‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 438 sur 832 · Revertetur, et miserebitur nostri · texte numérisé non relu

Revertetur, et miserebitur nostri

deponet iniquitates nostras, et projiciet in profundum maris omnia peccata nostra.

protéger txHfljours. Cf. Ex. xv, 5 ; Ps. xxvii , 9 ; xciv, 7; Jer. XIII, 11, etc. — Habitantes solos : vivant ù pan, isolés des païens, comme Dieu le leur avait presmt. Cf. Is «m. SKtn, 9 ; Deut.xxxui, 28. — In Boltu, in medio... Ces mots dépendent du verbe i pasce ». Ce sont donc de gras pâturages, comme ceux des hauteurs boisées du Carmel , ou comme ceux des riches districts de Basan et de Galaad (J.(/. gcogr., pi. vu), que Michée demande pour les brebis d'Israël. Cf. Num. xxxii, 1 ; I Par. V, 9 ; Is. xxxiii, 9, et xxxv, 2 ; Jer. l, 19 ; Am. IV, 1, etc. — Juxta dies...: comme b. l'époque lointaine de Moïse et de Josué , au temps de la conquête de la Palestine.

15-17. Réponse favorable du Seigneur. II acquiesce entièrement aux désirs de son prophète, et promet de délivrer Israël. — Secundum dies egressionis... <( Il rappelle gracieusement son intervention miraculeuse en Ég5T3te » pour sauver les Hébreux opprimés; intervtntion qu'il se propose de renouveler, pom- tirer leurs descendants d'une détresse semblable {ostendam... mirabilia). — Tuœ, ei. Bru.=que changement de peibounes. — Videbunt gentes (vers. 16). Les prod iges qui avaient accompagné la sortie d'Egypte avaient glacé d'eftrol les païens d'alentour (cf. Ex. XV, 14) ; il en sera de même au temps de cette seconde délivrance.— Super omni fortitudine...: parce que cette force, quoique si grande, aura été inutile pour les sauver. — Ponent manum...: muets d'étonnemcnt et de terreur. Cf. Job, XXI, 5; Is. LU, 15. — Aures... surdx. Ils seront « assourdis par le tonnerre des jugements de Dieu Ji. Cf. Job, xxvn, 14. — Lingent pulverem... (vers. 17). Image de l'assujettissement le plus complet. Cf. Ps. lxxi, 9. — Velut reptilia... Littéralement danB l'hébreu : Elles (les nations) se-

ront saisies de frayeur hors de leurs retraites; c.-à-d., obligées de sortir en tremblant de leurt refuges. Cf. Ps. xvii, 46. —Dominum... formidabunt. Crainte salutaire, qui, pour plusieurs, se transformera en amour. Comme celui de ji, 12-13, cet oracle vise en premier lieu la fin de la captivité de Babylone et le rétablissement des Juifg en Palestine , puis , en second lieu , l'ère messianique, qui seule devait la réaliser entièrement, 18-20. Conclusion : éloge enthousiaste de U bonté de Jéhovah pour sa nation privilégiée. Figures pleines de lyrisme, où retentit <( la musique de l'espérance et de la foi ». — Qui!<, Deus..J Exclamation éloquente, à la vue de la bonté avec laquelle le Seign3ur promet de rétablir IsraëL On dirait que Michée joue ici sur son nom , quï signifie : Qui (est) comme Jéhovah? Du moins, 11 nous fait entendre un écho du cantique de Moïse. Cf. Ex. XV, 11.— Qui aujers... Dieu enlève l'iniquité lorsqu'il la pardonne. — Qui transis... Locution encore plus remarquable pour exprimer ce pardon aimable : passer à côté du péril sang le voir. — Reliquiarum... Comme d'ordinaire., ce reste figure la partie du peuple juif qui aura survécu au châtiment. Cf. n, 12; iv, 7. — Non immittet... Hébr. : Il ne conservera pas à jamais sa colère, — Quoniam volens... Comparez la description que Jéhovah donna lui-même à Moïse de sa miséricorde infinie, Ex. xxxiv, 6-7. — Bevertetur et miserebitur... Hébraïsnic. Il aura de nouveau pitié. — Deponet... Autre image expressive. Le prophète insiste dans tous les sens sur l'idée du pardon Intégral. Hébr. : n foulera aux pieds (comme un ennemi vaincu; voyez le vers. lO"»). — In profundum maris. Cf. Ps. cii, 12. Là, les péchés d'Israël seront invisibles. Introuvables. —Dalis rerUotem(verB. ZO).C.-àd.:

