‹ La Sainte Bible (volume 2)Chapitre 536 sur 832 · Et dixistis : Quam ob causara · texte numérisé non relu

Et dixistis : Quam ob causara

Quia Dominus testificatus est inter te et uxorem pubertatis tuœ, quam tu despe-

méprise-t-il son frère, en violant l'alliance de nos pères?

11. Juda a transgressé, et l'abomination a été commise dans Israël et dans Jérusalem ; car Juda a souillé le peuple consacré au Seigneur, et qui lui était cher, et il a épousé la fille d'un dieu étranger.

12. LeSeigneur retranchera des tentes de Jacob l'homme qui aura fait cela, qu'il soit maître ou disciple, et quelques dons qu'il offre au Seigneur des armées.

13. Voici encore ce que vous avez fait : Vous avez couvert l'autel du Seigneur de larmes , de pleurs et de cris ; c'est pourquoi je ne regarderai plus les sacrifices, et je ne recevrai de votre main rien qui puisse m'apaiser.

14. Et vous avez dit : Pour quel motif? Parce que le Seigneur a été témoin entre toi et l'épouse de ta jeu-

clt !> e?t bâoad, être Infidèle à quelqu'un, le tromper. Il fait allusion, d'après le contexte, i^i l'injure spéciale qu'un Juif faisait à ses coreligionnaires en répudiant sa femme, leur sœur ou leur fille. Il retentit à travers tout ce passage, dont il est comme la note dominante (comp. les vers. 11, 14, 15 et 16, dans l'hébreu).

11-12. Un premier a-pect du crime en question, et le châtiment qui viendra infailliblement. — Transgresaua est..., abominatio... Deuil grave et solennel. L'accumulation des synonymes relève U grandeur de l'offense. C'est la nation sainte elle-même qui est désignée par les mots sanclincationem Domini (hébr.:le sanctuaire de Jéhovah). Cf. Ex. XIX, 6; Deut. vu, 6 et xrv, 2; Jer. Il, 3, etc. Juda s'est donc souillé lui-même, oubliant sa dignité. — Quam dileoM est une autre circonstance aggravante. — JEt habiUt... Après ces divers préambules, le péché spécial que Dieu condamné sf fortement est enfin nommé: les Juifs d'alors ne craignaient pas d'épouser des païennes, malgré l'Interdiction très formelle de la loi. Cf. Ex. XXXIV, 15-16; Deut. vil, 3-4; III Reg. XI, 2. L'expression flliam dei alieni a été choisie t dessein, pour mieux faire ressortir co qu'il y avnil de choquant dans de telles unions : les fils du vrai Dieu épousant les filles (c.-à-d. , les adoratrices) des faux dieux 1 c Celui qui éfiouse une païenne est comme s'il devenait le gendre d'une Idole, » dit un ancien proverbe Juif. Sur la fré<iuence de ces mariages t l'époque do Malachle, voyez Esdr. ix-x; Neh. x, 30 et XIII, 23-28. — Dlsperdel... (vers. 12). La punition éclatera, et elle sera terrible. L'hébreu emploie l'optetlf : Que le Selgnoar extirpe l'homme...! — Maçistrum et dlsctpulu m. Saint Jérômeadopte Ici l'Interprétation rabblnlquc des< mots 'er rf'&neh; à la lettre : Celui qui évelllo et celui qui répond. Lo maître éveille les Idées dans l'esprit de 868 disciple*, et ceux -cl répondent ft ses ((uettloiM. Mata U Mt beaucoup plue probable

que l'allusion porte sur l'ancienne coutume d'après laquelle les gardiens de nuit Interpellaient les passants qu'ils rencontraient dans les rues, afin de constater leur identité. En toute hypothèse, c'est là une locution proverbiale, qui désigne le peuple dans sa totalité : aucun des coupables ne demeurera impuni. Le chaldéen et le syriaque traduisent : Le fils et le fils du fils. Les LXX ont lu : 'ad yé'âneh. Jusqu'à ce qu'il soit humilié. — De tabemacidia. . . C.-à-d., du sein de la nation théocratique. — Et offerentem... Fussent-ils prêtres, les Juifs Incriminés n'échapperont point à la sentence. Comp. N'eh. xiii, 28, où nous lisons que ce cas n'était nullement chimérique.

