Il monta à Jérusalem avec une puissante armée
23. Il entra dans le lieu saint avec orgueil ; et il prit l'autel d'or, le chan-
tion de cette rivalité.- Super duo régna : la Syrie et VÉgyvie. — Intravit in ^gyptum (7er8.18). Antiochus Éplphane fit trois ou quatre expéditions en Egypte (les historiens ne sont pai d'accord sur ce point) ; d'après II Mach. v, 1, il est question ici de la seconde. — In multiiudlne gravi. Hébraïsnie : une armée considérable. Les éléments qui la formaient sont ensuite indiqués.— In curri6i<«..Tite-Livc. xxxvii, 40, et Appien, Syr., 62 , mentionnent aussi les chars de guerre
Cbar iraiiiL- par des élérhants. (Monnaie de SéleucuB Nlcator.)
des Séleucidcs. Cf. II Mach. xm, 2>>. — Elephantis. Oïl avait dressé ce robuste et terrible animal à combattre, et on le rencontrait alors dans la plupart des armées syriennes. Cf. vi, 34-36, etc.; Polybe,xxn,2C;xxxi,3,etc.;Tlte-Live,xxxvii,40, et xxxviii, 38. — Co}Aosa navium... Dans le grec : iv axb\u> \uyi'i.i>\ Les intcn^rètes diffèrent de Bentlmeut au sujet de la slgnlQcation du mot <tt6).o; dans ce p.nssage. Qudques-unB traduisent : Avec des troupe? de terre; ou bien : Avec un d-quIfKjment militaire. Mais le sons donné par la Vulgaie est regardé comme le meilleur; car une flotte était, sinon absolument nôccssnlrn. du moins très utile dans une guirre contre J'Égypte, et nous savou» par Titc-Llve, xliv, 19, et XLV, 11, qu'Éjilphane en pos.sédait réellement «ne. — Adversut rtolcmxum (vers. 19). Pto-
lémée VI Philométor, qui r^a de 181 à 146 avant j.C. — Et veritus est... Description rapide des résultats de la campagne, qui fut désastreuse pour l'Egypte. — Cectderunt vulnerati... Hébraïsme, fréquent dans notre livre. Il s'agit de ceux qui tombèrent blessés à mort. — Comprehendit... (vers. 20). Le grec emploie le pluriel : Ils (Antiochus et ses soldats) prirent les villes... — Spolia. Les dépouilles de l'Kgypte fournirent un riche butin au roi vainqueur.
21-25. Invasion de la Judée par Antiochus, pillage du temple et grand massacre à Jérusalem. — Convertit.
Hébraïsme : Il revint. Antiochus était fort désireux de poursuivre ses conquêtes on Egypte ; mais les Romains prirent alors envers lui une attitude menaçante et exigèrent son départ.
Cf. Polybe, xxvni,15. — CenUsimo et...
La 143« année de l'ère des Séleucldee.
va du l" octobre 170 au 1" octobre 169 avant J.-C. Voyez le vers. 11«> et la note. — Ascendit ad Israël. On montait très réellement pour aller d'I^nypte en Palestine. Voy. VAtl.géogr., pi. xviu. En accourant ainsi en Judée et à Jérusalem suivi d'une armée nombreuse (in muIfJtudine..., comme au vers. 18»), Antiochus voulait se venger sur les Juifs de l'humiliation que les Romains venaient de lui infliger, et remplir, en pillant le temple, son trésor en grande partie vide. Il prit pour prétexte la lutte intestine qui régnait entre Jason et MénélnOs au sujet du souverain pontificat, affectant de la regarder comme une révolte contre son autorité royale. Cf. II Mach. iv, 23 et ss.; V, 1-11. — In sahctiflcationem (vers. 23). Traduction servlle du grec iy^affixa, qui désigne ici le sanctuaire proprement dit, ou vao;, par opiMisItlon à l'ensemble des édifices qui formaient le temple. — Cum snperUa : avec une an-op»nc« R.icrllège. Cf. II Mach. v, 16 et ss. — Arrei-it . Il s'empara brutalement des principaux mcubl
I BtAOH. I, 24-29.
délier lumineux avec tons ses vases , la table de proposition, les bassins à libation, les coupes, les encensoirs d'or, le voile, les couronnes et l'ornement d'or qui était devant le temple, et il brisa tout.
24. Il prit aussi l'argent, l'or et les vases précieux ; il prit aussi les trésors cachés qu'il trouva, et après avoir tout enlevé , il s'en alla dans son pays.
25. Il fit un carnage d'hommes, et il parla avec un grand orgueil.
26. Alors il y eut un grand deuil en Israël et dans toute sa contrée ;
27. les princes et les anciens gémirent, les vierges et les jeunes hommes furent dans l'abattement, et la beauté des femmes disparut.