492 MiCH. VII, 20.

20. Dabis veritatem Jacob, miseiicordiam Abraham, quœ jurasti patribus nostris a diebus antiquis.

20. Vous donnerez la vérité à Jacob, la miséricorde à Abraham, comme vous l'avez juré à nos pères depuis les jours anciens.

Tu manifesteras ta fidélité, ta bonté. Les mots Jacob et Abraham sont au datif. Dien accomplira les promesses solennelles ( quœ jurasti ) qu'il avait faites autrefois à ces saints patriarches (cf. Gen. xit, 2 ; xv, 7 ; xvii, 7 et ss.; xxii, 16-18; XXVI, 24; XXVIII, 13-14, etc.), s'il daigne préserver et bénir toujours leur postérité. Quelques

siècles plus tard, à l'aurore de l'ère chrétienne, Zacharle, père du précurseur, et Marie, mère du Messie ■ Dieu , reprendront ce thème pour le développer. Cf. Luc. I, 64-56, 70-74. Le livre de Mlchée s'achève doucement sur cette certitude du salut pour le peuple de Jéhovab.

LA PROPHÉTIE DE NAHUM

INTRODUCTION

•1« La personne et l'époque du prophète. — La personnalité de Nahura a été laissée complètement dans l'ombre par l'Esprit- Saint, comme celles de Joël, d'Esdras et de Malachic. Tout ce que nous savons de lui, c'est qu'il s'appelait Nahûvi 1, et qu'il était originaire d'ElqoS-, petit village de Galilée, dont on voyait encore les ruines au temps de saint Jérôme ^. Plusieurs « expressions dialectiques », employées par Nahum, sont en parfaite conformité avec son origine galiléenne *.

L'époque où il vivait est relativement facile à déterminer, au moins d'une manière approximative, i» D'une part, il cite plusieurs passages d'Isaïe^; d'autre part, Jérémie l'a imité assez fréquemment *» : il a donc vécu entre ces deux grands prophètes. 2o Lorsqu'il écrivit son livre, Ninive était encore dans toute sa splendeur'', et les Assyriens venaient d'humilier profondément le royaume de Juda *. Surtout, la ville célèbre de Thèbes, dans la Haute-Egypte, avait été récemment conquise et saccagée par les armées assyriennes ^. Or, les inscriptions cunéiformes nous apprennent que cette, conquête eut lieu en 664 ou 663. C'est donc entre la ruine de Thèbes et celle de Ninive, en 608, que Nahum a exercé le ministère prophétique. La tradition juive le fait vivre sous le règne de Manassès, fils et successeur d'Ézéchias (698-643 avant J.-C).

2° Le sujet, l'orçianùme et le but du livre. — Ce petit livre, dont personne n'a contesté sérieusement l'authenticité, marque lui-même très nettement son sujet dès sa première ligne, lorsqu'il s'intitule: Omis Ninive; c'est-à-dire, propliétie de malheur contre Ninive. Il prédit, en effet, pour un prochain avenir, la ruine de cette grande'cité et la destruction totale de l'empire assyrien. La menace, d'abord générale, va se précisant de plus en plus, et elle acquiert bientôt une terrible clarté. Jonas aussi avait prophétisé contre Ninive; mais la ville coupable s'était repentie, et Dieu lui avait pardonné. Ici aucun pardon n'est offert; Nahum se borne à proclamer, au nom de Jéhovah, un décret d'anéantissement.