13-16. Un second aspect du crime. Le prophète reproche maintenant aux Juifs de divorcer sous des prétextes futiles avec leurs premières femmes. — Hoc rursum... C.-à-d.: Voici encore ce que vous faites, un nouveau crime que voua ajoutez au précédent. — Operiebatia... Les mal. heureuses femmes, répudiées en grand nombre, avalent fait monter leurs plaintes et leurs protestations vers Dieu. Par une métaphore hardie, l'écrivain sacré suppose que leurs larmes étalent tombées sur l'autel des holocaustes, et avalent rendu odieuses au Seigneur les victimes que lui offraient les maris coupables (ita u«...). — Socriflcium est encore représenté en hébreu par le mot minhûh. Cf. i, 10 et 11. — Et dixistin... (vers. 14). Comme précédemment (cf. i, 2, 6*, 13), les coupables osent demander compte à Dieu de s» sévérité. — Il leur répond nettement : Quia... Ustiflcattu... Mieux : Le Seigneur a été témoin. C'est devant lui, en effet, que se contracUient les mariages des tils et des filles de son peuple, et que les époux se Juraient mutuellement fidélité. L'alliance matrimoniale était .ioiio doublement sacrée. Cf. Gen. il, 21; Tob. vu, 15; Prov. il, 17, etc. — A ce motif, emprunté à lu foi, Malitoblc en ajoute on second , tiré du domaine d»

Mal. II, 15-17.

nesse, que tn as méprisée, bien qu'elle fût ta coinpague et l'épouse de ton alliance.

15. N'est-elle pas l'ouvrage du même Dieu^ et n'est-ce pas son souffle qui l'a animée? Et que demande cet auteur unique, sinon une race cT enfants de Dieu? Conservez donc votre esprit, et ne méprise pas la femme de ta jeunesse.

16. Vous direz j^eut-être : Lorsque tu auras conçu de la haine contre elle, dit le Seigneur, Dieu d'Israël, renvoie- /a; mais l'iniquité couviira son vêtement, dit le Seigneur des armées. Gardez donc votre esprit, et ne méprisez pas vos femmes.

17. Vous avez fait souffi-ir le Seigneur par vos discours, et vous avez dit : En |

xisti, et hsec particeps tua, et uxor fœderis tui.

15. Nonne unus fecit? et residuum spiritus ejus est? Et quid unus quEerit, nisi semen Dei ? Custodite ergo spiritum vestrum, et uxorem adolescentiae tuae noli despicere.

16. Cum odio habueris, dimitte, dicit Dominus, Deus Israël; operiet autem iniquitas vestimentum ejus, dicit Dominus exercituum. Custodite spiritum vestrum, et nolite despicere.

