‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 388 sur 832 · Éloigne de moi le bruit de tea · texte numérisé non relu

Éloigne de moi le bruit de tea

Ce détaU est expliqué par ceux qui précèdent, et surtout par celui qui suit immédiatement: il y aura tant de morts et tant d'autres calamités à déplorer, que les pleureurs et les pleureuses à gages (eos qui seiunt...) n'étant pas en nombre suffisant , on appellera tous les habitants , mèuic les agriculteurs, à chanter des complaintes funèbres et des lamentations. Cf. Jer. tu, 9-19. Le plus souvent, ce rôle était dévolu aux femmes ; mais les hommes le remplissaient parfois aussi. Cf. II Par. XXXV, 26 (AU. archéol., pi. xxvi, flg. 6, 7, 9, 11; pi. xxvii, flg. 5, 7; pi. xxvm, flg. 1, 7). — In vlneia... planctus (vers. 17) : à la place des chants joyeux des vignerons et des vendangeurs. — Quia pertraitsibo... L'expression passer au mUleu, lorsqu'elle est appliquée ix Dieu, marque presque toujours le châtiment, et c'est Ici le cas. Cf. Ex. xn, 12, etc.

3» Malédiction contre ceux qui désiraient follement le jour du Seigneur. V, 18-27.

18-20. Ce que sera la réalité de ce Jour terrible. — Vte deeiderantUms... Beaucoup d'Israélites , «'imaginant qu'il sufAsatt d'être flls d'Abmbam selon la chair pour former le vrai peuple de Jéhovah, se croyaient par là même à l'abri de tout péril ; bien loin de redouter le Jour du Seigneur, LU rajipelaient de tous leurs vœux, dans l'espoir qn'U leur apporterait toutes sortes do bénédictions, même temjwrelles. — Le prophète détrompe ces insensés : Ad quid eam...T Qu'ils prennent garde I Ils ne savent guère ce qu'ils désirent. — Dieu isUi, tembrse... Emblème de malheurs multiples. Cf. Joël, ii, 2, 10. — Quomodo «t. (vers. 19). Tableau dramatique.

Amos signale divers périls très graves, se succédant coup sur coup, de sorte qu'on n'échappe à l'un que pour tomber dans l'auire, et être finalement saisi : tel sera le jour de Jéhovah. Tous les traits de la description étaient familiers k Amos.

— Uraus. L'ours de Syrie forme une espèce particulière. Il est vorace et cruel. Cf. IV Reg. ii, 24 ; Prov. XVII, 12 (AtL d'hist. nat., pi. xcvii, fig. 2).

— Coluber. Les reptiles sont nombreux en Palestine, et la morsure de plusieurs d'entre eux est très dangereuse. On les trouve jusque dans les malsons, et souvent ils se cachent daus les fissures des murs. — Nuinquld ?i<m...T Répétition solennelle et développée du ver». 18»>.

21-27. Leurs actes de religion ne sont que de pures formalités, qui ne toucheront pas le cœur de Dieu. — Odi et projeci... Jéhovah , répondant il une objection tacite des Israélites, réprouve avec énergie leur culte purement extérieur, qui constituait une nouvelle offense. Conip. IV, 1-5 et les notes; Is. i, 12-14, etc. — Noncapiam odorem,^ Langage très expressif : leurs assemblées religieuses sentent mauvais. — IIolocauXomata et vtunrra (vers. 22). Uébr. : vos holocaustes et vos minhôt; c.-à-d., les sacrifices sanglants et non sanglants. Voyez Joël, i, 13>>, et le commentaire. — Non suscipiam. Hébr. : Je ne prends iias plaisir. — Vota. Hébr. : les sacrifices d'action do grftces. — Pinçuium... On réservait à Dieu les animaux les plus gras et les plus beaux. — TaimUtum carminum... (vers, 23). K.\ pression très dédaigneuse pour désigner les sacrés cantiques : ce n'était pour Dieu qu'un bruit désagréable. - Cantica lyrm... Hébr. i la

Am. V, 24-26.

cantiques ; je n'écouterai pas les airs de ta lyre.

24. Le jugement se manifestera comme l'eau , et la justice comme un torrent impétueux.

25. Est-ce que vous m'avez offert des victimes et des sacrifices dans le désert pendant quarante ans, maison d'Israël?

26. Vous avez porté le tabernacle de votre Moloch, et l'image de vos idoles, l'étoile de votre dieu, que vous vous étiez faits.

tuorum ; et cantica lyrse tuae non audiain.

