car l'ordre du roi était pressant
Or la fournaise était cxtraordinairement embrasée ; aussi les hommes qui y avaient jeté Sidrach , Misach et Abdénago furentils tués par la flamme ardente.
23. Cependant ces trois hommes, Sidrach, ^lisach et Abdénago, tombèrent liés au milieu de la fournaise embrasée.
Je n'ai pas trouvé ce qui suit dans l'hébreu.
pas en usage chez les Bahv'.'.inlcns. Le mot chal- Uéen sarbaUïn, de la racine sarlial, couvrir, représente plutôt la tunique intérieure, ou chemise. — Tiaris. Chald. : p'iié'ui ; nom de la tuntnue supérieure. Ici encore saint Jérôme a suivi TluoJotion (Tiàpai), qui s'est laissé égarer sans doute par la ressemblance du mot original avec T^ctaffo;, chapean. — Calceameniis. Théodotlon : TtspixvriiJiïSe;, des Jambarts. Chald.: karh'lân,
■liiiiia«tliiiiiMiMiifil>f''iiiiiirii1!lllMI^
FournaiBe assyrienne. ( Portes de Balawat.)
mantenus. Il est à remarquer que les trois vêtements cités correspondent très exactement à ce qn'lltrodote nous dit (i, 195) du costume babylonien, conijio:;é d'une chemise de lin, d'une tunlquo de laine et d'un mante.iu blanc. — Et veatibus. Expression générale pour conclure la description: leurs autres v6teinents, comme la coiffure, la chau8sure,etc.— Mis.fi...in meditun...: probablement par une ouverture pratiquée it l'un des côtés de la fournaise. « Un bas -relief en bronze d'une des portes du palais de Balnwat (Toyez la figure ci-dessus) représente un de ces 'a({ùn (c'est le nom que n'çon la fournaise dans le texte chaldéen)... Il paraît de forme rectangulaire et comme partagé en deux étnges, à chacun desquels on remarque trois ouvertures, on torme de portes ou de fenêtres, les unes rectan-
gulaires, les autres cintrées. Des flammes s'échappent avec violence de plusieurs d'entre elles. Les têtes d'une dizaine de suppliciés condamnés au feu sont figurées au-dessus et aux côtés de la fournaise. » (P. Vigouroux, Bible et découvertes, t. IV, p. 328 de la 6« édlt. ) — Nam jussio... (vers. 22). Le narrateur explique pourquoi les trois Hébreux furent Jetés dans le feu tout habillés : le roi , furieux , ne voulait pas tolérer le moindre délai. D'ordinaire, comme
on le voit par les monuments, en
AssjTle et en Chaldée , les suppliciés étaient d'abord dépouillés de leurs vêtements (Atl. archéol., pL lxxii, flg. 3, etc. ). — Fomax autem. . . La répétition de ce détail a pour but de préparer la mention du suivant :
porro viros... Lorsque le four était chauffé d'une manière régulière, les bouiToaux ne couraient aucun danger; dans le cas présent. Us furent asphyxiés en un Instant. Leur mort forme le plus frappant contraste avec la délivrance miraculeuse de ceux qu'ils avaient lancés dans les flammes (cf. vers. 24 et ss.). — T'iri... très (vers. 23). En apparence, pas le moindre espoir de salut pour eux, puisqu'ils tombèrent liés dans cette fournaise dont on ne pouvait approcher sans périr.
S" Prière d'Azarias au milieu det flammes. III, 24-45.
