Signa et mirabilis fecit apud me Deus excelsus
100. Placuit ergo mihi prœdicare signa ejus, quia magna sunt; et niirabilia ejus, quia fortia ; et regnum ejus reguum sempiternum, et potestas ejus in generationem et generationem.
98. Le roi Nabuchodonosor, à tous les peuples, à toutes les nations et à toutes les langues qui habitent sur toute la terre. Que la paix se multiplie pour vous !
99. Le Dieu très haut a fait en moi des prodiges et des merveilles.
100. Il me plaît donc de publier ses prodiges, parce qu'ils sont grands, et ses merveilles, parce qu'elles sont étonnantes ; son royaume est un royaume éternel , et sa puissance s'étend de génération en génération.
en, l'Interprétation de ce songe par Daniel et son accomplissement Intégral. « On pourrait être surpris de ce qu'un souverain raconte un événement aussi humiliant pour lui ; mais KabucliodonoBor, malgré tout son orgueil, reconnaissait sans peine les faveurs de la divinité, comme le montrent ses inscriptions ; 11 trouvait même moyen de s'en faire gloire, parce qu'il en tirait nne preuve que les puissances célestes l'aimaient et le protégeaient au-dessus de tous les autres hommes. Le récit de sa maladie a été publié aussitôt après sa guéiison, dans toute la ferveur de ea reconnaissance ; l'aveu de ce qui s'était passé devait lui coûter d'autant moins qu'il n'apprenait à son peuple que ce que la plupart savaient déjà, car il était impossible qu'on eût ignoré complètement à Babylone le mal terrible qui avait frappé Nabuchodonosor. » (F. Vlgouroux, Bible et découverUs , t. TV, p. 530-631 de la 6« édlt.) Les rationalistes ont objecté. Il est vrai, que chez aucun historien profane on ne retrouve le moindre souvenir d'un pareil événement. Mais, alors même qu'il eu serait ainsi, « que s'ensnlvralt- II? Que le fait raconté par Daniel n'est point vérldlque? Nullement. Combien de traits de l'histoire ancienne qui ne nous sont connus que par un témoignage unique, et que personne ne révoque en doute I Aucune histoire proprement dite de Nabuchodonosor n'est parvenue jusqu'à nous ; nous n'en connaissons que quelques traits épars. Il y a par conséquent bien des détails de sa vie qui nous sont inconnus, ou mal cotuius, ou connus par un seul historien. Mais, relativement à sa Ifcanthrople, si aucun écrivain de l'antiquité n'en a parlé d'une manière aussi clrconstancke que Daniel, il est difllcile de ne pas voir une allusion à cotte maladie du grand roi dans un pa'-sage de Bérose écbnppé aus injures du temps, et où II nous dit que Nabuchodonosor, c étant « tombé malade, changea sa vie "(voyez JosèjUic, eontr. Apion., i, 20). Abydène a conservé aussi le souvenir d'une tradition d'après iaqucJlc lo rot de Babylone aurait prédit la chute future de son royaume. Eus6be de Césarée a Inséré ce fragment dans sa Préparatioii évangéliqtte (ix, 41), parce qu'il l'a consliléré comme une confirmation du récit du Daniel. Il est difficile, en effet, de ne pas y reconnaître un écho déflguré des événements racontés avec exactitude par lo prophète.» (Vlgouroux, le» Livre» »ain\»
et la crllique rationaliste, t. IV, p. 330 de la 2= édit.) Voyez Fabre d'Envleu, t. II, p. 312 et 68. La lettre royale contient, 11 est vrai, quelques expressions qui rappellent étonnamment le langage de la Bible (comp, in, 99-100, et Ps.cxLiv, 13;
IV, 32, et Is. XL, 17 ; XLUI, 13). Mais on explique sufQsamment ce fait, en admettant que Daniel lui-même aura été chargé de l.i rédaction, ou que, du moins, on l'aura consulté pour savoir en quels tenues on devait parler du Dieu des Juifs.
1" Introduction. III, 98-100.
Ces trois versets auraient dû être rattachés au chap. iv, et non au chap. ni, duquel leur sujet les sépare entièrement. L'épisode s'ouvre très brusquement, comme du reste tous cetuc qui composent cette première partie du livre.
98-lOù. Exorde de la proclamation. — Nabuchodonosor rex... Le rescrit commence, à la façon antique, par une salutation airessée i ar l'auteur à tous les destinataires. Cf. vi, 25; Esdr. iv, 17;
V, 7, etc. — Sur la formule populis..., lingui» , voj'ez la note de iii, 4. — In univeraa terra.^ Fière hyperbole. Les rois d'Assyrie et de Cbaldée prétendaient commander à toute la terre. — /'ox a le sens large de bonheur parfait, à la façon orientale. — Comme date de la malaile de Nabuchodonosor, les LXX mentionnent encore (iv,l) la dix -huitième année de soi; règne (voyez le commentaire de m, 1). Il est probable, d'après le vers. 27, qu'elle eut lieu à une époque plus tardive, tout à fait vers ses dcriiièrcs années, lorsque, ayant achevé ses expéditions guerrières, 11 occupait ses loisirs à embellir Babylone et à construire des temples, comme le raconte Bérose (cf. Josèphc, contra Ap., i, 19). — Signa et mirahilia (vers. 99). Deux expressions synonymes (elles correspondent à ar,[itîa. et à ri para du N. T. ), pour désigner des prodiges surnaturels. Le roi débute par un bel éloge de la bienveillance du Seigneur à son égard ; il achèvera sa lettre par une pensée semblable (cf. vers. 34).
— Deun excelsus. Précédemment déjà, il avait donné ce titre au Dieu des Juifs. Comp. levers. 93.
— Placuit mihi... (vers. 100). Chald.: II est beau devant mol ; c-à-d. : Il m'a paru bon. Nabuchodonosor exprime très nettement le but qu'il s» propose dans sa proclamation : 11 veut faire con natiro à tous ses sujets les prodiges U l'onté et la toute-puissance éternelle de Jéhovab. — Signa
Dan. IV, 1-5.