CHAPITRE VII
1. Anno primo Baltassar, régis Babylonis, Daniel soraniuin vidit ; visio autera capjtis ejus in cubili suo ; et somnium scribens brevi sermone comprehendit, summatiraque peretringens, ait :
2. Videbara in visione mea nocte, et ecce quatuor venti cseli pugnabant in mari magno,
3. et quatuor bestise grandes ascendebant de mari, diversae inter se.
4. Prima quasi leaena , et alas habebat aquilœ; aspiciebam donec evul>ae sunt aise ejus; et sublata est de terra, et su-
1. La première année de Baltassar, roi de Babyione, Daniel eut un songe; il eut cette vision dans son lit; et, écrivant le songe, il le résuma en peu de mots et en marqua ainsi les principaux points :
2. Je regardais dans ma vision nocturne, et voici, les quatre vents du ciel se combattaient sur la grande mer,
3. et quatre grandes bêtes, différentes les unes des autres, montaient hors de la mer.
4. La première était comme une lionne, et elle avait des ailes d'aigle ; je regardais, jusqu'à ce que ses ailes furent arrachées ;
quatre parties de la sutue, et doivent être interprétés de la même manière ». Dans les deux visions, nous voyons quatre grands empires païens renversés tour à tour, et le royaume du Messie s'établissant sur leurs ruines. Dans les deux rt?cits, on Insiste davantage sur le quatrième de ces empires. C'est donc en réalité la même révélation, avec cette seule différence (indépendamment de celle des Images) que, plus haut, elle s'adressait à Nabuchodonosor, tandis qu'ici elle est faite directement à Daniel.
1» Introduction historique. Vil, 1.
Chap. VII. — 1. La date et le mode de la révélation. — Anjio primo... Sur Baltassar, voyez la note de v, 1. Il n'est pas possible de déterminer avec certitude la première année du règne de ce prince, puisqu'on Ignore ù quelle époque 11 fut associé au trône par Nabonlde , son père. Ce fut vers l'an 540 avant J.-C, puisqu'il mourut en 638, et qu'il régna au moins deux ans d'ajirès viu, 1. Les événements racontés dans ce chapitre se passèrent donc après ceux qu'a exposés le chap. rv. — Somuium vidit. La révélation relative aux destinées des empires fut eomniunlquée à Daniel vers la fin de la monarchie chakléenne, comme à Nabuchodonosor vers le début de cette même monarchie, sons la forme d'une visipn, pendant un songe. — Vinio... capilis... Sur cette expression, voyez la note de ii, 2S. Le chaMéen emploie le pluriel : les visions de sa tête. De même aux vers. 2, 7 et 13. Il y eut, en effet, toute une série de visions justapost-es. — Somnium scribens. Passage Important pour la question de l'authenticité du livre. Cf. xti, 4. Cette rédaction eut lieu peu de temps après le songe. — Drevl..., ait. Plus slniiilenient dans le texw primitif : Il lit les choses principales (à la lettre : la somme des choses); Daniel prit 1» parole, et dit.
2« Description des quatre animaux. VII, 2-8.
2 - 3. Commencement de la vision. — Videham... nocle. Le narrateur revient brièvement sur le
mode et le temps de la révélation. — iJcc^. Comme d'ordinaire, cette particule signale le caractère soudain de l'apparition. — Quatuor venti... Emblème des énergies et des passions humaines, f'agitant, luttant les unes contre les autres, produisant des explosions et des bouleversements dans l'histoire des empires. Le nombre quatre désigne les points cardinaux, la terre entière (cf. vm. 8 ; Jer. xlix, 36 ; Zach. vi, 6, etc.) ; en outre, 11 prépare celui des animaux. — Pugnabant. Chald.: se précipitaient. — In mari m igno. Dans la Bible, cette expression sort habituellement de nom à. la Méditerranée (cf. Jos. xv, 47, etc.) ; mais elle est prise Ici dans un sens figuré, pour représenter l'humanité païenne , l'océan Immense et toujours agité des peuples. Coœp. le vers. 17; Ps. xlv, 4; Is. xvii, 12, et lvii, 20; Apoc, XVII, 15, etc. — Et quatiwr bestise.. (vers. 3). Figure de quatre grands empires particuliers, émergeant de cet océan des nations. AUleurs aussi (cf. Ps. lxvii, 31, et lxxiii, 13-14; Is. XXVII, 1, et I.I, 9; Jer. iv, 7, et v, 6; Kz. XXIX, 3, et XXXII, 2, etc.), les puissances païennes sont symbolisées par des animaux, et le plus souvent par des fauves ou des monstres marins. — Ascendebant : non pas en même temps, mais l'une après l'autre, ainsi que vont le dire le» vers. 4-7. — Direr.<« inter se; soit par leur forme extérieure, soit par leur symbolisme distinct.
4. Le premier animal. II correspond à la tête d'or de la statue (cf. ll, 32', 37-38). — QvmsI îe«na. Plutôt, d'après le chaldéeu : Comme un lion. Emblème de noblesse et de force.— Ala.i„. aquilœ. Ejublème de vigoureuse agilité. Cf. Jer. iv, 13 ; Hab. 1, 8, etc. On rencontre souvent des lions oa d'autres animaux allés sur les bas- reliefs assyrienset clmldtV^ns. Voyez VAtt. archéoL, pi. cv et cvl Ce trait est donc plein de couleur locale. Notons aus?i qui' le roi do ChalJée est comparé à un lion par Jérémle ( iv, 7; xlix, 19; L, 17). et à un algie par Éz.échlel (xvn, 3); or ce lion ailé figure précisément l'empire chaldéen. — AipicU'
Dan. VII, 6-7.
elle fut ensuite enlevée de terre, et elle se tint sur ses pieds comme un homme, et un cœur d'homme lui fut donné.
5. Et voici, une autre bête, semblable à un ours, se tenait sur son côté; elle »vait trois rangées de dents dans la gueule, et on lui disait : Lève-toi, mange beaucoup de chair.
6. Après cela je regardais, et voici, une autre était comme un léopard; et elle avait au-dessus d'elle quatre ailes comme un oiseau ; cette bête avait quatre têtes, et la puissance lui fut donnée,