‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 310 sur 832 · Et in illa die conteram arcum Israël in valle Jezrahel · texte numérisé non relu

Et in illa die conteram arcum Israël in valle Jezrahel

6. Et concepit adhuc , et peperit filiam. Et dixit ei : Voca nomen ejus Absque misericordia, quia non addam ultra mi- Bereri domui Israël, sed oblivione obliviscar eorum.

7. Et domui Juda miserebor, et salvabo eos in Domino Deo suo; et non salvabo eos in arcu et gladio , et in bello, et in equis, et in equitibus.

5. En ce jour -là, je briserai l'are d'Israël dans la vallée de Jezrahel.

6. Elle conçut encore, et enfanta une fille. Et le Seigneur dit à Osée : Donnelui le nom de Sans miséricorde, car à l'avenir je n'aurai plus de miséricorde pour la maison d'Israël, mais je les oublierai entièrement.

7. Et j'aurai pitié de la maison de Juda, et je les sauverai par le Seigneur leur Dieu , et je ne les sauverai point par l'arc, ni par l'épée, ni par la guerre, ni par les chevaux , ni par les cavaliers.

son ancêtre, Israël (cf. Gen. xx.^ii, 28) ; elle recevra celui de Jezraël, rendu tristement célèbre dans l'histoire juive par les crimes d'Achab et de Jézabel, et par les terribles représailles de Jéhu. Cf. m Eeg. xxi, 1 et ss. ; IV Rog. ix, 30-37. Jezraël était une ville très ancienne de la tribu d'Issachar. Voyeï Jos. xix, 18, et la note {AU. géogr., pi. vii). — Adhuc modicam. Bien peu de temps, en effet, puisque cet oracle fut promulgué quelque temps seulement avant la mort de Jéroboam II, et qne, six mois plus tard, son flls et successeur Zacharie périssait assas- Biné. Le royaume du nord ne devait guère compter désormais que cinquante années d'existence. — Visitabo. En mauvaise part : pour châtier, pour détruire. — Sanguinem Jezrahel. Le sang yersé à Jezrahel, pour lequel Dieu se proposait de punir bientôt la maison de Jéhu, n'est pas celui de l'iraple Jézabel et de sa famille, car Jéhu ne l'avait répandu que sur l'ordre formel du Seigneur (cf. IV Reg. ix, 6-10, et x, 30). Ce sang représente ici les horribles cruautés que le roi Achab et sa digne compagne avaient surtout commises à Jezraël , leur résidence habituelle (cf. III Reg. XXI , 8 et ss.) ; puis les actes semblables de la dynastie de Jéhu, qui eut, elle aussi, beaucoup d'injustices et de violences à se reprocher. De même que Jéhu avait été chargé de ▼enger le sang versé par Achab, de même un autre Instrument du Seigneur devait venger les cruautés des descendants de Jéhu {super dornum...). — Le châtiment céleste, après avoir atteint la maison royale, tombera sur le royaume entier, pour l'anéantir : et quiescere faciam... Le premier coup prépara le second, car la ruine de la dynastie de Jéhu fra3-a les voies k une anarchie épouvantable, qui conduisit le royaume à sa perte. — In illa die : le Jour où Dieu mettra à exécution la double menace que nous venons d'entendre. — Conteram arcum. L'arc était remblèmc do la force guerrière. Ces mots Indiquent de quelle manière le royaume coupable «cra détruit : c'est la guerre qui mettra fin à son existence. — In valle Jezrahel. Magnifique vallée du centre de la Palestine, nommée aussi vallée d'Esdrelon (Atl. géogr., i>l. vn, x). Des batailles fameuses s'y étalent livrées (cf. Jud. vi, 33 ; I Reg. XXIX, 11); d'où l'on a souvent conclu QU'Osée prédit Ici une défaite, ou une série de dé laites, que les Assyriens devaient faire Bublr

dans ces parages aux Israélites. Mais peut-étra vaut-U mieux donner à ces mots un sens symbolique : la vallée de Jezrahel désignerait alor» « le champ de l'activité idolâtrique et criminelle sur lequel toutes les entreprises politiques et militaires d'Israël étaient destinées, de par U divine Providence, à être frustrées, et à rencontrer le désastre ».

