‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 358 sur 832 · Verbum Doraini, quod factura est ad Joël, filium Phatuel · texte numérisé non relu

Verbum Doraini, quod factura est ad Joël, filium Phatuel

2. Audite hoc, senes; et auribus percipite, omnes habitatores .terrse. Si factum est istud in diebus vestris, aut in diebus patrum vestrorum?

3. Super hoc filiis vestris narrate, et filii vestri filiis suis, et filii eorum generationi alterae.

Chap. I. — 1. Titre du livre. — Verhum Domini. Par conséquent, révélation divine. Tout ce que Joël va dire sera la parole du Seigneur. — Sur le nom et l'époque du prophète, voyez l'Introd., p. 389.

Section I. — Premier discours : Exhortation

A LA PÉNITENCE, A l'occasion DE DEUX FLÉAUX QUI RAVAGEAIENT LA CONTRÉE. I, 2 — II, 17.

1 1, — Le prophète décrit, en gémissant, tes devx fléaux affreux. I, 2-21.

1» Les sauterelles. I, 2-18.

Il s'est formé, dans le cours des siècles, deux systèmes très divers d'intei-prétation au sujet de l'invasion des sauterelles, si bien décrite par Joël en cet endroit et dans la première moitié du chap. II. D'après le Targum, plusieurs Pères (entre autres, saint Éphrem, saint Cyrille d'Alexandrie, Théodoret, saint Jérôme), et un certain nombre de commentateurs anciens et modernes , ces Insectes ne seraient pas mentionnés pour eux-mêmes, mais comme un symbole des peuples païens qui devaient tour à tour affliger la nation théooratique. Aujourd'hui, la plupart des exégètes entendent simplement cette Invasion dans le sens littéral, comme un fait réel, que le narrateur avait sous les yeux. La description est si vivante, si conforme dans les pins petits détails ù ce que l'on sait de ce fléau terrible, qu'il est préférable, en effet, de s'en tenir à la lettre, sans aller au delà.

2-4. Premier tableau. Le thème : jamais l'on n'avait été témoin d'un pareil ravage dans le pays; il faut en perpétuer le souvenir. — Audite... Introil action abrupte et dramatique. Les vieillards sont les premiers Interpellés, en tant que « dépositaires des souvenirs nationaux ». — Terrse : non pas la terre entière, mais le pays de Juda.

— Si est un hébraïsme, pour : Est-ce que? Ce passage et le vers. 3 sont évidemment un éuho des paroles qui introduisent dans l'Exode, x, 2, la huitième plaie d'iîîgypte, celle des sauterelles.

— Istud : le douloureux phénomène qui va être longuement décrit et que tous les habitants de Juda contemplaient alors de leurs propres yeux. — In diebus vestris, aut... Le fléau était donc particulièrement terrible, puisque personne n'avait rien vu et rien entendu de semblable. — Narrate, et filii... (vers. 3), La mémoire d'un tel événement ne devra jamais disparaître dans la nation sainte. Joël l'a Immortalisé, à lui seul. — Alterœ, pour « alteri », appartient au latin de la langue populaire.

— Resitfiium... œmedit... (vers. 4). La cause de la désolation est maintenant exposée dans trois propositions parallèles, presque Identiques. Cette répétition a pour but de marquer que le pays sera entièrement dévasté : ce qu'un des ravageurs aura laissé, l'autre le ruinera. Cf. Is. xxiv, 17-18; Jer. XV, 2. — Eruces, locusta, bruchus , rubigo. La Vulgate n'a exactement traduit que le second de ces quatre noms. En effet, les exégètes admettent très communément aujourd'hvil qu'ils désignent tous de» sauterelles. Il n'y a partage de sentiments que ponr savoir s'il est qiws-

Joël I, 4-7.

4. Residuum erucœ coinedit locusta, et residuun locnstfe coinedit bruchus, et residuum bruchi comedit rubigo.

5. Expergiscimini , ebrii ; et flete et ululate, omnes qui bibitis vinum in dulcedine, quoniam periit ab ore vestro.

6. Gens enim ascendit super terram meam, fortis et innumerabilis : dentés ejus ut dentés leonis, et molares ejus ut catuli leonis.

7. Posuit vineam meam in desertum, et ficum meam decorticavit; nudans spo-

4. La sauterelle a mangé les restes di la chenille; le ver a mangé les restes de la sauterelle, et la nielle n mangé les restes du ver.

5. Réveillez -vous, ivrognes; pleurez et criez , vous tous qui buvez le vin avec délices, parce qu'il vous est enlevé de la bouche.

