‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 533 sur 832 · Scène (f offrande. { Peinture égyptienne · texte numérisé non relu

Scène (f offrande. { Peinture égyptienne

de mauvaise qualité, le rebut des animaux du pays. — Offertis... Cest la réplique de Jéhovah à la demande hautaine des prêtres. — Panem est pris dans le sens large d'aliments, d'offracdes. Cf. Lev. m, 11, 16; xxi, 6, 8, 17, 21-22, etc. — Pollutum. C.-à-d., profane, iodigne d'être offert en sacrifie*, comme vont le montrer pluïleurs exemples. — Et didlU... NouveUe réponse

injurieuse des prêtres. Ce dialogue donne beaucoup de vie au style de Malachie. — In eo quod dicitis... Nou qu'ils tinssent ouvertement et explicitement ce langage ; mais leur conduite montrait que telles étalent bien leurs pensées les plus intimes. — La locution mensa Domini représente l'autel. Cf. Ez. XLi, 22i>; xLiv, 16. C'est la continuation de la métaphore qui a commencé an mot « panem i>. Cet autel, les prêtres Juifs le traitaient avec dédain en déposant sur lui des victimes imparfaites. — Si offeratis... (vers. 8). Plutôt : Lorsque vous offrez. — Les deux quest'ons (.nonne malum... 7) adressées coup sur coup aux coupables mettent bien en relief la vivacité de la colère divine. — Caecum, claudum et languidum. La loi mosaïque (cf. Lev. xxn, 20-22 ; Deut. XV, 21) excluait formellement de l'autel les animaux atteints de ces défauts. Et alors même qu'elle fût demeurée muette sur ce point, le plus vulgaire sentiment des convenances aurait dû suffire pour avertir les prêtres que de telles victimes étaient indignes de Dieu. C'est ce que le prophète fait très bien ressortir, au moyen d'un rapprochement plein d'ironie : Offer illud... — Duci. Hébr. : pâhâh , le gouverneur civU qui administrait la Judée au nom de la Perse (cf. Agg. 1, 1 et la note). C'était probablement alors Kéhémle ( voyez l'Introd., p. 609 ). Qu'on essaye d'offrir de tels animaux an chef de Juda, et l'on verra comment Us seront reçus (si placuerit..., aut...). — La locution susceperit /aciem est un hébraïsme , qui a le sens de regarder avec bienveillance, faire un accueil favorable. — Et nunc (vers. 9). Malachie tire ici la conclusion de son raisonnement, en termes très sarcastiques : Après avoir présenté à Dieu des offrandes que vous n'auriez pas même osé donner à un homme qui serait votre supérieur, comptez sur ses grâces et sur ses bienfaits l — Deprecamini vuUum. Autre hébraïsme. A la lettre : caresser le visage. Cf. Ps. xuv, 12" ; Z.ich. VII, 2 , etc. — Ut misereatur... Au lieu de vestri , l'hébreu a n nostri » ; ce qui vaut mieux, puisque les saorlfices étaient im-

Mal. I, 10-11,

aupcipiat faciee vestras, dicit Dominas exercituum.

10. Quis est in vobis qui claudat osiia, et incendat altare raeum gratuite ? Non est mihi voluntas in vobis, dicit Dominus exercituum, et munus non suscipiam de manu vestra.

11. Ab ortu enira solis usque ad occasura , magnum est nomen meum in gentibus ; et in omni loco sacrificatur et oiïertur nomini mec oblatio munda , quia

qu'il vous reçoive favorablement, dit le Seigneur des armées.

10. Qui est celui d'entre vous qui fermera les portes, et qui allumera le feu sur mou autel gratuitement? Je n'ai point d'affection pour vous, dit le Seigneur des armées, et je ne recevrai pas de présent de votre main.

11. Car, depuis le lever du soleil jusqu'au couchant, mou nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on sacrifie et l'on oiïre à mon nom une

moles pour le peuple tout entier. — De manu enim... 11 y a une grande vigueur dans ce reproche. C'est vous, prêtres, qui avez fait cet affront au Seigneur. Le pronom hoe est très dédaigneux. — Si quomodo... Mieux , d'après l'hébreu : Est-ce que, à cause de vous, il témoignera de la faveur ix qui que ce soit? Par leur conduite criminelle, les prêtres empêchaient positivement les bénédictions divines de tomber sur la nation.