17. Laborare fecistis Dominum in sermonibus vestris, et dixistis : In quo eum

la nature : uxorem pubertatis... Expression délicate, qui rappelait au mari son premier amour et les chastes tendresses de sa jeune épouse. Cf. Prov. V, 18; Jer. n, 2. — Eaec particeps... Hébr.: Elle est ton associée. — Uxor /œderis... Kt l'on n'avait pas le droit de rompre ce contrat sans de très graves raisons. — Les versets 16 et 16 présentent d'assez grandes difficultés au commentateur. On en a donné de nombreuses interprétations. L'idée générale qu'ils expriment, c'est qu'il faut entièrement renoncer à de pareils divorces; la dernière ligne de chacun d'eux contient une très pressante exhortation en ce sens. — Nonne unus...? D'après divers commentateurs, nous entendrions Ici une objection des Juifs. N'y a-t-il pas, demanderaient- ils, un personnage célèbre qui a précisément épousé une étrangère, alors qu'il était encore en parfaite possession de son esprit M residuum...)? Ils feraient allusion à Abraham et à son union avec Agar (cf. Gen. XVI, 1 et ss.). Le Targum insère formellement le nom du saint patriarche dans le texte. L'hébreu Be traduit littéralement ainsi : Et pas un seul n'a fait (cela ), et un reste d'esprit en lui. Ce qui eignifle : Pour se conduire de la sorte, et renvoyer l'épouse de sa Jeunesse, en vue de s'unir à une étrangère, il faut n'avoir pas un reste de bon sens. Telle nous paraît être la meilleure explication de ces paroles. Nous la préférons de beaucoup à la suivante : N'est-ce pas le même Dieu qui a créé la femme aussi bien que l'homme V N'a -t- 11 pas soufflé dans les narines d'Eve le reste de l'esprit vlUii? Que l'homme et la femme demeurent donc étroitement unis. — Et quid unus...? Même partage de sentimente à propos de cette seconde phrase. D'après les uns, elle contient la réponse de Dieu à l'objection des Juifs : Il est vrai qu'Abraham a épousé une païenne; mais, en agissant ainsi, il cherchait à avoir la postértté que Dieu lui avait promise KBmenDei). Selon d'autres : Et pourquoi Dieu a-t-11 créé un couple unique? C'est qu'il voulait flno race pure et sainte, telle que la procure plus facilement l'unité du mariage. — Custo-

dite... L'exhortation. Gardez - vous de perdre l'esprit de Dieu, et, pour cela, soyez fidèles à l'unité du mariage : uxorem... noli... (despicere; d'après l'hébreu, être infidèle). — Cum odio... (vers. 16). Suivant la Vulgate, nous aurions ici une nouvelle objection des Juifs : Est - ce que Dieu luimême ne nous a pas permis le divorce , lorsque «os femmes nous déplaisent? Cf. Deut. xxiv, \ et ss. Mais l'hébreu exprime un autre sens, qui cadre beaucoup mieux avec le contexte, puisque le prophète prêche ici très fortement la stabilité dans le mariage : Car je hais la répudiation, dit le Seigneur. Sans doute, le divorce était autorisé dans certains cas ; mais ce n'était là qu'une concession faite à et la dureté de leurs cœurs ». Cf. Matth. XIX, 8. — Operiet... vestimentum... Par les divorces faciles et criminels, les Juifs se souillaient complètement. Variante dans l'hébreu, où ces mots dépendent encore du verbe « haïr » : Et (je hais) celui qui couvre de violence son vêtement. D'après de nombreux interprètes, le substantif vêtement serait pris dans un sens métaphorique, et désignerait l'épouse injustement et violemment répudiée. Mais tout s'explique fort bien sans cette explication trop cherchée : traiter ainsi sa femme, c'est se déshonorer soimême par une violence cruelle. — Oustodite... Comp. le vers. 15^ et le commentaire. — Nolite despicere: Hébr. : Ne soyez pas infidèles (à vos épouses ).

6» Le sens moral même a dégénéré en Israël. II, 17.

17. Murmures insolents des Juifs contre la Justice divine. — Laborare feoistis... C.-à-d., vous avez fatigué, ennuyé... Anllirnpomorphisme énergique. — Jn sermonibus....- par leur langage tout imprégné d'incrédulité, ainsi qu'il sera dit à la ligne suivante. L'esprit de mécontentement, do critique, envahissait peu à peu les Juifs, parce que les promesses de prospérité que le Seigneur avait adressées aux générations précédentes ne se réalisaient pas assez promptement à leur gré, et ils allaient, dans leur audace coupable, jusqu'à attaquer Dieu lui-même au sujet de

Mal. m, 1.

fôinoiOE laborare ? In eo quod dicitis : Oiiiuiâ qui facit maluiu bonus est in conspectu Domiui . et taies ei placent ; dut certe ubi est Deus judicii ?

quoi l'avonB-nons fait souffrir? En oe que vous avez dit : Quiconque fait le mal est bon aux yeux du Seigneur, et ce sont de telles gons qui lui plaisent; ou si cela n'est pas , où est le Dieu do jugement?

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