Le roi, dans son ivresse, profane les vases
sacrés du teraplo de Jérusalem. — Prxcepit...
lemulcnlus. Chald. : Bal-
ta.'-sar dit, tandis qu'il
goûtait le vin; c. -à-d.,
après avoir beaucoup bu,
tout surexcité par le vin,
comme traduit la Vul-
■^^ ^^^ gâte. — Vasa qvœ... Sur
] J^ ces vases sacrés, voyez t,
.. I a .^ 2 et la note; Esdr. i, 9
et 88. — Ot bihererit...
D'après les vers. 4 et 23,
le roi, en agissant aini>i,
se proposait directement
d'insulter le Dieu des
Juifs, au cuite duquel ces
I 3 vases précieux avaient
/ \ eervl. — Vxores et concti-
J \ 5i»u8. C.-à-d., les femmes
Jf ^ de premier et de second
.^^ X rang, selon la coutume
orientale. Cf. Cant. vi, 8.
— Au vers. 3, ll.-ez, d'après le texte chaldéen,t quae asportaverant », (les vases qu'on avait apportés), au Heu de qnip auportaverat. — Bibebant... (vers. 4). Trait bien conforme à 1* réputation des Babyloniens dans l'untiquité. Ils passaient pour aimer le via et la débauche. Cf. Quint'j-Cnrce, v, i. - Et ta^idalmnl deos...: en chaniarit des hymnes en leur hunncur. — .XreoK... lapideos. Énumération, en gradation descendante, dos matt^rlaux dont on se servait pour fabriquer les idoles.
Canilcl^ilire assynen.
(D'aprèa un |jag-reUe(.)
2° Réponse de Jéhovah ù la provocation du rot V, 5-9.
5. L'infcriptlon mystérieuse. — In eadem hora. Soudain, il l'improvlste (cf. iv, 30); au plus fort de l'acte sacrilège, que le Seigneur ne vou- Int pas laisser impuni. — AppaTuerunt digiti. On ne vit que des doigta; le reste de la main demeura Invisible. Cf. vers. 24. — Contra candelabrum. Ce détail est signalé à dessein, pour montrer que le phénomène eut Heu en pleine lumière. — In superficie puriitis. D'après le chaldi'en : Sur la chaux de la muraille. Dans rintéricur des palais assyriens et babyloniens, comme les découvertes modema» l'ont démontré, les murs, construits en briques cuites ou crues, étaient toujours revêtus d'une sorte de mastic blanc, formé de chaux et de p âtre, qui adhérait fortement à l'argile. Voyez Perrot et Chipiez, Eist. de l'art dans l'antiquité, t. II, p. 286. Un détail d'une telle précision suppo.'je un autear contemporain et vivant sur les lieux. — ^Irticulos manus. Chald. : l'extrémité do la main.
6-7». Baltnssar, terrifié, convoque les mages et les devins, pour se faire inteniréter l'Inscription. — Tune... L'impression produite sur le roi est déente en ternies dramatique». — Faciès régis. Chald. : L'éclat du roi; c.-ù-d. la fmtchenr de son teint, qui Ht pl.-»ce ù une pâleur mortelle (immutata est). — Cogitationes... conturbabant^ E.tpression chère à l'auteur de notre livre. Cf. n, 30; IV, 2, 16; vil, 15. Les pensée» d'angoisse ae succédaient dans l'esprit de Balt;is8ar, qui comprit aussliôt que cette apparition lui présageait quelque malheur. — Compages revum... Chald.: Les ligaments «le ses reins se relâchèrent. Locution métaphorique très énergique. Dans la Bible, les reins sont regardés comme le siège de la force (cf. Ps. Lxxviii, 24; Ez. XXIX, 7, etc.). — Gema ejus... Autre effet produit fréquemment par .!• penr. — Erclamavit... (vcrf. 7). Comme Na- I buchodonosor en deux occasions analogues (cf. n.
Dan. V, è.
aux sages de Babylone : Quiconque lira cette écriture et m'en donnera l'interprétation sera revêtu de pourpre, aura un collier d'or à son cou et sera le troisième dans mon royaume.