10 -U. Le sacriflce de la nouvelle Alliance. Jéhovah annonce solennellement qu'un jour viendra où 11 rejettera tous les sacrifices judaïques, qui seront remplacés par une victime unique, non sanglante, offerte dans tout l'univers. Ce passage est très important sous le rapport dogmatique. Il existe une antithèse frappante entre les deux versets : autant le premier est menaçant pour les Juifs, autant le second est consolant pour les païens convertis au vrai Dieu. — Quis est... gratuitor D'après la Vulgate, Dieu reprocherait ici à ses prêtres l'amour du lucre , qui leur servait de mobile jusque dans leurs fonctions les plus sacrées. Ou bien , il leur rappellerait qu'ils étalent doublement coupables, en se livrant aux abus mentionnés plus haut, puisqu'ils étalent payés pour s'occuper spécialement du culte. L'hébreu a une variante, qui provient d'une négation omise dans la seconde proposition par notre version latine: Qui, même parmi vous, fermera les portes, pour qu'on n'allume plus (le feu sur) mon autel en vain? C.-à-d.: « Plutôt pas de sacrifices que de tels sacrifices, plutôt un temple fermé qu'un temple profané. » Comp. Is. I, 11-16, où une pensée analogue est exprimée très éloquemment. — Non est mihi... Comment le Seigneur punira ces prêtres sacrilèges. D'abord 11 cessera de les entourer d'affection (tel est le sens de voluntas ; hébr. : héfe?, amour, bon plaisir). Ensuite, Il annonce qu'il n'acceptera plos leurs sacrifices : munus iton... Le substantif m.lnhâh, qui correspond à « munus » dans le texte hébreu, sert le plus souvent, d'après son acception stricte, à désigner les oblatlons non sanglantes (cf. Lev. ii, 1, 6 ; vi, 7, etc.). Ici, comme en d'autres endroits. Il est pris dans un sens large, pour repré-senter toute sorte de sacrifices (cf. Oen. iv, 4; I Reg. ii, 17. etc.). — Ab ortu enim... (vers. 11). D'un bout du momie h l'.iutro (cf Px. xi.ix, 1 et cxii, 3; Is. XI.V, A, etc.). Le Seigneur, développant sa pen-

sée. Indique pourquoi II n'aura plus besoin désormais des victimes juives ; à la place des sacrifices Imparfaits qu'on lui avait offerts jusqu'alors à Jérusalem , on lui immolera dans le monde entier une victime parfaite. — Magnum est nomen... C.-à-d. que sa divinité sera reconnue et glorifiée par les païens eux-mêmes (in gentibus) , qui se convertiront en masse. Cf. Ib. n, 2 et ss.; xi, 9; xlix, 6; t.x, 9; MIch. iv, 2, etc. — In omni loeo : par opposition an temple de Jérusalem, Heu unique où les sacrifices devaient alors être offerts au Seigneur. — Sacrificatur. L'hébreu muqtar signifie plutôt : On brûle de l'encens (LXX: OupLi'aaa irpo^ivexai ). CTest au fond la même pensée, puisqu'on n'offrait aucun sacriflce sans brûler de l'encens. Remarques l'emploi du temps présent, qui dénote la certl» tude et aussi la perpétuité du fait prédit. — OUatio. L'hébreu emploie de nouveau le substantif minhâh , que saint Jérôme a traduit plus haut par « munus ». — Munda-: par opposition aux offrandes impures et souillées des Juifs. Comp. le vers. 7. — Quia magnum... Répétition solennelle, pour mieux expliquer comment on pourra offrir à Jéhovah, dans l'univers entier, des offrandes qui lui soient agréables. — Après cette explication des détails, nous avons & revenir sur l'ensemble du vers. 11, pour en bien déterminer le sens. II contraste, c'est évident, d'une manière saisissante avec le vers. 10. opposant le présent à l'avenir, Jérusalem à tout l'tiniverB, ce qui se passait alors chez les Juifs à ce qui devait avoir Heu plus tard chez les païens, sont le rapport du culte du vrai Dieu, et tout particulièrement sous le rapport des sacrifices. Mail « l'oblatlon pure » des Gentils ne pouvait pas consister en victimes Immolées à la façon dt celles des Juifs, puisque celles-ci ne devaient être offertes que dans le temple, et que l'oracle i annonce nettement que la nouvelle offrande aura Heu « in omni loco ». Elle ne pouvait pal consister non plus, comme le prétendent dlven Interprètes, eu sacrifices simi^lement mystlquei et symboliques, tels que la prière, car le contraste établi, dans ce passage, entre les oblatloni anciennes et la nouvelle, exige qu'il y ait di part et d'antre des sacrifices matériels , proprement dits. Ce que Malachlc prédit Ici au nom du Seigneur, c'est donc, d'une part, l'abolition des 8.icrlflce« de la loi ancienne, l'abrogation du culte Judaïque, et, d'autre part, l'IniUvutton

Mal. I, 12-14.

oblation pure; car mon nom est grand parmi Icb nations, dit le Seigneur des Hrmées.

12. Et vous, VOUA l'avez déshonoré, en disant : La table du Seigneur est souillée , et ce qne l'on offre dessus est méprisable, aussi bien que le feu qui le dévore.

13. Et vous avez dit : C'est de notre travail ; et vous l'avez rendu digne de mépris, dit le Seigneur des armées ; vous m'avez amené des victimes boiteuses et malades, fruit de vos rapines, et vous me les avez offertes en présent : est-ce que je les recevrai de votre main ? dit le Seigneur.

