Darius accepte la proposition des satrapes
— Proposuit... et statuit. Chald.: (Le roi) écrivit le décret et l'interdiction. Darius ne comprit pas qu'il y avait en cela un complot contre Daniel, et il trouva la chose toute naturelle, vu les Idées reçues.
— 2° Daniel, surpris en flagrant délit de désobéissance à l'édit, est Jeté dans la fosse aux lions. VI, 10-17.
10. Il continue d'adorer son Dieu comme de coutume. — Quod cum... legem. Plus simplement dans le texte original : Lorsque Daniel sut que le décret était écrit. — Et... apertis. Chald.: Et ses fenêtres étaient ouvertes. Il ne les ouvrit pas tout exprès pour montrer qu'il bravait la défense ; mais ce trait dit simplement qu'elles étaient dépour\Ties du treillis si fréquemment usité en Orient. Cf. Ez. xl, 16 (AU. archéol., pi. XV, flg. 4, 6, 9, etc.).— Cœnaculo. La chambra haute' construite sur une partie de la terrasM
Daîî. VI, 11-13.
adorubat , confitebaturque coram Deo Buo, sicut et ante facere consueverat.
11. Viri ergo illi curiosius inquirentes, invenerunt Danielem orantem et obsecrantera Deum suum.
12. Et accedentes locuti eunt régi super edicto : Eex, numqaid non constituisti ut omnis homo qui rogaret quemquam de diis et hominibus, usque ad dies trigiiita, nisi te, rex, mitteretur in lacum leonum? Ad quos respondens rex, ait :
Verus est sermo, juxta decretum Medorum atque Persarum, quod prœvaricari non licet.
13. Tune respondentes dixerunt coram rege : Daniel, de filiis captivitatis Juda, non curavit de lege tua et de edicto quod
il adorait et louait son Dieu, comme il avait coutume de faire auparavant.
11. Alors ces hommes, qui l'épiaient avec soin, trouvèrent Daniel qui priait et adorait son Dieu.
12. Et se présentant devant le roi, ils lui dirent au sujet de l'édit : 0 roi, n'astu pas ordonné que tout homme qui, pendant l'espace de trente jours , prierait quelqu'un des dieux ou des hommes, excepté toi, ô roi, serait jeté dans la fosse aux lions? Le roi leur répondit : Vous dites vrai ; c'est une loi des Perses et des Mèdes ,' qu'il n'est pas permis de violer.
13. Ils prirent de nouveau la parole et dirent au roi : Daniel, l'un des captifs d'entre les fils de Juda, n'a pas tenu
de la plupart des maisons orientales. Voyez VAtL archéol., pi. xi, fig. 3,4,5; pi. xn. fig. 3. Cet
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Fenêtre manie d'un treillis. (Orient moderne.)
appartement étant |po!é, on y est plus à l'alro ponr prier. Cf. II Rrg. xviii, 33; III Ri g. xm, 20; Act. I, 13 et X. », etc. — Contra Jerxiyalem. C'était et c'est encore la coutume, chez les Juifs,
de se tourner dn côté de Jérusnlem et du temple, lorsqu'on fait sa prière. Cf. III Reg. vni , 44 , 48, 49; II Par. vin. 29, 34, 3S; Ps. sxvil, 2, etc — Tribus teniporlbus. Le matin, à midi et le soir, ainsi que nous l'apprend le Ps. Liv, 18. — Flectebat genua. Attitude très ancienne des snppliants. Cf. III Reg. vin, 84; II Piir. vi, 13; Esdr. IX, 6; Luc. xxii, 41, etc. (AU. archéol., pi. xcv, fig. 3, etc.). — Adorabat. Chald. : Il priait. — Covfitebatur... C.-.'i-d., il louait Dieu, lui rendait grâces.— Sicut et a7i<e... Daniel continua donc d'agir, sans la moindre ostentation et aussi sans ia moindre crainte, comme si le décret n'existait pas. Les honneurs et le pouvoir n'avaient altéré en rien la foi de sa Jeunesse (cf. I, 8 et ss.).
11-18. Il est épié et dénoncé par ses ennemis. — Ouriosiits inquirentes. Saint Jérôme s suivi TbéoJotion, (7Tap£Tr,pir,ffavTo). Le texte primitif porte, comme au vers. 6 : Ils entrèrent tumultueusement. Ce détail suppose jusqu'à l'évidence que les conspirateurs étalent en petit nombre ; comment admettre , en efifet , que les cent vingt satrapes se précipitèrent tous à l'improviste dans l'appartement de D.nlelî — /nvencj-uiit .. orantem. De la terrasse d'une maison voisine, on avait pu aisément constater le fait; puis on était accouru pour surprendre le pieux vieillard. — Locuti... régi (vers. 12). La conduite de ces meneurs est habile. Sachant à quel point le roi aimait Daniel, ils se gardent bien, tout d'abord, de mentionner le puls^an^ ministre; 11 leur sutTit, au premier moment, d'amener Darius à reconnaître et à confirmer son édit : mimquid...t Verus est... — Jiixta decretum... Le ehaldécn a de nouveau, comme au vers. 8» : D'après la loi des Mèdcfl et des Persiii, qui ne change pas. — Tune... dixeruvt... (vers. 13). Ils formulent maintenant leur accusation en tprniei directs, car il étiiit désormais imi>ossible au roi de reculer. — De /Iliis captivitatvt. Détail inséré avec beaucoup de perfidie : Daniel, malgré les honneurs dont on l'avait comblé, n'ét.ïlt qu'un étranger, un captif, doat la désobéiseaaco
Dan. VI, 14-17.
compte de ta loi ni de l'édit que tu as porté, et il fait sa prière trois fois le ]Our.