28. Tous les maris se livrèrent aux lamentations, et celles qui étaient assises sur le lit nuptial pleuraient ;
29. ie pays trembla pour ses habitants, et toute la maison de Jacob fut revêtue de confusion.
candelabrum luminis et nniversa vasa ejus, et mensam propositionis, et libatoria, et phialas, et mortariola aurea, et vélum, et coronas, et ornamentum aureum quod in facie templi erat, et comminuit omnia.
24. Et accepit argentum, et aurum, et vasa concupiscibilia ; et accepit thesauros occultes quos invenit, et sublatis omnibus abiit in terram suam.
25. Et fecit casdem hominum, et locutus est in superbia magna.
26. Et factus est planctus magnus in Israël , et in omni loco eorum ;
27. et ingemuenint principes et seniores, virgines et juvenes infirmati sunt, et speciositas mulierum immutata est.
28. Omnis maritus surapsit lamentum , et quœ sedebant in thoro maritali lugebant ;
29. et commota est terra super habitantes in ea, et universa domus Jacob induit confusionem.
et ustensiles du temple, dont l'écrivain sacre a tracé la liste longue et douloureuse. — AUare aureum. On l'appelait aussi autel des parfums. Il était en bois de cèdre recouvert d'or. Cf. UI Reg. VII, 48 (Atl. archéol., pi. civ, flg. 2). — Cande-. labrum luminli. C.-à-d., le candélabre destiné à porter la lumière. Son vrai nom était : chandelier à sept branches. Cf. Ex. xxv, 31, et xxxvn, 17 (Atl. archéol., pi. cm, flg. 7, 10)! On appelait ses « vases» (hébraïsme, pour ustensiles) les lampes, les moncbettes, les burettes à huile, etc., qui étaient à son usage. — Mensam proposUionia. Cf. Ex. xxv, 23-30; III Reg. vn, 48 iAtl. archéol., pi. civ, fig. 3,6). — Liiatoria : les coupes qui servaient pour les libations (AU, arehéol., pi. en, flg. 2; pi. cvii, flg. 1, 4). — Phialas. Vraisemblablement, de petites coupes peu profondes. — Mortariola (grec : ôu-axaç). Sans doute des vases destinés à contenir l'encens. Cf. Ex. XXV, 29, etc. (Atl. archéol., pi. civ, flg. 4, 7, 12). Tous ces objets étaient en or pur. — Vélum : le voile très riche qui était suspendu entre le Saint et le Saint des saints. Cf. Ex. xxvi, 31 Utl. archéol., pi. xcvi, flg. 2). — Co7ona« ; 'des couronnes d'or suspendues dans le temple comme ex-TDtO. Cf. Zach. vi, 14. — Ornamentum... in fade... : des ornements d'or de différente nature, placés en avant du sanctuaire. Cf. iv, 67. - Comminuit omnia. Littéralement dans le grec : Il écorça; c.-à-d. qu'il arracha les piaques d'or qui recoiivraient et ornaient les ".aiubris de cèdre. — Et accepit... (vers. 24). Récapitulation du pillage opéré dans le sanctuaire par Antiochus Éplphane. — Vasa concupiaeibilia est un autre hébraïsme : les objets précieux qui se trouvaient dans le temple. — Thesanros ocmltos. Ces trésow oonalstalent soit en sommes d'argent offertes
pour les frais du cnlte, soit en dépôts. Cf. If Mach. m, 10-12. — Sublatis omnibus. Voyez, II Maclû T, 21, l'évaluation de ce vol sacrilège d'Antlochus. — Et feclt... (vers. î5). Détail rétrospectif, car c'est à l'arrivée et non au départ du roi qu'eut lieu ce massacre, dont les proportions furent épouvantables. Cf. II Mach. v, 12-14. — In superbia... Voyez le vers. 23* et Dan. xi , 36. 26-29. Consternation générale du peuple juif à l'occasion de ces malheurs. Passage très pathétique. — Factus est planctus... H y avait de quoi gémir, car aucune calamité semblable n'avait frappé la contrée théocratlque depuis la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor. — In omni loco... : partout où il y avait des Juifs.— Et ingemuerunt... (vers. 27). Les diverses classes de la population sont passées en revue. Le narrateur cite d'abord les chefs et les représentants de la nation, hommes d'un âge avancé pour I9 plupart iseniores). Il signale ensuite, par manière de contraste, les jeunes gens et les Jeunes filles, la force et l'espoir du pays. — Speciositas... immutata... Le chagrin, quand il se prolonge, défigure la beauté. — Omnis maritus (vujxîp'.o;, le jeune marié). Le deuil était si grand, que les Joies les plus vives de la famille disparaissaient devant lui. C!f. Jer. vii, 34 ; xvi, 9 ; XXV, 6; Joël, n, 16, etc. — Commota est terra... (vers. 29). Belle personnification. Le sol môme est censé avoir participé à ea manière, en se livrant à de violentes convulsions , aux souffrances du peuple (super habitantex; c.-à-d., à cause de leurs malheurs). — Powws Jacob. Titre très noble pour désigner les Juifs. La honte dont les couvrit l'attentat d'Antlochus (induit..) n'en eit que davantage misa en rellet.
