‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 445 sur 832 · Le soldat est fait prisonnier, ses · texte numérisé non relu

Le soldat est fait prisonnier, ses

lionc que la gloire future des Juifs sera digne 1 de la nation théocratlque. Nous préférons le second sentiraent. — Vastatores dissipaverunt... Hébr. : Des pillards les ont pillés. — Propagines eorum... Juda est comparé très délicatement à une vigne quo les Assyriens ont ravagée (corruperunt; hébr.: Us ont détruit). Cf. Ps. lxxix, 9-15. — Clypeua... (vers. 3). L'écrivain sacré nous ramène à la description qu'il avait commencée au vers. 1. Ici, 11 nous fait en quelque sorte passer en revue l'armée envahissante ; au vers. 4, 11 nous la montrera s'élançant au combat. — ' Fortium ejus. Le pronom retombe sur les "mots t qui dlspergat » (cf. vers. 1»): les héros du destructeur de Ninive.— Ignitus. Hébr.: rougi. D'après quelques Interprètes : recouvert de cuivi-e rougeâtre (Virgile : « ardentes clypel »). Mieux : rougi de sang, dans les combats antérieurement livres par ces vaillants guerriers. — In coccineis. Le rouge était, au dire de Xénophon, Cyrop., I, 3, 2 et vni, 3, 1, la couleur favorite des Mèdes, qui attaquèrent Nlnlve ; c'était aussi celle des Babyloniens, qui jouèrent le rôle principal dans cette même guerre. Cf. Ez. xxiii, 14-16. D'ailleurs, la plupart des soldats anciens étalent vêtus de rouge. Voyez Éllen, Var. Hist., VI, 6, et Valère Maxime, n, 6. — Ignete... currus. D'après la Vulgate, les rênes couvertes d'ornements brillanta. Hébr. : Avec le feu de l'acier des chars. Le métal dont étaient ornés les chare de guerre lançait, pour ainsi dire, du feu pendant leur course rapide. Ces petits chare étalent très parés chez les Assyriens, comme le montrent let monuments {AU. archéoU, pi. lxxxix, flg. 2, 5, 7, 12, etc.). — In die pr«parationl<>... C.-à-d^ de sa jrréparatlon au combat. — Agitatores consopiti. D'après l'hébreu : Les cyprès ( les lances & la hampe de cyprès) sont brandis. Saint Jérôme, à la suite dos LXX, a sans doute lu yarûHn au lieu de b'rôHm. Il rapporte ce trait aux Assyriens, que les assaillanu auraient trouvés endormis sur leurs chars. — In iHneribut... (verset 4). Volli dé)à l'ennemi tout près de la ville. »ur les chemins qui y donnent entrée, et «ur les

places qui précèdent les portes (in plateis). Au lieu de conturbati... et de coUisœ sunt, l'hébreu emploie deux verbes qui dénotent une vitesse extraordinaire. — Aspectus... quasi... Aspect terrible des guerriers ennemis. — Quasi fulgura... Hébr.: Ils courent comme des éclairs.

2» La ville est prise d'assaut et saccagée. II, 5-10.

5-10. Les Nlnivltes cherchent h repousser l'attaque, mais leurs efforts demeurent Inutiles. Cest le second des trois tableaux ; il renferme des beautés de premier ordre. — Recordabitur. Ce verbe ne peut se rapporter qu'an chef de la cité assiégée, par conséquent au roi de Nlnlve. Au moment du danger, 11 se souvient de ses vaillants soldats, et 11 essaye d'organiser la défense, quoique tardivement. — Fortium. En hébreu, 'addlrim, les nobles (LXX : ixEyti-av£i;).ni, 18, saint Jérôme a traduit ce substantif par « principes i>. — Riunt in itineribus... (hébr. dans leur marche). En proie à une terreur panique, Us tremblent et trébuchent en se rendant à leur poste de combat. Ils arrivent cef«ndant sur les remparts (ve'u>clter ascendent...), où Us dressent, pour se garantir des flèches et des pierres lancées par les assiégeants, des abris (umbracuium) , qui consistaient habituellement en une charpente recouverte de peaux et protégée en avant par des fascines. Selon quelque» commentateurs, le détail prieparabltur... se rapporterait aux assaillants et désignerait ces constructions mobiles, d'ordinaire surmontées d'une tour aussi haute que les remparts, que l'on .ipprochalt des vlUes fortes, pour les atuquer pUii commodément. Au sommet de la tour se tenai?nt plusieurs guerriers qui lanç^.lent des Javelots; en bas était un lourd bélier, avec lequel on sapait les murailles. Voyez \'Atl. archéol., pi. xcii, flg. g. porlm... (vers. 6). La ville est prise (remarquez les prétérits prophétiques dece vcrsel et du suivant) , la nature secondant les effoita des assiégeante, comme le raconte Diodore de Sicile, II, 27. Depuis deux ans les béliers médobabylonleni essayaient vainement de pratiqaw