8. Tous les sages du roi , étant alors entrés, ne purent ni lire l'écriture, ni en donner l'interprétation au roi.
Babylonis : Quicumque legerit scripturam hanc, et interpréta tionem ejus manifestam mihi fecerit, purpura vestietur, et torquem auream habebit in collo, et tertius in regno meo erit.
8. Tune ingressi omnes sapientes régis non potuerunt nec scripturam légère, nec interpretationem indicare régi.
2, 27; IV, 3), Baltassar mande au plus vite auprès de lui ceux de ses sujets dont la profession consistait à interpréter les songes, les visions, tons les phénomènes extraordinaires. — Magos, Chalâseos et ai-uspices. Chald. : Les 'aèfayyâ', les kasdayyâ' et les gazrayyâ'.
Voyez les notes de ii, 2, 27, et de rv, 4-5, n est étonnant, au premier regard, que les hartummlm, on scribes sacrés, ne soient pas mentionnés cette fols ; car Ils étalent , ce semble , les plus nécessaires dans le cas présent.
Il est probable qu'ils sont compris dans les autres catégories.
7«"- 9. Les sages de Babylone sont impuissants à donner l'expllcaiion demandée. — Saplentihus.
Ce nom représente en abrégé, comme au cbap. ii, 13, 14, etc., toutes les classes des devins et des mages. — Quicumque legerit... L'inscription était donc demeurée visible sur la muraille.
— A celui qui réussirait, soit à la déchiffrer, soit à l'iiiterpréter (et interpretationem...), le roi promet une magniaque récompense, consistant en des honneurs presque royaux. — Purpara vestietur. La pourpre a été de très bonne heure, surtout dans les contrées orientales, le vêtement des rois, des princes et de tous Cdux qu'ils voulaient honorer. Cf. Esth. vni, 15; Xénophon, Anabas.;!, 5, 8, etc. Dans l'antiquité, la pourpre de Babylone était très célèbre, comme celle de Tyr (cf. Philostrate, Ep. xxvii ). Le mot chaldéen 'arg'vân, l'équivalent de l'hébreu 'argâmân, désigne la pourpre rouge, plus précieuse que la pourpre violette. — Torquem auream. C'était là aussi l'emblème d'une haute dignité. Cf. Gen.
xu, 42 ; Hérodote, m, 20 ; Xénophon, Anab., il, 27 et v, 8, etc.
K.AII. archcol., pi. Lxxxii,fig. 5;.
— Et tertius... (au lieu de erit, le cnaldéen porte : 11 domlnern ). « Pourquoi le troisième, et uon le second, comme dans les cas sembla- Dles, Gen. xu, 40, et Esth. x, 3 ? Ce trait ne s'expilque que par le fait qu'il y avait alors deux sou-
verains dans le royaume» (Naboniae et Baltassar, ainsi qu'il a été dit plus haut). — Tune ingressi... (vers. 8). Idiotisme évident, puisque les sages
Divinité assyrienne munie (l"un collier précieux. iD'après l'oiijiual, trou\é à Ninive.)
étaient déjà entrés, d'après le vers. 7. — Née, ■ légère. On a fait diverses hypothèses pour expH • quer l'embairas des mages. Par exemple, on a dit que les caractères étalent ceux du vieil al-
DiN. V, 9-12.
9. Un de rex Baltassar satis conturbatus est, et vultus illius immutatus est; eed et optimates ejus turbabantur.
10. Regina autem , pro re quae acciderat régi, et optimatibus ejus, donium con\'ivii ingressa est, et proloquens ait: Rex, in seternum vive! Non te conturbent cogitationes tuœ, neque faciès tua imrautetur.
11. Est vir in regno tuo qui spiritum deorum sanctorum habet in se, et in diebus patiis tui scientia et sapif^ntia inventée sunt in eo ; nam et rex Nabuchodonosor, pater tuus, principem magorum, incantatorum, Chaldaeorum et aruspicum constituit eum ; pater, inquam, tuus, o rex;
12. quia spiritus amplior, et prudentia, intelligentiaque et interpretatio somniorum, et ostensio secretorum, ac solutio ligatorum, inventœ sunt in eo, hoc est in Daniele, cui rex posuit nomen Baltassar. Nunc itaque Daniel vocetur, et interpretationem narrabit.