L'obseivation insérée par saint Jérôme entre les vers. 23 et 24, quse sequuntur... non reperi, se rapporte à tout ce qui suit, Jusqu'au vei-s.OO inclusivement, comme l'indiquera alors une autre note du traducteur latin. Ces soixante - sept versets manquent donc dans le texte original, et ont été empruntés à Théodotlon. Sur leur authenticité et la langue dans laquelle ils furent composés, voyez rintrod., p. 117 et 118. Dans le chaldéen actuel, 11 existe certainement, plusieurs rationalistes de marque en conviennent, un étrange hiatus entre les vers 23 et 24 (23 et 91 de la Vnlgate), et 11 est visible que des détails Importants ont été omis. Par exemple, comme 11 n'a pas été dit que les Jeunes gens furent sauvés (comp. le vers. 24 de la Vulg. ), et qu'un ange était descendu auprès d'eux (cf. vers. 49), on a de la peine h comprendre l'étonnement manifesté p»r Nabil* chodonosor (of. Tere. 91 et saj.
Dan. III, 24-28.
24. Et ils marchaient au milieu de la flamme, louant Dieu et bénissant le Seigneur.
25. Or Azarias, se tenant debout, fit cette prière, et, ouvrant la bouche au milieu du feu, il dit :
26. Soyez béni. Seigneur, Dieu de nos pères, et que votre nom soit loué et glorifié dans tous les siècles ;
27. parce que vous êtes juste dans tout ce que vous nous avez fait, et que toutes vos œuvres sont vraies et vos voies droites, et que tous vos jugements sont véritables.
28. Car vous avez rendu des jugements équitables dans tout ce que vous avez fait venir sur nous et sur la cité sainte lie nos pères, Jérusalem; parce que c'est
24. Et ambiilabant in raedio flammae, laudantcs Deum, et benedicentes Domino.
25. Stans autem Azarias oravit sic, aperiensque os suum in medio ignis, ait :
26. Benedictus es. Domine, Deus patrum nostrorum , et laudabile et gloriosum nomen tuum in saecula ;
27. quia justus es in omnibus quœ fecisti nobis, et universa opéra tua vera, et viae tuae rectse, et omnia judicia tua vera.
28. Judicia enim vera fecisti juxta omnia quse induxisti super nos, et .-upei civitatem sanctam patrum nostrorum, Jérusalem, quia in veritate et in judicio
24-25. La délivrance ; introduction à la prière. — Et amliulalant. . . Les flammes avalent donc brûlé leurs liens. Cf. vers. 92». — Laudantes Deum... Leur première pensée, en se voyant sauvés, les porte à louer et à bénir leur divin libérateur. — Stans... aperiensque... Formule très
Les trois jeuDes gens dans la fournaise. (Peinture des Catacombes.)
solennelle d'introduction. Le nom hébreu d'Aza^ rias reparaît ici et au vers. 49 (comp. plus loin, vers? 88). Ce fait est très naturel, car actuellement, pour le narrateur, il ne s'agit plus du lonctlonnaire chaldéen, mais de l'Israélite fidèle. — Oravit .lic. Azarias eut donc le principal rôle dans cette prière; voilà pourquoi elle lui est appropriée. Mais elle n'exprimait pas moins les sentiments de ses deux compagnons que les siens. Elle s'élève immédiatement au-dessus du fait particulier qui lui servit d'occasion; en réalité, c'est pour tout Israël, et au nom de tout Israël, alors si malheureux, qu'elle est faite. Elle demande au Seigneur, dont l.i puis-^ance et la bonté se manifestaient, à cette heure même, d'une manière Bi extraordinaire, la délivrance et le rétablissement du peuple théocratique. Comme les souffrances et les humiliations des Juifs provenaient de leurs crimes, la supplication, après un court
prélude (vers. 26-27), débute très naturellement par une humble confession (vers. 28-33); la demande proprement dite est ensuite formulée en un langage pressant (vers. 34-35) : que Dieu daigne ne pas détruire l'alliance contractée autrefois par lui avec les Hébreux, mais qu'il rétablisse sa nation privilégiée et se glorifie ainsi lui-même! — Les mots in medio ignis sont répétés plusieurs fois, pour faire ressortir le miracle. Cf. vers. 23b, 24, 50^ 51, etc.