Nah. II, 8-11.

servantes sont emmenées, gémissant comme des colombes et murmm-ant dans leur cœur.

8. Les eaux de Ninive étaient comme les eaux d'un étang ; mais ils ont pris la fuite. Arrêtez, arrêtez! mais personne ne revient.

9. Pillez l'argent, pillez l'or; ses richesses sont sans fin, elle est remplie d'objets précieux.

10. Elle est détruite , renversée et déchirée; les cœurs se dessèchent, les genoux tremblent, tous les reins sont sans force, et les visages de tous sont noirs comme une chaudière.

11. Où est le repaire des lions, et le pâturage des lionceaux, où le lion se

ancillse ejus minabantur gementes ut columbse, murmurantes in cordibus suis.

8. Et Xinive quasi piscina aquarum aquse ejus; ipsi vero fugerunt. State, State! et non est qui revertatur.

9. Diripite argentum , dîripite aurum ; et non est finis divitiarum ex omnibus vasis desiderabilibus.

10. Dissipata est, et scissa, et dilacerata ; et cor tabescens, et dissolutio geniculorum, et defectio in ciuictis renibus, et faciès omnium eorum sicut nigi-edo ollae.

11. Ubi est habitaculum leonum, et pascua catulorum leonum, ad quam ivit

nne brèche dans les remparts extraordinalrement épais, lorsque, à la suite de plusieurs orages successifs, le Tigre déborda, inonda une partie de la ville et renversa les murs sur une longueur de 20 stades ( 5 700 m. ) ; ce qui permit aux soldats ennemis d'y pénétrer. — Fluviorum représente le Tigre et son affluent le Khasr, avec leurs divers canaux (Att. géogr., pi. ix). Plusieurs commentateurs donnent au mot « portes » la signifleation de digues ; d'autres le prennent à la lettre, et lui font désigner les portes fortiflées qui étaient construites aux endroits de la ville par où entraient et sortaient ses fleuves. Ce second sentiment est préférable. Le sens est donc: les portes de Ninive, consolidées tout ensemble par la nature et par l'art, ont flnl par s'ouvrir. — Tcmplum. Plutôt : le palais. Le roi de Ninive s'y renferma lorsqu'il vit la cité au pouvoir du vainqueur, et y mit le feu. Cf. Diod. Sic, l. c. — Ad folum dirutum. L'hébreu dit seulement : «t diffluit », se dissout. — Nahum décrit maintenant quelques scènes particulières de ce drame terrible (vers 7 et ss.). Au lieu des mots et miles... abditclus est, nous lisons dans l'hébreu ces trois propositions admirables de concision et de vigueur ; « Et constitutum est; nudatur, aufertur. » C"en est fait! Elle (Ninive) est dépouillée, etritnenée. C'est le pillage général qui est ainsi décrit. — Ancillœ ejus. Par ces mots figurés, le prophète désigne les habitants de Ninive, ou, selon quelques auteurs, les villes d'alentour, soumises directement à sa juridiction. Le verbe minabantur n'a rien qui lui corresponde dans i'hébreu. — Sur l'image gementes ut columbse, voyez Is. xxxviii, 14, et Ltx, 11 ; Ez. VII, 16. — Murmurantes in... Hébr.: Frappant sur leur cœur, c.-à-d. se frappant la poitrine en signe de deuil. Cf. Luc. xvin, 13; xxin, 48, etc. — Et Ninive... (vers. 8). On nous ramène au passé de Ninive, pour établir un contraste entre sa puissance d'autrefois et sa mine présente. La cité gigantesque (cf. Jon. i, 2 ; ni, 2-3) était depuis longtemps, sous le rapport de la population, comme un lac rempli d'eau (sur cette image, voyez Apoc. xvn, 1, 15) ; mais res flots humains se sont écoulés rapidement,

