‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 239 sur 832 · Les Chaldéens répondirent au roi · texte numérisé non relu

Les Chaldéens répondirent au roi

Il n'y a pas d'homme sur la terre, ô roi, qui puisse accomplir ton ordre ; et il n'y a pas de roi, quelque grand et puissant qu'il fût, qui ait jamais demandé une pareille chose à un devin, à un magicien et à un Chaldéon.

11. Car ce que tu demandes, ô roi, est difficile ; et on ne trouvera personne qui puisse l'indiquer en ta présence, excepté les dieux, qui n'ont pas de commerce avec les hommes.

12. A cette réponse, le roi entra en fureur, et, dans son extrême colère, il ordonna qu'on fît périr tous les sages de Babylone.

quod tempus redimitis, scientes quod recesserit a me sermo.

9. Si ergo somnium non indicaveritis mihi, una est de vobis sententia, quod interpretationem quoque fallacera et deceptione plenam composueritis, ut loquamini mihi donec tempus pertranseat.

Somnium itaque dicite mihi, ut sciam quod interpretationem quoque ejus veram loquamini.

10. Respondentes ergo Chaldsei coram rege, di.xerunt : Non est homo snper terram, qui sermonem tuam, rex, possit implere ; sed neque regum quisquam magnus et potens verbum hujuscemodi sciscitatur ab omni ariolo, et mago, et Chaldfeo.

11. Sermo enim, quem tu quaeris, rex, gravis est ; nec reperietur quisquam qui indicet illum in conspectu régis, exceptis diis, quorum non est cum hominibus conversatio.

12. Quo audito, rex, in furore et in ira magna, praecepit ut périrent omnes sapientes Babylonis.

à leurs atermoiements, l'affaire tombera d'ellemême et qu'il n'en sera plus question. — Sur les mots recesserit a me..., voyez la note du vers. 5. — Si... una est... sententia (\ers. 9). Répétition de la menace. Le sort terrible mentionné par le roi les atteindra tous sans exception. — Quod (dans le sens de « pai-ce que»)... fallacem. Chald.: Car vous avez combiné des mensonges et des faussetés (littéralement : des paroles corrompues ; Théodotion : pop-a S'.£;6ap(j.lvov) pour me parler (c.-à-d., pour me les débiter). Le maintien de leur refus sera, aux yeux du monarque, une preuve manifeste qu'ils voulaient lui donner une Interprétation mensongère du songe. — Donec tempus... Chald.: Jusqu'à ce que les temps soient changés. C.-ù-d., jusqu'à ce qu'un moment plus favorable soit arrivé, jusqu'à ce que le roi ait oublié la chose. — Somnium... ut sciam... S'ils réussissent à reconstituer le songe, Us prouveront qu'ils sont aussi vraiment capables de l'Interpréter.

10-11. Troisième réponse des mages. — Nmi est homo... Cette fols, Ils avouent franchement leur Incompétence, et celle de n'Importe quel homme, sur le point en question. — Sed neque regum... Argument très fort dans la circonstance : la preuve que la chose était Impossible, c'est que jamais aucun roi, quelque puissant qu'il fût, n'avait pensé à demander rien de semblable aux mages. Et pourtant les rois tout -puissants de l'Orient ne se gênaient guère pour donner à leurs sujets des ordres d'un accomplissement difficile. — Sermo... gravis (vers. 11). Chald. : La choie e«t rare; c- à-d., dlfflcile. — Nec reperie-

tur... Les mages insistent à dessein sur l'impossibilité, pour de simples mortels, de répondre aux exigences du prince. Seuls les dieux pouvaient faire une révélation de ce genre. — Quorum non est. . . Chald. : Dont la demeure n'est point avec la chair. C.-à-d., qui ne participent point aux faiblesses humaines. Peut-être y a-t-il dans cette parole, comme l'ont pensé quelques Interprètes, une allusion à un point spécial de la théologie babylonienne. D'après les Chaldéens, tout homme, à sa naissance, est mis sous la protection d'une divinité spéciale, attachée à sa personne. Cotte divinité vivait en lui, habitait, pour ainsi dire, « dans sa chair, s et participait, à cause de cela, aux inllrmités humaines ; elle était par là même constituée, relativement aux autres dieux, dans un état d'infériorité, d'Impuissance. Seuls les dieux qui demeuraient en dehors de tout contact avec les hommes conservaient leur pouvoir intégral. Voyez F. Lenormant, la Magie chez les Chaldéens, p. 181-183.

12-13. Le roi irrité ordonne le massacre de tous les muges de Babylone. — In furore et in ira... Deux synonymes, pour accentuer la pensée. — Prœcepit ut périrent... : conformément à sa menace (cf. vers. 6t> et 9»). Le trait cadre parfaitement avec la cruauté des rois de l'Orient. — Sapientes. Dénomination générale, pour désigner les quatre catégories de mages énumérées au vers. Sb. Comp. les vers. 13, 14, 18, 24, etc. — Babi/lonis. La sentence ne concernait donc que les mages de cette ville. D'ailleurs, la convocation ayant eu lieu immédiatement après le songe I cou)p. le vers. 2»), on n'avait évidemment pa»

Dah. IT, 13-18.

13. Et egreesa Bententia , sapientes interficiebantur; quœrebanturque Daniel «t socii ejus, ut périrent.

14. Tune Daniel requisivit de lege atque sententia, ab Arioch, principe railitiae régis, qui egierisus fuerat ad interficiendos sapientes Babylonis ;

15. et interrogavit eum, quia rege potcstatem acceperat , quam ob causam tam crudelis sententia a facie régis esset agressa. Cum ergo rem iudicasset Arioch Danieli ,

16. Daniel ingressus rogavit regem ut tempus daret sibi ad solutionem indicandam régi.

17. Et ingressus est domum suam, Ananiaeque et Misaeli et Azarise, sociis suis, indicavit negotium,

1 8. ut quœrerent n7isericordiam a facie Dei cœli super sacramento isto, et non périrent Daniel et socii ejus cum ceteris eapientibus Babylonis.