9. Aussi le roi Baltassar fut -il très troublé, et son visage fut changé, et les grands furent troublés comme lui.
10. Mais la reine, à cause de ce qui était arrivé au roi et à ses grands, entra dans la salle du festin et dit : 0 roi, vis éternellement! Que tes pensées ne te troublent point, et que ton visage ne se change pas.
11. Il y a dans ton royaume un homme qui a eu lui l'esprit des dieux saints, et, du temps de ton père, on a trouvé en lui la science et la sagesse; aussi le roi Nabuchodonosor, ton père, l'établit -il chef des mages, des enchanteurs, des Chaldéens et des augures ; ton père , dis- je, ô roi;
12. parce qu'on trouva dans cet homme, dans Daniel, à qui le roi donna le nom de Baltassar, un esprit supérieur, de la prudence, de l'intelligence, le don d'interpréter les songes, de découvrir les secrets et de résoudre les questions les plus difficiles. Qu'on appelle donc maintenant Daniel, et il donnera l'interprétation.
phabet phénicien, et non ceux de l'écriture carrée, plus récente ; ou bien, que l'inscription était hiéroglyphique, etc. Nous vendons plus bas que les mots étaient sémitiques ; il est vraisemblable, en outre , que l'écriture n'était pas illisible en elle-même, de sorte que les sages babyloniens purent contrôler l'explication. La difflculté résidait sans doute dans l'agencement des lettres , qui formaient une sorte de cryptogramme. Daniel, divinement éclairé, eut aussitôt la clef du mystère, tandis que les autres ne purent rien découvrir. — Unde rex... (vers. 9). L'impuissance des devins redoubla l'effroi du monarque et de tous les assistants (sed et optimales...). A leur point de vue c'était, surtout si l'on se souvient que la ville était entourée d'ennemis, un très fâcheux pronostic. — Vutlut illiua... Chald. : Son état fut changé. Voyez la note du vers. 6».
3' La mère du roi l'engage à consulter Daniel. V, 10.12.
10-12. Le bon conseil de la reine. — Regina. La reine mère évidemment, puisque les femmes du roi étalent dans la salle du festin. Voyez les vers. 2 et 23. Le récit montre qu'elle jouissait d'une grande Influence au palais, car sa jiropo- Bltion fut Immédiatement acceptée. En Orient, la reine mère a toujours exercé un rôle prépondérant. — Pro re qum... ejus. Chald. : à cause des paroles du roi et de ses grands. Le bruit des conversations bruyantes qui s'engagèrent dans la salle du festin à la suite de l'incident parvint Jusqu'à l'appartement do la relno, et elle sortit pour so rendre compte par die -même de ce qui le passait : domum conriHi... — Itex in teternum... La formule habitueUe, lorsqu'on s'adres-
sait au roi. Voyez n, 4, et la note. — Non te contur- 6ent... (comp. la note du vers. 6»). Elle commence par rassurer son flls; puis elle lui conseille aussitôt de faire venir Daniel. — ^BsttHr... (vers. 11). La manière dont elle parle du prophète hébreu manifeste la haute estime qu'elle avait pour lui.
— Qui spiritum deorum... Sur cette locution, voyez IV, S"», et le commentaire. — In diebus... inientse... Allusion à ii, 26 et ss., et à iv, 16 et ss. Sur le sens large du mot patria, voyez ce qui a été dit dans l'Introduction à ce chapitre, p. 263. — Scientia et sapientia. La Vulgate abrège. D'après le texte : La lumière, l'Intelligence et une sagesse semblable à la Bagcs.«e des dieux ont été trouvées en lui. — Principem magorum... Cf. n, 48 ; iv, 6«, et les notes. Cette fois, les quatre catégories de sages sont mentionnées. Comp. le vers. 7. — Pater, inquam... La reine Insiste sur ce fait, pour rendre son conseil plus efBcace : Ton père, si sage lui-même, avait une entière confiance en Daniel. — Quia «piritiw... (vers. 12). Nouvel éloge du prophète Juif, encore plus fort que le premier. — Ostensio secrèterum... Chald. : (L'action d') expliquer les énigmes.
