‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 311 sur 832 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1. Dicite fratribus vestris : Populus meus; et sorori vestrse : Misericordiam consecuta.

2. Judicatematrem vestram, judicate, quoniam ipsa non uxor mea, et ego non vir ejus. Auferat fornicationes suas a facie sua, et adulteria sua de medio uberum suorum ;

3. ne forte expoliem eam nudam, et Btatuam Ciim secundum diem nativitatis Buœ, et ponam eam quasi solitudinem, et statuam eam velut terram inviam, et interficiam eam siti.

4. Et tiliorum illius non miserebor, quoniam filii fornicationum sunt.

Chap. II. — 1. La complète rentrée en grâce. Ce verset n'aurait pas dû être séparé des précédents, car il leur est très étroitement uni. — Dicite fratribus... C.-àd.: Dites-vous les uns au.t autres. — Populus meus (hébr., 'ammi), au lieu de l'appellation néfaste « Non populus meus ». — Misericordiam consecuta. D'après l'hébreu : ruhâmah, aimée. Comp. les vers. 6 et 8". — Ainsi les trois phases douloureuses qui ont été décrites ci-dessuB (vers. 3 et ss.) se résolvent en une seule, tout heureuse et bénie pour Israël. Plusieurs traits de 'ce beau tableau conviennent au retour d'exil et à la réinstallatlon des Juifs en Palestine; mais il en est au moins un, celui qui concerne le rétablissement de la royauté, qui ne s'est accompli que d'une manière idéale et supérieure, en Notre -Seigneur Jésus - Christ.

i II. — L'aiititype, ou plaidoirie du Seigneur au svjet d'Israël comparé à une ipouae infidèle. II, 2-24.

Ce paragraphe complète et développe le précédent, de manière à faire disparaître tout ce qui avait pu demeurer obscur dans l'action symbolique du prophète. Nous y trouvons entièrement le même fond et le même ordre d'idées, c.-à-d., les reproches, les menaces et les promesses ; mais les choses signiflées nous sont présentées directement, et, par suite, plus clairement. Osée et Qomer disparaissent; à leur place nous voyons Jéhovah, l'époux mystique, et Israël, •on épouse InOdèle. Le Seigneur expose lui-même, dans une éloquente plaidoirie, ses griefs contre le royaume dTsraCI, ses futures vengeances, puis les généreuses promesses de pardon.

1' Dieu, Inillgncmcnt outragé par Israël, exhale ses plaintes et sa Juste colère, annonçant qu'il abandonnera ce peuple Ingrat. II, 2 -fi.

>-t. Les InadéUtM de U nation Juive, enii-

1. Dites à vos frères : Vous êtes mon peuple ; et à votre sœur : Tu as obtenu miséricorde.

2. Jugez votre mère, jugez -la, car elle n'est plus mon épouse et je ne suis plus son mari. Qu'elle enlève ses fornications de son visage, et ses adultères du milieu de ses seins ;

3. de peur que je ne la dépouille ei ne la laisse nue, et que je ne la mette dans l'état où elle était le jour de sa naissance, et que je ne la rende semblable à un désert, et que je ne la change eo une terre sans chemin, et que je ne 1«^ fasse mourir de soif.

4. Je n'aurai pas pitié de ses fils, parce que ce sont des enfants de prostitution.

sagée comme l'épouse de Jéhovah. « D'un bel avenir idéal (cf. i, 10- U), Osée revient sur le temps présent, si triste, qui en est tout à fait l'opposé. » — Judicate... Hébr. : Plaidez contre votre mère, plaidez. La répétition du verbe accentue fortement la pensée. L'ordre divin s'adresse à ceux des Israélites qui éulent demeurés fidèles, et 11 les Invite à protester hautement contre l'idolâtrie de la grande masse de leurs frères. — Ipsa non uxor... La répudiation officielle n'a pas encore eu Heu, mais le lien qui unit les deux époux mystiques est déjà brisé moralement, et la séparation extérieure viendra bientôt, à moins que la femme coupable ne se convertisse sincèrement : auferat... Sur cette figure du mariage pour exprimer les rapports du Seigneur et d'Israël il partir de l'alliance contractée au Sinaï, voyez Jer. xxiv, 2, et la note. — Fornicationes a facie... Les regards effrontés de l'épouse trahissaient son Inconduite. Cf. Jer. m, 3. Allusion à l'empressement d'Israël pour le culte des Idoles. — Ne forte (cet adverbe manque dans l'hébreu) expoliem... (vers. 3). Emblème d'une humiliation extrême. Les Germains Infligeaient à la lettre ce châtiment aux femmes adultères (cf. Tacite, German., xviii-xix); chez les Hébreux, elles étaient condamnées & mort (cf. Lev. XX, 10; Deut. xxii, 29, etc.).— Statuam.... secundum diem... C'est la même pensée. « La nudité de l'enfant qui ^ient de naître ost pour l'adulte la Ruprêmo honte. » Cf. Ez. xvi, 4-6. — Qunsi solitudinem. Hébr.: comme un déscit. Cette (oraparaison se rapproche davantage de la réalité : le pays habité par les Israélites devait être ch.ing* eu une Immense solitude. Cf. Jer. iv, 26; Zach. VII, 14, etc.— Terram inviam. Hébr.: une terre desséchée. — Inlerflclam Bill. On meurt facilement de soif dans un désert. — Et flllorum.^ (vers. 4). Pas do pitié, on mieux, d'après le texte

Os. II, 5-9.

6. Car leur mère s'est prostituée, celle qni les a conçus s'est déshonorée, et elle a dit : J'irai après mes amants, qui me donnent mon pain et mon eau, ma laine et mon lin , mon huile et ma boisson.

6. C'est pourquoi voici, je vais fermer ton chemin avec des épines, je le fermerai avec un mur, et elle ne trouvera plus ses sentiers.

7. Elle poursuivra ses amants, et elle De les atteindra pas ; elle les cherchera , et elle ne les trouvera pas ; et elle dira : J'irai et je retournerai vers mon premier époux, car j'étais alors plus heureuse que maintenant.

8. Et elle n'a pas su que c'est moi qui lui donnais le blé, le vin et l'huile, et qui multipliais pour elle l'argent et l'or qu'ils ont consacrés à Baal.

Page 1