14. Maudit soit le trompeur qui a dans son troupeau un mâle, et qui, après avoir fait un vœu, sacrifie au Seigneur une bête malade! Car je suis le grand roi, dit le Seigneur des armées, et mon nom est redoutable parmi les nations.

d'une religion nouvelle, d'un sacrifice nouveau, le Bacrifice eucharistique, ou la messe. Voyez le concile de Trente, sess. xxn, cap. 1. Tel a été l'enseignement commun des Pères depuis la plus haute antiquité. Comp. S. Irénée, Adv. Haer., IV, 17, 6; S. Justin, Dial. cum Tryph., 41; Théodoret de Cyr, S. Cyrille d'Alex., S. Jérôme, dans leurs commentaires, h. l.; Eusèbe, Dem. evang., i, 10; S. Jean Chrys., Adv. Jud., v; S. Augustin, de Civlt. Dei, lib. xvra, cap. 36, 3, etc. Voyez aussi Bellarmln , de Missa , i, c. 10. « Le sacrifice nouveau est appelé en hébreu minjiâh, mot qui désigne proprement les offrandes de grains, de farine, de pain et de vin (non pas que cette expression suffise par elle-même pour marquer une victime non sanglante , car nous venons de la voir employée au vers. 10, dans un sens général, pour représenter toute sorte de eacriflces); mais c'est le mot liturgique du rituel mosaïque qui convenait le mieux pour désigner le pain et le vin qui servent de matière à la consécration du corps et du sang de Notre - Seigneur dans l'Eucharistie. Cette oblation est pure, parce que Jésus -Christ, qui est offert à son Père, est la sainteté môme. » (Vlgouroux, Man. UU., t. II, n. 1115.)

12-14. Encore les abus sacrilèges auxquels les sacriflces donnaient lieu de la part des prêtres.

— Et vos (pronom fortement accentué) poHuibUs... La race sacerdotale profanait honteusement le nom divin iillud), tandis que les païens l'honoraient. — Cest par leur conduite à l'égard des sacriflces qu 'avait lieu cette profanation : in eo quod dicitis... — Sur les mots mensa... eontamiruita..., voyez le vers. 7«> et la note; Ici, le langage est plus énergique, et par conséquent plus coupable.

— Et qiu>d... contemptibile... Hébr.: Et son fruit, son aliment , est méprisable. Le fnxit et l'aliment de l'autel, c'éulent les offrandes qu'on déposait

magnum est nomen meum in gentibus, dicit DominuB exercituuin.

12. Et vos polluistis illud in eo quod dicitis : Mensa Domini contaminata est,

*et quod superponitur contemptibile est, cum igné qui illud dévorât.

13. Et dixistis : Ecce de labore ; et exsufflastis illud, dicit Dorainus exercituum ; et intulistis de rapinis claudum et languidum, et intulistis muuus : numquid suscipiara illud de manu vestra?

dicit Dominus.

14. Maledictus dolosus qui habet in grege suo masculum , et , vutum faciens, immolât débile Domino ! Quia rex maguus ego, dicit Dominus exercituum, et nomen meum horribile in gentibus.

sur lui, comme le dit la Vulgate à la suite des LXX. En plaçant sur l'autel des holocaustes des victimes rejetées par la loi, les prêtres manifestaient le peu de cas qu'ils faisaient de ces oblatlons. — Et dixistis... (vers. 13). Malachie continue de citer leurs pensées Intimes, si outrageantes pour le Seigneur. — Ecce de labore. C.-à-d. : Nous offrons ce que nous pouvons, vu la dure condition des temps. Us essayaient de s'excuser ainsi. L'hébreu signifie : Quelle fatigue I « Le service du temple, qu'Us auraient dû regarder comme leur plus grand privilège et comme une Joie, leur paraissait ennuyeiix et méprisable. » — Exsufflastis illud est une métaphore très expressive, qui revient à dire : Vous le traitez avec mépris. — De rapinis. Ils osaient aussi offrir en sacrifice des animaux volés, ce qui était également Interdit d'après la tradition juive. — Claudum et languidum. Voyez le verset 8" et la note. — Murvas. L'hébreu a ininhâh, comme aux vers. 10»> et W>. — Numquid suscipiam...f Non évidemment; Dieu ne pouvait pas agréer de telles victimes. — Maledtetv^... ( verset 14). Autre cas semblable, témoignant d'un grand manque de respect envers Dieu. Le prophète suppose qu'un de ses coreligionnaires, après avoir fait vœu d'offrir un sacrifice, choisissait comme victime non pas le plus bel animal du troupeau ( masculum ) , mais la bête la plus chétive , une femelle malade ( débile ; l'adjectif estau féminin dans l'hébren). On comprend qne le Seigneur maudisse un pareU fourbe. — Première circonstance qui aggrave ce péché : Rex magnus ego... L'offensé n'est autre que le roi suprême du ciel et de la terre. — Deuxième circonstance aggravante : Et twmen meum... (hébr.: Mon nom est redouté), l^es païens euxmêmes témoignaient du respect à Jéhovab; c'était sou propre peujjio aui loutragcait.

6»fi

Mal. II, 1-6.

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