— Solutio ligatorum. Chald. : Délier des nœuds. Comparez l'expression Identique des Latins : < nodos solvere ». — Oui... nomen... Cf. i, 7 et 1% note ; IV, 6. — Nunc itaque... Conrlustcn naturelle de cette chaude recommandation. — IrtUrpretationem narrabit. La reine n'avait pas It moindre doute sur ce point. Mais pouiguol, a-t-on objecté, Daniel n'avait -11 pas été appelé tout d'abord? Nous répondrons, comme précédemment (note de iv, 6), que le roi avait pensé en premier Heu aux interprètes attitrés. De plas«
Dan. V, 13-19.
13. Daniel fut donc introduit devant le roi; et le roi lui dit : Es -tu Daniel, l'un des captifs des enfants de Juda, que le roi mon père a amené de Judée?
14. On m'a dit de toi que tu as l'esprit des dieux, et qu'il s'est trouvé en toi une BC^ence, une intelligence et une sagesse supérieures.
15. Je viens de faire venir devant moi les sages et les mages, pour lire cette écriture et pour m'en indiquer l'interprétation, et ils n'ont pu me dire quel est le sens des mots.
16. Mais on m'a dit de toi que tu peux expliquer les choses obscures et résoudre les questions embarrassées ; si donc tu peux lire cette écriture et m'en indiquer l'interprétation, tu seras revêtu de pourpre et tu porteras un collier d'or à ton cou, et tu seras le troisième prince dans mon royaume.
17. Daniel, répondant à ces paroles, dit en présence du roi : Que tes présents soient à toi, et donne à un autre les biens de ta maison ; je te lirai néanmoins cette écriture, ô roi, et je t'en indiquerai l'interprétation.
18. 0 roi, le Dieu très haut donna à Nabuchodonosor, ton père, le royaume, la grandeur, la gloire et l'honneur ;
19. et, à cause de la grandeur qu'il lui avait donnée, tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le craignaient et tremblaient devant lui : il faisait mourir ceux qu'il voulait, il frappait ceux qu'il voulait, il élevait ceux qu'il voulait, et il abaissait ceux qu'il voulait.
13. Igitur introductus est Daniel coram rege ; ad quem praefatus rex ait : Tu es Daniel, de filiis captivitatis Judae, quem adduxit pater meus rex de Judsea?
14. Audivi de te, quoniam spiritum deorum habeas, et scientia, intelligentiaque ac sapientia ampliores inventse sunt in te.
15. Et Dunc introgressi sunt in conspectu meo sapientes, magi, ut scripturam hanc legerent, et interpretationem ejusindicarent mihi, et nequiverunt sensum hujus sermonis indicere.
16. Porro ego audivi de te, quod possis obscura interpretari , et ligata dissolvere; si ergo vales scripturam légère, et interpretationem ejus indioare mihi, purpura vestieris, et torquem auream circa collura tuum habebis, et tertius in regno meo princeps eris. •
17. Ad quse respondens Daniel, ait coram rege : Munera tua sint tibi, et dona domus tuse alteri da ; scripturam autem legam tibi, rex, et interpretationem ejus ostendam tibi.
18. 0 rex, Deus altissimus regnum et magnificentiam , gloriam et honorem dedit Nabuchodonosor, patri tuo;
19. et propter magnificentiam quam dederat ei, universi populi, tribus, et linguœ tremebant et metuebant eum :
quos volebat, interficiebat, et quos volebat, percutiebat, et quos volebat, exaltabat, et quos volebat, humiliaba**
b1 l'on songe que de longues années s'étalent écoulées depuis la mort de Nabuchodonosor, et que de grands changements avaient eu lieu à la cour pendant cet Intervalle ; que Daniel, quoique toujours employé à la cour (cf. viii, 27), n'y avait ni la même autorité ni la même notoriété ; enSn, que Baltassar, prince belliqueux, souvent absent de Babylone, n'avait probablement jamais eu avec lui de rapports personnels, on ne sera pas étonné de cet oubli.
