et considerations a M. Vigouroux, Les Livres saints, etc. IV, 499 sv.
].ES LIVRES DES ROIS
livre des Rois. II n'en est pas de meme des LXX ; le texte re^u offre des differences assez considerables avec I'hebreu : transpositions, omissions, additions. Comme ces differences varientdans les divers manuscrits, on en conclut qu'elles sont dues
a des copistes inexperimentes ou a des corre6leurs trop hardis. Parmi les additions se trouve un long passage sur Jeroboam, intercale entre les vers. 24 et 25 de I Rois, xii; le P. Cornely lui refuse I'autorite canonique.
LA SAINTE Bir.I.E. TOME 11.
^jS^.-^.'ss^-^MM'i^M'HWMMm'^nMM'i^MMm.