Ils \'inrent jusqu'à Éphron ; or
batalUe avec nn tel obstacle qu'une rivière immédiatement derrière lui. Il était donc porté à ne pas la trayerser lui-même, et 11 décida de laisser Judas la franchir ou ne pas la franchir, selon qu'il lui plairait. Il sentait néanmoins que, si Judas la traversait, cet acte serait tellement hardi, qu'il présagerait la victoire; tandis que, s'il hésitait il passer le torrent, sa timidité inspirerait du courage à l'armée ennemie, laquelle pourrait alors attaquer avec confiance un adversaire qui se défiait de sa propre force, et qui n'offrirait probablement pas une résistance bien vigoureuse. » — Vt aulem... (vers. 42). D'un coup d'oeil i-aplde, Judas se rend compte de la Bltuation. Il n'hésite pas un instant à attaquer l'ennemi, et prend ses mesures pour le faire en toute Bécunté. — Scribas poptdl. C'étaient là très probablement les officiers mentlnnné.s dès l'époque de MoTse (cf. Deut. xx, 6 et ss.; II Par. xxvi, 11), et chargés de tenir la llcte des troupes, de fixer l'ordre des campements, etc. — Nemiw.m... Dans le grec : Ne laissez camper poreonno. .ludas allait tenter an grand coup d'audace; Il avait besoin pour cela du concours de tous ses «oldats, it voulait qu'aucun d'eux ne c'attardAt & Installer le camp. — Transfretavit... prior (vers. 43) : le premier au péril et à la victoire. Ses troupes I M montrèrent dignes de lui et passèrent toutes j à M salta. — Nourello déroute complète de I
l'ennemi : et œntritse... — Projecerunt. . . : pour fuir plus vile, tant la panique était grande. — Ad fanum... Le mot grec tépievo: désigne un de ces enclos sacrés, parfois assez considérables, qui entouraient fréquemment les temples païens. Peut-être les vaincus espéralent- 11s y jouir du droit d'asile, habituellement accordé à ces sortes de lieux ; mais c'était bien mal connaître Judas et ses sentiments thé^Kiratiques, que de croire qu'il regarderait un bois sacré comme Inviolable. — Sur CatTiaim, voyez la note du vers. 26. — Succendit... (vers. 44). Le temple de Carnaïm était nommé « Atirgateum », parce qu'il était consacré à Atargatls, la Vénus syrienne. Cf. II Mnch. xii, 26, et la note. Judas ne pouvait pas laisser debout cette seiitine d'immoralité. — fum omnibus... Enc<ir. un terrible exemple, pour écraser un cuncn.. qui autrement niii'ait refusé de céder. — Lirésultat souhaité fut obtenu : et non jiotiiU...
4" Retour triomphal de Judas à Jérusalem. V, 48 -.54.
45. Il ramène avec lui tous les Juifs domiciliés en Oalaail. — Cunfjrfgarft... : ainsi que i^lmon avait fait en Galilée, et poiir le même motif. Conip. le vers. 23.
46-51. Prise d'Épliron. — .B/ift ron. Ville Bltué^ d'après la suite du récit, sur la route qui mèn« de Carnaïm à Botlis-in. Cf. vers. 44, 62. — /«
I Mach. V. 47-54.
cette ville était grande, située à l'entrée du pays, et très forte ; et on ne pouvait se détourner d'elle ni ;\ droite ni à gauche, mais le chemin passait au milieu d'elle.
47. Ceux qui étaient dans la ville s'enfermèrent et obstruèrent les portes avec des pierres. Judas leur envoya porter des paroles de paix,
48. en ces termes : Trouvez bon que nous passions par votre pays pour aller dans le nôtre, et personne ne vous nuira ; nous ne passerons qu'à pied. Mais ils ne voulurent pas leur ouvrir.
49. Alors Judas iit publier dans le camp que chacun attaquât la ville dans l'endroit où il était.
50. Les hommes vaillants s'avancèrent donc ; et il donna l'assaut à cette ville pendant tout le jour et toute la nuit , et la ville fut livrée entre ses mains.
51. Ils firent périr tous les mâles par le tranchant de l'épée ; il la détruisit jusqu'aux fondements, en prit le butin, et traversa toute la ville sur les cadavres.
52. Ils franchirent ensuite le Jourdain dans la grande plaine qui est eu face de Bethsan.
53. Et Judas était à l'arrière - garde , la ralliant, et il encourageait le peuple tout le long du chemin, jusqu'à ce qu'ils fussent amvés au pays de Juda.
54. Ils montèreat sur la montagne de Sion avec joie et allégresse, et ils
ha>c civitas magna, in ingressu posita, munita valde, et non erat declinare ab ea dextera vel sinistra , sed per mediam iter erat.
47. Et incluserunt se qui erant in ci» vitate, et obstruxerunt portas lapidibus. Et misit ad eos Judas verbis pacificis,
48. dicens : Transeamus per terram vestram, ut eamus in terram nostram, et nemo vobis nocebit ; tantum pedibus transibimus. Et nolebant eis aperire.
