‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 257 sur 832 · Toutes ces choses arrivèrent au roi Nabuchodonosor · texte numérisé non relu

Toutes ces choses arrivèrent au roi Nabuchodonosor

26. Après douze mois, il se promenait dans le palais de Babylone;

27. et le roi prit la parole et dit : N'estce pas là cette gi'ande Babylone que j'ai bâtie comme résidence royale, dans U force de ma puissance et dans l'éclat de ma gloire?

28. Cette parole était encore dans la bouche du roi, lorsqu'une voix s'élança du ciel : Voici ce qui t'est annoncé, roi Nabuchodonosor : l'on royaume te sera enlevé,'

29. on te chassera du milieu des hommes,, et tu habiteras avec les animaux et les bêtes sauvages; tu mangeras du foin comme un bœuf, et sept temps passeront sur toi, jusqu'à ce que

— Forsitan... Le prophète ne donne pas à Nabuchodonosor une certitude absolue de pardon, car ce point dépendait de Dieu seul ; du moins U lui donne une espérance très forte. Cf. Joël, ii, 13 et 88.; Am. vii, 3, 6; Jon. in, 5 et ss., etc. —

— Jgnoscet delicUs... Le chaldéen dit avec une nuance : (Peut-être) y aura-t-U de la durée pour ca postérité. Cela revient au même pour la pensée.

— Ce vers. 24 est regardé à bon droit par les théologiens comme un « locus classlcus » pour démontrer le mérite des bonnes œuvres. Cf. Tob. rv, 7 et ss.; xii, 8-9; irv, 11; Eccll. m, 33; XVII, 18; XXIX, 15.

6° L'accomplissement dn songe. IV, 26-30.

25. Le fait, brièvement signalé. — Omnia heee... Tout se réalisa, sans exception.

26-27. L'occasion spéciale du châtiment. — Post flnem... Les douze mois sont comptés à partir de la vision. Nabuchodonosor avait eu une année entière pour se repentir. — In aula Babylonis. Chald. : Sur le palais de la royauté (le palais royal) de Babylone ; c.-ù-d., sur la vaste terrasse, du haut de laquelle 11 pouvait contempler toute la ville. Cf. II Ucg. xi , 2, etc.( Jtl. archéol., pi. xii, flg. 1, 4, 5, 10; pi. iiu, flg. 2, 3, etc.) — liesponditque (vers. 27). C.-à-d., Il prit la parole. — lîonne hœe... Réflexion iilelne d'orgueil , qui révèle les pensées Intimes et habituelles du monarque. — Babylon magna. Ville réellement Immense, o Le carré régulier formé par ses mur.illles couvrait une superflcle de fl3 kilomètres (carrés); superflcle plus étendue que le département de la Seine et sept fols plus grande que l'enceinte fortifiée de Pari.s. > Strabon et Paufanlas lui donnent aussi le nom de grande; Hérodote, i, 101, lui attribue 480 stades de circonférence (le stade équivaut à l^S"»). Il Mt vrai que cet espace était loin d'être complètement bâti. La ville était remplie de magnifiques 4dlflce8,8acré8 et profanes. Cf. la. xiu, 19; F.Vlgou-

roux. Bible et découvertes, t. IV, p. 156-164 de la 6« édit. ; VAtl. géogr., pi. ix. — Quam ego sediflcavi. Nabuchonosor avait le droit de tenir ce langage, comme on le voit par ses Inscriptions et par le témoignage des anciens historiens. Il avait tellement embelli Babylone. Il y avait construit de si nombreux et de si riches monuments, qu'on peut le regarder comme le second fondateur de la grande cité (voyez J. Menant, Babjflove et la Chaldée, p. 176). « Il bâtit le temple de Bel, dit Bérose (cité par Josèphe, Ant., x, 11, 1), et beaucoup d'autres édifices avec profusion ; bien plus, de ce qui était, dans les temps plus anciens, une ville, il fit une autre ville par sa magnificence, la rétablissant de nouveau.» — In domum regni. C.-à-d,, comme résidence royale et comme capitale de l'empire. — In gloria decoris... Plutôt, d'après le texte : Pour la gloire de ma splendeur. « Ce que Nabuchodonosor aimait dans Babylone, c'était surtout... le plé<iestnl de sa propre grandeur. » Son orgueil effréné fait qu'il rapporte tout ù lui-même, comme à un centre suprême.

