‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 442 sur 832 · Comme des épines qui s'enlre · texte numérisé non relu

Comme des épines qui s'enlre

ment de terre que Jéhovah fait son apparition (Iji tempe»tate et turbine); 11 s'avance sur les nnapes comme nous faisons sur un chemin poudreux (nebu'.a pulrHs...; image très poétique). Toute la nature, épouvantée, entre en convulsions devant lui : increpans... et exsiccans... (verset 4). Ce détail et le suivant (et... flumina...; hébr., 11 fait tarir tous les fleuves) font allusion aux prodiges qui accompagnèrent la sortie d'Egypte et le passage du Jourdain. Cf. Ex. xrv, 21 et S3. ; Jos. ni, 15 et es. — Infirmatus est... Autre allusion à la conquête de la Palestine par les anciens Hébreux : les provinces de l'est, représentées parBosan (cf. Am. i, 2); celles de l'ouest, figurées par le Carmel (cf. Am. iv, 1); celles du nord, dont le Liban tout fleuri (flos £«6anfr est l'emblème (cf. Os. xiv, 6), sont obligées de f e soumettre. Voyez YAtl. géogr., pi. vn.

— Hontes commoti... (vers. 6) : comme autrefols le SinaT. — Desolati sunt. Hébr. : se fondent.

— Contremuit. Hébr. : se soulève. — Ante faciem... quis... (vers. 6). Si tel est lo pouvoir de Dieu sur le monde, comment l'homme, si faible, pourra-t-11 résister à sa colère? — Indignatio... ut ignis. Fréquente image. Cf. Ps. xvn, 9; Lxxxviii, 47; Is. Lxvi, 15; Jer. iv, 4; Ez. XXI, 31 , eto,

2» La bonté do Dieu pour ceux qui ont conflance en lui; la sentence de Ninlve. I, 7-11.

7-8. Lo Seigii our rassure les Israélites opprimés par Xinive; c'est pour les sauver- qu'il va la châtier. Le vers. 7 formo un frappnnt contraste •vec ceux qui précèdent. — Con/orlans. L'hébreu emploie l'abstrait : (Jéhovah est) une forteresse au Jour do l'angoisse. — Sciens: d'une oonnais.'ance pratique, tout aimante. C!f. Os. XIII. 6, etc. — Sperantes in se. A la lettre dans l*hébron : Ceux qui se cachent (c.-à-d., se réfugient) CD lui. Quoique la pensée soit exprimée d'une façnn générale, il Mt évld<nt, d'après le

conteste, qu'elle s'applique spécialement à Israél. Dans les mots in die tribu'ationis il faut donc voir surtout les soufEranccs que le petiple théocratlque endurait de la part des Assj riens. — Ji:i in diluvio... (vers. 8). Métaphore éner-, glque. Cf. Ps. XXXI, 6 ; Dan. xi, 10, 22, etc. Une inondation renverse et détruit tout sur son passage : consummationem faciet. C'est ainsi que Xinive sera emportée. Cf. u, 6. — Loci fjus. Le pronom est au féminin dans l'hébieu ; par conséquent, l'emplacement de la capitale assyrienne, dont le nom a été prononcé au commencement du livre (comp. le vers. 1). — Inimicos ejus : les ennemis du Seigneur lui-même (cette fois, le pronom est an masculin dans le texte primitif), les Assyriens superbes. — Tenebrse : les ténèbres du malheur. Cf. Ps. Lxxxvii, 19; Is. V, 30 ; Thren. m, 2, etc.