6-7. La seconde phase du mariage. — Absqtu misericordia. C.-à-d., traitée sans miséricorde (LXX : oùx Ti),£r,uiévT,). L'hébreu, lô' ruhâmah, signifie plutôt : Pas aimée. Corap. la trad action très exacte de saint Paul, Rom. ix, 15 : oùx YjYa7TT|[j.iVr,. — Qnia non addam. Ce second nom est expliqué par Jéhovah, comme le premier. Désormais Dieu cessera d'éprouver pour Israël les sentiments de l'amour conjugal. — Sed oWi- Tnone... L'oubli suit ordinairement de très près la cessation de l'amour, tandis que l'affection rend l'être aimé constamment présent à la pensée. Au Heu du verbe nâSah, oublier, qu'a lu saint Jérôme, l'hébreu a nâèah, porter, puis, par dérivation, enlever les péchés, pardonner : Je ne continuerai plus de leur pardonner. Aussi longtemps que le Seigneur avait aimé Israël , il lui avait pardonné ses fautes sans nombre ; à l'avenir, i'i punira sans pitié. — Et domui Juda^ (vers. 7). Par ce contraste saisissant. Dieu accentue davantage encore sa Juste sévérité h l'égard d'Israël. Kon que le royaume do Juda fût exempt de crimes ; du moins il n'avait pas été atteint aussi foncièrement par le mal, et de plus, en tant que royaume légitime , qui possédait le vrai culte et la vraie loi de Jéhovah , c'est lui qui possédait les promesses messianiques, d'après lesquelles 11 ne devait pas entièrement périr. — Slixerebor. D'après l'hébreu : J'aimerai. — L'emploi de la formule extraordinaire in Domino Deo suo, ao lieu de < In me », dénote manifestement « une intervention miraculeuse ». C'est aussi, d'alUenra, ce que marque le contexte : et non... in arcu... Cf. Jos. XXIV, 12; Ps. XIX, 8; xxx;i, 17, etc. Le royaume d'Israël, très puissant sous Jéroboam II, mettait sa confiance dans ses belles armées et dans son matériel de guerre Irréprochable ; mata 11 était destiné quand même à une ruine prochaine, tandis que Dieu, à lui seul, sans aocnn mojen humain, saura bien sauver Juda & l'heure du péril. Témoin, non seulement la délivrance merveilleuse de Jérusalem raenacée par Sennackérib

Os. I, 8-11.

8. Elle sevra celle qui était appelée Sans miséricorde. Elle conçut encore, et enfanta un fils.

9. Et le Seigneur dit : Donne- lui le nom de Pas mon peuple , car vous n'êtes plus mon peuple, et je ne serai plus votre Dieu.

10. Et le nombre des enfants d'Israël fiera comme le sable de la mer, qui ne peut ni se mesurer ni se compter. Et, au lieu où on leur disait : Vous n'êtes plus mon peuple, on leur dira : Fils du Dieu vivant.

11. Les enfants de Juda et les enfants d'Israël se réuniront ensemble ; ils se donneront un seul chef, et ils sortiront du pays , car le jour de Jezrahel est grand.

8. Et ablactavit eam , quse erat Absque misericordia. Et concepit, et peperit filium.

9. Et dixit : Voca nomen ejus Non populus meus, quia vos non populus meus, et ego non ero vester.

10. Et erit numerus filiorum Israël quasi arena maris, quœ sine mensura est, et non numerabitur. Et erit, in loco ubi dicetur eis : Non populus meus vos, dicetur eis : Filii Dei viveutis.

1 1. Et congregabuntur filii Juda et filii Israël pariter; et ponent sibimet caput unum, et ascendent de terra, quia magnus dies Jezrahel.

<cf. Is. X, 33-34; xxxYii, 36), mais encore la fin de la captivité babylonienne (cf. la. ux, 16-20; Lxni, 3), et surtout le salut apporté au peuple théocratlque par le Messie.