28-29. Nabuchodonosor est averti que l'heure du châtiment est venue pour lui. — Ctimqut adhuc... Trait dramatique. « C'est au moment où l'homme se fait dieu, que Dieu l'abaisse an niveau de la bête. » — Vox de cœlo. (îomp. le vers. 10, où le a saint veillant » descendait du ciel pour apporter la sentence. — Ruit. D'après le chaldéen : tomba. Cette voix fut -elle extérieure, ou simplement intérieure? On ne saurait le dire avec certitude. Peu Importe, d'ailleurs Nabuchodonosor n'eut pas de peine à savoir d'où elle venait et à quel phénomène précédent elle se rattachait. — Tibi dicitur. Littéralement dans le texte : « Tibi dicentcs. > Formule très solennelle d'Introduction. — Itegnum... transibit.^ D'après le chaldéen : « Regnum Iransilt a te. » Le fait est envisagé comme accompli. Voyec, dans

Dan. IV, 30-32.

tu saches que le Très -Haut domine sur le royaume des hommes, et qu'il le donne à qui il veut.

30. A la même heure, cette parole fut accomplie sur Nabuchodonosor : il fut chassé du milieu des hommes, il mangea du foin comme un bœuf, son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu'à ce que ses cheveux eussent crû comme les plumes à.\\r\ aigle, et ses ongles comme ceux des oiseaux.

31. A la fin du temps marqué, moi, Nabuchodonosor, j'élevai mes yeux au ciel, et le sens me fut rendu ; je bénis le Très -Haut, je louai et je glorifiai celui qui vit éternellement, parce que sa puissance est une puissance éternelle, et que son royaume s'étend de génération en génération.

32. Tous les habitants de la terre sont devant lui comme un néant; car il agit comme il lui plaît, soit avec les vertus célestes, soit avec les habitants de la terre; et nul ne peut résister à sa main, ni lui dire : Pourquoi avez -vous fait cela?

hominum, et cuicumque voluerit, det illud.

30. Eadem hora sermo completus est super Nabuchodonosor; et ex hominibus abjectus est, et fœnum, ut bos, comedit, et rore cseli corpus ejus infectum est, donec capilli ejus in similitudinem aquilarum crescerent, et ungues ejus quasi avium.

31. Igitur post finem dierum, ego, Nabuchodonosor, oculos meos ad caelum levavi , et sensus meus redditus est mihi ; et Altissimo benedixi, et viventem in serapiternum laudavi et glorificavi , quia potestas ejus potestas sempiterna, et regnum ejus in generationem et generationem.

32. Et omnes habitatores terrae apud eum in nihilura reputati sunt ; juxta voluntatem enim suam facit tam in virtutibus C8eli quam in habitatoribus terrae; et non est qui résistât manui ejus, et dicat ei : Quare fecisti?

les LXX, une longue addition apocrj'I'he- — -46 hominilmn... (vers. 29). Reproduction lltiCrale du vers. 22, à part les mots 4 et rore cœll infunderis », qui sont omis Ici.