9-11. La sentence de Ninive. — Quid cogitatis...* Cette flère apostrophe concerne les adversaires de Jéhovah mentionnés à la fln du vers. 8, et elle met sous leurs yeux la folie de leur présomption : espèrint-ils donc pouvoir lutter centre Dieu même? — Consujnmationem. C'est lui en personne (ipse est très accentué) qui opérera la ruine complète dont il a été question naguère (cf. vers. 8'). — Ifon consurget... Hébr. : L'angoisse ne se lèvera pas deux fois. Ces mots peuvent recevoir deux interprétations diverses. D'après celle qui nous parait la meilleure, Ninlve devant être bientôt détruite, les Israélites n'avaient pas h craindre d'elle de nouveaux outrages. Nous avons vu plus haut (cf. vers. 7*) que les maux infligés aux .Juifs par les Assyriens étalent représentés par l'image de l'angoisse ( € in die tribulationis » ) ; le substantif tribulatio paraît donc devoir ni.irquer ici une calamité du même genre. Selon d'autres, lo coup porté par Dieu à Ninlve sera si rude, qu'il n'v aura pas lli'u d'en frap|)er on second pour achever de la briser.

Nah. I, 11-14.

lacent, tel est le festin où ils s'enivrent ensemble; ils seront consumés comme de la paille tout à fait sèche.

11. De toi sortira celui qui médite le mal contre le Seigneur, et qui agite dans son esprit des pensées de perfidie.

12. Ainsi parle le Seigneur : Quoique très forts et nombreux, même ainsi ils seront fauchés et disparaîtront. Je t'ai affligé, mais je ne t'affligerai plus.

13. Et maintenant je vais briser sa verge de dessus ton doSj et je romprai tes liens.

14. Le Seigneur donnera des ordres à ton sujet, il n'y aura plus de rejeton de ton nom ; j'exterminerai de la maison

plectuntur, sic convivium eorum pariter potantium ; consumentur quasi stipula ariditate plena.

11. Ex te exibit cogitans contra Dominum malitiam, mente pertractans praevaricationem.

12. Hsec dicit Dominus : Si perfecti fuerint, et ita plures, sic quoque attondentur, et pertrausibit. AfiSixi te, et non affligam te ultra.

13. Et nunc conteram virgam ejus de dorso tuo, et vincula tua disrumpam.

14. Et praecipiet super te Dominus, non seminabitur ex nomine tuo amplius ; de domo dei tui interficiam sculptile, et

Cf. I Reg. XXVI, 8. — Quia— (vers. 10). Passage nn peu obscur à cause de sa grande concision. Le premier membre de phrase, sicut... complectuntur (hébr. : car, entrelacés comme des épines), décrit la vigueur luxuriante des Assyriens, sous l'image d'un fourré très dense d'épines entrelacées, à travers lesquelles on pénètre difficilement. Mais cet obstacle n'arrêfera pas Ja vengeance divine. — Sic convivium... L'hébreu peut se traduire de deux manières différentes. D'après les uns: Et fussent -ils humides comme leur vin. Dans ce cas, cette figure se rattacherait de très près i la précédente : des épines vertes et mouillées prennent feu plus ditticilement. Selon d'autres : Et comme enivrés par leur vin. Il y aurait alors une allusion au courage et à la force que donne le vin ; ou bien, en sens contraire, à la faiblesse des gens ivres, qu'un rien renverse. Quoi qu'il en soit, l'amour très connu des Assyriens pour le vin sert évidemment de base à ce trait. Comp. Diodore de Sicile, II, 26. — Consumentur... Le langage redevient très clair. — Stipula. D'après l'hébreu (gas), la balle légère qui enveloppe les céréales. Cf. B.X. XV, 7; Joël, ii, 5, etc. — Ilx te... (verset 11). Motif du châtiment. Nlnlve est de nouveau interpellée directement (comp. le vers. 9*); Nahum lui reproche de s'être dressée contre Jéhovah avec une audace criminelle. Au lieu du futur exibit, 11 faudrait le prétérit : De toi est sorti. — Cogitans... malitiam. D'après quelques interprètes, c'est à Sennachérib que se rapporterait ce détail. Isaïe, x.xvi, 7 et ss., décrit fort bien ses projets sacrilèges contre le Seigneur. Mais il vaut mleu.x laisser la pensée dans sa généralité : c'est de la conduite perpétuelle de Ninivc entière qu'il s'agit. — Mente pertractans. Hébr.: un conseiller de Bélial; c.-à-d., d'impiété. Voyez la note du vers. 15.

