Et le chef des eunuques leur donn
des noms : à Daniel celui de Baltassar, à Ananias celui de Sidrach, à Misaël celui de Misach, et à Azariae celui d' Abdenago.
8. Or Daniel résolut dans son cœur de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin qu'il buvait, et il pria lo chef des eunuques de ne pas l'obliger à se souiller.
9. Or Dieu concilia à Daniel les bonnes grâces et la bienveillance du chef des eunuques.
10. Et le chef des eunuques dit à Daniel : Je crains le roi mon seigneur, qui a déterminé ce que vous devez manger et boire ; s'il voit vos visages plus maigres que ceux des autres jeunes gens de votre âge, vous exposerez ma tête auprès du roi.
11. Alors Daniel dit à Malasar, à qui le chef des eunuques avait confié la
à des Jeunes gens qui devaient passer leur vie au serTlced'un roi chaldéen. Cf.Gen.XLi,45 ; IV Reg. xxiii, 34, et xsiv, 17; Esth. ii, 7, etc.— Daniel fut nommé Bait ssar ( LXX et Théodotlon : Ba/TaTap); d'après la transcription hébraïque : BeîtSa'fsar. La forme chaldéenne était probablement : DaVitsu-ufur: abréviation pour BelbcUatsn-nfur, Bel protège sa vie. Le nom du dieu babylfinien est sous-entendu. Cf. iv, 6, et la note. Ananias fut apiielé Sidrach (hébr. : Sadrak), et MlsaCl. Mtsach (hébr. : Méiak). On ne connaît pas exactement le sens de ces deux noms ; il est |)robable que bur orthographe « a été dénaturée BOUS la plume de ceux qui ont transcrit le livre ». (Vlgouroux, BlbU' et découvertes, t. IV, ji. 278 de la 6»édit ) D'après quelques assyrlologues, le premier équivaudrait à Suiur-aku, commandement d'Aku (la divinité lunaire). Du moins 11 est certain que « tous les noms propres (de cet écrit), quand les fautes des copistes ne les ont pas trop altérés, sont parfaitement babyloniens, et tels qu'on n'etit pa* pu les Inventer au second siècle de notre ère i". ( F. Lenormant , la />t»ination chez I«« Chaldéens, p. 182.) — Abdenago, le nouveau nom d'Azarlas (hébr.: 'Abed-n'gô), e>t probablement une transcription fautive pour 'Abed-X'hô. Serviteur de Nfbo. Les quatre Jeunes gens reçun-nt donc des noms entièrement païens ; circonstance qui dut leur être fort douloureuse. 8. La pieuse requête do Daniel. — ProposuiL.. L'U< braisnie « Il mit dans son cœur » marque une résolution bien arrêtée. Cf. Is. lvii, 1, 11, etc. — .Ve pollueritur.... Pour un Juif, les mets païens étalent habituellement Impurs sous le rapix>rt légal, soit en eux-mêmes (chair d'animaux prohibés), soit à cause du mode de leur préparation (viandes cuites avec du sang ou de la graisse, etc.), soit i>arcc qu'ils avaient été préalablement offert» aux dieux. Cf. .ludith, x, 5 ; II Mach. v, 27; I C^r. z, 18-20; Josèphe, Vtta, m, etc. On com-
prend donc aisément le scrupule et la résolution courageuse de Daniel. Mais 11 avait besoin de l'autorisation de son chef pour agir : aussi, rogavit... praepositum...
9-10. L'objection du chef des eunuques. — Dédit... Deus... A la lettre dans l'hébreu : Et Dlea donna Daniel en grâce et en tendresse devant la chef des eunuques. Et pourtant Asphénez n'accorda pas la faveur demandée ; du moins II écouta aimablement Daniel, et il ne repoussa pas durement sa demande, quelque étrange qu'elle dût lui paraître. Ce fait est signalé comme une marque spéciale de la bénédiction de Dieu. — Timeo ego... (vers. 10). Grave objection du chef des eunuques, qui n'ose aller ù rencontre des ordres formels du roi (coiutituit vobis...). — Qui, ai viderit... Littéral, dans l'hébreu : Lequel, pourquoi vciralt-ll vos visages... ? (3e tour Interrogattf foriifle la pensée : il ne faut absolument pas que le roi puisse faire la remarque en question. — ita4:ilentior(s : par suite d'une nourriture moins succulente. Hébr.: plus tristes (Théodotlon : (Ty.'jOpuTtà). La Vulgate donne bien le sens. — Coœcls vestris. Hébr. : (Les Jeunes gens) de votre espèce. — Condemnabitis caput... D'après l'hébreu : Vous chargeriez de dettes ma tête devant le roi. C.-à-d. : Vous mettriez ma vie en danger. Cette supposition n'était nullement exagérée ; dans les cours despotiques de l'Orient, on a vu tomber les têtes des plus hauts fonctionnaires pour des fautes beaucoup pins légères.
11-18. Après une épreuve favorable, Daniel obilent ce qu'il avait demandé. — Dixit Daniel. C'est lui qui a toute l'initiative danr. cette affaire, c Son ap|>el au premier chambellan ayant été InsufUsant, 11 s'adresse èi l'offlcicr avec lequel 11 était en rapiwi'ts plus familiers. » — Le mot Ualasar n'est pas un nom propre, car 11 est précédé de l'article dans l'hébreu (hammelfar). So« étymulogle est obscure. Quelques philologues lui
Dan. I, 12-18.
garde de Daniel, d'Ananias, de Misaël et d'Azarias :
12. Éprouve, je t'en prie, tes serviteurs pendant dix jours, et qu'on nous donne des légumes à manger et de l'eau à boire;
13. puis regarde nos visages et les visages des jeunes gens qui se nourrissent des mets du roi, et tu agiras avec tes serviteurs selon ce que tu auras vu.
14. Ayant entendu ces paroles, il les éprouva pendant dix jours.
15. Après les dix jours, ils avaient meilleur visage et plus d'embonpoint que tous les jeunes gens qui se nourrissaient •des mets du roi.
16. Malasar emportait donc les mets et le vin qu'on leur servait, et il leur donnait des légumes.
17. Or Dieu donna à ces jeunes hommes la science et la connaissance de tout livi-e et de toute sagesse , et il donna à Daniel l'intelligence de toutes les visions et de tous les songes.