24. Et revelabitur quasi aqua judicium, et justitia quasi torrens fortis.

25. Numquid hostias et sacrificiura obtulistis mihi in deserto quadragiuta annis, domus Israël?

26. Et portastis tabernaculura Moloch vestro, et imaginera idolorura vestrorum, sidus dei vestri, quœ fecistis vobis.

mélodie de tes n'hâlim. Le nébel était une petite harpe {AU. archéol.,p]. lxiii, fig. 7). — Et revelabitur... (vers. 24). D'après l'iiébreu : Et roulera comme l'eau. La conjonction est fortement Bonlignée : Et alors. Si ces vaines cérémonies, qui déplaisent an Seigneur, parce qu'elles sont associées à l'idolâtrie et à de mauvaises mœurs, se transforment en saintes pratiques et en bonnes œuvres, alors le peuple sera Justifié et sauvé. Selon d'autres interprètes, les mots judicium et justitia représenteraient les jugements divins, prêts à s'élancer sur les coupables à la manière d'un torrent débordé, qui ravage tout sur son pa.-sage. Nous préférons la première explication.

— Torrens fortis. Hébr. : un torrent qui ne tarit pas. — Numquid hostias... (vers. 25). Hyperbole évidente (cf. Is. XLm, 23; Jer. vn, 82); car, si les Hébreux, durant les quarante années qu'ils avaient passées dans le désert de Pharan après avoir quitté le Sinaï, s'étaient montrés négligents pour certaines pratiques du culte ou de la loi (cf. Jos. v, 5-7), ils n'avaient pas entièrement cessé d'offrir à Dieu les sacrifices prescrits. Les victimes et les offrandes (sacriflcium; hébr. ,minhah) mentionnées ici figurent surtout les sacrifices spontanés, dont cette génération peu aimable était très capable d'avoir diminué le nombre, et qu'elle associait elle aussi, comme ses descendants, à des actes d'idolâtrie (comp. le vers. 26). L'école rationaliste n'a donc pas le moindre droit de conclure de ce teste que la législation contenue au livre du Lévitique n'existait pas encore à l'époque de Moïse. Amos suppose, au contraire, très formellement son existence. — Et portastis... (vers. 26). Le prophète continue de reprocher à ses contemporains les crimes de leurs ancêtres, avec lesquels ils ne formaient qu'une seule personne morale, et dont lis imitaient les mœurs impies. — Tahei-naculum. D'après quelques commentateurs, le mot hébreu Hkkût, employé en ce seul endroit, serait le nom d'une divinité païenne (le Sakkut assyrien ; comp. le Sukkôt-B'ïiôt de IV Reg. xvii, 30). Ce sentiment est peu probable. Les LXX, le syriaque, l'arabe et Aquila ont vu aussi dans ces mots une des arches portatives qui sont fréquemment figurées sur les monuments anciens (Atl. archéol.,

' pi. on, fig. 6 ; pi. cm, fig. 1 -4). On y plaçait d'ordinaire une idole, et on la portait en procession.

— Moloch vestro. Voyez i, 15, et le commentaire. D'après l'hébreu actuel : malh'kem, votre roi

(de même Symmaque et Théodotion.) C.-à-d.: votre idole. La leçon de la Vulgate et des LXX (MoX5(d[x) paraît préférable. — Imaginem. Divers interprètes regardent aussi l'hébreu fciyyoûn comme le nom d'une divinité païenne, que

Arche portée en procession. (Bas-relief de Ninlve.)

plusieurs identifient au dieu Kalvanu des Assyriens et des Babyloniens, au Kavan des Perses, des Syriens et des Arabes. Le syriaque, qui a Kaivono, et les LXX, qu» ont 'Paiçcxv (faute probable de transcription pour Kaiçâv) favorisent ce sentiment. Nous préférons de nouveaa traiter ce gubstautU comme un nom commun |

Am. V, 27 — VI, 4.

27. Et migrare vos faciam trans Daraascuni, dicit Dominus, Deus exercituum Dornen ejus.

27. Je vous ferai déporter au delà de Damas, dit le Seigneur, dout le nom est Dieu des armées.

Page 1