* C.-à-d., le consolé. Cf. i, 1.

* Flcesiei de la Yulgate correspond à l'hébreu ha'Etqosi, habitant d" Elqos.

' Comm. in lihr. Xah"Tn, Prolog.

* Cf . 1 , 3 , ii"ûrah , an Heu de s"draft ; i , 2 , qannô' au lieu de qannâ' ; il, 14, vial'âkékeh au lieu de maVâkéUâ.

^ Cf. Kah. I, 4, et Is. xxxiii, 9; Nah. i, 16, et l8. LU. 7; Nah. m, £, et Is. xlvii, 3, 9;

Nah. ui, 10, et Is. xix, 16.

^ Cf. Nah. I, 13, et Jer. xxx, 8; Nah. m 5, 13, 17, 19, et Jer. xiir, 12 et ss.; l, 37; Ll, 30, etc.

■^ Cf. I, 12; II, 12; m, 16.

* Cf. I, 12-13. Allusion po.=sible à l'invasion de la Judée par Sennachérib, sons le règne d'Ezéchias. Cf. IV Reg. xvm, 15-16.

9 Cf. III, 8-10.

•JUt

LA PROPHÉTIE DE NAHUM

Cette sentence est dévelo[)i)ée comme il suit, d'après un arrangement remarquable par son unité. I» Le plan divin relatif à Ninive, plan e/Troyable en ce qui concerne la capitale assyrienne, mais tout miséricordieux pour les Juifs, que lAssyrie avait tant fait soulïrir (i, 2-15). 2o L'exécution intégrale de ce plan : Ninive est prise d'assaut, pillée et renversée (ii, 1-13). 3» Les causes et le caractère immuable du plan de Jéhovah (m, 1-19)'.

Le but de l'oracle de Nalium est indi({ué £oit à la fin du premier chapitre (I, 11-15), soit au commencement du second (n, 2). Le Seigneur se propose de se venger des Assyriens orgueilleux et cruels, qui avaient maltraité son peuple choisi, et qui voulaient l'exterminer. Le royaume de Dieu sera donc maintenu malgré les efforts de ses puissants ennemis de l'est, et ce sont ceux-ci qui périront. Cette idée, on le voit, e§t messianique dans son ensemble, et c'est précisément à cause d'elle que le livre de Nahum a été inséré parmi les écrits bibliques.

3« Sous le rapport du style, Nahum ne mérite que des éloges, car il était admirablement doué comme écrivain, et c'est un vrai « chef-d'œuvre poétique » qu'il nous a laissé. « Ce qui frappe chez lui, c'est la vivacité de son pinceau, la force de son coloris, la pureté de sa langue, la rareté de plusieurs de ses expressions, l'originalité et la verve qui distinguent toute sa prophétie ^ » Ses phrases sont généralement courtes, vigoureuses, très dramatiques. Il y a beaucoup d'art et aussi beaucoup de naturel dans ses descriptions ^.

' Pour une analyse plus complète, voyez le commentaire et notre Biblia sacra, p- 1022-1023.

* « Ex omnibus minoribus prophétie, nemo videtur 8equare sublimitatem , ardorem et audaces gpiritus Nahuml. » Lowth, de Sacra Eefii-;f>orum poest, édit. de RosenmUller, p. 246.

^ Pour les commentaires catholiques, voyez

la page 339. Nous n'avons à ajouter que deux ouvrages spéciaux : L. Reinke, Zvr Kritik der mltern Versionen des Propheten yahum, MUnster, 1867 ; M. Breitenelcher, Kinive «nd Sahum, mit Beziehung der neuesten Entdechungen htstoi isch exegetisch learbeitet, Munich, l'SGl

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