30. Exécution de la sentence. — Eadem hora... Le coup fut soudain, foudroyant. — Et ex hominibus... L'accomplissement de la vengeance divine est décrit à peu près dans les mêmes termes que la menace. Conip. le vers. 29. Non toutefois que Nabuchodonosor ait été chassé au loin par ses sujets. C'est lui -môme qui, devenu Insensé, B'éloigna de la société des hommes et se mit à vivre avec les animaux sauvages, se nourrissant d'herbe comme un bœuf, soumis à toutes les intempéries des saisons (rore... corpus...), négligeant de soigner son corps, et laissant croître ses cneveux et ses ongles {douée capilli...). — In similitudiiiem aquilarum .'C-à-d., àlafaçon des plumes des oiseaux de proie. — Ungues quasi arinm: par conséquent, longs et recourbés. — Ce genre de folie est bien connu ; c'est la terrible maladie que l'on nomme, en langage médical, a Insania zoanthroplca » ou « iycanthropla ». Tous les traits signalés par l'écrivain sacré sont d'une parfaite exactitude. Celui qui est atteint de ce mal se croit métamorphosé en un animal quelconque, dont 11 Imite les mœurs, les cris, les attitudes. € C'est chose d'expérience que, plus les cheveux Bont exposés ù l'influence des mauvais temps et »ux rayons du soleil, plus ils acquièrent de dureté, de manière à devenir en cela semblables aux plumes des oiseaux... Il est aussi certain que les ongles, si on ne les taille point, se recourbent et deviennent semblables... à des griffes â'olseauz. Enûn, Iw personnes atteintes de lycan-

thropie, se croyant changées en bêtes, se nourrissent quelquefois d'herbe, comme les animaux herbivores, s (F. Vigouroux, les Livres saints et la critique rationaliste, t. IV, p. 331 de la 20 édit.)

6" Après sa guérlson, Nabuchodonosor témoigne sa reconnaissance à Dlen. IV, 31-34.

31-33. Il s'humilie, recouvre la santé et reprend ses fonctions royales. C'est la réalisation, très exacte aussi, de la seconde partie de la prédiction. Comp. levers. 23. — Post flnem diertnn. Hébra'isme : à la fin du temps flxé pour le châtiment. Comp. les vers. 13, 22, 29. — Ego Nabuchodonosor. Dans la première portion de son rescrit (m, 98-iv, 15), le monarque a d'abord parlé à la première personne ; puis tout à coup le récit est devenu Indirect (cf. iv, 16-30), surtout dans les versets qui décrivent la folie de Nabuchodonosor (vers. 25 et ss. ). La première personne reparaît subitement ici. — Oculos... ad cxlum... Ce fut là son premier mouvement, lorsqu'il commença à se ressaisir. — Sensus... red' dilus... La raison lui est aussitôt rendue pleinement, et 11 recouvre le sentliueut de sa personnalité humaine. Il en fait un très noble usage, qu'il met en relief, dans son récit, en multipliant les expressions synonymes : benedixi, laudavi, et... — Quia potestas... Répétition de ni, lOO"». — Le verset 32 est entièrement consacré à relever la toute -puissance de Jéhovah. La première ligne, et omnes... reputati sunt, se retrouve presque identiquement dans Isaïe, XL, 17; la seconde, juxta voluntatem... terras, a une très grande analogie avec Is. xxiv, 21 ; la troisième, et non Mt... fecisti, coïncide presque avec Is. xmi, Il

Da». IV, 33 — V, 1.

33. In ipso tempore sensus meus reversus est ad me, et ad honorera regni mei decoremque perveni ; et figura raea reversa est ad me, et optimales mei et magistratus mei requisierunt me, et ia regno mec restitutus sum, et magiiificentia amplior addita est mihi.

34. Nunc igitur, ego, Nabuchodonosor, laudo, et magnifico, et glorifico Regem cœli, quia orania opéra ejus vera, et vise ejus judicia, et gradientes in superbia potest bumiliare.

33. En ce même temps le sens me revint, et je recouvrai l'éclat et la gloire de mon royaume; ma première forme me fut rendue, mes granfls et mes magistrats vinrent me chercher ; je fus rétabli dans mon royaume, et une magnificence plus grande me fut donnée.

34. Maintenant donc, moi, Nabuchodonosor, je loue, j'exalte et je glorifie le Roi du ciel, parce que toutes ses œuvres sont vraies, ses voies pleines de justice, et qu'il peut humilier ceux qui marchent avec orgueil.

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