‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 368 sur 832 · Et erit : omnis qui invocaverit · texte numérisé non relu

Et erit : omnis qui invocaverit

Effvndam. L'hébreu signifie : verser à flots. — Spiritum meum. Cette expression n'avait pas, sous l'ancienne Alliance, la netteté qu'elle a reçue dans l'Evangile ; ici, du moins, comme en d'autres passages (cf. Nuni. xi, 25; I Reg. x 10; Ps. L, 13; Is. XLiv, 3 ; Ez. xxxix, 29), la personnalité distincte de l'Esprit de Dieu est clairement Insinuée, en attendant la révélation complète de Jésus - Christ. — Super omnem carnem. Hébraïsme, qui désigne tout le genre humain sans exception. D'où 11 suit que les gi-âces et les dons de l'Esprit saint ne devaient pas être réservés exclusivement aux Juifs; l'humanité entière était appelée à les recevoir. Cf. Is. lxv, 1-2. Deux énumératlons entrelacées développent, d'une part , les mots « super omnem carnem » , et, de l'autre, expliquent le mode de cette divine effusion. — Pas de distinction de sexe (fiUi... et filiae ; les pronoms vestri et vestrse ne s'appliquent pas à l'ancien Israël, mais au nouveau peuple de Dieu, choisi dans « toute chair»), ni d'âge (senes... juvenes), ni de condition (servos... et aneiUas ; remarquez l'emphase des mots sed et: les esclaves eux-mêmes auront part à cette faveur de choix. Meon n'est pas dans l'hébreu ).

— Prophetabunt, somniabunt . . . videbunt. Trois manifestations distinctes de l'Esprit saint : la première correspond au don de prophétie dans le scn^ strict ; la seconde et la troisième indiquent deux moj'ens par lesquels Dieu communiquait fréquemment ses révélations, les songes (cf. Gen. XV, 12 et ss.) et les visions (cf. Gen. xv, 1 et ss.; Is. VI, 1 et ss., etc.). — In diebus Ulis : durant toute la période ouverte par l'avènement du Messie.

3° Les signes avant -coureurs du jugement général. II, 30-32.

Le prophète, qui avait passé brusquement de son temps à l'ère du Christ, ne passe pas moins brusquement de cette ère aux derniers jours du monde, pour décrire le jugement général « qui doit précéder l'inauguration du règne éternel de justice ».,

30-31. Perturb.itions effrayantes dans la nature. — Prodigia: des phénomènes extraordinuires et terribles, qui annonceront la proximité û-i jugement divin, et qui auront lieu, les uns i« ctelo (cf. vers. 31), les autres in terra (vers. SO*).

— l!>ayiijmneTn. D'après quelques interprèles, les eaux changées en sang, comme dans la première plaie d'Egypte (cf. Ex. vn, 20). Mieux : des

guerres meurtrières, qui feront couler des flots de sang. — Ignem. Ce trait et le suivant ( vaporem fumi: hébr. , des colonnes de fumée) annoncent peut-être des éruptions volcaniques. — Sol... in tenebras (vers. 31). Dans son discours relatif à la fin du monde, Notre-Seigneur Jésus- Christ décrit presque dans Ifs mêmes termes les préludes du jugement dernier. Cf. Matth. xxiv, 29; Marc, xiii, 24; Luc. xxi, 25. Il existe certainement une relation intime entre les paroles du Sauveur et l'oracle de Joël, dont elles précisent le sens, quoiqu'il soit déjà si clair par lui-même. Comp. aussi Is. xiii, 10. et xxxiv, 4; Jer. rv, 23; Ez. xxxii, 1-8; Apoo. vi, 12 et ss., etc. — Luna in aangninem. C.-à-d. que cet astre aura une couleur blafarde, et rouge comme celle du sang. — Dies Domini .. : ce jour que Joël a mentionné déjà plusieurs fois d'une manière rapide (cf. i, 15; ii, 2, 11), et dont 11 donne maintenant une description complète.

32. Condition à laquelle on pourra échapper aux horreurs du Jour terrible de Jéhovah. — Et erit. Le prophète introduit par cette formule (cf. vers. 28) une autre vérité d'une grande importance : «jusqu'à ce que le jour final arrive, ce sera un temps de salut », et, au moment même du jugement, les enfants du monde auront senU à redouter la colère céleste, qui n'atteindra pas les enfants de Dieu. — Omnis qui... Il n'est fait aucune exception : tout homme, quel qu'il soit, qu'il appartienne au peuple juif ou à une autre nation. — Invocaverit nomen... Invoquer ce nom sacré, c'est reconnaître Jéhovah comme le vrai Dieu, l'adorer et être soumis à ses lois. Ce pa'sage annonce donc, au moins Implicitcnicntj l'appel des Gentils à la fol ; aussi saint Paul l'a-t-il cité dans ce sens (Rom. x, 13). — Quia in... Sien... Sion et Jérusalem seront un abri très sûr pour tous ceux qui s'y seront réfugié-. Le contexte et l'interprétation traditionnelle démontrent que la capitale juive est msntlcnnée en cet endroit d'une manière idéale, comme centre du royaume de Dieu : tous les adorateurs de Jéhovah seront censés avoir en elle leur demeure spirituelle. Cf. Ps. lxxxvi, 4 et ss. ; Is. ii, 2 et ss. ; xxxvii, 32; Mich. iv, 1 et ss. — D'après d'assez nombreux commentateurs, par les mots sintt dixit Domiiius , Joël Indiquei'ait lui-même qu'il emprunte à Abdias, 17, cet oracle, qui serait alors antérieur au sien. Quoi qu"il en soit, cette formule insiste sur le caractère divin de

Joël 111, 1-2.

nomen Doraini, salvus erit ; quia in monte Sion et in Jérusalem erit salvatio, sicut dixit Dominas, et in resi^uis quo8 Dominus vocaverit.

nom du Seigneur sera sauvé ; car le salui sera 'sur la montagne de Sion et dara Jérusalem, comme le Seigneur Ta dit, et parmi les restes que le Seigneur aura appelés.

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