3" RépétitiAi et développement de la même pensée. I, 12-15.

12-15. Confirmation de la menace contre Nlnlve et de l'espoir donné h Israël. Le divin langage continue d'alterner antre Ninive et les Juifs, sévère pour celle-là, suave et plein de promesses pour ceux-ci. Le sens seul Indique à qui des deux se rapporte chaque phrase ; mais la confu-

sion n'est paa possible. — Si (c.-à-d., « llcet » ) perfecti... Hébr. : Quoique complets et nombreux. Ce trait se rapporte à Ninive, dont la force était encors intacte, parfaite, et les armées innombrables. Mais le prophète annonce que, malgré leur état florissant, les Assyriens seront soudain « fauchés » (Vulg.: attondentur, tondus comme des brebis) ; en un clin d'oeil , ce peuple qui semblait invincible disparaîtra (pertransibit). Notez le brusque passage du pluriel au singulier : a gentem marccscentem pingit, quasi unug tantum homuncio tolleretur. » — A/flixi te. C'est à Juda, éprouvé par le malheur, que s'adresse cette parole consolante. Le Seigneur l'a affligé à cause de ses crimes, et s'est précisément servi des Assyriens pour le punir; mais Dieu ne l'affligera plus désormais, du moins par l'intermédiaire de Ninive, puisqu'il va la détruire. Il faut, en effet, remarquer avec saint Jérôme (h. l.) que la promesse n'est ni absolue ni perpétuelle, mais qu'elle concerne seulement l'époque d'alors. — Conteram virgam... (vers. 18): la verge avec laquelle Ninive (ejus) avait si rudement frappé les Juifs. L'hébreu dit avec une nuance : son joug. Image d'une dure servitude. Cf. Gren. XXVII, 40; Lev. xxvi, 13, etc. — Et prsecipiet... L'oracle revient à la grande cité assyrienne {super te), pour compléter sa sentence. — Non seminabitur... Métaphore très expresj sive : le nom même de l'Assyrie et de sa célèbre I capitale disparaîtra. — De domo dei tui... Les i dieux de Ninive, au nom desquels les Assyriens avaient brisé les Idoles de toutes les nationa ] voisines (cf. IV Reg. xix , 18 , etc.), seront eux- I mômes humiliés, et leurs statues détruites (au lieu de interficiam, l'hébreu porte « exscin- I dam »). C'est encore à l'empire entier de Ninive, et pas exclusivement à Sennachérib, qu'il convient de rapporter ce trait et le suivant. — Ponam sepulcrum... C.-à-d.: Je vais préparer ton sépulcre. Signe que ^'inive est sur le point de mourir. — Quia inhonoralus... Hébr. : Car tu as été trouvée légère. Dieu a mis pour ainsi dire Ninive dans sa balance de Juge suprême, afin d'examiner ses mérites; l'ayant trouvée trop légère, U la condamne. Cf. Dan. v, 27. — Ecce super.^ Ce verset est rattaché an chap. ii dans la Bible

Nah. I, 15 — 11, 2.

de ton dieu les statues et les idoles; je pré parer, i ton sépulcre, parce que tu es méprisable.

15. Voici sur les montagnes les pieds de celui qui apporte la bonne nouvelle et qui annonce la paix. Célèbre, Juda, tes jours de fêtes, et rends tes vœux' parce que Bélial ne passera plus désormais au milieu de toi; il a péri tout entier.

conflatile; ponam sepaîcrum tuum, qui»

inhonoratus es.

15. Ecce super montes pedes evangelizantis, et annunLiantis pacem. Célébra, Juda, festivitates tuas, et redde vo;a tua, quia non adjiciet ultra ut pertranseat io te Belial ; uuiversus interiit.

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