4» Daniel comparaît devant le roi; 11 lit et Interprète l'inscription. V, 13 - 28.
13-16. La pressante demande de Baltassar. — Ad quejn... rex... Le petit discours du prince n'est pas moins empreint de respect que celui de sa mère. — ÏHi es Daniel...? Il interpelle le saint v.Gillard par son nom hébreu, sans doute à cause de la très grande ressemblance qui existait entre leurs deux noms chaldéens. Voyez la note du vers. 1». La question du roi prouve bien qu'il ne connaissait pas encore personnellement DanleL Cependant, les circonstances signalées
par la reine semblent lui avoir remis en mémoire les hauts f aift de l'ancien ministre ; car il se souvient maintenant de son origine et de sa patrie : de flliis... çiuem... — Audivi de te... (verset 14 ). Baltassar répète délicatement à Daniel l'éloge fait naguère par la reine. Comp. les vers. 11-12. — Il le met ensuite brièvement au courant de la situation (et nunc..., vers. 15); puis il revient sur le don merveilleux qui lui avait été départi (porro... audivi... vers 16»), et lui fait les mêmes promesses qu'aux mages (si ergo... ).
17-24. Première partie de la réponse de Daniel : l'orgueil de Baltassar sera châtié comme celui de Nabuchodonosor. — Munera tua... Le prophète commence par refuser nettement les offres royales, montrant ainsi qu'il était bien résolu à dire la vérité pour elle-même et à ne pas parler en vue d'une récompense bumalne. — Scripturam... legam. Déjà II avait reçu à ce sujet les lumières d'en haut, et déchiffré et compris rinscription. — Deu» altUHmtu . . , Tersets
Dan. V, 20-25.
20. Quando autem elevatura est cor ejus, et spiritus illius obfirmatus est ad Buperbiara, depositus est de solio regni Bui, et gloria ejus ablata est,
21. et a filiis horainum ejectus est; sed et cor ejus cum bestiis positum est, et cum onagris erat habitatio ejus; fœnum •luoque, ut bos, comedebat, et rore cœli corpus ejus infectum est, donec cogno- Bceret quod potestatem haberet Altissimus in regno hominum, et quemcumque voluerit suscitabit super illud.
22. Tu quoque, filius ejus, Baltassar, non humiliasti cor tuum, cum scires hœc omnia ;
23. sed adversum Dominatorem cœli elevatus es; et vasa domus ejus allata sunt coram te, et tu, et optimates tui, et uxores tuae, et concubinae tuœ, vinum bibistis in eis. Deos quoque argenteos, et aureos, et aereos, fen-eos, ligneosque, et lapideos, qui non vident, neque audiiint, neque sentiunt, laudasti; porro Deuil', qui habet flatum tuum in manu sua, et omnes vias tuas, non glorifica- Bti.
2-4. Idcirco ab eo missus est articulus manus quœ scripsit hoc quod exaratum est.
25. Hœc est autem scriptura quse di- ;esta est : Mane, Thecel, Phares.
20. Mais, après que son cœur se fut élevé et que son esprit se fut affermi dans l'orgueil , il fut déposé de son trône royal, sa gloire lui fut enlevée,
21. et il fut chassé du milieu des enfants des hommes ; son cœur devint semblable à celui des bêtes, et sa demeure fut avec les ânes sauvages ; il mangea l'herbe des champs comme un bœuf, et son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu'à ce qu'il reconnût que le Très-Haut a la puissance sur le royaume des hommes, et qu'il y établit qui il lui plaît.
