‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 301 sur 832 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

1. Daniel mangeait à la table du roi, qui l'avait honoré au-dessus de tous ses amis.

2. Il y avait alors chez les Babyloniens une idole nommée Bel ; on dépensait chaque jour pour elle douze mesures de farine, quarante brebis et six amphores de vin.

3. Le roi l'honorait aussi, et il allait chaque jour l'adorer. Mais Daniel adorait Bon Dieu. Et le roi lui dit : Pourquoi n'adores - tu pas Bel ?

4. Il lui répondit : Parce que je n'adore pas des idoles faites de main d'homme, mais le Dieu vivant, qui a créé le ciel et la terre, et qui a puissance sur toute chair.

5. Le roi dit à Daniel : Est-ce que Bel ne te paraît pas être un Dieu vivant? Ne vois -tu pas combien il mange et boit chaque jour?

L Erat autem Daniel conviva régis, et honoratus super omnes amicos ejus.

2. Erat quoque idolum apud Babylonios nomine Bel, et impendebantur in 60 per dies singulos similse artabse duodecim, et oves quadraginta, vinique amphorse sex.

3. Rex quoque colebat eum, et ibat per singulos dies adorare eum. Porro Daniel adorabat Deum suum ; dixitque ei rex : Quare non adoras Bel ?

4. Qui respondens ait ei : Quia non colo idola manufacta, sed viventem Deum, qui créa vit cœlum et terram, et habet potestatem omnis Garnis.

5. Et dixit rex ad eum : Non videtur tibi esse Bel vivens Deus? An non vides quanta comedat et bibat quotidie?

Chap. XIV. — l-H. Pourquoi Daniel refusa d'adorer le dieu Bel. — Erat autem... Transition, qui nous conduit au cœur du sujet. — ConrHva. Le grec (7U(A6ia)Tïi? (LXX et Théodotlon) a le sens large de compagnon; ici, d'ami Intime, de ministre. — IJonoratus super... Comp. vi, 28, où nous lisons que Daniel fut comblé d'honneurs sous le gouvernement de Cyrus, comme 11 l'avait été sous ceux de Nabuchodonosor (cf. i, 21 ; n, 48), de Baltassar (cf. v, 29) et de Darius le Mède (cf. VI, 3). Les LXX et le syriaque ont ici une étrange leçon ; car ils donnent au vers. 9 la forme suivante : Il y avait un homme, un prêtre nommé Daniel, flls d'Adal, compagnon du roi de Babylone. Il y a là une erreur manifeste, car Daniel n'appartenait certainement pas à la race lévitique (cf. i, 3, 6). — Urat quoque... (vers. 2). Cette idole va Jouer, avec Daniel. '6 rôie principal dans la narration. — Bel, dont le nom complet était Bel - Mérodach , était la divinité tutélaire de Babylone. Cf. Is. xlvi , 1 et la note ; Vigouroux, Bible et découvertes, t. IV, p. 165, 167, S46-347 de la 6« édit. — Impendebantur... Hérodote, I, 183, et Diodore de Sicile, n, 9, nous apprennent aussi que Bel recevait des Babyloniens cette sorte d'hommage. Les inscriptions cunéiformes no sont pas moins formelles •ur ce point. Dana l'une d'elles, Nabuchodonosor « assure qu'il déposait journellement sur la table de ses dieux favoris un bœuf entier, du poisson, de la volaille, quantité d'autres aliments, des boissons variées, parmi lesquelles du vin de sept ou huit pays, abondants comme les eaux d'une pluie. ï (Delattre, Les deux derniers chapitres de 2>aniel, p. 63). — Similae. Le grec (T£|j.cSâ-

Xstôç désigne la fleur de la farine du blé. — Artabse. U «artaba» était, chez les Perses, une des principales mesures de capacité, qui équivalait, d'après Hérodote, i, 191, à un médlmne ( 52 lit. 53 ) et à trois « chœnla » ( la 16« partie du médirane) grecs. La quantité totale de la farina offerte chaque jour à Bel était donc d'environ 670 litres. — Oves quadraginta. Seulement quatre brebis d'après les LXX et une des versions syriaques. — Amphorse. Dans le grec : [A£Tpr|Tat, mesure des liquides, qui correspondait à 39 litres. — Rex qxioque... (vers. 3). Les textes cunéiformes confirment également ce trait, car Cyrus s'y vante d'avoir adressé des prières quotidiennes à Bel et à Nébo, et d'avoir bâti des temples aux dieux babyloniens en général. Voyez F. Vigouroux, l. c, p. 413 et ss. — Porro Daniel... Contraste frappant. L'équivalent grec de adnrabat est 77po(7£/yv£i, se prosternait; c'était le geste principal de l'adoration chez les Orientaux. — Quare non...t A cette question du roi, Daniel fait une réponse franche et courageuse : Quia non colo... (vers. 4). En ajoutant le mot manufacta, il relève habilement la folie qu'il y a, pour un homme intelligent, à adorer ses propres œuvres. Cf. Deut. rv, 28; IV Reg. xix, 18; Is. II, 8, etc. — Viventem Deum, qui...: par opposition aux idoles sans vie. Cf. Ps. cxii, deuxième partie , 3-8, etc. — Qui... potestatem onwi... Hébraïsme, pour dire : le maître absolu de tous les êtres animés. Cf. Num. xvi, 22. — Réplique du roi: Non tibi videtur... (vers. 6). Il croit ne pouvoir mieux démontrer que Bel est un dieu vivant, qu'en rappelant à Daniel tout ce qu'il fallait à l'idole pour son alimentation quotl-

Dan. XIV, 6-13.

6. Et ait Daniel arridens : Ne erres, rex ; iste enim intrinsecus luteus est, et forinsecus sereus, neque comedit aliquando.

7. Et iratus rex vocavit sacerdotes ejus, et ait eis : Nisi dixeritis mihi quis est qui comedat impensas bas, moriemini.

8. Si autem ostenderitis quoniam Bel comedat hsec, niorietur Daniel, quia blasphemavit in Bel. Et dixit Daniel régi : Fiat juxta verbum tuum.

9. Erant autem sacerdotes Bel septuaginta, exceptis uxoribus, et parvulis, et filiis. Et venit rex cum Daniele in templum Bel ;

10. et dixerunt -sacerdotes Bel : Ecce nos egredimur foras; et tu, rex, pone eecas, et vinum misce; et claude ostium, et signa annulo tuo ;

11. et cum ingressus fueris mane, nisi inveneris omnia comesta a Bel, morte moriemur, vel Daniel qui mentitus est adversum nos.

12. Contemnebant autem, quia fecerant sub mensa absconditum introitum, et per illum ingrediebantur semper et devorabant ea.

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