Daniel autem postula vit a rege
qu'il symbolisait était entièrement certain » : et
fidelis...
T> Nabuchodonosor comble d'honneurs Daniel et ses trois coiiip;ignons. II, 46-49.
46-47. Vive impression produite snr le monarque par cette révélation. — Ceeiiit super... Le potentat superbe se prosterne devant son serviteur, son captif. Bien plus, Davielem adoravit. Il est à noter que si le verbe sâgaâ, qui correspond ici à a adoravit », a tout d'abord la signification de s'incliner en signe de respect, il n'est employé dans la Bible que pour marquer un acte d'adoration proprement dite. Cf. m, 5 et ss.; Is. XLiv, 13, 19, et xLvi, 6, etc. Toutefois 11 est bien évident, d'après le verset suivant (« Vere Deus vester... »), que Nabuchodonosor, en se courbant ainsi devant Daniel, ne voulait nullement lui rendre à lui-même les honneurs divins; c'est nn autre qu'il adorait en lui, c.-à-d. Jéhovah, le Dieu des Juifs, qui venait de se manifester d'une manière si visible par l'intermédiaire du Jeune homme, il est évident aussi que Daniel n'accepta pas ces honneurs pour lui-même; et, s'il ne les repoussa pas formellement, c'est parce qu' « après ce qyx'U avait dit au roi (cf. vers. 28) touchant celui qui révèle les secrets, 11 ne pouvait y avoir, dans l'acte du rot, aucun doute possible ». (Fabre a'Envleu, h. l.) — Et... praecepit... Nabuchodonosor veut rendre son adoration complète, par l'offrande de sacriflces non sanglants (miniicch ; Vulg., hoHias) et la combustion de parfums {ivcensum). Voyez X'Atl. archéol., pi. ex VI, flg. 7; pi. ex VII, tlg. 10, etc. — Loquens... rex (vers. 47). Le roi explique très clairement la nature et la signification de son acte. — L'adverbe vere est mis en avant pour souligner la pensée. — Devs vester : le Dieu de Daniel, d'Ananias, de Misaël et d'Azarias. — Deus deorum. En parlant ainsi, Nabuchodonosor est loin de i-econnaître que Jéhovah fût l'unique vrai Dieu; mais « il le juge digne de recevoir nne place très honorable dans lo panthéon babylonien », le regar;l:iiit comme une divinité plus puissante que les autres. l.,'expressl()n demeura donc toute païenne sur les lèvres du prince. — Dominus regum : supérieur à ce qu'il y avait de Vins grand sur la terre et au oieL — Révélant
mysteria : ainsi que Daniel l'avait aflBrmé avant de raconter et d'interpréter le songe. Cf. vers. 29.
— Quoniam tu (pronom très accentué : toi, à l'exception de tous les autres) potuisti... C'est cette puissance de Daniel qui arrachait au roi l'éloge du Dieu qui la lui avait conflée.
48. Daniel est nommé gouverneur de la province de Babylone. — In sublime..., et munera : conformément à la promesse faite aux mages, vers. 6. — Constituit... super omnes. Le chaldéen a simplement : sur toute la province de Babylone. L'empire chaldéen était divisé en un certain nombre de provinces (cf. m, 2); Daniel fut nommé gouverneur de celle de Babylone, la première d'entre elles. — Et prse/ectiim mngistratuum... Autre titre considérable qui fut conféré à Daniel, D'après le chaldéen : rab;signin (chef des préposés) sur tous les sages... Nomination très naturelle, 'i puisque Daniel s'était montré supérieur à tous et leur avait sauvé la vie. » Ainsi dodc, à la têta de chaque groupe des sages de Babylone, 11 y avait un sagân ou président ; le captif juif devint le chef de tous ces présidents, et par ]h même « l'un des personnages les plus élevés et les plus estimés de l'empire babylonien. On ignore... quelles étaient au juste les attributions de l'emploi de Daniel à la cour. Mais... rien n'indique que cet emploi impliquât des fonctions, religieuses ou autres, propres au paganisme. Il sufQt de connaître le monothéisme rigoureux de Daniel, qui se révèle presque à chaque ligne de son livre, pour comprendre que l'exercice de cette charge ne l'engageait à aucun acte d'idolâtrie, à aucune superstition, à aucune chose contr.ilre à la religion ■ mosaïque. Le prophète hébreu ne fut pas chargé de présider des actes de divination, de magie ou d'astrologie. Il ne lui incombait pas de surveiller la pratique des rites païens». (Fabre d'Envieu , h. l.)
49. Daniel obtient aussi d'honorables fonctions pour ses trois amis. Ce trait prépare le récit du chap. III. — Postulavit... Il pouvait tout demander en ce moment favorable. — Super opéra... C.-à-d., sur les affaires de la province. Les trolfc compagnons de Daniel eurent ainsi à icmplir des fonctions importantes, dlrectementsous ses ordres.
— Jpse autem... Le narrateor va signaler un
Dan. III, 1.
et constituit euper opéra provinciae Baliylonis, Sidrach, Misach et Abdenago; ipse auteir. Daniel erat in foribus régis.
corda, de donner à Sidrach, à -Misach et à Abdenago l'intendance des affaires de la province de Babylone; quant à Daniel, il était à la cour du roi.