13. Cet arrêt ayant été prononcé, les sages étaient mis à mort, et on cherchait Daniel et ses compagnons pour lee faire périr.

14. Alors Daniel s'informa de la loi et de la t^cntence auprès d'Arioch , chef de la milice du roi , qui était sorti pour mettre à mort les sages de Babylone ;

15. et comme il avait reçu cet ordre du roi , Daniel lui demanda pour quel motif le roi avait prononcé une sentence si cruelle. Arioch ayant exposé l'affaire à Daniel,

16. Daniel se présenta devant le roi, et le pria de lui accorder du temps pour donner au roi la solution.

17. Et étant entré dans sa maison, il déclara ce qui se passait à Ananias , Misaël et Azarias, ses compagnons,

18. afin qu'ils implorassent la miséricorde du Dieu du ciel sur ce mystère, et que Daniel et ses compagnons ne périssent pas avec les autres sages de Babylone.

en le temps de faire venir cens des provinces. — Interflciebantur (vers. 13). D'après laVulgate et d'assez nombreux commentateurs, la sentence anrult reçu un commencement d'exécution. Le chaldéen peut toutefois se traJulre ainsi : Et les sages devaient être tués; c.-à-d., étaient sur le point d'être tués. — QuteiebatUuique... D'où 11 suit que Daniel et ses trois amis n'avaient pas été mandés au palais avec les mages, auxquels ils n'appartenaient pas encore d'une manière proprement dite; n(-anmoin8, leur éducation ayant été faite par ces savants, les exécuteurs de la sentence voulaient les traiter comme s'ils avaient réellement appartenu au corps des ChaUléens.

2» Daniel obtient un délai pour fournir au roi e.vpllcatlon désirée. II, 14-16.

14-15. Daniel et Arioch. — liciuisivit de lege... Selon laVulgate, Daniel aurait demandé à Arioch des renseignements sur ce qui se passait. Variante dans le chaldéen : Daniel répondit (c.-à-d., s'adressa) avec conseil et prudence (d'une manière sage et discrète) à Arioch. L'écrivain sacré se borne à indiquer le sommaire de ses paroles. et vers. 15. — Arijch est peut-être la transcription hébraïque du nom assyrien Ariku, Le long, qu'on trouve cité sur les monuments. Il est mentionné Gen. xiv, 1, comme appartenant à la région babylonienne. — Principe mllUia:. Chald. : chef des exécuteurs. Cf.Gcn. sxxvn,3C,ct la note; IV Ileg. XXV, 8 ; Jer. xxxix, 9 Tcrsonnage Important dans let cours orientales, comme le préfet du prétoire h Rome. — Qut ef/ressvs... C'est lui, naturellement, qui avait été chargé d'exécuter la sentence do mort portée contie les mages. — St Uiterrogavit. . . acceperat. l'ius slinplement dons le texte primitif : Et H prit la parole, et dit & Arioch, lofflcler du roi. — Qaam ob caiisam. Le langage est direct dans le chaldéen : Pourquoi ot

sévère décret du roi ? « Par cette question, Daniel désirait faire comprendre à Arioch qu'après tout la chose n'était pas Impossible, ainsi que les mages l'avaient affirmé. »

16. Daniel prie le roi de lui accorder quelque temps pour trouver la solution cherchée. — Ingressus. Il entre dans l'appartement royal, évidemment après s'être fait annoncer par Arioch (comp. le vtrs. 25) ou par un autre serviteur du monarque. L'étiquette orientale était très sévère sur ce point; cf. Esth. iv, 11; Hérodote, i, 1)9, et III, 110, etc. Il fallait un grand courage pour affronter Nabuchodonosor en de telles circonstances; mais Daniel ne se distinguait pas moins par sa fermeté que par sa sagesse. — Vt tempus... Ctoiume on le volt par la suite du récit, Daniel se proposait de mettre à profit le délai demandé, en Implorant de son Dieu la révélation du songe.

3» Le Seigneur révèle le songe de Nabuchodonosor h Daniel, qui lui offre les plus vives actions de grâces. II, 17-23.

17-18. La prière des quatre Jeunes gens. Plusieurs traits en sont empruntés à des livres antérieurs de l'Ancien Testament, et rien n'est plus naturel que ces réminiscence». Comp. Jon. r , 2 , et la note. — Domum. C.-à-d., l'appartement qui avait été attribué à Daniel dans le palais. — tocHs indicavit. « Pour donner plus de force à sa prière, 11 y associa ses amis, menacés comme lui. » Les LXX ajoutent : Il prescrivit le Jeûne, la prière et la pénitence. — Dei cseli. Nom divin qui apparaît pour la première fols Gen. xxiv, 7. Vers l'éi>oque <le Daniel, Il était surtout employé pour opposer le vrai Dieu aux Idoles ; cf. Esdr. I, 2, 8, 10; Neh. i, 6; ii, 4, etc. — Super sacramento... C.-ù-d., sur le songe mystérieux. Kn chaldéen, l'd»; mot pei°8an, encore eu usage. — ^'

Dan. II, 19-24.

10. Alors le mystère fut révélé à Danî"! daus une visiou peudaut la uuit; et "^aniel béuit le Dieu du ciel

20. et dit : Que le nom du Seigneur soit béni de siècle en siècle, parce que la sagesse et la force sont à lui ! -

21. C'est lui qui change les temps et ies âges, qui transfère et qui établit les royaumes, qui donne la sagesse aux sages, et la science à ceux qui ont l'intelligence.

22. C'est lui qui révèle les choses profondes et cachées, et qui connaît ce qui est dans les ténèbres ; et la lumière est avec lui.