26-27. Doxologie, qui sert de prélude à la prière. — Benedictus. li était juste que la louange formât le début de cette supplication touchante: louange très concise, mais très forte et très délicate. — Domine, Deus patrum... Deux appellations qui disaient beaucoup pour un Juif, car elles exprimaient en abrégé toute l'histoire de la vocation d'Israël et des merveilles opérées par Jéhovah en leur faveur. Comp. les vers. 35-38; I Par. xsix, 10, 20, etc. — Laudabile... nomen.„ Le nom de Dieu, c'est l'expression de ses manifestations glorieuses ; il est donc infiniment digne d'éloges. — Quia justus... (vers. 27). TransitiOD h l'idée dominante de la prière. La justice du Seigneur est l'un des attributs les plus vantée dans les saints Livres. Cf. Deut. xxxii, 4 ; Ps. cxvin, 137, 151, et cxLnr, 17, etc. — Le trait in otnnibus est fortement souligné. Il s'applique surtout, d'après ce qui suit, aux châtiments dont le Seigneur avait frappé les Juifs par l'intermédiaire des Ch'aldéens. Cf. Neh. ix, 33. — Opéra... vera. Des" œuvres sont vraies lorsqu'elles sont telles qu'elles doivent être, et conformes soit à la nature, soit aux desseins de celui qui les accomplit. — Vise tuœ. C- à - d. , la conduite de Dieu dans set plus petits détails. Pour la pensée , voyez Os. xrv, 9»>; Act. xin, 10». — Jmlicia... vera. Les jugements terribles de Jéhovah envers son peuple n'avalent pas été trop sévères.
28-33. Azarias fait une humble confession des péchés d'Israël. — Judicia enim... Développement de la pensée qui précède. Au lieu de l'adjectif vera , les deux textes grecs emploient l'abstrait : des jugements de vérité. Hébraïsma
Dak. III, 29-35.
induxisti oinnia haec propter peccata Dostra.
29. Peccavimus enim, et inique egituus recedentes a te, et deliquimus in omnibus;
30. et praecepta tua non audivimus, nec observavimuB , nec fecimus sicut prœceperas nobis, nt bene nobis esset.
31. Omnia ergo quse induxisti super nos, et universa, quse fecisti nobis, in vero judicio fecisti ;
32. et tradidisti nos in manibus inimicorum nostrorum iniquorum , et pessimoruni , prœvaricatorumque , et régi injusto et pessimo ultra omnem terram.
33. Et nunc non possumus aperire os ; confusio et opprobrium facti sumus servis tuis et his qui colunt te.
34. Ne, quaesumus, tradas nos in perpetuum, propter nomen tuum, et ne dissipes testamentura tuum ;
35. ncque auferas misericordiam tuam a nobis, propter Abraham, dilectum tuum.
dans la vérité et dans la justice, à cauBP de nos péchés, que vous avez amené tout cela.
29. Car nous avons péché, et nous avons commis l'iniquité en nous retirant de vous, et nous avons manqué en tout;
30. nous n'avons pas écouté vos préceptes et nous ne les avons pas observés, et nous n'avons pas agi comme vous nous l'aviez commandé , afin que nous fussions heureux.
31. Ainsi tout ce que vous avez amené sur nous et tout ce que vous nous avez fait, c'est par une justice véritable que vous l'avez fait ;
32. et vous nous avez livrés entre les mains de nos ennemis, qui sont injustes, scélérats, prévaricateurs, et au roi le plus injuste et le plus méchant qu'il y ail sur la terre.
33. Et maintenant nous ne pouvons pas ouvrir la bouche; nous sommes devenus la confusion et l'opprobre de vos serviteurs et de ceux qui vous servent.
34. Ne nous abandonnez pas à jamais, nous vous en supj)lions, à cause de votre nom, et ne détruisez pas votre alliance,
35. et ne retirez pas de nous votre miséricorde, à cause d'Abraham votre
évident. — Omnia quse indnxiMi... AUnsion à la ruine de l'État jnlf et à la captivité du plus grand nombre de ses habitants. Leur propre martyre rappelait vivement aux trois jeunes gens l'oppression cruelle que subissait alors toute leur nation .
