CHAPITRE XL
\. La vingt -cinquième année de notre captivité, au commencement de l'année, le dixième jour du mois, quatorze ans après la ruine de la ville, ce jour -là même, la main du Seigneur fut sur moi, et il me conduisit à Jérusalem.
1. In vigesimo quinto annu (ransmîgrationis nostrœ, in exordio anni, décima mensis, quartodecimo anno postquam percussa est civitas, in ipsa hac die, facta est super me manus Domini, et adduxit me illuc.
neuf derniers chapitres nous décrivent le nonveau royaume de Dieu, la restauration de la religion et de la nationalité juive. Dans une vision magnifique, Ézéchlel est transporté dans la Terre sainte, la vingt-cinquième année de la captivité..., et là Dieu lui montre à l'avance ce qu'il accomplira dans l'avenir, le nouveau temple, le nouveau culte qui lui sera rendu et le nouveau partage de la Palestine. Ce triple sujet forme la matière des trois subdivisions de la dernière section : 1» le temple futur, xl-xlii; 2» le culte, xuii-XLvi; 3» la félicité de la terre de Chanaan et le partage qui en est fait entre ses douze tribus, ïLvii-xLVui. » (Mail, bibl., t. II, n. 1047.) — Il règne, on le volt, une parfaite unité dans ces chapitres , sous le rapport du fond et de la forme. Ce qu'ils décrivent, t'est le rétablissement du royaume théocratique , mais sur des bases nouvelles, rétablissement définitif et perpétuel cette fois ; c'est un nouvel ordre de choses, 8'appuyant sur l'ancien, mais incomparablement Bupcrieur ; c'est l'avènement du règne du Messie, et la fondation de son Église à tont jamais. Ce serait donc une erreur que d'interpréter ce passage d'une manière strictement littérale, comme si le prophète s'y é-talt proposé de tracer un plan d'après lec;uel, lorsque l'exil aurait pris fin, les Juifs rebâtiraient le temple, réorganiseraient le culte et partageraient entre eux la Palestine. Tout au plus pourrait -on admettre, avec quelques savants commentateurs (entre autres, D. Cal met). qu'Ézéchlel avait pour but, dans la description du temple, de conserver, d'une manière aussi exacte que possible, le souvenir de l'édlflce construit par Salomon; et cela même nous paraît peu vraisemblable. « Le sentiment commun des saints Pères et des Interprètes catholiques est que tous ces chapitres sont symboliques, qu'il n'y faut chercher qu'une allégorie dn^règr.e du Messie et de son Eglise. » (Le Hir, Les trois grands prophètes..., p. 378.) En effet, !• de retour en Palestine, les e.xllés ne songèrent pas un Instant h se conformer à ce plan, qu'ils regardaient comme idéal. 2» Sa réalisation était matériellement Impraticable sur plus d'un point, car la géographie ne donne pas moins que l'histoire un démenti à ce que nous lisons dans ces pages au sujet de la montagne du temple (xl, 2), du fleuve qui s'échappait du sanctuaire (xlvii, 1 et 8s.), du partage de la Terre sainte et de l'in?tallation du nouveau peuple (xlviii, 1 et ss.), etc., etc. 3° « Le prophète, dans plusieurs détails relatifs au culte, au choix des victimes, à la célé-
bration des fêtes, etc. (voyez xlv, 18 et ss. ; XLVi, 1 et ss.), est en désaccord avec la loi de Mo'ise , qui devait pourtant subsister jusqu'à Jésus -Christ; et néanmoins, sauf ces détails, il s'accorde avec MoVse, pour l'ensemble des cérémonies légales , qui ne peuvent plus et ne pourront jamais plus être agréables à Dieu depuis Jésus-Christ. » (Le Hir, l. c, p. 379.) 4» On ne conçoit pas, si l'interprétation doit être littérale, le silence absolu qui règne sur le grand prêtre, non plus que le rôle considérable joué par le prince. Voyez ces pensées longuement développées parle P. Knabenbauer, Comment, in Ezecfi,, p. 500 et ss. Tout montre donc que l'explication allégorique présente seule des garanties solides. « L'unique oiijcction qui se présente avec des dehore spécieux, c'est l'excessive abondance des détails de cérémonies, de nombres et de mesures, auxquels le prophète s'arrête avec complaisance, et qui sembleraient sans but dans une pure allégorie... (Mais) ces détails, ces particularités sans nombre sont dans le génie d'Ezéchiel et dans les habitudes de son style... Il pousse d'ordinaire le soin et l'exactitude de la description plus loin que la plupart des prophètes , et nous en avons eu bien des preuves. » (Le Hir, l. c, p. 381.) En outre, il est de l'essence d'une vision que le voyant ait devant lui chaque trait, comme dans un tableau exécuté avec soin. Ajoutons, pour conclure, que le symbole choisi par Dieu pour décrire le glorieux avenir de son peuple était parfaitement adapté à son dessein ; car quoi de plus expressif, surtout dans le triste état où se trouvait alors Israël , que ce tableau du futur royaume messianique, peint avec les couleurs les plus nobles du passé? Ce temple majestueux et indestructible dans lequel tout est si parfaitement mesuré, cette cité bénie de Dieu, cette nation que rien ne trouble et qui ne vit que pour Jéhovah, voilà d'admirables emblèmes de l'Eglise du Messie. — C!es pages passent à bon droit pour être des plus difficiles de la Bible ; les efforts multipliés des exégètes, sans réussir à enlever toute obscurité, ont cependant éclaircl bien des points. L'incertitude ne porte pins que sur des traits de détail, dont l'importance est secondaire. Aussi est- on capable actuellement de reconstituer le temple d'Ezéchiel « avec la plus grande vraisem» blance, sinon quant à son aspect extérieur, du moins quant à son aménagement et à sa topographie. B
Chap. XL. — 1-4. Introduction. Le temps et le lieu de 1* vision, vers. 1-2; son importance
Ez. XL, 2-5.
2. In vi;ionibu5 Dei aduxit mo in terram Israël, et dimisit me super montera excelsum niniis super quem erat quasi aedifieium civitatis vergentis ad auslrum.
3. Et introduxit rae illiic, et ecce vir cujus erat species quasi species œris; et fuuiculu; lineus in manu ejus, et calamus mensuraî in manu ejus; stabat autem in porta.