23. Dieu de nos pères , je vous rends grâces et je vous loue, parce que vous m'avez donné la sagesse et la force ; et maintenant vous m'avez montré ce que nous vous avons demandé , car vous nous avez décoirvert le secret du roi.

24. Après cela Daniel alla trouver Arioch, à qui le roi avait ordonné de faire mourir les sages de Babylone, et il lui parla ainsi : Ne fais pas mourir les sages de Babylone ; conduis - moi en présence du roi, et je lui donnerai la solution.

19. Tune Danieli mysterium per visionem nocte revelatum est; et beuedisit Daniel Deum caeli,

20. et iocutus ait : !Sit nomen Domini benedictum a sœculo et usque in sseculum, qma sapientia et fortitudo ejus sunt!

21. Et ipse mutât tempora, et setates ; transfert régna, atque constituit; dat sapientiam sapientibus , et scientiam intelligentibus disciplinam.

22. Ipse révélât profunda et abscondita , et no vit in tenebris constituta ; et lux cum eo est.

23. Tibi, Deus patrum nostrorum , confiteor, teque laudo, quia sapientiam et fortitudiuem dedisti mihi , et nunc ostendisti mihi quœ rogavimus te, quia sermonem régis aperuisti nobis.

24. Post haec Daniel ingressus ad Arioch, quem constituerat rex ut perderet sapientes Babylonis, sic ei Iocutus est : Sapientes Babylonis ne perdas ; introduc me in conspectu régis, et solutiouem régi narrabo.

non... cum ceteris... Ils demandèrent donc à Dieu que personne ne pérît, puisque la sentence atteignait le corps entier.

19». La révélation. — Tune... La réponse du Seigneur ne se fit pas attendre longtemps. — Elle eut lieu per visiovem; non pas en songe, quoique ce fût pendant la nuit Inocte), mais durant une vision extatique.

19'>-23. L'action de grâces. Elle est chaleureuse, émouvante. — Et benedixit... ait. Petite formule d'introduction. — SU nomen (vers. 20). Cri du cœur, qui prend la forme d'une belle doxologie.

— Sapientia et fortitudo... Cf. Job, su, 13. L'action de grâces de « Daniel porte l'empreinte du songe qui lui fut révélé... Les deux attributs divins qu'il célèbre sont la forc« (vers. 21») et la eagesse (vers. SI*"- 22), parce qu'ils éclatent particulièrement dans la révélation communiquée à Nabuchodonosor (comp. les vei's. 31 et as.). C'e;t également comme dispensateur de la sagesse et de la force que Dieu s'est révélé à Daniel (vers. 23).»

— Ipse mutât.... "Vers. 21» : développement de la première pernsée, relative à la puissance divine. Dieu règle lui - même les divers événements qui ont lieu dans l'histoire des peuples, et 11 n'abandonne rien au hasard. Cf. Jcr. xxvir, 7; Act. XVII, 26, etc. Eu tenant ce langage, Daniel faisait évidemment allusion aux bouleversements merveilleux des empires, qui venaient de lui être révélés, et qu'il signalera bientôt au roi. — Tempora et œtatea : les temps et les époques. Doux •^pressions k )>eu près synonymes, quoique la

première paraisse plus générale. — Transfert régna (chald. : les rois) atque... Exemple particulier de la manière dont Dieu manifette sa toutepuissance dans le cours des âges. — Vat saptentiavu.. Ycrs. 21''-22 : développement de la seconde pensée, relative à la sagesse de Dieu. — Ipae révélât. . . ( vers. 22 ). Daniel venait d'en faire l'expérience. On croirait entendre ici un écho de Job, xii , 22 ; cf. Ps. cxxxvm, 12. — Lux aum eo. Chald. : Et la lumière habite avec lui. Ce trait explique comment Dieu sait tout, même ce qu'il y a de plus caché. — Tibi Deus... (vers. 23). Autre cri du cœur, pour conclure. — Deus patrum... Trait délicat : le Dieu qui avait comblé Israël de si nombreux bienfaits. — Sapieiitiam et fortitudinem... Le Seigneur avait donné à Daniel la sagesse, en l'éclairant d'une manière surnaturelle ; la force, en le rendant inébranlable à l'heure du péril. — Mihi quae rogavimus. Les quatre amis avalent prié ensemble ; mais la lumière d'en haut n'était tombée que sur Daniel. — Serynonon régis est un chaldaïsme : l'affaire qui concernait le roi; le songe, d'après le contexte.

4» Daniel est introduit auprès de Nabucho» donosor pour lui exposer et lui interpréter le songe. II, 24-30.

24. Il annonce à Arioch qu'il est prêt à satisfaire le désir du roi. — Post hœc. Chald. : C'est pourquoi. C.-à-d.. maintenant qu'il connaissait le songe et son explication. — Ingressus ad Ârioeh. Il s'adresse de préférence k oet offlcier

Dan. II, 25-30.

25. Tiinc Arioch feetinub introduxit Daiiielem ad regem, et dixit ei : Inveni hoiuinem de filiis trauMnigrationis Juda, qui solutionem régi annuntiet.

26. Respondit rex, et dixit Danieli, cil jus nomen erat Balrassar : Putasne vere potes mihi indicare somnium quod vidi, et interpretationem ejus?

27. Et respondeus Daniel coram rege, ait : Mysterium, quod rex intenogat, Bapieutes, magi, arioli et aruspices nequeunt indicare legi.

28. Sed est Deus in caelo revelans mysteria, qui indicavit tibi, rex Xabuchodonosor, quœ ventura sunt in noviseimis temporibus. Somnium tuum, et yisiones capitis tui in cubili tuo hujuscemodi sunt :

29. Tu, rex, cogitare cœpisti in strato tuo, quid esset futurum ]iu^l haec ; et qui révélât mysteria, ostendit tibi quae ventura sunt.