22. Toi aussi, Baltassar, son fils, tu n'as pas humilié ton cœur, quoique ta susses toutes ces choses ;
23. mais tu t'es élevé contre le dominateur du ciel; les vases de sa maison ont été apportés devant toi, et vous y avez bu du vin, toi, tes grands, tes femmes et tes concubines. En même temps tu as loué les dieux d'argent et d'or, d'airain et de fer, de bois et de pierre, qui ne voient point, qui n'entendent point et qui ne sentent point, et tu n'as pas glorifié Dieu, qui tient dans sa main ton souflfle et toutes tes voies.
24. C'est pourquoi il a envoyé l'extrémité de cette main, qui a écrit ce qui est marqué sur la muraille.
25. Or voici l'écriture qui a été tracée : Mané, Thécel, Phares.
18-21 : Daniel rappelle à Baltassar de quelle manière avait été puni l'orgueil de Nabnchodonoïor. Cf. IV, 16-17, 22-25. Le Jeune roi connaissait certainement ces faits, d'après le vers. 22i>. Le vers. 18 6lgnale la bonté du Seigneur envers Nabuchodono^or ; le vers. 19, la toute - puissance du vieux monarque, résultat de cette bonté. La description du pouvoir illimité d'un despote oriental est très expressive; notez surtout la répétition des mots q"OS vôUhal. II vaudrait mieux traduire l'équivalent chaldéen de percutiebat par c ii faisait vivre »; le parallélisme le demande, et mahé' a réellement ce sens si on le rattache à hayâh, vivre. — Quando autem.., (vers. 20). Châtiment de l'orgueil du grand roL
— La locution spiritus... ohflrmatus... marque ■on endurciggemcnt volontaire dans l'orguelL
— Et a filiis... (vers. 21). Suite du chitiment. Au lieu de cor ejus... poHtum est, lisez : Son cœur a été rendu semblable... Cnm onagrla est tin trait propre à ce passage. Sur l'onagre envisagé comme type de sauvagerie, voyez Job, xxiix, 6-8 (Atl.dhisl. nat., pi. lxxxii, Qg. 1,5; pi. ucxiiri, flg. 6 ). — Donec eoçnosceret... Terme marqué pour le châtiment. Cf. iv, 22», 23", 31. — Tu quoque... Vers. 22-3i : Baltassar, qui n'a que
trop Imité le vice capital de Nabnchodonosor, sera puni sévèrement. — Cum scires hase. Circonstance aggravante : instruit par ce terrible exemple, 11 aurait dû profiter de la leçon. — Sed adversum... (vers. 23 ). Ses blasphèmes et sa conduite sacrilège tiraient de là une gravité particulière, puisqu'il connaissait la puissance do Dieu qu'il insultait (Dominatorem...) — Deoê quoque... En passant, Daniel relève, comme d'autres écrivains sacrés, la folle qu'il y a à adorer des dieux sans vie. Cf. Dent, iv, 28 ; Ps. cxiii, deuxième partie, 16 et ss.; cxxxrv, 16; Is. xlit, 9, etc. — Porro Deum... Ck)ntraste frappant. — Idcirco ab eo... ( vers. 24 ). Le céleste message avait donc un caractère pénal, comme toute l'a»- Biatance l'avait compris. Cf. vers. 6 et 9.
25-28. Deuxième partie de la réponse. Daniel cite (vers. 25) et explique (vers. 26-28) l'inscription mystérieuse. — Slaue, Thecel, Phares. D'après le texte original: it'ni,m'né', Çq'l u/arstti. C-à-d., littéralement: Compté, compté, pesé et partageant. L'oracle est exprimé sous la forme du participe passé et du participe présent, parce que ce mode désigne l'action soit comme d(''Jà accomplie, soit comme ayant déjà commencé A 6'accomplir. Manière de dire qoa
26. Et voici l'interprétation de ces mots. Mané : Dieu a compté ton règne et y a mis fin.
27. Thécel : tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé trop léger,
28. Phares : ton royaume a été divisé, et donné aux Mèdes et aux Perses.
29. Alors, par l'ordre du roi, Daniel fut revêtu de pourpre, et on lui mit au cou un collier d'or, et on publia qu'il avait