— Civitatem sanctam. Beau nom qu'on donnait à Jérusalem, en tant qu'elle était la résidence de J<;-!iovah et la capitale de son peuple. Cf. Neh. XI. 2 ; Is. XLviiT, 2, etc. — In verilate... et jtKîicio. Autre hébraïsme (ils abondent dans la prière): par un Juste jugement. La punition n'avait pas été plus grièvequeles fautes : propter peecata...
— Peecavtmtts enim. . . Les vers. 29 et 30 commentent avpc vlgneur les mots « à cause de nos pèches ». — Recedentes a te : surtout par l'idolâtrie, qui avait été le principal crime des Hébreux et la source de presque tous leurs autres péchés, tel If nient multiples, qu'Azarias peut dire «ans exagération : deliquimus in omnihug. — Prsecepta... non... (vers. 30). Leur i>erpélue;:e désobéissance à la loi divine est mise en relief par une triple répétition de l'idée : née... nec...
— Vt bene... DéUil tr^s pathétique. Il ne dépendait que des Juifs de trouver un hionheur parfait dans l'accomplisscnicnt Adèle des ordres de leur Dieu. Cf. Deut. iv, 40. — Omnia ergo... (vers. S I ). D'après les LX X : " Et nunc, omnia... ; » c'est l'hétircu Valfah. Conclusion tna légitime de co qtii précède. Puisque les Israélites étalent si coupable», c'ect avec une entière Justice que Dieu les avait punis : in vei-o... — 7« matiibua Uiimicorum... (vers. 32) : aux mains (]es Chai-
déens, les ennemis les plus terribles du peuple Juif. Ils sont caractérisés par quelques épithètes énergiques : iniquorum et... C!elle d'apostats, qu'on lit dans le grec au lieu de praivariratorum, doit représenter ici le substantif hébreu mordlm, qui slgnifle : rebelles, opiniâtres, farouches, et que les LXX traduisent assez fréquemment par aTiOGzi-zai. — Et régi... Nabuchodonosor est mentionné à part, comme ayant été l'instrument principal et personnel du châtiment. — Ultra omnem... Mieux d'après le grec : sur toute la terre. — Rt nunc... Conclusion de la confession (vers. 33). — y^on ponsumus aperire... Impossible aux Juifs de s'excuser, de murmurer contre leur destinée, tant leur culpabilité était manifeste. — Confwio... servis tuis. D'après le grec : La confusion et l'opprobre ont été (« facta snnt ») ponr tes serviteurs. Leçon très claire et bien préférable.
34-45. La prière. Azarias conjure le Seigneur de ne pas traiter les Juifs selon leurs péchés, et de ne pas briser la sainte alliance qu'il avait contractée avec eux, mais do les secourir au plui tAt. — Ne... tradas... Que Dieu ne les abandonne pas à tout Jamais, sans espoir d" délivrance ( il» perpetuum; c'est là l'Idéi! principale), entrt le« mains de leurs ennemis. — l'roptcr vomen... Motif très délicat : c'est moins leur propre intérêt qae celui de la gloire divine qu'ils ont en vue dans leur demande. Si Juhovah ne sauvait pas sa nation, les païens le croirairnt Impuissant et ae rii-alcnt de lui. Cf. Ez. xxxvi, 3S S3, etc.
Dan. m, 36-39.
bïon-aimé. et d'Isaac votre serviteur, et d'Israël votre saint,
36. auxquels vous avez parlé, promettant de multiplier leur race comme les étoiles du ciel, et comme le sable qui est sur le rivage de la mer;
37. car, Seigneur, nous sommes réduits à un plus petit nombre que toutes les nations, et nous sommes aujourd'hui humiliés sur toute la terre à cause de nos péi.'liés.