30. Mihi quoquenonin sapientia. qu«e est in me plus quam in cunctis viventibus, sacramentum hoc revelatum est . sed

25. Alors Arioch conduisit promptement Daniel auprès du rui, et Ivii dit : J'ai trouvé un homme d'entre les captifa des enfants de Juda, qui donnera au roi la solution.

26. Le roi répondit et dit à Daniel, surnommé Baltassar : Penses -tu pouvoir véritablement me dire le songe que j'ai eu , et son interprétation ?

27. Daniel répondit en présence du roi et dit : Le mystère dont le roi s'enquiert, les sages, les mages, les devins et les augures ne peuvent le découvrir au roi.

28. Mais il y a dans le ciel un Dieu qui révèle les mystères, et qui t'a montré, ô roi, ce qui doit arriver dans les derniers temps. Voici ton songe et les visions qui t'ont traversé l'esprit sur ta couche :

29. Tu commenças, ô roi, à penser i ce qui devait arriver après ce temps -ci; et celui qui révèle les mystères t'a montré les choses à venir.

30. A moi aussi ce secret a été révélé, non par une sagesse qui serait en moi plus que chez tous les vivants, mais afin

iotluie du roi, qui Jouait on rôle important dan« toutj l'affaire. Cf. vers. 14. — Sapientes ne perdas. La première parole dn jeune homme est un mot il humanité , pour faire retirer au plus tôt la terrible sentence.

25-26. Daniel est reçu par le roi, qui lui demande s'il est vraiment en mesure de lui révéler la nature dn songe. — Festinu» : car la chose pressait. — Inveni. Non qu'jrioch eût fait la moindre recherche dans le sens indiqué; mais, ainsi qu'il arrive fréquemment, il s'attribue, pour plaire à son maître, un méiite qu'il n'avait pas. D'ailleurs, ici encore, l'écrivain sacré abrège et condense les faits, car nous avons ^^l que Daniel avait dfjà paru devant Nabuchodonosor pour lui demander un délai. Cf. vers. 16. — De filiis transmigrationis... Chaldaïsme : parmi les Juifs déportés il Babylone. Cf. i, 3 et sa. — Cujus romen... ( vei-s. 26). Voyez i, 7, et le commenulre. — PnUisne v€re...f Le roi r.e parle point à Daniel comme à un Inconnu (cf. i, 19-20); mais il est surpris de voir quc< ]k où des hommes sages et expérimentés avalent échoué, un tout Jeune bomms, encore novice >, prétendit pouvoir rétisslr.

27-2S*. Humble réponse de Daniel : ce qui est Impossible aux hommes est possible au vrai Dieu. — ill/gterium quod... Le Jeune page JustiUe d'aliord l'aveu réitéré que les mages avalent fait de leur Impuissance. Cf. vers. 7, 10- U. Ce que le roi leur avait enjoint était vraiment au-dessus de leurs forces : rxequewrU... — SapienU»... aratplee: Le dernier nom de cette liste n'a pas •ncore puru. Dans le texte chaldéen, gazrin,

ceux qui déterminent; de la racine gâzar, couper, puis trancher, déterminer. — Sed est Deus... (vers. 28»). Seul le Dieu du ciel (note dn vers. IS"), le Dieu d'Israël, l'unique vrai Dieu pouvait faire la révélation si ardemment souhaitée par le roi. Joseph avait insisté de môme auprès du pharaon sur ce prlrilège de Jéhovah. Cf. (îen. xli, 16, 25, 28. — Quse veiitura... Ces mots Indiquent la portée générale du songe : U concernait l'avenir ; spécialement l'avenir messianique, d'après toute la force de l'e-xpreision in novissimis dieb'is (chald. : 0"aharit yômai/j/â'). Voyez Gen. xixs, 1, et la note.

28t>-30. Daniel, aprèe avoir commencé à exposer la nature du songe, s'interrompt aussitôt, pour reporter de nouveau sur Jéhovah toute la gloire de cette révélation. — Somnium tutun... Courte entrée en matière, vers. 28'». — L'expression visiones capitis tui, chcre à Daniel (cf. iv. S, 7; VII, 1, 16), est synonyme de songe. Elle désigne directement les images Imprimées dans l'imagination pendant le sommeil. — Tu... cogitare... (vers. 29). L'occasion du songe prophétique. Dans le chalJécn : A toi, roi, tes pensées sur ta couche ont monté. Nabucbodonosor était donc étendu Eor son Ut ; avant de s'endormir, U se mit h penser aux destinées de son Immense empire, tout récemment fondé. Le passé était glorieux, le présent plein d'espoir; mais que serait l'avenir? Lorsque le roi se fut endormi. Dieu rattacha le songe b ses préoccupations, afln de l'éclairer : qui rn-el<it. . ostendit... — Mihi quoqm... (vers. 30). Daniel IntUte sur ce pfilnt avec une admlt-able modestie : non in tapieniia, qum.„ D M M 9té-

Dan. II, 31-35.

que le roi sût l'interprétation du songe, et que tn connusses les pensées de ton esprit.

31. 0 roi, tu regardais, et voici qu'une statue immense t'appai-ut; cette statue, grande et extraordinairement élevée, était debout devant toi, et son aspect était terrible.

32. La tête de cette statue était d'un or très pur ; la poitrine et les bras étaient d'argent; le ventre et les cuisses, d'airain ;

33. les jambes, de fer; une partie des pieds était de fer, et l'autre d'argile.

34. Tu la regardais, lorsqu'une pierre 86 détacha de la montagne sans la main d'aucun homme, et elle frappa la statue sur ses pieds de fer et d'argile, et elle les mit en pièces.