8-9. Troisième phase du mariage. — Et ablactavit. D'après l'antique coutume de l'Orient biblique, les nourrissons n'étaient sevrés qu'à l'âge de trois ou quatre ans, il s'écoula donc un Intervalle assez considérable entre la naissance du second et du troisième enfant. — Non populus métis. Hébr. : Lô' 'ammi. Non content de retirer son amour à Israël, Jéhovah cessera de le regarder comme son peuple ; 11 le rejettera entièrement. — Quia vos... Les coupables sont tout à coup interpellés d'une manière directe, saisissante. — Et... non ero vester. En vertu de l'alliance da Slnaï, le Seigneur était le propre Dieu des Israélites (cf. Ex. xix, 6-6, etc.); cette relation, si glorieuse pour eux, prendra fin également. Ainsi donc, le premier enfant symbolise les Jugements divins; le second, la cessation de l'amc/nr Ue Jéhovah ; le troisième annonce qu'Israël sera traité comme un peuple étranger.

3» Le glorieux rétablissement d'Israël. 1, 10 —

Israël semblait à Jamais détruit; mais voici que soudain, sans transition (comme plus bas, it diverses reprises : tn , 6 ; xi , 8 et ss., etc.), la divine parole nous le montre ressuscité, restauré. Après que les Jours d'expiation auront passé, 11 Tiendra une ère de grâces et de bénédictions, laquelle n'est autre que celle du Mussie, comme l'ont dit énergiqueraent saint Pierre (I Petr. n, 10), saint Paul (Rom. ix, 25-26), et la tradition A leur suite.

10-11. Les tribtis du royaume d'Israël rede- Tlcndront un grand peuple et seront réunies au royaume de Juda. — Israël. C.-à-d., par opposition à Juda, le royaume du nord, dont les vers. 4-6 ont prophétisé la destruction. — Quasi arena... : conformément à l'antique promesse faite 4 Abraham et à Jacob (Gen. xxii, 17, et xxxu, 12 ; «f. m Reg. lY, 30 ; l8. IX, 2 : Mich. n, 13, etc.).

— Ubi dicetur. Il vaudrait mieux traduire par l'imparfait : Partout où l'on disait... Lorsque les menaces lancées contre Israël auront été exécutées, qu'il sera dispersé à travers les peuples, et qu'on lui rappellera sa triste sentence, Non populus meu^ (hébr., lô' 'ammi; cf. vers. 9)..., il lui suffira de réprouver ses fautes et de revenir au Seigneur, pour obtenir aussitôt la révision du terrible arrêt : Dicetur... : Filii Dei... Cette nouvelle appellation, « Fils du Dieu vivant, » dit beaucoup plus que l'ancienne, Mon peuple. Le Dieu vivant, c'est le Dieu personnel, qui a la toute-puissance pour sauver comme pour détruire, par opposition aux idoles sans vie. Cf. Deut. v, 26 ; I Reg. xvn, 26, etc. Ce sont les païens, parmi lesquels Israël aura été dispersé, qui lui tiendront ce langage : fait qui suppose qu'ils reconnaîtront euxmêmes le vrai Dieu, et qu'ils se seront rangés sous ses lois, contribuant ainsi à accrofi re étonnamment le peuple théocratlque ; voilà potu-quo) saint Pierre et saint Paul, dans les passages cités plus haut, appliquent aussi cette promesse aux Gentils. — Et congregabuntur. « Un trait remarquable est ici ajouté à la peinture prophétique : » l'Israël des anciens Jours s'était divisé en deux branches hosiiles l'une à l'autre; mais son unité primitive sera rétablie. Même oracle dans Isaïe (cf. XI, 12-13), dans Jérémle (cf. in, 18, et l, 4), dans Ézéchlel (cf. xxxvn, 15 - 23), etc. — Caput unum : un seul chef, au Heu de deux. Nous apprendrons plus loin, m, 5, quel sera cet unique monarque : « David, leur roi, » c.-à-d. l'héritier éternel de ce prince, le Messie en personne. Cf. Ez. xxxrv, 23; Luc. i, 32-33, etc. — Ascendent de terra... Les Israélites déportés au loin quitteront le pays de leur exil pour revenir en Palestine. Cf. Jer. XXX, 3, 18-22 ; xxxi, 1 et ss.; Am. IX, 11, etc. — Quia magnus... Aux vers. 4-6, le « Jour de Jezraël » était signalé comme une période de ruine affreuse ; il apparaît Ici comme une ère de bénédictions et de salut. CTest que 1« châtiment aura produit le repentir, et oelol-ci la délivrance.

Os. II, 1-4.

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