le Jour de son malheur : et ipsi... — State, statel Le tableau devient de plus en plus dramatique. « Restez, restez, » ciiaiton aux fuyards; mais ils ne se retournaient même pas , tant la terreur les affolait : et nnn est qui... Cf. Jer. xlvi, 6.

— Diripite... (vers. 9). Scène de pillage. Les vainqueurs s'excitent mutuellement à tout prendre ; ou bien, c'est Dieu lui-même qui les y invite. « Il est évident, d'après l'état actuel des ruines, que Khorsabad et Nimroud (Atl. géogr., pi. ix) furent mis à sac. Ninive a été vidée et saccagée. Ni Botta ni Layard n'ont rien trouvé de cette abondance d'argent, et d'or, et de beaux ornements, que contenaient les palais. C'est à peine même si quelques objets de bronze ont échappé aux pillards » (Bonomi).— Non est finis... Hébr.: Il n'y a pas de fin aux richesses; (il y a) abondance de toute sorte d'objets désirables. C'était vrai ; les richesses de Ninive , formées par les dépouilles de peuples si nombreux, étaient proverbiales. Et on sait, par l'histoire, que les capitales des vainqueurs , Babylone et Ecbatane, furent remplies de ses trésors sans fin. — Dissipata... diîacerata (vers. 10). Il y a un jeu de mots frappant dans l'hébreu : bûqah um'bûqah ii,m'bullâqah. A la lettre : i Vanitas, evacuatio, evanidatio. » Ninive a été complètemeni vidée.

— Au moral , elle est sans force et sans vie : cor tabescens... Hébr.: un cœur liquéfié, et tremblement des genoux, et douleur dans tous les reins. —Faciès... sicut nigredo. Su.v cette image, voyez Joël, ii. S"» et la noie. Ici également l'hébreu porte : « Et vultus omnium contrahunt ruborein. »

3» Troisième tableau : Ninive n'est plus, et c'est le Seigneur qui l'a détruite. II, 11-13.

11-12. Le repaire des lions a été dévasté. — Ubi est...? Cri de triomphe et de joie, poussé par les ennemis de Ninive. « Qui croirait, en voyant ces ruines, que c'était la résidence d'un peuple qui tjTannisait le monde entier? » — Flabilaculum leonum. C'est Ninive qui est ainsi désignée. La métaphore est fort bien développée ; elîe convient d'autant mieux, que le lion apparaît sans cesse sur les monuments assyriens (.Ail. archéol., pi. xxxix, flg. 6, 9, et pi. XL, fij. !, T. 3; Atl.

leo ut ingiederetur illuc, catulus leonis, et non est qui exterreat?

12. Leo cepit siilncienter catulis suis, et neca^•it lesenis suis, et implevit praerla speluncas suas, et cubite suum rapina.

13. Ecce ego ad to. dicit Dorainus exercituum ; et Bucceiidara usque ad furaum quadrigas tuas ; et leunculos tuos comedet gliidius ; et extermiuabo de terra praedam tuam, et non audietur ultra vox nuntiorum tuorum.

Nah. II, 12 — m, 3.

retirait avec ses petits, sans qu'il y eût personne pour les troubler?

12. Le lion apportait une proie snfOsante pour ses petits, il égorgeait pour ses lionnes ; il remplissait ses antres de sa proie, et son repaire de rapines.

13. Voici, je viens à toi, dit le Seigneur des armées ; je mettrai le feu à

tes chars, et je les réduirai en fumée; M l'épée dévorera tes jeunes lions; j'arra- '" cherai du pays ta proie, et l'on n'entendra plus la voix de tes messagers.

Page 1