35. Alors le fer, l'argile, l'airain, l'argent et l'or se brisèrent ensemble, et devinrent comme la menue paille d'une aire en été ; le vent les emporta > et on

ut interpretatio régi manifesta fieret, et cogitationes mentis tuse scires.

31. Tu, rex, videbas, et ecce quasi statua una grandis; statua illa magna, et statura sublimis, stabat contra te, et intuitus ejus erat terribilis.

32. Hujus statuœ caput ex auro optimo erat, pectus autem et bracbia de argenté, porro venter et femora ex fere ;

33. tibiae autem ferreae ; pedum qusedam pars erat ferrea, quœdam autem fictilis.

34. Videbas ita, donec abscissus est lapis de monte sine manibus, et percussit statuam in pedibus ejus ferreis et fictilibus, et comminuit eos,

35. Tune contrita sunt pariter ferrum, testa, ses, argeiitura, et aurum, et redacta quasi in favillam œstivœ areaî; ^use rapta sunt vento, nullusque locus

tend pas plus Intelligent on plus habile que les autres ; s'il en sait plus long qu'eux, c'est parce que Dieu a daigné l'éclairer. — Ut interpretatio régi... Exquise courtoisie dans cette réflexion : c'est l'intérêt du grand roi que Dieu a eu en vue tout d'abord , lorsqu'il a fait cette révélation à Daniel. — Cogitationes mentis... Chald. ; les pensées de ton cœur. C.-à-d., les problèmes que le songe avait soulevés dans l'esprit du roi.

6° Daniel reconstitue le songe. II, 31-35.

31-35. Ce récit est très vivant et dramatique. — Tu...videl)as. Levers. 31 décrit d'abord la scène d'une manière générale. — Et ecce. Cet adverbe relève le caractère Inopiné de la vision. — Qiiasi statua. Chald. : comme une image. La Vulgate rend bien la pensée, puisque, d'après la suite de la description, cette image avait la forme humaine. Cf. vers. 32, 33, 42. L'adjectif una est important : il n'y avait qu'une seule image, quoiqu'elle fût composée de matières très distinctes et qu'elle représentât des faits multiples. « La puissance du monde est une dans toutes ses phases ; c'est pour cela que, dans la vision, toutes ces phases sont unies dans une seule Image. i> — Grandis. Antre trait frappant, sur lequel le narrateur Insiste : la statue était gigantesque et magnifique, du genre de ces colosses que les Babyloniens aimaient à ériger. Cf. m, 1.— Statura sublimis. ChaM. : d'une splendeur extraordinaire. Cette splendeur provenait de l'éclat des métaux qui composaient la statue. — Intuitus... terribilis : à cause de sa taille colossale, et peut-être aussi par l'expression de sa physionomie. — IIujus ttatx.'c... Les vers. 32-33 contiennent une descHinion détaillée de la statue. Elle était formée de quatre métaux divers, qui corrospriinlaicnt aux qiiaue parties du corps. La tête était d'or; la

poitrine et les bras, d'argent ; le ventre, les reins et le haut des hanches, d'airain; les jambes et les pieds, de fer, avec cette différence que le métal des pieds, au lieu d'être entièrement pur, était mélangé d'argile, comme l'Indiquent les mots pedum qnsedam pars... Les métaux vont en gradation descendante sous le rapport de la valeur, car ils sont de moins en moins précieux à mesure qu'ils atteignent les parties Inférieures du corps. D'autre part, ils sont de plus en plus durs, si ce n'est aux pieds, qui étaient d'une extrême fragilité. — Videbas ita... Second acte de la vision, vers. 34-35. Tandis que le roi était plongé dans une contemplation attentive, tout à coup une pierre se détacha (abscissus est) d'ellemême (sine manibus, sans le moindre concours des hommes, uniquement par suite de l'opération divine) de la montagne voisine, et se précipita sur la statue. L'expression de monte manque ici dans le texte primitif ; mais nous l'y trouvons au vers. 45. La Vulgate l'a empruntée aux LXX et à Théodotlon. — Percustsil... in pedibus. On devine, d'après ce qui a été dit de la faiblesse des pieds, quel sera le résultat produit : comminuit éos. — Tune contrita... (vers. 36). Ainsi frappée à sa base, la statue tombe lourdement sur le sol et est complètement brisée. — Ferrum, testa, ses... Les métaux sont naturellement énumérés, cette fois, dans un ordre inverse, de pas en haut. — Quasi in favillam... Chald.: Comme la balle (la légère enveloppe des grains do blé) d'une aire pendant l'été. Sur cette comparaison, qui symbolise les jugements divins, voyez Ps. I, 4; Is. xli, 15-16; Jer. li, 33, etc. — Rapta sunt... nulhcsqne... Ainsi pulvérisées, les parcelles de la statue furent enipnrlées an loin par le vent, et leurs traces disparurent tout

Dan. II, 36-39.

inventns est eis; lapis autem, qui percusscrat statnam, factiis est mons raagnus, et iinplevit universani terram.

36. Hoc est somnium ; interpretationem quoqne ejus diccraus coram te, rex.

37. Tu rex regum es , et Deus raeli regnum, et fortitudinern, et iraperiuin, et gloriara dédit tibi ;

38. et orania in quibus habitant filii hominum, et bestiae agri ; volucres quoque cœli dédit in manu tua, et sub ditione tua universa constituit : tu es ergo caput aureum.

39. Et post te consurget regnum aliud minus te, argenteum ; et regnum tertium aliud, aereum, quod imperabit universse terrae.

n'en trouva plus de trace; mais 'a pierr» qui avait frapi'é la statue devioi une grande montagne et remplit toute la terre.