I Mach, I, 30-36.
30. Et post duos annos dierum mieit rex principem tributorum in civitates Juda, et veiiit Jérusalem cum turba magna.
31. Et locutus est ad eoa verba pacifica in dolo ; et crediderunt ei.
32. Et inuit super civitatem repente, et percussit eam plaga magna, et perdidit populum multam es Israël.
33. Et accepit spolia civltatis, et succendit eam igni ; et destruxit domos ejus, et muros ejus in circuitu;
34. et captivas duxerunt mulieres, et uatos et pecora possederunt.
35. Et îedificaverunt civitatem David muro magno et firmo, et turribus firmis, et facta est illis in aroem ;
36. et poBuerunt illic gentera peccatricem, viros iniques, et convaluerunt in
30. Et après deux ans révolus , le roi envoya dans les villes de Juda un surintendant des tributs, qui vint à Jérusalem avec une grande suite.
31. Il leur adressa astucieusement des paroles de paix ; et ils le crurent.
32. Puis il se jeta tout à coup sur la ville, et il la frappa d'une grande plaie, et il fit périr un peuple nombreux dans Israël.
33. Il s'empara des dépouilles de la ville, et la brûla par le feu; il en détruisit les maisons et les murs qui l'environnaient ;
34. ils emmenèrent aussi les femmes captives, et ils se rendirent maîtres des enfants et des troupeaux.
35. Et ils fortifièrent la ville de David avec une muraille grande et solide, et des tours solides, et ils en firent une forteresse ;
36. ils y mirent une race de péché, des hommes méchants, et ils s'y éta-
4» Conduite cruelle des ofQciers du roi envers les habitants dP Jérusalem. I, 30-42.
30-34. L'un ''r ces officiers pénètre à son tour dans la Mlle sainte, où il met tout à feu et à sang. Comp. II Mach. v, 24-28. — Post duos... Par conséquent, l'an 145 de l'ère des Séleucidis a68-l(<7 avant J.-C.).Comp. le vers. 21. — .4nn<>s dierum est un hcîbraïsnie, pour représenter des années pleines, complètes. Cf. Gen! xli, 1; II Reg. xni. 23 (dans le texte primitif). — iUsit rex... Il est probable que, cette fois encore, Antlochus voulut se venger sur les Juifs d'une nouvelle humiliation que lui Infligèrent les Romains. Ils lui Intimèrent l'ordre formel de cesser la guerre contre Ptolcmée et de quitter le territoire égyptien. Voyez Dan. xi, 30, et le commentaire. — PHndpem. tributorum: offlcier supérieur, chargé de faire rentrer les impôts. 11 se nommait .Apollonius d'après II Mach. v, 24. — Oum turba... Un corps d'armée de 22 000 hommes, d'après le passage parallèle. — Locutus e.it... (vers. 31). (Jondulte Infiime de cet Apollonius. Il se présenta avec des protestations hypocrites d'amitié ; ne se défiant de rien, les habitants ne se tinrent pas sur leurs gardes, et il réussit à pénétrer dans la ville un Jour de sabbat (cf. II Mach. v, 25). Il y fit un affreux caniage : percussit..., et perdidit... (vers. 32). — Areepit spolia... (vers. 33). Il pilla la ville, de même que son maître avait précédemment pillé le temple. — Sueoendil eam : d'une manière partielle. Josèphe nous dit, Avt., xii, 6, 4, qu' « Il fit brûler les pins beaux édifices ». — Destruxit... itiuros... : afin de rendre Jérusalem Impuissante en cas de révolte. — Captivai... (vers. 34). Les femmes et les enfants furent faits prisonniers en grand nombre, pour être vendus connue esclave». — Pecora possidrritnt. On gard.iit de nombreux troupeaux à Jéru- Mlem poor lei ucrlflcei.