6. Car un peuple vient fondre sur mon pays, fort et innombrable : ses dents sont comme les dents d'un lion, et ses mâchoires comme celles d'un lionceau.

7. Il a changé ma vigne en désert, et il a arraché l'écorce de mes figuiers; il

tlon 1« de quatre essaims qnl auraient successivement envahi la contrée; i» de quatre espèces diverses de sauterelles (on en compte plus de quatre-vingts; comp. YAtl. d'hist.nat., pi. xlvi, flg. 3, 6, 8.9 ; pi. XLVii, flg. 1); 3° d'une seule et même espèce (la plus commune de toutes, 1*4 cri-

La tauterelle commune de l'aiesiine aux différemes i>lia.see de sa ((irmation. •

dium peregiinum, ou criquet voyageur; Atl. d'hist. nat., pi. xlvi, flg. 6; pi. xltii, flg. 8), aux quatre époques de sa formation, c.-b-d., à l'état de larve ou de ver, à l'état d'insecte non muni d'ailes, & l'élal d'insecte à demi ailé, à l'état parfait (voyex l'A.tL d'hist. nat., pi. xlvi, flg. 2). La première de ces opinions est la plus vraisemblable. Quoiqu'il en soit, voici les noms hcjbroux et leur signification : gâzâm , celui qui •oupe; 'arheh, le mul'.'ple (c'est le nom habituel

de la sauterelle dans la Bible) ; yélék, le léchenr ; hâsH, le rongeur. Ils conviennent fort bien à la sauterelle, comme le montrera la suite de la description. Par rubigo de la Yulgate il faut entendre la nielle, maladie des céréales.

6-7. Second tableau de la dévastation. — Experyiscimini ebrii. C'est pour deux motifs que les buveurs , les ivrognes, sont directement Interpellés : d'abord dans l'intérêt de la description même, le ravage des vignobles ^ar les sauterelles étant l'une des faces principales du fléau; puis pour montrer que ce sont les péchés du peuple qui ont attiré sur lui ce châtiment. Isaïe, xxvni , 7-8 , nous apprend aussi que l'ivrogrnerie avait pris des proportions effrayantes dans le royaume de Juda, sous le règne d'Ozlas, même parmi les classes supérieures de la société. — Qui... in dultxdine. L'hébreu coupe autrement la phrase ; (Hurlez tous), buveurs de vin, au sujet du motit(Yxilg.,in dtUeedine), car il vous est arraché de la bouche.

— Oens enim ... (. vers. 6 >. Expres- .sion figurée, toute classique. Comp.

Prov. XXX, 26-26, où les fourmis et d'autres animaux reçoivent aussi le nom de peuple. — Terram meam.

La Palestine était par excellence le territoire de Jéhovah, qui y avait établi son peuple. — Fortis et inniitnerabilis. Deux épithètos qui conviennent parfaitement aux sauterelles. — Dentcs ejus... léonin. Comparaison très expressive. Cf. Apoc. ix, 8 ( Atl. d'hist. nat., pi. ci , lig. 0 ;. «t Lei mandibules de la sauterelle sont o.ttrêniement dures et fortes, » et elles oi>èrcnt des ravages auprès desquels ceux des mûcholres du lion sont peu de chose. Aussi le narrateur Insiste - 1 - il sur la pensée : molares ejus... — Posuit Hneam... (vers. 7). La Palestine a ton- Jours été renommée pour ses vignes. Môme réflexion à faire iiu'au vers. 6 à propos du pronom m.eam. — Ficum : l'un des arbres fruitiers le plus cultivés dans la Terre s.ilme. Cf. I Hcg. rv, 26; Mich. IV, 4; Zacb. ni, 10, etc. — Nudans

Joël I, 8-13.

les a entièrement dépouillés et il les a jetés à terre : leurs branches sont devenues blanches.

8. Pleure comme une vierge qui se revêt d'un sac, à cause de l'époux de sa jeunesse.

9. Les oblations de blé et de vin ont disparu de la maison du Seigneur ; les prêtres, les ministres du Seigneur, sont en deuil.

10. La contrée a été ravagée, la terre est en deuil, parce que le blé est détruit, le vin confus et l'olivier languissant.

11. i^es laboureurs sont confus, les vignerons poussent de grands cris k cause du blé et de l'orge, parce que la moisson des champs a péri.

12. La vigne est confuse et le figuier languissant ; le grenadier, le palmier, le pommier et tous les arbres des champs sont desséchés ; la joie s'en est allée confuse loin des enfants des hommes.

13. Prêtres, ceignez -vous et pleurez; poussez des cris , ministres de l'autel ; entrez dans le temple et couchez dans un

liavit eam, et projecit: albi facti snnt rami ejus.

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