36. Voilà le songe; nous en donnerons aussi l'interprétation devant toi, ô roi.

37. Tu es le roi des rois, et le Dieu du ciel t'a donné le royaume, la force, l'empire et la gloire ;

38. il fa asfiujctli tous les lieux où habitent les enfants des hommes et les bêtes des champs ; il a mis aussi dans ta main les oiseaux du ciel, et il a soumis toutes choses à ta puissance: c'est donc toi qui es la tête d'or.

39. Apres toi il s'élèvera un autre royaume, moindre que le tien, il seia d'argent; et ensuite un troisième royaume, qui sera d'airain et qui commandera à toute la terre.

à fait — Lapi» autem... Effet entièrement contraire : la pierre grandit, grandit encore et flnlt par recouvrir toute la terre.

e» I/interprétatlon du songe. II, 36-46.

e Le néant Intense et le caractère transitoire de la puissance hnmalne dans son état le plus florifsant, d'antre part la force du royaume de Dieu : tel est le sujet principal de cette vision. » (D' Pu^ey.)

36. Transition. — IHcemits. Ce verbe est an pluriel, parce que Daniel parlait aussi au nom de ses trois amis, qui l'avalent aidé à obtenir les lumières d'en haut pour connaître et expliquer le songe. Cf. vers. 17-18.

37- 38. Le premier des quatre empires , représentai par la tête de la statue. — ru rex regum... Ézéchlel, XXVI, 7 (voyen la note), attribue le même titre à Nabuchodonosor, et les Inscriptions de Nlnlvc, de Babylone et do Perse montrent qu'il était, en effet, porté par les rots de ces pays. Cf. Esdr. VII, 12. — Deus caeli... C'est de Jéhovah, l'unique vrai Dieu (note du vers. 19), que le roi de Babylone tenait son royaume et sa puissance. Remarquez l'accumulation solennelle des synonymes rrgnvm..., gloriam, destinée à mettre cette puissance en relief. — Et bestiœ... .Térémie aussi, à deux reprises (xxvii, 6, et xxviii, 14), signale un trait semblable au sujet de Nabuchodonosor, pour relever l'étendue de sa puissance. Cf. Bar. III, 16; .Judith, xi, 7. Le suivant, volucres quoqve..., n'et^t pas moins expressif : les créatures les plus volages, les plus Insoumises, obéissent elles-mêmes au joug du tont-puissant monarque. Les LXX et Tliéoilotlon ajoutent : les polsfif ns de la mer. — Snb ditione... univerita. Autre symbole ; du moins, le royaume do Nabuchodonosor était vraiment « le jilns v;isi(> que le monde eflt connu Jusqu'alors >'. Voyez VAtl. iji'i>gr., pi. I. — 7^t... caput (lureum. Il n'y a donc pas le moindre doute sur ce jioint : le premier des quatre empires prédits dans la vision est l'omflrt babylonien, dont Nabucbodonosor était i la

tête dans tous les sens de cette expression, puisque c'est lui qui l'avait fondé », et qu'il l'élcva à un très haut degré de puissance et de gloire, durant son long règne de plus de qu.i. rante ans. C'est pour cela que ce prince est, pour ainsi dire, identifié avec la monarchie chaldécnne.

39*. Le second empire, flguré par la poitrine d'argent. — Post te. C.-à-d., après l'empire de Babylone, qui vient d'être personnlflé en Nabuchodonosor, et qui n'eut d'ailleurs, après la mort du « roi des rois », qu'une durée relativement courte. — Regnum aliwi. L'empire médo-perse, suivant l'opinion traditionnelle II n'en est fait Ici qu'une mention rapide, parce qu'il sera plus longuement question do lui dans la seconde partie du livre. Cf. vu, 6; viii, 3-7, 20; xi, 2-3 De même pour la troisième monarchie. — L'ad Jectif argenteitm n'est ni dans le text« hébreu ni dans les autres versions. — Minus te. Infé riorlté symbolisée soit par celle du métal , l'ar fîont au Heu de l'or, soit par le manque d'unité dans la partie de la statue qui représentait ce second empire. Co n'étilt plus une tête Indivise, mais la poitrine avec les deux bras. En effet, dans la monarchie médo-perse, les Mèdes et les Perses 80 disputèrent constamment l'hégémonie, et ce conflit diminua considérablement sa force, quoique, sous le rapport de la durée et de l'étendue de son territoire, elle ait dépassé l'einplrc babylonien.

39*. La troisième monarchie, flgurée par la partie d'airain de la statue. — .Xrnim. Elle aussi, elle devnlt moins briller que les deux précédentes au point de vue do la richesse et de la magniflcence, bien qu'elle dût leur être supérieure par ses conquêtes. C'est la monarchie gréeoiniicédonieniie, fondée par Alexaiidre le Orand. Cf. vu, 6 : vlil, 6-14, 21-26 ; XI, 2 et PS. - Imperahit i/nlirrs.T... Hyi)erbolc évidente, pour marquer un Immense domaine. L'eniplre d'AIexnU'ii-e comprenait une partie des trois anol«na oonltnents. Voyei VAa. géogr., pi. L

Dan. II, 40-43.

2Sb

40. Le quatrième royaume sera comme le i'jr ; de même que le fer brise et dompte toates choses, ainsi il brisera et il réduira tout cela en poudre.

41. Mais, comme tu as vu que les pieds et les doigts de^ pieds étaient en partie d'argile de potier et en partie de fer, le royaume, quoique prenant sou origine du fer, sera divisé, selon que tu as vu que le fer était mêlé avec la terre et l'argile.

42. Ec comme les doigts des pieds étaient en partie de fer et en partie de terre, le roj'aume sera solide en partie, et en partie fragile.

43. Et comme tu as vu que le fer était mêlé avec la terre et l'argile, ils se mêleront aussi par des alliances hu-

40. El regnum quartum erit velut ferrum : quomodo ferrum comminuit et domat omnia, sic comminuet et conteret omnia hsec.

41. Porro quia vidisti pedum et digitorum partem testae figuli, et partem ferream, regnum divisum erit, quod tameu de plautario ferri orietur, secundum quod vidisti ferrum mistum testée ex luto.