14. Lorsque le roi eut entendu cela, il fut très afiligé ; et il prit en son cœur la résolution de délivrer Daniel, et jusqu'au coucher du soleil il s'efforçait de le sauver.
15. Mais ces hommes, comprenant l'intention du roi, lui dirent : Sache, ô roi, que c'est une loi des Mèdes et des Perses qu'il n'est permis de rien changer dans tout édit que le roi a établi.
16. Alors le roi donna un ordre, et on amena Daniel , et on le jeta dans la fosse aux lions. Et le roi dit à Daniel : Ton Dieu, que tu adores sans cesse, te délivrera.
17. Ou apporta une pierre, et on la mit sur l'ouverture de la fosse ; et le >ni
constituisti, sed tribus ttmporibus per diem orat obsecratione sua.
14. Quod verbum cum audisset rex, satis contristatus est ; et pro Daniele posuit cor ut liberaret eum, et usque ad occasum solis laborabat ut erueret illum.
15. Viri autem illi, intelligentes, regem, dixerunt ei : Scito, rex, quia lex Medorum atque Persarum est, ut omne decretum quod constituerit. rex, non liceat immutari.
16. Tune rex prsecepit, et adduxerunt Danielem* et miserunt eum in lacum leonum. Dixitque rex Danieli : Deus tuus, quem colis semper, ipse liberabit te.
17. Allatusque est lapis unus,et positus est super os laci, quem obsignavit
revêtait un caractère particulier de gravité, d'ingratitude.
14-16. Le roi s'efforce en vain de sauver son ministre. — Satis contristatus est : à cause de l'estime et de l'affection qu'il portait à Daniel. Cf. vers. 2-4. — Posuit cor. Fréquent hébraïsme, pour marquer une détermination bien arrêtée. £f 1^8.— Usque ad occasum. Dans l'Orient biblique, les sentences capitales étaient d'ordinaire exécutées le Jour même où elles avaient été prono'jcées (comp. m, 19, etc.); Darius n'avait dor.o que Jusqu'au soir pour délivrer son ami, — nu, intelligentes... (vers. 15). Le chaldéen dit, pour la troisième fois (cf. vers. 6 et 11): Ces hommes vinrent tumultueusement auprès du roi. Ayant deviné ses Intentions, ils Insistent sur l'ir révocabilité du décret : Scito, rex...
16-17. Daniel est jeté dans la fosse. — Rex prœcepit. . . Il dut céder enfin à la nécessité. — In lacum... « Il ne faut pas, ainsi que plusieurs critiques le font, de manière à rendre le récit Invraisemblable, se représenter la fosse aux lions comme une espèce de caveau étroit et obscur, ayant la forme d'un entonnoir renversé, et fermé en haut par une pierre, ainsi qu'une citerne peut l'être. Le voyageur Hœst a vu des fosses aux lions au Maroc, et en a donné une description qui peut s'appliquer à celle qui existait à Babylone. Ces fosses sont à ciel ouvert, et divisées en deux compartiments par un mur percé d'une ouverture que l'on peut ouvrir et fermer à volonté du dehors; leur niveau est plus bas que celui du sol environnant; elles sont entourées d'un mur élevé de quelques pieds, par -dessus lequel on peut voir dans la fosse. Une porte, par où l'on Introduit les animaux, donne accès de l'extérieur à l'intérieur de la fosse... On comprend alors qu'un certain nombre de personnes puissent être jetées dans la fosse (vers. 24), et que Darius puisse parler à Daniel avant que la pierre qui fermait la porte fût descellée (vers. 20). » — Dixitque^ Le roi adresse une parole d'encou-
ragement à son ministre, avant de se séparer de lui. — Deus... liberabit te... Le chaldéen a l'optatif : Puisse ton Dieu... te délivrer 1 C'est donc un simple désir que Darius exprime ici. Ayant entendu parler de Jéhovah et des prodiges qu'il avait naguère accomplis à Babylone, il espérait vaguement qu'il sauverait Daniel. — Positus...
Daniel dans la fosse aux lions. (Peinture des Catacombes.)
super os... (vers. 17). La pierre fut placée en avant de la porte latérale dont 11 a été parlé dans- la note du vers. 16. — Quem obsignavit... a Cet usage de sceller avec des anneaux portant des cachets particuliers ou avec des chatons de bague est très ancien (voyez VAtl.archéol.,v^. ix, fig. 6 - 9 ; pi. XXX, flg. 6 ). On savait déjà, d'après Hérodote, que chaque habitant de Babylone avait son sceau ou son cachet. De nombreux anneaux assyriens et babyloniens se trouvent dans nos musées et dans nos collections particulières. Le roi mit donc son sceau pour que nul n'osât toucher à la pierre, et aussi afin que les ennemis de Daniel ne pussent pas lui nuire. Les grands, de leur côté, y mirent leur propre sceau pour empocher les amis du fils de Juda (et le roi spéol».
Dan. VI, 18-24.
rex annulo suo, or annulo optimatum suorum, ne quid fieret conti'a Danielem.
IS. Et abiit rex in domum euam, et dormivit iucœnatus; cibique non sunt allati coram eo, insuper et somnus recessit ab eo. -
19. Tune rex primo diluculo consurgens, festiuus ad lacum leonum perrexit ;
20. appropinquansque lacui, Danielem voce lacrymabili inclamavit, et affatus est eum : Daniel, serve Dei viventis, Deus tuus, cui tu servis semper, putasne valuit te liberare a leonibus?