49. Et prsecepit Judas praedicare in castris ut applicarent unusqnisque in quo erat loco.
50. Et applicuerunt se viri virtutis ; et oppugnavit civitatem illam tota die et tota nocte, et tradita est civitas in manu ejus.
51. Et peremerunt omnem masculiim in ore gladii, et eradicavit eam, et accepit spolia ejus, et transivit per totam civitatem super interfectos.
52. Et transgressi sunt Jordanem in campe magno, contra faciem Bethsan.
53. Et erat Judas congregans extrêmes, et exhortabatur populum per totam viam, donec venirent in ten-am Juda.
54. Et ascenderunt in montem Sion cum laetitia et gaudio, et obtulerunt
ingressu...., et non erat... Il n'y avait donc pas moyen de l'éyiter. Elle était sans doute bâtie au milieu d'une gorge étroite, qu'elle barrait complètement. — Incluserunt se... (vers. 47). Attitude pleine de déQance dos habitants. Cependant, comme ils ne s'étaient pas montrés jusqu'alors hostiles aux Juifs, Judas, qui ne tenait pas ù les attaquer sans un grave motif , essaya d'obtenir pacifiquement qu'on le laissât passer : et mlsif... — Transeamus... (vers. 48). Ses paroles ressemblent beaucoup à celles de Moïse demandant aussi le droit de passage aux Iduméens et aux Amorrhéens. Cf. Nura. xx, 14-17; XXI, 22. — Refus insensé des habitants : noieb-int... — Aussitôt Judas fit commencer l'atbique (et prsecepit..., vers. 49), s'empara de la ville en vingt-quatre heures (vers. 50), et la traita avec une sévérité exceptionnelle (et eradicavit... ; c.-ù-d., U la rasa, vers. 51). — Transivit... super... Contraste avec son humble demande du vers. 48 : « Tantnm pedibus... »
62-54. Heureuse arrivée à Jérusalem et actions de grâces dans le temple. — Bethsan. Aujourd'hui Beïsan, sur la rive droite du Jourdain, à l'est des monts GcUx)é {Ail. géogr., pi. va et x). Près de cette localité, on peut passer le fleuv»
à gué en trois endroits différents. La vallée dn Jourdain y est très large et très fertile (in campo magno). — Erat... congregans... (vers. 63). Trait délicat. Comme il y avait dans toute la région du Jourdain une population hostile aux Juifs, Judas, qui dans les combats se tenait toujours au premier rang, était ici au dernier pour un motif semblable, excitant les traînards à s'avancer, et veillant à ce que l'armée et le peuple fussent très compacts. — In montem Sion (vers. 54). C. ù-d. au temple. Voyez iv, 37, et la note. En arrivant, ils se hâtent d'aller remercier Dieu de leurs victoires et de la protection insigne qu'il leur avait accordée pendant tonte la campagne. — Quod nemo. . . cecidisset. n est peu probable que ces mots se rapportent à l'expédition entière de Galaad, durant laquelle deux grandes batailles avaient été livrées, et plusieurs places très fortes prises d'assaut. Ce serait là un miracle presque inouï, quoique pas Impossible assurément (Josèphe admet qu'il s'agit de toute la durée de la campagne). Il nous paraît préférable, à la suite des meilleurs commentateurs, de ne faire retomber ce détail que sur le fait mentionné en dernier lieu (cf. vers. 63) : il n'était arrivé malheur à personne depuis Bethsan Jnt>
I Maoh. V, 55-63.
holocausta quod nemo ex eis cecidisset, donec revertereutur in pace.
55. Et in diebus quibns erat Judas et Jonathas in terra Ga!aad, et Simon, frater ejus, in Galilœa contra faciem Ptolemaidis,
56. audivit Josephus, Zachariae filius, et Azarias, princeps virtutis, res bene Çestas , et prselia quae facta sunt ;
57. et dixit : Faciamus et ipsi nobis nomen , et eamus pugnare ad versus gentes quse in circuitu nostro sunt.
58. Et praecepit his qui erant in exercitu suo, et abierunt Jamniam.
69. Et exivit Gorgias de civitate, et viri eju6 obviam illis in pugnani.
60. Et fugati sunt Josephus et Azarias usque in fines Judœae ; et ceciderunt illo die de populo Israël ad duo raillia viri , et facta est f uga magna in populo,
61. quia non audierunt Judara et fratres ejus, existimantes fortiter se factures.
62. Ipsi autem non erant de semine virorura illorum per ^uos salus facta est in Israël.
63. Et viri Juda magnificati sunt valde in conspectu omnis Israël, et gentium
ofîiirent des holocaustes, parce qu'aucun d'eux n'avait péri, jusqu'à ce qu'ils fussent revenus en paix.