42. Et digitos pedum ex parte ferrées, et ex parte fictiles, ex parte regnum erit solidum, et ex parte contritum.

43. Quod auteni vidisti ferrum mistum testas ex luto, commiscebuntur quidem humano semine ; sed non adhœrebunt

40 -4S. Le quatrième empire, figuré par les jambes et les pieds de la statue. Il est décrit beaucoup plus longuement que les trois autres, soit dans ce passage , soit plus bas (cf. vu , 7- 8, 19-20). C'est l'empire romain, d'après la tradition.

— Quomodo feri-um... En efiftt, aucun autre métal no résiste au fer : ni l'or, ni l'argent, ni l'airain. C'est bien ainsi que les Romains brisèrent tout ce qui restait des empires précédents.

— Sic comminuet... Ce trait ne signifie pas que le quatrième royaume, quand 11 fit son apparition, trouva les trois autres existant encore simultanément et qu'il les brisa tour à tour ; car Daniel a déjà supposé que le second dei'alt prendre la place du premier, et le second celle du troisième. C'est donc en renversant la monarchie gréco-macédonieane, qui avait absorbé l'empire médo- perse et par là même l'empire chaldéen, que les Romains brisèrent omnia fta?c.« Le second et le ti'oisièuie cmpii-c empruntèrent chacun quelque chose ù celui qui les avait précédés ; le quatrième Introduisit un nouveau système et une civilisation nouvelle.» — A la flu du vers. 40, le texte primitif répète les mots : comme le for qui brise. — Porro quia... (vers. 41). Daniel va expliquer au roi ce que signifiait le mélange de fer et d'argile dont étaient formés les pieds de la statue. Comp. le vers. 33. Conformément h l'ensemble de la description (cl. vers. 32 et ss.), dans laquelle la Buccession chronologique des empires avait été marquée en allant du plus ancien au plus récent, les pieds a désignent la dernière phase du quatrième royaume »; les jambes, sa phase antérieure. — Regnum dii-lsum... : comme le sont, dans le corps humain, les deux jambes, les pieds et les dix doigts des pieds. Ce détail ne présage cependant pas une division proprement dite et complète du quatrième empire en tel ou tel nombre de parties distinctes, de royaumes secon laires ; mais seulement un défaut de cohésion dans l'en semble. Sa solidiié devait donc être plus apparente que réelle. Les guerres civiles et étrangères troublèrent, surtout vers la fin de son existence, l'uaité de l'empire romain; du reste, jamais la nasse des contrées disparates dont 11 se compo-

sait ne formèrent une agglomération parfaite. — Quod... orietur. Chald.: Eu lui sera quelque chose de la solidité (Vulg. , plantario) du fer. — M digitos... (vers. 42). Des pieds, l'écrivain sacré passe aux doigts qui les terminent, et il fait à leur sujet une affirmation toute semblable. — £x parle contrilum. C. -à-d., en partie fragile. — Commiscehuntur... semine (vers. 43). Passage un peu obscur, mais que la parole analogue de Jérémie, sxsi, 27, sert à expliquer. Il décrit d'une manière expressive le moyen auquel on aura recours pour remédier, pendant la dernière période du quatrième empire, à la cause de faiblesse et de ruine qui vient d'être signalée : par des mariages contractés entre les différents peuples dont sera composée cette monarchie, on essayera d'introduire en elle un élément d'unité, et par là même de force. Mais ce moyen demeurera Insuffisant : non adhœrehunl. . . — Comme les notes l'ont dit à plusieurs reprises, en assimilant le premier empire à celui de Babyione, le second au royaume méJo- perse, le troisième au royaume gréco - macédonien, le quatrième à celui des Romains, nous avons suivi l'interprétation traditionnelle q'.il a été de beaucoup la plus commune à toutes les époques de l'exégèse. CTest celle qu'ont donnée la plupart des Pères, l'historien Josèphe {Ant., X, 10, 4), tous les commentateurs du moyen âge, presque tous les commentateurs caihollques des temps modernes et contemporains, de nombreux exégètes protestants. Nous avons vu que, pour là pi eraière monarchie, 11 n'y a pas la moindre difficulté, puisque Daniel dit nettement qu'elle représente Nabuchodonosor et son royaume (cf. vers. 37-38). Il n'y en a pas non plus pour la seconde et la troisième, toLichant lesquelles nous recevrons aussi plus loin (cf. viii, 20-21 ; xi, 2-3) des explications authentiques. Seule la quatrième n'est nulle part déterminée en termes directs par l'auteur Inspiré ; mais le portrait qu'il en trace convient si bler. ù l'empire romain, et si exclusivement à cet empire, qu'on a de la peine k comprendre commeut on a pu (en particulier saint Éphrem) l'appliquer à l'empire d'Alexandr» et de ses successeurs. Du reste, pour en arriver

Dak. II. 44-46.

eibi, eicuti fernirn misceri non iiotest testse.

44. In diebus autem regnorum illorum, Busciiabit Deus cseli reixnum quod in eetemuni non dissipabitur. et regnum eju8 alteri populo non tradetur; coraminuet autenj, et consuinet uuiversa régna bœc, et ipsum stabit in seternum.

45. Secundum quod vidisti, quod de monte abscissns est lapis sine raanibus, et comminuit testam, et fernim, et ses, et argentura. et aurum, Deus magnus ostendit régi quœ ventura sunt postea ; et verum est somnium, et fidelis interpretatio eju8.

maines; mais ils ne demeureront pas unis, de même que le fer ne peut se mêler avec l'argile.

44. Au tenip.s de ces royaumes, le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et ce royaume ne sera pas li%Té à un autre peuple; il brisera et anéantira tous ces autres royaumes, et lui-même subsistera éternellement.