I 36-39. Les Syriens transforment la cité de David en une citadelle très forte, où Ils s'éubllssent d'une façon permanente. — Le verbe «ti(flcaveriint doit être pris, comme en maint autre endroit de la Bible, dans le sens large de fortifier, agrandir, puisque la forteresse en question existait déjîi et qu'elle se trouvait môme depuis quelque temps au pouvoir des Syriens. Cf. iv, 12. 17. — Civitatem David. On nommait ainsi, dans les temps anciens, la partie du mont Slon sur laquelle s'élevait la citadelle glorieusement conquise par David sur les Jébuséens. Cf. II Reg. T, 7-9. n est évident que les auteurs des livres des Machatiées ont en vue ce même emplacement lorsqu'ils mentionnent « la cité de David ». Et pourtant l'on discute beaucoup aujourd'hui au sujet de la place occupée , au temps d'Antiochu» Épiphane, par l'acropole syrienne. Cest l'historien Josèphe qui, par une fausse interprétation, a occasionné ce désaccord : selon lui {Ant., vu, 3,2), les mots « cité de David » représenteraient la ville entière de Jénisalem, et comme, à son époque, on semble avoir donné le nom d'Acra, ou citadelle, à la partie de la ville basse qui était située au nord du temple (cf. Bell, jud., i, 1, 4; V, 6, 1, etc.), il a pincé là l'acropole des Séleucldes. Mais cette opinion est orrtalnement erronée. Voyez le savant travail de K. Rûckert, die Lage des Berges Sion, Fribourg - en - Brisgau , 1898, p. 87-98, et l'Atl. géogr., pi. xiv et xv. — Muro... et turribus... C'est de ce double élément, un mur d'enceinte et des tours en saillie, que se composaient les foriiflcatlons dans l'antiquité. Cf. IV, 60, etc.; Atl. archiol., pi. xc, flg. 1,7; pi. xci, flg. 1. 2; pi. xcii, flg. 1, 2, 7-9. — In areem. Grec : eïç'txpav. Ce nom d'Acra devint bientôt le nom propre de la citadelle. Cf. iv. S; IX, 52; X, 32; XIII, .^2, etc.— Posiicrunt i/'io... (Ter*. 36). Pour garder la lortereeac, lea Syriens
I Mach. I, 37-44.
hlirent puissamment ; ils y apportèrent des armes et des havres, et ils y rassemblèrent les dépouilles de Jérusalem,
37. qu'ils y mirent en réserve ; et ils devinrent un grand piège.
38. Et cela fut une embûche pour le sanctuaire, et un mauvais démon pour Israël ;
39. et ils répandirent le sang innocent autour du sanctuaire, et ils souillèrent le sanctuaire.
40. Les habitants de Jérusalem s'enfuirent à cause d'eux ; elle devint la demeure des étrangers, et elle fut étrangère à sa propre race , et ses enfants l'abandonnèrent.
41. Son sanctuaire fut désolé comme une solitude ; ses jours de fête se changèrent en pleurs, ses sabbats en opprobre, et ses honneurs furent anéantis.
42. Son ignominie se multiplia à l'égal de sa gloire, et son élévation se changea en deuil.
43. Alors le roi Antiochus écrivit à tout son royaume, afin que tous ne fissent qu'un seul peuple, et que chacun abandonnât sa loi particulière.
44. Toutes les nations consentirent à cet ordre du roi Antiochus,
j Installèrent une garnison composée (i-nommeg 6;ms conscience, prêts à tout igentem peccatrieem : des païens, par opposition au peuple saint), des munitions ( arma ) et des vivres ( escaa ), de manière k soutenir un siège, le cas échéant. Ils y déposèrent aussi le fniit de leur récent pillage (et... spolia...). — Et /acti sunt... Ces mots (vers. 37) et les suivants (vers. 38-39) décrivent dramatiquement les conséquences très funestes de cette prise de possession pour les habitants de Jérusalem. — In laqueum magnum. Hébraïsme : une source de perpétuels dangers. — Sanctifieationi (vers. 38) : pour le sanctuaire. De même aux vers. 39, 41, et souvent aUleurs. Voyez la note du vers. 23». — In diabolum malum. C'est l'hébreu l'aâtân ra' .■ comme un adversaire très pernicieux. Pendant longtemps la garnison de l'Acra empêcha les Juifs de réparer le temple dévasté; puis, quand Ils eurent réussi à le purifier de nouveau, elle continua d'être une cause de grande gêne pour ceux lui voulaient pénétrer dans l'édifice sacré. Cf. iv, 41; vi, 18. Ce n'est que sous le gouvernement de Simon, l'année 141 avant J.-C, qu'on réussit à reprendre la citadelle «ux Syriens. Cf. xin, 49-50. — Et effuderunt... (vers. 39). La craauté et le sacrilège {contamivti-unt...) : ces deux traits résument la conduite de la garnison syrienne.
40-42. Tableau pathétique des maux que les Juifs eurent alors à souffrir. — Et /ugerunt... : 1* situation devenant Intolérable i.our beaucoup
ea; et posuerant arma et escas, et congregaverunt spolia Jérusalem,