38. Et il n'y a plto ..rtuellement ni prince, ni chef, ni prophète, ni holocauste, ni sacrifice, ni oblation, ni encens, ni endroit pour vous offrir les prémices,
39. afin que nous puissions trouver votre miséricorde. Mais recevez -nous dans un cœur contrit et dans un esprit humilié ,
et Isaac, servum tuum, et Israël, sanctum tuum,
•36. quibus locutus es pollicens quod raultiplicares semen eorum sicut stellas caeli , et sicut arenam quse est in littore maris ;
37. quia, Domine, imminuti sumus plus quam omnes gentes, sumusque humiles in uni versa terra hodie propter peccata nostra.
38. Et non est in tempore hoc princeps, et dux, et propheta, neque holocaustum , neque sacrificium , neque oblatio, neque incensum, neque locus primitiarum coram te,
39. ut possimus invenire misericordiam tuam. Sed in animo contrite, et spiritu humilitatis susciDiamur,
— Dissipes est dramatiqne : Jeter à tous les vents (grec: ôiao-xeScfo-Y);; c'est par ce verbe qiie les LXX traduisent habituellement la locution hébraïque héfer b'rît, briser l'alliance). — Tegtamentum tuum : l'alliance, si honorable pour Israël, qui avait été formée auprès du Slnaï. — Propter Abraham... Autre motif délicat. En nommant h Dieu les trois ancêtres d'Israël qui lui avaient été plus particulièrement chers, Azarias est sûr de l'attendrir. Chacun des patriarches est caractéri>é par une épithète spéciale. — Dilectum tvuin. Abraham reçoit ce beau nom d'ami de Dieu , parce que le Seigneur lui avait donné les marques d'une affection spéciale et très Intime. Cf. II Par. XX, 7 ; Is. xli, 8 ; Jer. ii, 23. Les Arabes le nomment encore El-Khalîl, l'ami. — Servum tuum. L'expression la plus habituelle pour marquer des rapports familiers avec Dieu. — Sanetttm tuum. Jacob avait reçu, dans sa lutte mystérieuse avec le Seigneur, une bénédiction de choix, qui l'avait sanctifié, consacré. Cf. Gen. XXXII, 28 ; Os. xn, 4. — Quibus locutus... (vers. 36). Dion avait promis fréquemment et Bolennellenient à Abraham, à Isaac et à Jacob de multiplier ]ei}r postérité d'une manière extraordinaire. Au lieu de pollicens, les LXX ont iimiileraent : /iyojv. Ce mot manque dans Théodotion. — Sicut stellas... arenam... Trait empninté à Gen. xv, 6; cf. xxii, 17. — Quia... imminuti... (vers. 37). A ces magnifiques promesses, Azarias oppose, pour mieux toucher le cœur de Dieu, l'état déplorable auquel le peuple Juif avait été réduit. — Ja universa terra. Les Interprètes regardent pour la plupart comme probabe, d'après le parallélisme (comp. les mots plus quam omnes...), qu'il y avait dans le texte primitif : Plus que toute la terre. Voyez une pensée semhlat)le, Thren. r, 11; v, 8, etc. — Et nm, est... (vers. 38). Détails navrants, pour dépcinilre la iriste situation d'Israël, qui était devenue telle qu'Osée, m, 4, l'avait autrefois prédite. Le peuple n'a plus ni chef civil (prin-