45. Comme tji as vu que la pierre qui avait été détachée de la montagne, sans la main d'aucun homme, a brisé l'argile, le fer, l'airain, l'argent et l'or, le grand Dieu a fait voir au roi ce qui doit arriver plus tard. Le songe est véritable, et l'interprétation en est certaine.

là. Il faut admettre, contrairement aux assertions de Daniel lui-même et contrairement à l'histoire, que le second empire correspond au royaume des Mode;, et le troisième à celui des Perses. Or, lniléi>cndammeut des révélations spéciales qui vicuiiciit d'être signalées, nous verrons toujours, dans la suite du livre, le prophète mentionner la puisiaiice médo- perse comme étant indiv-ise de son temps (cf. v, 28 ; vi, 8, 12, 15 ; viii, 20). L'histoire nous apprend aussi qu'après la chute de l'empire chaldéen, il n'y eut pas une monai^ chle mède, puis une monarchie perse, mais seulement un royaume médo- perse. Voyez ce qui sera dit plus bas, dans la note préliminaire da chap. VII, et le commentaire du vers. 17 de ce même chapitre.

44-45. L'eraplre du Messie, fondé sur les ruines des monarchies terrestres. En effet, tous les interprètes, Juifs, chrétiens, rationalistes, sont d'accord pour reconnaître que cette nouvelle description désigne le royaume que, d'après les oracles des prophètes, le Messie devait fonder ici-bas. — In diebus... regnorum... Dans le chaldéen : aux Jours de ces rois. C'est le concret pour l'abstrait ; car évidemment 11 s'agit encore des quatre royaumes représentés par la statue. La Vulgatc exprime donc bien la i.iensée. Trois de ces empires auront disparu lorsque la pierre viendra frapper et détruire le quatrième; mais Daniel les envl- Bage tous ensemble, comme continuant d'exister dans le dernier des quatre. — Sttacitabit Deua. Le nouveau royaume qui leur succédera sera donc tout céleste et divin dans son origine, de même qu'ils étaient entièrement humains. — Regnum teteruum: tandis que les autres avalent été essentiellement transitoires. Le prophète Insiste sur cette perpétuité : quod iti œUrnum.^ — Alteri populo non... Les monarchies terrestres ■ont soumises à de fréquents changements dans le cours des siècles, passant dos mains d'un jKîuple à celles d'un autre, comme l'n iirécisémeni démontré l'Interprétation du son;:e. Le royaume messianique ne deviendra Jamais la proie des conquérants; Il sera toujours, de par la volonté de Dieu, t\ proprltté d'Israël : d'abord de l'Isratl

selon la chair, puis de l'Israël mystique.— Cornminuit... et... : de même que le quatrième empire avait brisé les trois précédents (note du vcre. 40«>).

— 7p.«um stabit... Encore l'éternité du royaume ilu Messie, énoncée cette fols en termes positifs.

— i^ecundum quod... (vers. 4S ). Cbald. : C'est pourquoi tu as vu qu'une pierre... — De monte. reut-être la colline de Sion, qui, en d'autres oracles ehristologiqucs, est mise en relaiions étroites avec le Messie et son règne. Cf. Ps. ii, 6, et cix, 2 ; Is. U, 2, etc. — Abscissns... sine manibus. Comme au vers. 34«. Voyez la note. De nonveau l'origine divine du cinquième empire. — Lapi>'. Ailleurs encore, le Christ est comparé à un rocher, quoique sous un autre aspect. Cf. Ps. cxvu, 22; Is. xxviu, 16; Matth. xxi, 42. A Babylone, cette Image avait une force particnliéro, car les pierres y font défaut, et tout était construit en briques et en argile. — Comminuit tei-tam... aurum. C.-ii-d. que la pierre symbolique mit en pièces les royaumes figurés par ces divers métaux. Dans le texte primitif, l'énumératiou a lieu d'après l'ordre que voici : le fer, l'airain, l'argile, l'argent et l'or. C'est probablement à cause de l'assonance des mot* fto-vpâ' et kaspâ' que l'argile est rapprochée de l'argent. — Daniel n'Interprète pas le trait « factus est mons... et Implevlt... i» (cf. vers. 35»), suffisamment clair par lui-même. Le cinquième royaume devait donc s'étendre peu à peu dans toutes les directions, de manière à envahir la terre entière. C'est bien ce que l'empire du Messie n'a pas cessé de faire depuis sa fondation. Son Inébranlable solidité ne saurait être mieux représentée que par l'image d'une haute montagne, que rien ne peut renverser. — Deus magiius. Remarquez cette épithète, par laquelle Daniel relève la toute-puissance île son Dieu. — Oi-tendil régi. Le Jeune prophète signale de nouveau la condescendance particulière de Jéhovah envers Nabuchodonosor. Cf . vers. 28 et 30. — Quae... postea : après l'époque dn grand roi. Comp. le vers. SS*». — Verum (ch.ald.: solide, sûr)... somiHum... Conclusion solennelle, par laquelle Daniel garantit au roi que le songe avait une entière « réalité objective », et que t ca

Dan. II, 46-49.

4'?; Alors le roi Nabuchodonosor se prosterna la face contre terre et adora Daniel, et il ordonna qu'on lui ofEi-ît des victimes et de l'encens.

47. Parlant ensuite à Daniel, le roi dit : Votre Dieu est véritablement le Dieu des dieux, et le Seigneur des rois, et celui qui révèle les mystères, puisque tu as pu dévoiler ce secret.

48. Alors le roi éleva Daniel aux plus hauts honneurs et lui fit de nombreux et magnifiques présents ; il lui donna le gouvernement de toutes les provinces de Babylone, et l'établit chef suprême de tous les sages de Babylone.

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