Dan. V, 26-29. 269
26. Et hfec est interpretatio sermonis : Mane, numeravit Deus regnum tuum, et complevit illud.
27. Thecel, appensus es in statera, et inventus es minus habens.
28. Phares, divisum est regnum tuum, et datum est Médis et Persis.
29. Tune, jubente rege, indutus est Daniel purpura, et circumdata est torques aurea collo ejus, et prœdicatum est
l'arrêt est irrévocable. Le premier root, m' né', est répété deux fois, parce qu'il contient l'idée principale. En effet, t'geî n'est qu'ua sjnonyme de in'iié', et far s in (w représente la conjonction « et s ) indique simplement la conséquence de ce calcul, de ce pesage. Théodotion n'a cité qu'une fols le verbe m'né', et saint Jérôme l'a Imité ; en l'intei-prétant (cf. vers. 2S), Daniel cessera lui-même de le répéter. — Ecec... interpretatio... (vers. 26).~ Dans son interprétation, le prophète procède avec une méthode remarquable. « Chacune des trois phrases parallèles
Compté. Dieu a compté ta royauté Pbsé. Tu as été pesé dans les balances
Divisé. Ta royauté a été divisée,
(qui la constituent) se décompose en trois parties rigoureusement symétriques : !<> le mot à expliquer; 2° une première explication littérale du mot , présentant ce mot en tête de la phrase, à divers états grammaticaux; 3« une seconde Interprétation consécutive de la première, sorte de paraphrase à la fois plus longue et plus précise de l'explication littérale, à laquelle elle est uniformément rattachée par la conjonction et. » Clermont-Ganneau, Journal asiatique, VIII« série, t. VIII, p. 42. On a ainsi une série continuelle de jeux de mots, à la façon orientale :
et l'a achevée.
et tu as été trouvé manciuant (de poids).
et elle a ùté donnée au Jlède et au Perse.
— Mane. Chald. : m'né' ; participe passif du verbe in'nâ', qui signifie compter, puis compléter, achever. Il est pris coup sur coup dans ces
hauts fonctionnaires assemblés. Cf. vers. 1-8. Daniel avait d'abord refusé ces honneurs (comp. le vers. 17), pour témoigner qu'il ne se laissait
deux sens, ainsi que le marque le commentaire i guider, dans son explication, que par l'amour do de Daniel. — Kumeravit ( chald. :
mânâh)... regnum... C- à -d.: Dieu a déterminé la durée de ta royauté. Or cette durée est maintenant à son terme : et cOmplevit... — Thecel (verset 27). Chald.: fqel; participe passif de ^qal, 11 a pesé. — Appensiis es.
Chald. : Cqiltâ'. — Résultat du pesage : inventus... minus habens. A la lettre, dans le texte : Tu as été trouvé manquant (du poids voulu). — Phares (vers. 28). Chald.: p'rès ; participe passif de p'râs, diviser, partager. Ici, Daniel modifie légèrement le texte de l'inscription , pour rendre son Interprétation plus symétrique. — Divisxcm est. Cbald. : p'rîsat. Premier jeu de mots. Le mot Paras, Persis, en forme aussitôt un second. Les Mèdes et les Perses allaient donc faire la conquête lie l'omplre chaldéen.
6° Daniel est comblé d'honneurs par le roi ; celui-ci périt cette même nuit, et Darius le Mède lui succède. V, 29-31.
29. Intronisation du prophète dans sa nouvelle dignité. — Tune, juliente... On est touché de voir le roi Adèle à sa promesse, quoique l'interprétation fût si désastreuse pour lui. — Prœdicatum est... Proclamation officielle qui eut lieu dans l'intérieur du palais, devant le roi, la cour et les
Balances assyriennes. ( D'après un bas-relief de Ninive.)
la vérité, n n'y avait désormais aucun inconvénient à les accepter; il consent donc h ce qu'on ' honore en lui le prophète du Seigneur, et agrée une dignité qoi devait tourner k l'avantage 4» son peuple.
270 Dan. V, 30-31
de eo quod haberet potestatem tertius in
regno suo.