eeps; LXX et Théodot. : à'p/wv), ni chef religieux (car tel est sans doute Ici le sens du mot dux; dans le grec, Yjyounévoç), ni prophète qui lui fasse connaître les volontés de Dieu. Les sacrifices, ce signe et ce gage visibles de l'alliance, ont disparu avec le temple, qui était le seul local où 11 fût permis de les offrir : neque..., neque... Azarias signale les principaux d'entre eux : l'holocauste, les victimes d'actions de grâces ( désignées vraisemblablement par le mot général sacrificium , Qufft'a), les sacrifices non sanglants {oblatio, irpoo-çopâ), l'encens qu'on brûlait avec chaque eaoriflce. — Locus pHmitiarutn. Par l'offrande des prémices (cf. Ex. xxiii, 19, etc.), Israël témoignait chaque jour qu'il était réellement le peuple de Jéhovah, auquel il payait ainsi la redevance et l'impôt. V.ariante dans le grec : Un lieu pour sacrifier devant toi icontra te). Cette seconde moitié du vers. 38 était strictement exacte à l'époque de Daniel. Pour ce qui est de la première, il est vrai que le roi .Toachlii vivait encore loi'oque Azarias adressait à Dieu sa belle prière (cf. IV Reg. XXV, 27 et ss.), qu'il y avait en Babylonie, parmi les Juifs captifs, des princes et des prêtres nombreux, que Jérémie et Baruch en Palestine, Ézéchlel et Daniel eu Chaldée, prophétisaient au nom du Seigneur; mais le roi et les princes étaient sans la moindre autorité, les prêtres 'ne pouvaient exercer leur ministère principal", et les rares prophètes qui restaient ne s'adressaient qu'à des fragments de la nation. La pensée revient donc à celle-ci : le bel organisme dont se composait le gouvernement théocratiqne n'existe plus. Comp. Ps. lxiii, 9 ; Thren. n, 9 ; Ez. XIV, 3, et xx, 3 : passages où elle est exprimée de la même manière. — Sed in animo... (vers. 39). Réminiscence du Ps. l, 18-19. Quoiqu'ils ne puissent se présenter devant leur Dieu avec de nombreuses victimes propitiatoires, les Israélites le conjurent, par la bouche d'Azarias, d'agréer leurs sentiments d'humilité et de repentir, comme si c'étaient des sacrifices proprement
Dan. ITT, 40-48.
40. sicut in holocauste arietum , et tauroruni , et sicut in inillibus agnorum pinguium, sic fiât sacrificiura nostrum in conspectu tuo hodie, ut placeat tibi, quoniam non est confusio confidentibus in te.
41. Et nunc sequimur te in toto corde ; et tiraemus te, etquferimiisfaciera tuam.
42. Ne confunda.s nos, sed fac nobiscum juxta mansuctudinem tuam, et secundum multitudinem miseiicordiae tuae.
43. Et crue nos in rairabilibus tuis, et da gloriam noraini tuo, Domine;
44. et confundantur omnes qui ostendunt servis tuis mala, confundantur in omni potentia tua, et robur eorum conteratur,
45. et sciant quia tu es Dominus Deus Bolus, et gloriosus super orbem terrarum.
46. Et non cessabant qui miserant eos rainistri régis succendere fornacem, naphtha, et stuppa, et pice, et malleolis;
47. et efïundebatur flamma super fornacem cubitis quadraginta novem;
48. et erupit, et incendit quos reperit juxta fornacem de Chaldaeis.
40. comme un holocauste de bélierB et de taureaux, comme des milliers d'agneaux gras, qu'ainsi notre sacrifice paraisse aujourd'hui devant vous et qu'il vous soit agréable, car ceux qui ont confiance en vous ne sont pas confondus.
41. Et maintenant nous vous suivons de tout notre cœur; nous vous craignons, et nous recherchons votre face.
42. Ne nous confondez pas, mais agissez envers nous selon votre douceur et selon la multitude de vos miséricordes.
43. Délivrez -nous par vos merveilles, et donnez gloire à votre nom , Seigneur.
44. Que tous ceux qui font souffrir vos serviteurs soient confondus ; qu'ils soient confondus par votre toute -puissance, et que leur force soit brisée ;
45. et qu'ils sachent que vous, Seigneur, êtes le Dieu unique et glorieux sur toute la terre.