55. Pendant les jours où Judas, avec Jonathas, était au pays de Galaad, et Simon, son frère, dans la Galilée, devant Ptolémaïs,
56. Joseph, fils de Zacharie, et Azarias, chef du détachement, apprirent leurs succès et les combats qu'ils avaient livrés;
57. et ils dirent : Faisons-nous aussi un nom, et allons combattre contre les nations qui nous environnent.
58. II donna donc des ordres à ceux qui composaient sou armée, et ils marchèrent sur Jamnia.
59. Gorgias sortit de la ville avec ses liommes, et alla au-devant d'eux pour les combatb'e.
60. Et Joseph et Azarias furent mis en fuite jusqu'à la frontièrede la Judée; et j)rès de deux mille hommes du peuple d'Israël tombèrent ce jour-là, et la déroute fut grande parmi le peuple,
61. parce qu'ils n'avaient pas écouté Judas et ses frères, «'imaginant qu'ils agiraient vaillamment.
62. Mais ils n'étaient pas de la race de ces hommes par qui le salut a été opéré en Israël.
63. Or les hommes de Juda furent en très grand honneur devant tout
qu'à Jérusalem. — lu pace. Hébralsme, pour dire : sains et saufs.
50 Joseph et Azarias, que Judas avait placés à la tète du peuple pendant son absence, attaquent imprudemment les Syriens et sont mis en déroute. V, 55-64.
55-67. Sot orgueil de ces chefs indignes. — In dielnis quihus... Le récit revient en arrière, pour mentionner un événement douloureux, qui s'était passé quelque temps après le départ soit de Simon, Foit de Judas et de Jonathas. Cf. ▼ers. 21 et bs. — Princeps virtutis (vers. 66). Au vers. 18. Joseph et Azarias avalent reçu le nom de conducteurs du peuple ; ils sont appelés Ici collectivement chefs de l'armée. — Iles bene... : les glorieux faits d'armes des trois frères. — Faciamus et ipsi... (vers. 57). I^angage d'une Tanlté aveugle et imenséo, — Eamus pugnare... : malgré la défense formelle que Juda<) leur en avait faite. Cf. vers. IS»".
58-62. Ils vont attaquer leurs ennemis à Jamnia et sont cnn)|)lèlcment battus. — Praecepit. Les nianuEcrIts grecs emploient les uns le pluriel, les autres le singulier, comme la Vulgatc. En tous cas. Il s'agit des deux chefs. — Jamniam. Sur cette ville, voyez iv, 15, et la note. — Mxivit OorgUu (vers. 69). Cétolt un des gé-
néraux syriens. Cf. ni, 38 ; iv, 1 et ss. — Ohviam illis. Il est peu >Taiscmblable que les Syriens eussent osé faire cette sortie , si Judas avait été à la tête des assaillants.— Jî'Ui/ati sunt... (vers. 60). honteusement, perdant une quantité considérable de soldats (ad duo millia...), — L'écrivain sacré établit, d'un mot, un frappant contraste soit entre leur présomption et leur Incapacité {exislimant'S..., vers. 61), soit entre eux et les Mach.abé^ (i/'Si autan..., vers. 62). — De se7nine i-irorum... C.-ù -d.de la race glorieuse que Dieu avait choisie entre toutes pour sauver son peuple. Cette parole montre en quelle haute estime les Juifs tenaient Mathathias et ses fils.
63-64. Gloire croissante des Machabées. — Viri Juda. C.-à-d. ses soldats. D'après le grec : L'homme Judas et ses frères furent très glorifiés... L'expression 0 àvrip 'loùSa; est remarquable et pourrait bien être une imitation de la locution analogue : L'homme Moïse était très grand. Cf. Nuni. xii, 3. C.-à-d. l'homme par excellence, l'homme célèbre. « La défaite de Joseph et d'Âzarlas ajouta au renom des frères Machabées, car elle montra que l'ennemi contre lequel combattaient les ' nifi était loin d'être méprisable, et aussi que cuu.v-ci n'étalent de redon tables adversaires qne «oos U conduit* da mt
I Mach. V, 64-68.
Israël, et devant toutes les nations où l'on entendit leur nom.
64. Et on se réunissait auprès d'eux avec des acclamations de joie.
65. Judas sortit ensuite avec ses frères, et ils attaquèrent les enfants d'Ésaii dans le pays qui est au midi; il prit Chébron et ses filles, et brûla tout antour par.)e feu ses murs et ses tours.
66. Puis il décampa pour aller au pays des étrangers, et il parcourait la Samarie.
67. En ce jour-là des prêtres périrent à la guen-e, en voulant signaler leur courage et en allant au combat sans •avoir reçu d'ordre.
68. Judas se détourna ensuite sur Azot, au pays des étrangers ; il renversa leurs autels et brûla par le feu les statues de lem's dieux ; il prit le butin des villes , et revint dans le pays de Juda.
omnium ubi audiebatur nomen eornm.