46. Cependant les serviteurs du roi qui les avaient jetés f/an-s le feu ne cessaient pas d'allumer la fournaise avec du bitume, de l'étoupe, de la poix et des sarments;
47. et la flamme s'élevait quarante-neuf coudées dehaut au-dessus de la fournaise;
48. et elle s'élança et brûla ceux des Chaldéens qu'elle trouva près de la fournaise.
dits : slcut... sic... (vers. 40). — Arietum, taurorum, agnorum: les animaux offerts le plus eouvent en sacrifice. — In mtllibus. Dans le g^rec : avec des myriades. — Sacrificium nostrum. C-à-d., leur contrition, leurs prières, leurs dispositions généreuses. — Quoniam non est... Bel acte de fol : jamais l'espoir de ceux o"' ont espéré au Seigneur n'a été confondu. — Jt nunc... ( vers. 41 ). Saintes résolutions pour l'avenir. L'emploi du temps préseT\t(sequimur,tlmem%is...) marque l'intention que l'on a de les tenir sans retard. — Quœrimtis faclem,. . . Hébraïsme ; chercher avec empressement les moyens de plaire à Dieu et de reconquérir ses faveurs. Cf. Os. v, 16, etc. — Ne confundas... (vers. 42). La prlèie reprend, plus pressante, exprimée toujours en termes très délicats. - Juxta mayisuetudinem... : et non selon sa colère, comme 11 en aurait parfaitement le droit. — Erue... in mirabilibus... (vers. 43). S'il le faut, que Jéhovah renouvelle, pour sauver son jKiuple, les merveilles qu'il avait accomplies si souvent dans le cours de leur histoire. — Da gloriam... Kncorc le motif supérieur de la gloire de Dieu.— Confundantur... (vers. 44): par op{io8ltion à la demande « Ne confundas nos » (cf. vers. 42). Que les ennemis d'IsraCI soient à leur tour couverts de confusion l Au Heu de in omni potentia tua, lo grec a ceito variante : • Confundantur ab omnl potentia; » qu'ils soient
confondus en perdant toute leur puissance. Hébraïsme évident. — Et sciant quia... (vers. 45). Ce sera le résultat final. Azarlas ne demande pas la ruine pure et simple des adversaires de son peuple, mais leur humiliation, de sorte qu'Us soient contraints de reconnaître la divinité du vrai Dieu. Cf. Deut. iv, 39; IV Reg. xi\, 19, etc.
6* Manière merveilleuse dont le Sflgnour protégeait ses trois serviteurs dans la fournaise. III, 46-60.
Ce passage complète ce qui a été dit aux vers. 19-23.
46-48. Les Chaldéens continuent de chauffer la fournaise. Ces détails font ressortir de plus en plus la grandeur du miracle. — Son ccsfahaut... Ceux des exécuteurs qui avaient échappé aux llamines (qui inl.icravt. .; cf. vers. '22^) continuaient d'aviver le feu en y jetant des matières très Inflammables. — Naphtlia. Le naphtc, qui abonde en Babylonle (cf. Oioscorlde, i, 101; saint Jérôme, h. l.), est un bitume liquide. Incolore, très Inflammable. — Stuppa. L''''toupe est aussi mentionnée par Igaïe, i, SI. — Malleolis, comme le grec y.'f.rfU.a.ii:, désigne tout d'abord des sarments ; puis, et c'est le cas Ici , le petit bols en général, les fagots.— f^y^un(7el»afur... Conséquence naturelle de ce chauffage extraordinaire. CuHlis quadraginta norem. Ce qui fait environ 25'" rs, la coudée équivalant à 0-" 526. — liicen-
Dan. III, 49-53.
49. Or l'ange du Seigneur descendit îujirès d'Azarias et de ses compagnons dans la fournaise , et il écarta les flammes et le feu de la fournaise,
50. et il fit au milieu de la fournaise comme un vent de rosée qui soufflait et le feu ne les toucha nullement ; il ne les incommoda pas et ne leur causa aucune peine.
61. Alors ces trois hommes, comme d'une seule bouche, louaient, glorifiaient et bénissaient Dieu dans la fournaise, en disant :
52. Vous êtes béni , Seigneur, Dieu de nos pères ; vous êtes louable , et glorieux, et élevé au-dessus de tout dans tous les siècles ; le saint nom de votre gloire est béni, il est louable et élevé au-dessus de tout dans tous les siècles.